> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2070425711
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Elle c'est Ursula - Parce qu'elle est grande, très grande, mal dans sa peau, Ursula se surnomme elle-même la Nulle. C'est pourtant, à seize ans, une belle fille, intelligente et d'une volonté peu commune. Solitaire, indépendante, elle ne ressemble pas aux autres.
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 09 mars 2012

    argali
    Ce roman écrit en 2002 par Joyce Carol Oates, célèbre auteure américaine, est le premier qu'elle rédige pour la jeunesse. Elle dresse ici un portrait peu flatteur d'une Amérique paranoïaque et hypocrite où le moindre mot de travers est traqué et dénoncé, où la liberté d'expression semble n'être plus qu'un vague souvenir, où la différence même est devenue un danger.
    Matt l'apprendra à ses dépens. Lui qui s'amusait d'un rien, devient, du jour au lendemain, un paria et va peu à peu se replier sur lui-même en prenant conscience de la lâcheté de son entourage.

    De nombreux thèmes peuvent être abordés suite à cette lecture, à commencer par les répercussions que peut avoir une calomnie. le livre nous invite à faire preuve de discernement, d'avis critique face à la rumeur en dénonçant l'influence des médias, les réactions disproportionnées et l'injustice qui en découle.

    Cette histoire d'adolescents, simple et cruelle, dépeint une société malade de la peur, suspicieuse et conformiste au possible. L'auteur y fustige, implacable, les adultes qui survivent aux pressions à coup de somnifères, de Prozac ou d'alcool, la peur du qu'en-dira-t-on, omniprésente et paralysante, les relations vraies qui semblent ne plus pouvoir exister.
    Ce livre est magistral pendant les huit dixièmes de l'histoire. Remarquablement écrit, il dérange, met mal à l'aise même, tout en mettant le doigt sur quantité de caractéristiques de la société d'aujourd'hui. Puis, il redevient plus politiquement correct et se termine par un happy end à l'américaine qui casse un peu la force du propos. Je le regrette. Il reste cependant percutant et d'une grande qualité littéraire.

    Une histoire qui parlera aux adolescents, âge vulnérable où l'on se cherche et où le regard d'autrui est important pour la construction de la personnalité.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Woland, le 26 février 2009

    Woland

    Big Mouth & Ugly Girl
    Traduction : Claude Seban
    J'ai acheté ce roman dans la collection Folio et rien, sur la jaquette, ne précisait qu'il s'agissait là d'un roman écrit pour un public d'adolescents. Gallimard l'a d'ailleurs édité également dans sa collection Folio-Jeunesse, c'est tout dire. (Merci, Julie, pour le renseignement. Wink )
    A quinze ans déjà, je ne me sentais guère en adéquation avec mes contemporains. Alors, le fait de me retrouver précipitée, fût-ce par la grande Joyce Carol Oates, dans cet univers si spécial qu'est l'adolescence, ne m'a pas vraiment séduite. Si encore Oates, fidèle à elle-même, s'était attachée à des adolescents glauques, vénéneux, leur imposant un destin du même style et clôturant son roman sur l'une de ces chutes dont elle a le secret ! ... Quelque chose comme "délicieuses pourritures", vous voyez ...
    Mais non. Peut-être surveillée par quelque censeur éditorial soucieux de convaincre les adolescents américains que, finalement, ils auraient bien tort de croire que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, la romancière, après une première partie remarquable, s'enlise dans les conventions habituelles du genre et, tenez-vous bien, il y a même une happy end.
    A la limite, c'est de l'anti-Oates.
    En tous cas, ce roman, je l'ai ressenti comme tel.
    Puis, je me suis posé la question : ayant une pré-ado à la maison, quel livre lui conseillerais-je plutôt de lire ? "Nulle & Grande Gueule" ou "délicieuses pourritures" ? ... Bon, le premier, bien sûr, pour l'instant parce que "délicieuses pourritures", c'est plutôt gratiné. Mais tout en lui disant qu'il s'agit là d'un roman mineur au sein de l'exubérante jungle oatesienne, un roman gentillet mais utopiste, avec un parfum fleur bleue qui charme quand on a quinze ans mais déconcerte lorsqu'on en a vingt de plus - quand encore il ne fait pas ricaner. Un roman surtout qui ne restitue en rien le génie authentique de son auteur.
    Pourtant, Oates dépeint admirablement la hantise des parents et des autorités depuis le massacre de Colombine. Tout comme elle fustige, implacable, les mille petites lâchetés des parents et des élèves lorsqu'ils se trouvent confrontés à la prétendue dangerosité de Matt (surnommé Grande Gueule). Ses obsédés religieux, on y croit aussi : haineux, obtus, naturels, quoi !
    Mais justement, sur de telles vérités, on ne peut tenter de fixer par la suite le masque étroit et ridicule d'un amour adolescent qui grandit au mépris de tout, de la récompense accordée aux "gentils" tandis que les "méchants" subissent leur châtiment, de la fin idyllique s'ouvrant sur un avenir de rêve (ou presque).
    Parce que la vie, ça n'est pas ça du tout. La vie, elle est toujours plus proche de "délicieuses pourritures" que de "Nulle & Grande gueule" : c'est cynique de le dire et de l'écrire, mais c'est vrai.
    Enfin, un peu de rêve ne fait pas de mal. Dommage que Oates donne l'impression de s'être réveillée à la moitié du livre. ;o(
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    • Livres 5.00/5
    Par Vero_miguel, le 26 mai 2012

