> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2848761393
Éditeur : Philippe Rey (2009)


Note moyenne : 4.43/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Large fragment d'autobiographie de l'un des plus grands auteurs américains, le Journal de Joyce Carol Oates est un document littéraire de première importance. Elle l'entreprend à l'âge de trente-quatre ans, le 1er janvier 1973, tout en poursuivant ses œuvres de fiction.... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 11 septembre 2010

    ivredelivres
    Très attirée par les journaux et correspondances j'ai eu très envie de lire celui-ci alors que je ne goûte que très peu les romans de Joyce Carol Oates, le billet très admiratif de Frédéric Ferney a fini de me convaincre.
    A l'origine un Journal de 4000 pages, l'éditeur a fait une sélection et chaque année est introduite par un résumé des événements marquant pour JC Oates : changement d'université, changement d'éditeur, succès littéraires.
    Toutes les pages sont centrées sur l'écriture, son travail d'enseignante, les relations amicales et la vie quotidienne.
    On y voit une femme écrivain au travail, le plus souvent totalement absorbée par l'avancée de ses romans.
    Ecrivain prolifique, les romans s'enchaînent de façon vertigineuse et il est parfois question d'un « embouteillage de manuscrits »
    Elle a une capacité de travail énorme car entre les romans ou en même temps qu'elle y travaille, elle ajoute des nouvelles, des essais littéraires : Dostoievski, Kafka. Elle dit d'elle même « Je me sens assiéger par les mots »
    On découvre dans le Journal un écrivain assez insensible aux critiques bonnes ou mauvaises mais lorsque les critiques deviennent très bonnes pour Bellefleur elle avoue « Une critique positive dans le Times est analogue à ...quoi ? Se voir annoncer qu'on n'a pas le cancer. »
    De nombreuses pages sont consacrées à ses lectures qui sont très éclectiques et dont elle parle sans langue de bois « Je soupçonne Rilke d'être largement surestimé » et sait défendre ce qu'elle aime « on perd fort peu de chose en ne lisant pas une critique de Whitman..on perd la moitié de la terre en ne lisant pas Whitman »
    Ses lectures sont souvent dictées par son travail d'enseignante qui lui donne l'occasion de relire avec plaisir « lisons nous jamais dEux fois le même livre ? lisons nous le même livre que celui que lisent les autres ? »
    Au gré des pages on rencontre Virginia Woolf dont elle se sent proche, James, Joyce, Wilde, les soeurs Brontë. Elle parvient encore à assister à des soirées consacrées à écouter ou à lire de la poésie en public.
    C'est un bain littéraire permanent ! Tous les gestes de la vie quotidienne sont l'occasion de méditer sur une nouvelle, sur un roman ou sur une lecture. Boulimique ? sans doute et cette boulimie fait pendant à son anorexie « une forme maîtrisée et prolongée du suicide » dont elle parle avec une grande pudeur.
    J'ai été passionnée par les pages qu'elle consacre à sa vie d'enseignante. Son intérêt, je dirais son amour des étudiants transparaît, elle aime enseigner et préparer ses cours, corriger les travaux de ses étudiants « Une grande partie de mon inspiration me vient quand j'enseigne. J'aime l'interaction entre l'esprit des étudiants et le mien ».
    La musique occupe une grande place dans la vie de Joyce Carol Oates, elle passe des heures (où prend-elle se temps ?) à apprendre les sonates et préludes de Chopin, elle met la même énergie au piano que sur sa machine à écrire. Elle est excessive en tout, en musique comme dans l'écriture. « J'écoute les Préludes presque tous les jours depuis un bon moment, et je me verrais bien consacrer les vingt prochaines années à ces vingt quatre Oeuvres »
    Elle garde beaucoup de discrétion sur sa vie de couple et est horrifiée par le dévoilement de la vie intime d'un écrivain, à propos d'Emily Dickinson et de ses Lettres elle dit « l'exhumation systématique, impitoyable, de tous les secrets par les universitaires, les critiques et les voyeurs est épouvantable »
    Aucunes confidences intimes mais quelques jolies pages sur son amour indéfectible pour son mari «Intelligence. Bonté. Patience. » son admiration pour lui et son travail. Ses amis importent beaucoup et des pages émouvantes sont consacrés à certains d'entre Eux,
    J'ai été touchée par la simplicité et la sincérité de ce Journal,j'ai lu ces pages avec un grand intérêt mais surprise de l'absence totale de pages sur le monde et les événements politiques ou sociaux durant ces années.
    Cette absence accentue l'impression d'immersion totale dans la littérature et l'écriture.
    C'est l'autoportrait vivant et attachant d'un écrivain
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    • Livres 5.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 27 avril 2010

    MarianneDesroziers
    Ce qui fait l'intérêt des journaux d'écrivains c'est ce qu'ils disent sur les oeuvres en cours d'élaboration: comment naît un roman ou une nouvelle? Souvent par un rêve pour Joyce dont elle sélectionne certains élements. L'activité onirique est omniprésente dans son journal et elle rêve même de ses presonnages qui viennent la supplier de les reprendre, de donner une suite à leur vie.
    Un journal révèle aussi une personnalité que l'on devine parfois mal dans les romans: Joyce Carol Oates, la femme paraît beaucoup moins pessimiste, sinistre, glauque et perturbée que J.C.O, l'écrivain. Au contraire, elle a l'air d'une femme équilibrée, ouverte, sympathique, drôle et ironique, curieuse de tout, elle a des jugements très nuancés sur les gens, les choses et les oeuvres littéraires des autres (ce qui est rarement la cas des journaux). On voit ausi à quel point son travail de prof de fac lui plaît et tout ce que lui apporte le contact avec les étudiants. Bien entendu, j'ai du mal à lire le journal d'une femme écrivain sans penser à celui de Virginia Woolf (dont je sais que Oates est fan pour l'avoir lu dans un interview) et je dois dire qu'elle ne souffre pas de la comparaison.
    Encore plus intéressant à lire quand on connaît (un peu) l'oeuvre de Oates, qu'on s'intéresse aux années 70 aux USA, et qu'on est une femme qui essaye d'écrire.
    Excellent travail d'édition de Philippe Rey : notes en bas de pages éclaircissant des points biographiques ou des références littéraires, recontextualisation de la carrière et de la vie de l'auteur en préambule à chaque année, index des noms propres (où l'on voit qu'une des personnes les plus citées, à part son mari et quelques contemporains est Virginia Woolf). Un excellent moment de lecture.
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Citations et extraits

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  • Par ivredelivres, le 11 septembre 2010

    on perd fort peu de chose en ne lisant pas une critique de Whitman..on perd la moitié de la terre en ne lisant pas Whitman
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  • Par ivredelivres, le 11 septembre 2010

    J’écoute les Préludes presque tous les jours depuis un bon moment, et je me verrais bien consacrer les vingt prochaines années à ces vingt quatre oeuvres
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  • Par ivredelivres, le 11 septembre 2010

    Une grande partie de mon inspiration me vient quand j’enseigne. J’aime l’interaction entre l’esprit des étudiants et le mien
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