> Hélène Prouteau (Traducteur)

ISBN : 2742722793
Éditeur : Actes Sud (2001)


Note moyenne : 3.29/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
En 1969, le sénateur Kennedy sort indemne d'un accident de voiture dans lequel périt la jeune femme qui l'accompagnait.

Ce roman électrique et lumineux imagine les dernières heures de la jeune femme, qui se noie lentement en compagnie de ses seuls souveni... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par Zazette97, le 29 décembre 2011

    Zazette97
    Publié en 1992 et traduit en français l'année suivante, "Reflets en eau trouble" est un roman de l'écrivaine américaine Joyce Carol Oates, notamment auteure des romans "Blonde", "Les chutes", "délicieuses pourritures" ou encore de "Premier amour".
    Un soir de 4 juillet un peu trop arrosé, une voiture démarre en trombe vers l'embarcadère de Brockden avec à son bord un sénateur américain et Kelly Kelleher, jeune partisane rencontrée quelques heures auparavant.
    Tous dEux n'embarqueront jamais dans le ferry. Au terme de ce qui devait être un raccourci, le véhicule quitte précipitamment la route pour échouer au fond d'un marais.
    Si le politicien réussit à rejoindre la surface, Kelly est quant à elle prise au piège dans l'habitacle de la voiture.
    C'est dans cette eau sombre que la jeune femme verra ses dernières heures défiler avant de trouver la mort.
    Remplacez "sénateur américain" par "Edward Ted Kennedy", frère cadet des célèbres Bob et John et sénateur du Massachussets et "Kelly Kelleher" par "Mary Jo Kopechne" et vous obtenez une histoire vraie qui avait défrayé la chronique américaine à la fin des années 60.
    A l'issue de l'enquête sur l'accident, malgré un rapport attestant clairement que le sénateur avait préféré retourner à la soirée d'où il venait pour appeler son avocat plutôt que les secours ou la police, celui-ci ne fut sanctionné que par 2 mois de prison avec sursis, autant dire peanuts pour un délit de fuite.
    L'enquête avait par ailleurs établi que Mary Jo Kopechne aurait survécu quelques temps dans l'eau grâce à la présence d'une poche d'air et que sa vie aurait sans doute pu être sauvée si les secours avaient été avertis directement.
    Je ne suis guère étonnée que cette affaire ait retenu l'attention de cette romancière dont bon nombre de romans portent en Eux la désillusion d'une jeune femme face à l'indifférence et la cruauté de l'homme de pouvoir.
    Dans la peau de Mary Jo Kopechne s'est glissée Kelly Kelleher, jeune femme présentée comme brillante, impliquée politiquement et grande admiratrice du grand homme qui l'enverra droit dans le marais...
    Alors qu'elle se débat pour rester en vie, les souvenirs remontent à la surface (si je puis dire) en autant de portraits de famille et d'instantanés illustrant la complicité immédiate unissant Kelly à ce sénateur dont elle reste persuadée qu'il reviendra lui porter secours (que nenni).
    C'est certain, il viendra pour elle, elle qu'il a choisie parmi toutes les autres (dans un moment d'ébriété) et elle s'en sortira, croit-elle, toute sotte qu'elle est.
    Oates pointe ici du doigt la naïveté d'une jeune femme vis-à-vis d'un homme qu'elle admire au point de lui attribuer des qualités de superhéros qu'il ne possède apparemment pas.
    Peut-on néanmoins en déduire que l'auteure ait réussi à s'emparer de ce drame au point d'en faire une métaphore sur "le déclin moral, spirituel et intellectuel de la société américaine" comme le souligne la quatrième de couverture ?
    Bof...
    Je ne pense pas que j'aurais davantage apprécié ce court roman en ignorant qu'il était basé sur un fait réel mais, en connaissance de cause, j'ai nettement eu l'impression que l'auteure se trompait d'histoire.
    Plutôt que de faire revivre au lecteur les dernières heures de cette pauvre femme, ce roman aurait selon moi gagné en force si il avait choisi d'évoquer l'après - la défense de Ted Kennedy, l'enquête, la faible sentence prononcée à son égard - pour aborder de front le thème du rêve américain englouti.
    Si cet accident jeta définitivement un voile sur son accès à la présidence, il n'a tout de même pas empêché cet homme de rester sénateur pendant plus de 40 ans (!).
    Par ailleurs, même si je pense que l'auteure souhaitait faire valoir la voix de cette jeune femme, la réhabiliter dans son statut de victime et lui rendre justice à sa manière, je n'ai pas réussi à m'imprégner de son récit.
    Trop confus peut-être, trop répétitif certainement, avec ses multiples retours en arrière précisant 10 fois le déroulement de l'accident, revenant sur la rencontre entre Kelly et le sénateur pour "replonger" dans cette eau noire qui entraîne 10 fois la mort de la jeune femme mais jamais totalement sauf à la toute fin...
    Vu l'oeuvre abondante de cette auteure, je m'attendais à rencontrer quelque "râté".
    Néanmoins, ma PAL et moi ne lâchons pas l'affaire pour autant ;)