    Vero_miguel
    Encore un excellent livre de cette auteure que j'aime beaucoup car elle décrit réellement le monde dans lequel on vit. Joyce Carol Oates arrive à décrire avec un réel réalisme notre société actuelle qui est fortement hypocrite et beaucoup trop conformiste. le côté conformiste se ressent surtout avec le personnage de la Nulle qui est seulement une jeune adolescente de grande taille qui est " rejeté inconsciemment " par sa famille car elle ne correspond pas à leur norme, contrairement à sa Petite Soeur. le côté hypocrite et haîneux se ressent avec le personnage de la Grande Gueule : suite à une blague de mauvaise goût, Matt va être entendu par la police qui craint qu'il soit un poseur de bombes. Même s'il sera assez rapidement disculpé, les personnes agiront avec lui comme s'il était vraiment coupable. Il en souffrira énormément et ses parents ne l'aideront pas en rejettant la faute sur lui. Ce livre doit être lu afin de comprendre qu'une simple rumeur peut facilement foutre en l'air une vie et qu'il faut accepter les personnes différentes de nous et non les rejetter car elles ne sont pas conformes à ce que l'ont souhaite.

    Lien : http://dreamsakura.canalblog.com/
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par KeiraSnape, le 11 juillet 2011

    KeiraSnape
    Un livre jeunesse qui peut etre lu a tout âge :
    Nulle et grande gueule sont si différents, ce sont deux personnes qui semblaient ne rien avoir en commun et que la tragédie va réunir.
    Ce livre traite des comportements entre adolescents, de ce que la jalousie et la haine peuvent provquer.
    Il parle de l'influence des parents sur le comportement de leur enfants.
    La relation parents/enfants n'est pas décrite sous sa forme la plus glorieuse dans ce livre ou les mere m'ont données l'impression d'etre toutes dépressives et les pere qui sont constamment en voyage d'affaire et peu donc peu présents.
    Mais cette histoire m'a touchée. Comment quelques paroles, des plaisanteries peuvent rendre quelqu'un coupable des pires accusations dans le climats des Etats Unis après les célèbres fusillades de la fin des années 90.
    J'ai aussi beaucoup aimé les transitions sous forme d'e-mail qui m'ont donnés l'impression que cette histoire aurait pu etre un vrai récit de vie. Ils donnent une certaines fluidité au texte.
    J'ai également apprécié la façon dont l'auteure décrit le pouvoir des médias sur la population.
    C'est vrai un bon petit livre, pas trop long, pas trop court.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 24 janvier 2011

