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Critiques sur Délicieuses pourritures (26)


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  • Par Aela le 30/11/2011


    Un sujet délicat, très délicat: les agissements pervers d'un couple "en vue" formé d'un intellectuel professeur d'Université aux Etats-Unis et de sa femme, sculpteur reconnue.. sujet délicat donc mais traité avec beaucoup de pudeur par cet écrivain américaine de grand talent qu'est Joyce Carol Oates.
    Un roman court, certains diront trop court... mais remarquablement maîtrisé où l'on voit Gillian Brauer, jeune étudiante de 20 ans, tomber progressivement sous la coupe de son professeur de littérature et de sa femme.
    A travers les activités de l'atelier d'écriture qu'il dirige, Andre Harrow va exercer des pressions répétées auprès de ses jeunes étudiantes pour qu'elles dévoilent les moindres faits de leur vie privée.. Une surenchère malsaine dans l'étalage de leur vécu va naître chez les étudiantes de même qu'une rivalité sans bornes pour obtenir les bonnes grâces du Professeur..
    C'est ce que va vivre la jeune héroïne jusqu'à ce qu'elle découvre...jusqu'à quel point va la perversité de ce couple "branché".. mais je vous laisse le soin de le découvrir!!
    Un roman brutal, court et incisif qui nous dépeint un monde cruel où des jeunes étudiantes sont abusées dans leur naïveté par des personnes abusant de leur situation d'autorité..
    Un sujet grave donc, mais remarquablement traité..

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette le 09/01/2012


    Gillian se remémore ses années étudiantes, au sein du Catamount College. « Ceci n'est pas une confession. Comme vous le verrez, je n'ai rien à confesser. » (p. 8) Est-elle innocente ou sans remords ? Que faut-il penser de la vague d'incendies criminels qui éclatent un peu partout à Catamount ?
    En 1975, Gillian a presque vingt ans et elle est furieusement éprise de son professeur, Andre Harrow. Mais « lorsqu'on aime un homme marié, on existe dans une relation non déclarée, secrète et singulière, avec son épouse. » (p. 13) Dorcas, la femme d'Andre, est une sculptrice au talent certain mais aux productions controversées. le couple est superbe et fait l'objet de toutes les envies. Gillian et ses jeunes camarades espèrent toutes attirer son attention et partager son intimité. Prêtes à tout pour s'illustrer, les jeunes filles dévoilent leurs journaux intimes. « La tenue de notre journal se mit à nous obséder. » (p. 67) Ce qui n'était au début qu'un exercice universitaire devient une scène terrible où chacune exhibe ses blessures, quitte à en créer de nouvelles pour nourrir la curiosité vorace d'un professeur au comportement trouble.
    Si Gillian doute d'obtenir la faveur de son professeur, elle nourrit à l'envi des fantasmes plus ou moins chastes. « Je rêverais de l'homme au visage lumineux et bon, dont la caresse, quoique légère, quoique nullement sensuelle ni avide, me pénétrerait de joie. » (p. 43) Mais quand le fantasme s'incarne enfin, l'euphorie devient perverse et vénéneuse. Désir ou amour, la relation qui se noue entre Gillian, Andre et Dorcas n'est pas de celles qui s'achèvent en happy end.
    Il s'en passe de belles dans cette université pour filles ! Joyce Carol Oates nous montre un microcosme étouffant et écœurant et écrit avec brio la violation d'intimité et le dévoilement forcé. Bien que très court, ce roman n'est pas simple à lire : les mots prennent à la gorge et l'histoire met mal à l'aise. Poussant à l'extrême certaines légendes des collèges de jeunes filles, l'auteure nous fait pousser la porte d'un monde où la vilenie et la perversion sont proposées comme moteur de la création. À manipuler avec précaution !
    De la même auteure, je ne peux que vous conseiller l'imposant et superbe Mon cœur mis à nu.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par PerdreUnePlume le 04/01/2012


    Un des romans les plus ambigus et à l'ambiance la plus lourde qu'il m'ait été donné de lire !
    Éminemment bien réussie que cette plongée dans l'univers universitaire féminin sous la coupe d'un professeur pervers et dominateur ; effrayant.

    L'ambiance "pensionnat de jeunes filles" parfaitement décrite en début de roman vire peu à peu et avec virtuosité vers celle plus étouffante du trio Gillian / Harrow / sa femme qui donne froid dans le dos jusqu'au coup d'éclat final.

    Une nouvelle fois Oates n'est pas là où on l'attend, son style comme son fond étonnent et surprennent. Je crois que le pire dans tout çà c'est qu'elle a véritablement l'art de décrire et d'imaginer le pire (délit, perversité, tension sexuelle ambigüe, fantasmes malsains...) sans jamais tomber dans l'obscénité ou le montage façon fait divers ; pourtant l'ensemble reste peu suggéré et assez explicite, Oates ne se cache pas derrière les mots !
    Ça reste juste, neutre, presque chirurgical. Définitivement une grande plume.


    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2012/01/04/D%C3%A9licie..

