> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 225312091X
Éditeur : LGF (2008)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d’une mystérieuse maladie, d’engager une assistante. Lorsqu’il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d’intrigants tatouages, Seigl ne... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par choupynette, le 19 février 2010

    choupynette
    La Fille tatouée, c'est la rencontre entre Joshua Seigl, universitaire renommé mondialement, passionné de Virgile et d'Alma Busch, jeune femme sensuelle, analphabête, originaire de Pennsylvanie,. Si ces deux-là se rencontrent, c'est http://storage.canalblog.com/18/71/511296/37191345_p.jpgun peu le fruit du hasard, vous imaginez bien. Lui est atteint d'une maladie neurologique dégénérescente, et a besoin d'un assistant à demeure. Lorsqu'il la croise, travaillant chez un libraire, peinant sur les livres à sortir d'une caisse, il a une sorte d'attirance immédiate pour cette femme si loin de son monde, si "brut de décoffrage".
    Alma, arrivée dans la ville huppée de Carmal Heights affamée et perdue, est tombée sous la coupe de Dmitri, souteneur à ses heures, qui n'hésite pas à s'en servir comme de la viande à vendre au plus offrant. Originaire d'une région minière très pauvre, où l'anti-sémitisme est la norme, Alma vibre rapidement de haine pour Joshua, le "Juif", et pour se faire "aimer" de Dmitri, elle n'hésite pas à voler chez son employeur, pour prouver qu'elle "vaut quelque chose", pour que Dmitri la "voie".
    Rapidement, les rapports entre Joshua et Alma vont se compliquer, et quelque part s'équilibrer: il a besoin d'elle, elle se nourrit de la haine. La spirale tragique s'enclenche, mais ne mènera pas à la fin attendue.
    Evidemment, ce roman pourrait se lire comme une simple "fable terrible" sur l'anti-sémitisme. Mais La Fille tatouée est bien plus que cela. Oates propose ici une variation sur l'âme humaine ("alma" en espagnol), sur les relations humaines dans toute leur complexité. Et démontre, au final, que quel que soit notre milieu, nous avons tous un besoin viscéral d'être aimés. Alma, m'a parfois fait penser à une bête (Il sentait chez Alma Busch une volonté implacable, aveugle, tâtonnante, plus puissante que la sienne. Ses yeux lui semblaient littéralement aveugles, les yeux d'une créature sous-marine, nourrie par les ténèbres. p.327), ses réactions sont animales, instinctives. En somme, Joshua/Alma, c'est un peu l'acquis face à l'inné. Il tente de lui parler de l'Holocauste, dont Alma a entendu (et est donc persuadée) que cela n'a jamais existé, mais devant la défiance de son assistante (les films sont faux, les photos [de l'Holocauste] peuvent être fausses aussi Mr Seigl!), Joshua est déstabilisé. Alma, par ses réactions, son comportement, sa sensualité un peu bestiale, l'excite et l'agite. Alma de son côté oscille entre la haine et la compassion, entre la défiance et l'envie d'être aimée par cet homme intelligent.
    Au-delà de la simple (si l'on peut dire) dialectique du maître et de l'esclave, Oates montre et dissèque les rapports dominants/dominés, hommes/femmes (et les violences faites aux femmes), les différences de classes et les incompréhensions/haines tragiques qui en découlent, la difficulté d'être Juif (les attentes de perpétuation de la Mémoire, le devoir envers les morts et les vivants, la lutte contre le négationnisme etc). L'uteure évoque aussi les questionnements sur la littérature, le rapport à la vérité du roman et la réalité des faits avérés historiquement. Oates nous parle également (ce qu'elle avait déjà fait dans Les Chutes) d'une Amérique industrielle et ouvrière à l'abandon, une nature ravagée et des habitants malades du capitalisme sauvage.
    Il y a tellement de choses à dire sur ce roman fort et dérangeant! Je finirai sur le style Oates, toujours aussi précis, taillé au scalpel, collant parfaitement à ses personnages. Ce n'est pas facile à lire, dans le sens où l'ambiance est oppressante, certaines scènes pas piquées des vers, mais c'est véritablement un roman à lire.

