> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 223406046X
Éditeur : Stock (2009)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
A Mont-Ephraim, petite ville de l'Etat de New York, tout le monde connaît les Mulvaney, leur bonheur et leur réussite.
Michael, le père, d'origine modeste, a su à force de travail se faire accepter par la bonne société de la ville. Grâce à sa femme qu'il adore, l... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par keisha, le 29 août 2009

    keisha
    Les Mulvaney de High Point Farm, tout le monde les connaissait, à Mont-Ephraïm... Une grande ferme remplie d'animaux, le père, Michael Mulvaney, propriétaire d'une entreprise, la mère, Corinne, très croyante, qui adore acheter des antiquités et les entreposer dans la grange pour une vente éventuelle, et les quatre enfants, Mike le sportif, Patrick l'étudiant doué, la douce Marianne et Judd le petit dernier qui s'intronise comme le narrateur.
    Une chaude ambiance affective, du succès social, bref tout va bien pour les Mulvaney.
    Jusqu'à la Saint Valentin 1976, où Marianne est agressée par un des jeunes gens présents au bal. Drame dévoilé au quart du livre, mais que l'on pressent et devine bien avant...
    Les conséquences seront tragiques pour tous les membres de la famille, qui finira par éclater. On suivra aussi la descente sociale et financière du père, qui mènera à la vente de la ferme.
    L'épilogue montrera la famille enfin apaisée et réunie.
    Un gros pavé où on entre très facilement, un panorama très complet de la vie dans ce petit coin d'Amérique, des personnages bien fouillés, une bonne histoire, un style classique et entrainant.
    Pourtant je me suis un peu ennuyée (pas taper!) à la lecture de certains détails qui freinaient l'avancée de l'intrigue ou la compréhension des personnages, laquelle est laissée à la sagacité et à la sensibilité du lecteur.
    Le narrateur est Judd, qui n'a bien sûr pas été le témoin direct d'une bonne partie de l'histoire, mais explique comment il a réuni ses renseignements, quitte à broder un peu. Né le dernier, par le biais des souvenirs des autres et les photos, il avait l'impression d'avoir vécu des faits survenus avant sa naissance... Cette façon de recomposer des événements est très réussie.
    "En entreprenant cette histoire des Mulvaney, dont je suis le plus jeune membre et malgré tout, je l'espère, un observateur neutre, ou du moins un observateur dont le temps a purifié et exorcisé les émotions, je veux mettre par écrit ce qui est vrai. Tout ce qui est relaté ici est arrivé, et c'est à moi qu'il appartient de suggérer comment, et pourquoi. Pourquoi ce qui peut sembler peu vraisemblable ou inexplicable vu de loin - un enfant chéri chassé par un père aimant comme dans un conte de Grimm - n'est ni l'un ni l'autre vu de l'intérieur. Je noterai autant de "faits" que j'en puis réunir; le reste est conjecture, imaginé mais non inventé, et repose en grande partie sur des souvenirs et sur des conversations que j'ai eues avec ma famille à propos d'événements que je n'avais pas vécus et ne pouvais connaître, sinon par le coeur."
    "On dit que le benjamin d'une famille n'a pas un souvenir très net de lui-même parce qu'il a appris à se reposer sur les souvenirs des autres, qui sont plus âgés et détiennent donc l'autorité. Quand ses souvenirs diffèrent des leurs, il leur accorde peu de valeur. Ce qu'il prend pour sa mémoire serait plutôt un bric-à-brac des souvenirs d'autrui, leurs témoignages entrecroisés sur des événements survenus avant sa naissance, mêlés à des événements survenus après sa naissance, lui compris."