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par carre le 06/02/2012


    Gillian jeune et brillante étudiante universitaire est follement éprise de son charismatique professeur de poésie André Harrow. Avec son épouse, sculptrice, il forme un couple très en vue. le professeur pour faire entrer ces étudiantes dans son cercle intime (en vérité un stage avec son épouse)demande à ces élèves d'écrire le journal intime qui sera lu en cours. Gillian osera t'elle se découvrir ?
    Joyce Carol Oates nous entraine dans un jeu pervers qui installe une sorte de malaise pour le lecteur, mais le tout est fait de façon subtile, sans provocation, formidablement bien rendue. On espère de tout coeur que tout cela vient seulement de l'imagination de l'auteur. Mais qui sait ?
    En tout cas, j'ai hâte de découvrir un peu plus l'univers de Oates.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison le 01/03/2012


    Date : 1975.
    Lieu : Campus universitaire, Catamount, Massachusetts.

    Une période difficile, sans enjeu, sans profonde motivation, pour les étudiantes de ce campus. John Kennedy est mort depuis une dizaine d'année, la guerre du Viêt-Nam s'est enfin achevée... Contre quoi et pour quelle cause, cette jeunesse peut se rassembler, se rebeller... L'âge d'or des revendications politiques est dépassé, leurs parents ont déjà vécu la libération sexuelle, que reste-t-il donc à cette jeunesse ?

    Du Valium et des anti-dépresseurs...Un monde où les idées suicidaires sont omniprésents... Un monde où l'anorexie se vit naturellement... Un monde où un pyromane sévit à l'intérieur de ce campus...

    Alors, lorsqu'un professeur de poésie, « charismatique », avec sa femme sculptrice (d'un art moderne plus que controversé) et « énigmatique » entrent en scène au milieu d'un groupe de 12 étudiantes... Avec des étudiantes qui ne semblent se passionner que pour l'intérêt et l'amour de ce professeur...Un professeur qui pousse ses étudiantes à se dévoiler en profondeur, le plus intimement possible...Un professeur qui demande à ses étudiantes de tenir un journal intime pour le lire à haute voix et qui jubile lorsque celui-ci rentre dans les détails les plus cruels et les plus sombres de l'intimité (psychologique et physique) de chacune... Une montée en puissance crescendo vers un univers dramatique où la cruauté des mots renforce la jalousie de chacune...


    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par Lostinmypal le 26/01/2012


    Histoire assez inconsistante.Je suis restée à distance, peu concernée par ces jeunes filles influençables. Alors même que leurs comportements sont crédibles dans l'absolu, ces personnages de papier n'ont pas réussi à me convaincre. La narratrice a l'air d'une idiote finie, ce qui a considérablement contribué à mon manque d'enthousiasme. Pourtant le "twist" m'a prise de court (il faut dire qu'à ce moment-là, j'en avais presque fini et que je lisais sans plus chercher à m'impliquer, n'espérant plus quoi que ce soit du livre).Je crois que la prochaine fois que je lirai Oates, ce sera pour relire "Les chutes" et que nous en resterons là elle et moi...Nombreuses coquilles dans cette édition (J'ai Lu)...

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Sharon le 20/03/2012


    l s'agit du troisième roman de Joyce Carol Oates que je lis et je trouve toujours cette écriture aussi forte, aussi dérangeante. Peu de pages, pourtant elles sont marquantes.
    Gillian est fascinée par le couple sulfurEux que forment André Harrox et Dorcas, son épouse sculptrice d'origine française. Ses camarades de résidence le sont également, à des degrés divers. Je ne pEux m'empêcher de penser que ses filles devaient être dans un profond désarroi affectif pour se laisser séduire par ce professeur dont le physique est (à mes yEux) repoussant. Les garçons existent pourtant, il est vaguement question d'Eux, les autres professeurs aussi enseignent mais ils restent tous à la lisière de ce roman.
    Abus d'autorité, abus physique, abus moraux – rien n'est épargné à ses frêles étudiantes qui n'ont qu'un but : être admirée et aimée. Ce ne sont pas des lolitas à la Nabokov, elles ont encore une part d'innocence et de cruauté liées à leur jeunesse et à leur inexpérience. Toute étudiante trop fragile pour résister à ce que le professeur et sa femme leur a imposer quitte le campus et est très rapidement oublié. Il ne s'agit pas là de résilience, plutôt du soulagement ressenti après le départ d'une rivale et la volonté de ne pas, de ne surtout pas savoir.
    Ce roman montre le pire des années 70 (drogue, amour libre, expérience sexuel), et le meilleur reste en dehors du roman. Je retrouve dans ce roman les thèmes que j'avais déjà rencontré dans Petite sœur mon amour ou Fille noire, fille blanche : le père qui pousse son enfant à la compétition et ne l'aime que s'il gagne, les incendies mystériEux (feu purificateur ?) qui ravage le campus, rupture voulue avec la famille.
    Si l'intertextualité est présente avec les œuvres de DH Lawrence, elle l'est aussi avec l'utilisation des Métamorphoses d'Ovide. Pour André, l'extrait choisi fait ressortie la bestialité de l'homme et l'anéantissement de la femme. Il aurait simplement dû ne pas montrer à sa proie la manière de reprendre le dessus. En effet, Gillian, si lisse, si banale, oppose une légère résistance, quasi invisible, au professeur. Je vous le concède, après toutes les humiliations qu'elle subit, cette résistance paraît vraiment minime, pourtant, elle est réellement là.
    Les conséquences sont dévastatrices, et les séquelles sont toujours présentes, vingt-cinq ans plus tard. Une telle histoire de nos jours serait-elle encore possible ? J'espère bien que non.