    Lien : http://ya-dla-joie.over-blog.com/article-la-fille-tatouee-43732148.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par maevedefrance, le 03 juillet 2010

    maevedefrance

    Tout d'abord un petit bémol concernant la 4e de couverture : je n'ai pas du tout vu dans ce livre de huis clos érotique et le personnage d'Alma (La Fille tatouée) est bel et bien vulnérable. Bref, encore une 4e de couv où l'on se demande si celui qui l'a écrite a lu le livre.
    Alma est une pauvre fille, défigurée par un tatouage raté (ou une tâche lie de vin sur la joue, on ne sait pas vraiment) et dont le Corps est marqué de la même manière de tatouages foirés. Car Alma est une fille marquée au sens propre comme au sens figuré, par son milieu social : Alma vient de l'Enfer, autrement dit du comté d'Akron en Pennsylvannie, ("Achéron", pourrait-on entendre) ravagé. A peine arrive-t-elle a aligner 2 mots (elle ne parle pas, elle marmonne), en cavale pour de mystérieuses affaires. Alma, c'est l'Amérique des mines sinistrées et du chômage, l'Amérique des ratés.
    Cette vagabonde a le malheur de croiser sur sa route un autre raté, qu'elle appelle son "amant, car elle se considère uniquement comme un objet sexuel et non une femme à part entière, et qui se prénomme Dmitri. Il la manipule comme une marionnette, lui demandant de profiter du 'sale juif" qu'est Joshua Seigl, l'écrivain et traducteur de Virgile qui emploie Alma comme assistante. Car Alma, comme Dmitri vouent une haine sans bornes aux juifs et à leurs banques qu'ils accusent de vol. Ils ont des préjugés sans bornes à ce sujet-là et le révisionnisme concernant l'Holocauste ne leur fait pas peur.
    Seulement voilà, est-on forcément juif parce qu'on s'appelle Josuha Seigl ? Est-on forcément un riche, un voleur, un menteur etc parce qu'on est juif ? Questions stupides certes, mais pas pour Alma et Dmitri, qui n'en reviendront pas!
    Ce roman m'a rappelé La Tache de Philipp Roth. Et ce n'est sans doute pas un hasard puisque Joyce Carol Oates dédie le livre à cet écrivain. Elle renverse de façon magistrale un état de fait et une situation qui pourtant paraissaient solides sur l'identité des personnages.
    Les deux Amériques finissent par à se rencontrer, se parler. Seulement voilà... (je n'en dit pas plus!).
    Joyce Carol Oates dresse là un portrait très noir de l'Amérique contemporaine. Une atmosphère étouffante enserre le lecteur du début à la fin. Jusqu'à l'épuisement, pourrais-je dire. Aucune sympathie ne se dégage des personnages. Ils sont tous aussi agaçants les uns que les autres. C'est du moins ainsi que je les ai perçus.
    C'est le premier roman que je lis de cet auteur. J'en retiens une impression mitigée. J'ai eu un peu de mal avec son style d'écriture et, sans doute avec cette atmosphère étouffante et donc pas très reposante. J'ai cependant été bluffée par la façon dont elle se joue du lecteur et des personnages. Un roman riche, complexe et un zeste sulfureux, c'est clair.


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par summerday, le 24 avril 2010

    summerday
    La Fille tatouée est un livre riche et troublant. Joyce Carol Oates met face à face deux individus que rien n'aurait dû rapprocher, en raison de cultures et de milieux sociaux très éloignés. Joshua Siegl est écrivain et a remporté un immense succès avec son livre "Les Ombres" qui évoquait l'holocauste. Malade, il recherche un assistant pour l'aider dans son travail et dans la grande maison qu'il occupe. Mais aucun des doctorants ou autres jeunes érudits qu'il reçoit ne convient. Il faut dire que ses critères sont pointus. En parallèle Alma Bush, une jeune femme fragile et au Corps couvert d'étranges tatouages arrive dans la ville de Mount Carmel. Siegl la rencontre par hasard dans une librairie et lui propose de travailler pour lui.
    Presque toute la première partie du roman est écrite selon le point de vue de Siegl ou d'autres personnages, et nous n'avons qu'un regard extérieur posé sur Alma, jeune femme belle mais inculte, maladroite et peu bavarde. Décrite comme une petite chose effrayée à recueillir, intuitive mais à l'intelligence brute, on la prend en pitié.
    Puis, avec la seconde partie nous pénétrons dans son esprit : un univers baigné de haine. Cette femme nourrit d'emblée des sentiments d'animosité pour cet homme protecteur. Pour quelles raisons? Des préjugés. Parce qu'enfant on lui a inculqué que les juifs sont le mal, qu'ils ne méritent que la mort. Alma se lance dans une vengeance sans propos alors que de son côté Siegl ne perçoit à aucun moment les réelles intentions de son assistante. Et c'est là la force du récit puisque jusqu'au bout le suspens est à son comble : comment le dialogue de ces deux êtres va-t-il évoluer?
    C'est un roman assez dérangeant qui évoque la vengeance, la mémoire et la moralité. Oates réussit à jongler entre perversion et pudeur et passe du point de vue curieux et idéalisé de Siegl à celui haineux d'Alma. Difficile exercice qu'elle accomplit sans problème et qui nous plonge, nous lecteurs, dans une étrange dualité. On s'attache tour à tour à chacun de ces personnages, puis on les déteste, parfois on les plaint, et lorsque le dénouement arrive on se retrouve face à un cas de moralité ambigüe. Un huis clos étouffant et complexe. Un très grand roman où le talent de la romancière est à son paroxysme.