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-32908524.html
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    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 27 novembre 2011

    spleen
    Gros pavé à l'écriture dense et pour moi heureuse découverte, de cet écrivain.
    L'histoire est racontée par le plus jeune fils de la famille, Judd; vie insouciante et heureuse d'une famille unie dans une petite ville de l'état de New York .
    Le père a une entreprise florissante et accéde enfin à une certaine notoriété en temps que membre du Club local...
    La mère, Corinne, fantasque, s'occupant de la ferme et antiquaire du dimanche .
    Les 3 fils et la fille Mariane sont epanouis,entourés de chiens, chats et chevaux ...
    Toute cette harmonie éclate après le premier bal de Mariane qui finit en drame. Et plutot que de faire front, la famille se disloque, le père ne supporte pas le deshonneur de sa fille, celle ci bien qu'étant victime se comporte en coupable et l'opprobe d'une société de province fait le reste, trop contente de voir s'effondrer l'orgueil du "clan Mulvaney".
    Chaque membre de la famille va finalement se battre seul chacun à sa façon, et en particulier Mariane la préférée du père qu'il rejette et renie ,declenchant de ce fait la chute inexorable de la famille,c'est sans doute cela qui m'a le plus marqué, le poids du regard des autres et des prejugés dans cette société si puritaine, tout éclate et c'est terrible. cela ne peut finir qu'avec la mort du père ...
    C'est intense, bien écrit, les personnages sont attachants et on ne lache le bouquin qu'à regret.
    La fin peut paraitre un peu à l'eau de rose, mais on peut aussi en conclure qu' on peut finalement se reconstruire , recréer les liens familiaux et croire au bonheur.


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-nous-etions-les-mul..
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 21 septembre 2011

    Beatrice64
    "Mais ce document n'est pas une confession. Absolument pas. J'y verrais plutôt un album de famille. Comme maman n'en a jamais tenu, totalement véridique. Comme la mère de personne n'en tient. Mais, si vous avez été enfant dans une famille, quelle qu'elle soit, vous en tenez un, fait de souvenirs, de conjectures, de nostalgie, et c'est l'oeuvre d'une vie, peut-être la grande et la seule oeuvre de votre vie".
    Tout est dit, ou presque.
    Ils formaient une famille unie, connue, sûrement enviée, dans l'Amérique rurale des année 70. Il y avait des parents amoureux : Corinne, chaleureuse, originale, aveuglément chrétienne, et Michael, bel homme charismatique, leurs quatre enfants, vivants dans la joyeuse pagaille d'une petite ferme perchée sur les hauteur de Mont Ephraïm, dans l'Etat de New-York. le viol de Marianne, la cadette et seule fille de la famille, un soir de fête scolaire, va faire imploser cet univers. A la souffrance et au désarroi de leur enfant, les Mulvaney répondent par le silence, et la victime est rapidement mue en coupable, de manière viscérale, indicible, car on ne parle pas de ces choses-là. Avec une justesse psychologique saisissante (et pas seulement dans le personnage de Marianne), l'auteur dissèque les sentiments confus, contradictoires, tantôt violents, tantôt lumineux, toujours bouleversants, que génèrent les liens familiaux, et l'attachement profond de chacun aux lieux de son enfance. Un livre empreint de nostalgie, dans lequel on plonge, des personnage auxquels on s'attache profondément, et in fine le constat amer de la puissance dévastatrice de l'hypocrisie sociale et du mensonge.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Ori, le 31 juillet 2009

    Ori
    Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates, Stock
    Ils étaient les Mulvaney, une famille heureuse de 4 enfants, trois garçons et une fille Marianne, des parents aimants... Ils vivaient heureux dans leur ferme, leur paradis... Mais un jour, le soir de la Saint Valentin, un drame s'abat sur la famille, et plus rien ne sera jamais comme avant!
    Que c'est dur pour moi de lire une histoire qui conte une ascension et une chute, j'ai toujours envie d'empêcher la chute, de sauver les personnages, même si je sais que c'est impossible... Comment ne pas vouloir aider Marianne dans cette histoire, une jeune fille innocente qui se retrouve brisée à cause d'un monstre?
    Ce roman m'a bouleversée car il a provoqué en moi des sentiments forts. L'histoire nous est ainsi racontée par le plus jeune des frères, Judd, mais on se retrouve parfois plongé dans les pensées des autres personnages. Au début par exemple, on revit le cauchemar de Marianne, mais ses souvenirs étant flous, confus, même si on comprend très vite ce qui lui est arrivée, je n'ai cessé de m'interroger, d'espérer me tromper.
    Au delà de mon empathie envers Mariane, j'ai ressenti de la colère, colère envers Mariane qui refuse de porter plainte parce qu'elle porte le poids de la culpabilité, et colère contre les parents qui rejettent Mariane et l'envoient en exil pour ne plus souffrir! On s'attend d'ailleurs après le drame à une vendetta, mais il n'en est rien, le temps rattrape les Mulvaney (sauf peut-être Patrick) et le temps s'écoule, les conduisant inlassablement vers une déchéance de plus en plus grande...
    Nous étions les Mulvaney est donc un roman sur la vie qui montre comment le destin peut s'avérer terriblement cruel si on décide de ne pas se battre. Une histoire bouleversante que je n'oublierai pas de sitôt, avec une pointe d'espoir à la fin pour relever la tête et quitter les Mulvaney une larme au coin des yeux et un sourire fantomatique sur les lèvres!
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 28 mars 2011