    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-delicieuses-pourritur..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Cajou le 11/09/2011


    Dans ce roman, un professeur retient toutes les attentions, Andre Harrow : il subjugue ses étudiantes à coups de regards appuyés, de lectures suggestives, et de discours libertaires. Il sait la fascination qu'il exerce sur ses étudiantes et il en joue. Il exige toujours davantage de ses élèves, il veut qu'elles se livrent dans leurs écrits, qu'elles se mettent à nu, qu'elles parlent de leur intimité, de leurs blessures. Il n'a de cesse de leur répéter "d'aller plus profond, de chercher la jugulaire". Et elles finiront par trouver cette jugulaire... et même par la trancher à vif, la laissant vomir tout son sang caillé sur elles, naïves étudiantes énamourées.

    Vous le comprenez, à un moment, l'histoire dérape. Et elle devient de plus en plus malsaine, dérangeante, voire glauque au possible... créant à la fois la répulsion du lecteur mais aussi sa curiosité.

    Quant à l'écriture de J.C. Oates, je l'ai vraiment appréciée. Elle oscille entre grâce et sensualité mais elle sait également être tout à fait dérangeante et tranchante, pour nous faire ressentir l'atmosphère au plus profond de nous-même.

    Pour vous exprimer mon ressenti général sur cette lecture, je vais me servir d'une des scènes du roman, dans laquelle Janis Joplin est en fond sonore. J'ai trouvé ce choix très pertinent car, au bout du compte, "délicieuses pourritures" est comme cette chanteuse : à la voix tellement particulière, envoutante et dérangeante à la fois. Une voix qui grince... tout comme cette histoire.

    C'est un livre qui ne se lit pas, c'est un livre qui se ressent. Il vous remuera, il vous tordra le ventre. Vous aimerez ou vous détesterez, il n'y aura pas de juste milieu, j'en suis persuadée.


    Lien : http://plumedecajou.over-blog.com/article-delicieuses-pourritures-de..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par liliba le 16/08/2011


    J'ai dévoré ce roman mais il m'a laissé une empreinte très forte de malaise. Quelle atmosphère malsaine, que de drames qui se trament dans les couloirs et les salles de cette école, que de mal être... On comprend parfaitement que des jeunes filles veuillent briller aux yeux de leur professeur pour s'attirer ses grâces, son admiration, voire son amour, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'être scandalisée par l'attitude de cet homme qui manipule de façon si désinvolte, prend et jette, utilise et au final saccage ces filles. On comprend d'ailleurs bien mal ce qu'elles lui trouvent, à cet homme, qui parait sous la plume de Oates bien laid et surtout fort désagréable, pédant même. Son mystère très certainement, son aura intellectuelle également, et probablement aussi le coté sombre du personnage, qui telles la lumière pour les lucioles, les attirent alors qu'elles savent, sentent qu'elles s'y brûleront les ailes...

    "Andre Harrow était verbeux, tyrannique. Il était gentil, et condescendant. Il ne cessait de nous interrompre tout en nous exhortant à "dire ce que nous pensions, si nous ne voulions pas que quelqu'un le fasse à nore place".

    Automutilation et autodestruction, humiliation, dégradation de l'être... On en a la nausée et pourtant on dévore ces quelques 100 pages sans pouvoir s'arrêter, subjugés par la maitrise de l'auteur, par son écriture, et par la noirceur des personnages, de ce prof indigne et de sa femme, complice, peut-être encore plus malsaine que lui. Nous sommes dans la perversité pure et la force de l'auteur est de plutôt suggérer que de décrire précisément, et de nous laisser imaginer.

    Et en nous résonnent les phrases que ce professeur serine à ses élèves, pour qu'elles expriment dans leur journal, qui sera lu devant la classe, leurs pensées les plus profondes, leurs souvenirs, leurs angoisses.
    Suite sur Les lectures de Lili


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/07/23/index.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par sevsev le 05/06/2011


    Je ne sais pas quoi dire sur ce livre, il m'a laissé un sentiment étrange.

    On suit Gillian, jeune étudiante, lors de sa scolarité dans une école de Nouvelle-Angleterre. Gillian tombe sous le charme de son professeur de littérature, Andre Harrow.

    Cet amour va aller jusqu'à l'obsession. Un triangle amoureux va alors se dérouler entre Gillian, Andre et sa femme au-delà de la perversité...

    Je ne vais pas vous dire que je l'ai aimé, je n'ai pas aimé l'atmosphère lugubre et perverse qui règne dans ce livre, je me suis ennuyé à le lire. Mais je l'ai quand même lu jusqu'au bout, car on se laisse facilement entrainé dans cette histoire malsaine.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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