    Lien : http://summerday.hautetfort.com/archive/2010/04/12/la-fille-tatouee...
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    • Livres 5.00/5
    Par AnisLitterama, le 23 janvier 2011

    AnisLitterama
    La Fille tatouée s'appelle Alma ; elle échoue à Mount Carmel Avenue, comme une « épave qui aurait flotté de la ville en contrebas jusqu'à ce quartier vallonné de petites boutiques, de boulangeries et de restaurants de luxe ». Elle sait à peine lire, et semble complètement dénuée de curiosité intellectuelle. Son regard est vide et sans expression, dans un visage jeune, sensuel, à la peau très blanche. Mais elle dégage une sorte de puissance érotique qui ne laisse pas les hommes indifférents. Pauvre, abandonnée, elle semble une proie facile.
    Qui aurait pu deviner que Joshua Seigl, frisant la quarantaine...(lire la suite en cliquant sur le lien ci-dessous)


    Lien : http://www.litterama.fr/article-joyce-carol-oates---la-fille-tatouee..
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Citations et extraits

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  • Par choupynette, le 19 février 2010

    Alma s'assura qu'il ne venait pas en douce comme il faisait parfois (sans savoir qu'elle le voyait du coin de l'oeil) et elle rôdait dans le bureau agitée et fiévreuse haine haine haine je vous hais sales Youpins le coeur battant comme si elle avait sniffé de la coke pure et elle regarda sa main ouvrir une bibliothèque vitrée dans le bureau de Siegl et prendre sur une étagère un livre qui la fit presque sourire, petit comme un livre pour enfants, ce qu'elle pensait qu'il était avec ce titre qui ressemblait à un conte de fée pour enfants, Anna Livia Plurabelle, mais quand elle l'ouvrit et essaya de lire, les caractères minuscules se brouillèrent devant ses yeux, des putains de mots qui ne voulaient rien dire comme s'ils n'étaient pas en anglais ou pas l'anglais qu'on lui avait appris et son coeur battit de ressentiment et de fureur et ses mains plièrent la couverture fragile à l'envers jusqu'à ce qu'elle l'entende craquer et elle sourit avec le plaisir d'enfant comme un petit garçon qui tire sur les jambes d'une grenouille jusqu'à ce qu'elle se déchire en deux. Tiens, saloperie! pp.206-207
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  • Par aventuresheteroclites, le 23 avril 2010

    A la base, la Fille tatouée était de la viande femelle docile qui pouvait à peine prononcer une phrase cohérente, avait les yeux dans le vague, respirait par la bouche comme un chien et dégageait une odeur humide de chien, mais Alma était différente, Ama pouvait vous regarder droit dans les yeux et vous voir.
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  • Par maevedefrance, le 03 juillet 2010

    Elle venait d'ailleurs. Des campagnes pauvres, sinistrées, de l'ouest de l'Etat de New York ou de Pennsylvannie
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  • Par aventuresheteroclites, le 23 avril 2010

    Où habites-tu demandait-on à la Fille tatouée. J'habite en enfer, répondait-elle en riant. Car la Fille tatouée était toujours partante pour rigoler.
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  • Par lucillemalenfant, le 31 mai 2011

    Ce fut un temps de sommeil pesant et chaque fois qu'elle se réveillait il était toujours mort.
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La chronique de Gérard Collard - J'ai réussi à rester en vie
J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates aux éditions Philippe Rey Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "J'ai réussi à rester en vie" par l'éditeur : le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l'emmener aux urgences où l'on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci. J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. de poursuivre une existence amputée du partenariat qui l'a soutenue et définie pendant près d'un demi-siècle. En proie à l'angoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives, et les absurdités pathétiques du commerce du deuil, Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s'extraire qu'à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis. Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés ...








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