    ivredelivres
    Tournez les pages de l' album de famille : Sur la photo la famille Mulvaney avec en arrière fond High Point Farm et dans le lointain la petite ville de Saint Ephraim. Si vous regardez attentivement vous voyez les tenues vestimentaires qui vous ramènent aux années soixante.
    Tout est propre, net, rangé, tout respire l'amour familial, la prospérité grâce au travail de Michael le père entrepreneur en bâtiment ET membre du Country club local; il lui a fallu plusieurs années pour en arriver là mais c'est chose faite, il est devenu un notable et il a laissé loin derrière lui son catholique de père, brutal et alcoolique.
    Juste derrière vous voyez Corinne, l'épouse, fantasque toujours vêtue à la diable, voyez elle sort de l'étable à moins que ce soit de son atelier de réparation d'antiquités en tout genre. Elle aime Michael plus que tout, plus même que ses enfants, et tout cela sous l'oeil bienveillant de Dieu !
    Au premier plan les enfants, magnifiques, heureux, beaux « j'ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n'étions que six » Michael Jr, Patrick, Marianne dite Bouton. C'est Judd qui parle, le plus jeune des Mulvaney, celui qui va dévoiler toute l'histoire
    Quelque chose va soudain briser ce tableau idyllique, faire voler en éclats l'amour familial, faire porter la culpabilité sur un seul membre de la famille au point de l'exclure , de l'effacer du tableau. Quand la tempête va s'abattre chaque membre de la famille va y faire face avec son histoire, ses émotions, le poids du regard des autres.
    Le clan se lézarde, se disloque sous les coups de la société puritaine de Saint Ephraim.
    Une leçon d'analyse psychologique, lucide, tranchante, montrant du doigt le puritanisme d'une société bien pensante, soupesant la force du besoin d'intégration d'un homme, du besoin d'amour d'une femme et du poids effrayant de la culpabilité.
    Un roman passionnant qui bien que datant des années 70 ne perd rien de sa force tant l'analyse est pertinente et habile. On pourrait le proposer à tous les apprentis psychologues !
    Un seul bémol : que JC Oates signe une fin un peu trop angélique à mon goût. Mais c'est broutille, j'ai aimé les personnages, l'écriture, le rythme du roman. A lire assurément
    Je connaissais JC Oates à travers son journal et j'ai très envie maintenant de poursuivre la lecture de ses romans

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/03/19/nous-etio..
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 02 juillet 2011
    Un des romans les plus impitoyables de la grande dame des lettres américaines.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Sand94, le 16 juillet 2009

    Mais ce document n’est pas une confession. Absolument pas. J’y verrais plutôt un album de famille. Comme maman n’en a jamais tenu, totalement véridique. Comme la mère de personne n’en tient. Mais, si vous avez été enfant dans une famille, quelle qu’elle soit, vous en tenez un, fait de souvenirs, de conjectures, de nostalgie, et c’est l’oeuvre d’une vie, peut-être la grande et la seule oeuvre de votre vie. (pp.18-19)
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La chronique de Gérard Collard - J'ai réussi à rester en vie
J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates aux éditions Philippe Rey Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "J'ai réussi à rester en vie" par l'éditeur : le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l'emmener aux urgences où l'on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci. J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. de poursuivre une existence amputée du partenariat qui l'a soutenue et définie pendant près d'un demi-siècle. En proie à l'angoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives, et les absurdités pathétiques du commerce du deuil, Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s'extraire qu'à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis. Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés ...








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