    MarianneDesroziers
    Elle s'appelle Ursula (mais se surnomme elle-même la Nulle). Il s'appelle Matt (et se surnomme Grande Gueule). Elle est autant crainte que respectée même si pas vraiment populaire au sens des cheerleaders du lycée : grande et d'un fort gabarit, sportive, toujours affublée d'une casquette sale et de bottes de cowboy, avec neuf clous à chaque oreille et des cheveux courts. Lui est un grand rouquin pas très épais : il a la réputation d'être un comique, un bout-en-train mais tout bascule quand il croit faire un bon mot et qu'il est pris au mot par malveillance. On l'accuse, à la suite de propos entendus et déformés, d'avoir voulu mettre une bombe au lycée pour tuer des centaines de gens. Interrogé par la police et menacé d'exclusion, une seule personne s'élève pour prendre sa défense : Ursula, elle qui n'est même pas son amie...
    la suite sur le blog : http://autraversdumiroir.blogspot.com/2011/01/nulle-et-grande-gueule-de-joyce-carol.html

    Lien : http://autraversdumiroir.blogspot.com/2011/01/nulle-et-grande-gueule..
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 26 février 2009

    Le bruit courait qu'il y avait eu une alerte à la bombe au lycée dans l'après-midi. Ou que l'on avait peut-être découvert une vraie bombe dans la cafétéria, ou ... dans la bibliothèque. Un garçon déclara qu'il avait entendu dire que la bombe - "une bombe artisanale" - avait été trouvée dans un placard du concierge, près du gymnase.

    - "Quand ?" demandai-je d'un ton sceptique. "Dans ce cas, notre match aurait été annulé, non ? On aurait fait évacuer le lycée."

    Mais personne ne faisait très attention à moi. Ils parlaient tous en même temps, le visage en feu. Des filles de Terminale nous rejoignirent avec cette nouvelle : elles venaient d'apprendre qu'un garçon, un élève de Première, était venu au lycée avec un pistolet ... ou une 22 long rifle ? ... ou peut-être une mitraillette, capable de tirer des centaines de balles en quelques secondes. Quelqu'un affirma avoir entendu dire que le garçon avait été arrêté, que des flics armés étaient venus le chercher en classe. "Des flics armés ? Ici ? Au lycée ?" Nous étions tous stupéfaits.
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  • Par Woland, le 26 février 2009

    Quand il avait ouvert son casier dans le couloir bruyant des premières, il avait regardé autour de lui avec un sourire timide, et attendu qu'on s'aperçoive de sa présence ... Skeet, Neal, Carl, Russ et d'autres s'étaient montrés amicaux, d'accord. En apparence. Les élèves qui avaient les casiers voisins du sien, et qui étaient assis à côté de lui en classe. Mais ils étaient gênés. Ils ne savaient pas quoi dire. Russ, qui n'était jamais à court de mots, bégayait : "C'était vraiment bizarre, hein ? ... Ca a dû te faire ... bizarre." Même Mr Weinberg [le professeur d'anglais], dissimulant son embarras sous des plaisanteries, avait changé. Et quand Matt avait fini par rencontrer Stacey [sa petite amie], après les cours, elle courait à la répétition de la chorale et lui avait dit, le visage empourpré. "Oh ! Matt ! Je t'appellerai ... bientôt !"

    Elle n'avait jamais appelé, bien entendu.

    On aurait dit que Matt avait sur le corps une plaie invisible pour lui, mais visible pour les autres, horrible, à vif. Quand ils le regardaient, ils ne voyaient plus qu'elle. Ils ne voyaient plus Matt Donaghy.
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