l s'agit du troisième roman de
Joyce Carol Oates que je lis et je trouve toujours cette écriture aussi forte, aussi dérangeante. Peu de pages, pourtant elles sont marquantes.
Gillian est fascinée par le couple sulfur
Eux que forment André Harrox et Dorcas, son épouse sculptrice d'origine française. Ses camarades de résidence le sont également, à des degrés divers. Je ne p
Eux m'empêcher de penser que ses filles devaient être dans un profond désarroi affectif pour se laisser séduire par ce professeur dont le physique est (à mes y
Eux) repoussant. Les garçons existent pourtant, il est vaguement question d'
Eux, les autres professeurs aussi enseignent mais ils restent tous à la lisière de ce roman.
Abus d'autorité, abus physique, abus moraux – rien n'est épargné à ses frêles étudiantes qui n'ont qu'un but : être admirée et aimée. Ce ne sont pas des lolitas à la
Nabokov, elles ont encore une part d'innocence et de cruauté liées à leur jeunesse et à leur inexpérience. Toute étudiante trop fragile pour résister à ce que le professeur et sa femme leur a imposer quitte le campus et est très rapidement oublié. Il ne s'agit pas là de résilience, plutôt du soulagement ressenti après le départ d'une rivale et la volonté de ne pas, de ne surtout pas savoir.
Ce roman montre le pire des années 70 (drogue, amour libre, expérience sexuel), et le meilleur reste en dehors du roman. Je retrouve dans ce roman les thèmes que j'avais déjà rencontré dans Petite sœur mon amour ou
Fille noire, fille blanche : le père qui pousse son enfant à la compétition et ne l'aime que s'il gagne, les incendies mystéri
Eux (feu purificateur ?) qui ravage le campus, rupture voulue avec la famille.
Si l'intertextualité est présente avec les œuvres de DH Lawrence, elle l'est aussi avec l'utilisation des Métamorphoses d'
Ovide. Pour André, l'extrait choisi fait ressortie la bestialité de l'homme et l'anéantissement de la femme. Il aurait simplement dû ne pas montrer à sa proie la manière de reprendre le dessus. En effet, Gillian, si lisse, si banale, oppose une légère résistance, quasi invisible, au professeur. Je vous le concède, après toutes les humiliations qu'elle subit, cette résistance paraît vraiment minime, pourtant, elle est réellement là.
Les conséquences sont dévastatrices, et les séquelles sont toujours présentes, vingt-cinq ans plus tard. Une telle histoire de nos jours serait-elle encore possible ? J'espère bien que non.