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/12/reflets-en-eau-trouble-joy..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par le_Bison, le 01 mars 2012

    le_Bison
    Date : 18 juillet 1969.
    Lieu : île de Chappaquiddick.
    Une Oldsmobile Delta 88 sort de la route au niveau du Dick Bridge et s'enfonce dans la rivière. A son bord, Edward "Ted" Kennedy, frère cadet de John Fitzgerald Kennedy. le sénateur réussit à s'extirper de la voiture et à nager jusqu'à la rive. Il en sortira indemne. A ce moment précis, on peut se dire que pour une fois « la malédiction des Kennedy » fut vaincue. Mais, si seulement...il avait été seul dans la voiture. Une jeune femme, Mary Jo Kopechne, 29 ans, était présente à ses côtés. Elle fut retrouvée morte, noyée. Cet accident, sombre fait divers local, devint un scandale national.
    Il fut reproché à Ted Kennedy de ne pas avoir mis tout en œuvre pour sauver cette jeune femme. Ted semblait avoir notamment abusé de quelques bières [et autres alcools forts] et devait être ivre au moment de conduire sur ces routes délabrées et isolées. Son permis de conduire avait expiré depuis plusieurs mois. Uns suspicion d'abus sexuel flotte aussi sur toutes les lèvres des journalistes. de plus, comment expliquer le fait que Ted n'appela ni les secours, ni la police, mais qu'une fois rentré à son hôtel, il s'entretint en priorité avec son avocat ? Il ne prévint les autorités locales que le lendemain, une fois que sa voiture fut découverte par la police.
    Bien sur, il n'y a pas eu de condamnations pénales pour ce sénateur ambitieux visant les plus hautes fonctions gouvernementales (une peine de 2 mois avec sursis). Cependant, Ted Kennedy dut mettre un frein à ses ambitions présidentielles car dès lors qu'il voulut se présenter en 1980 aux primaires démocrates contre le président Jimmy Carter, le scandale de Chappaquiddick ressortit opportunément, obligeant le sénateur à déclarer forfait définitivement pour cette fonction suprême.
    Voilà pour le côté "historique" de l'affaire. Passons maintenant au roman, puisqu'il s'agit avant tout de parler d'un livre fabuleusement triste et cruel...
    Changement de date, changement de noms mais le lieu reste identique, l'île de Chappaquiddick. Les faits, aussi...
    Grâce à cette courte nouvelle de Joyce Carol Oates, je découvre avec horreur et stupeur les dernières heures de cette jeune fille, peut-être un peu trop naïve, certainement trop humaine pour un monde politique qui n'a décidément rien d'humain. Et cette sensation malsaine de voir sombrer la voiture dans un ruisseau boueux, une eau noire nauséabonde qui s'engouffre à l'intérieur, chassant inévitablement le peu d'air à disposition, véritables molécules de survie. Et cette jeune fille qui s'accroche à ses espérances comme à la moindre bulle d'oxygène et qui petit à petit voit le niveau d'une eau glaciale monté inexorablement... L'asphyxie la guète, la noyade approche mais elle a encore l'espoir, le rêve pour pouvoir survivre. Les secours vont arriver, ils arrivent même ! Non ?!?
    Et l'eau noire continue de monter, monter, monter...
    Et cette attente insoutenable...
    Cela aurait pu être un magnifique conte de fée, mais cela devient un terrible conte cruel. Est-ce dû à la sauvagerie des hommes ou de la politique ? Peut-être une association des deux qui est capable d'anéantir le destin et la vie d'une jeune femme innocente.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par delcyfaro, le 12 août 2010

    delcyfaro
    C'est le premier roman de Carol Oates Joyce que je lis ... et il ne me laissera pas un souvenir imperissable.. je me suis terriblement ennuyée en lisant cette histoire, à aucun moment je n'ai réussi à accrocher..
    L'histoire aurait pu être passionnante mais le recit et le style d'ecriture de ce fait divers m'a seulement ennuyé.
    Cependant je ne m'avoue pas vaincue et je vais tenter rapidement un autre roman de cet auteur...
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ctoutmoa, le 14 août 2010

    ctoutmoa
    Étranges sensations que celles éprouvées à la lecture de ce roman.
    Ce qui m'a le plus perturbé c'est cette impression de "suffoquer" avec l'héroïne et de me noyer avec elle!!!
    Même si j'ai eu un peu de difficultés à "me mettre " dedans, j'avoue qu'au final la lecture de se livre fut intéressante.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Zazette97, le 29 décembre 2011

    Ils foncent, rebondissent sur les ornières de la route, la lune brille au-dessus de leurs têtes, baiser enfiévré sur la bouche, et la minute d'après c'est la lutte pour la vie, il lui donne un coup de pied pour s'échapper, convulsé de terreur, il ne savait pas ce qu'il faisait, c'était de la panique aveugle, elle comprenait.
    Elle comprenait. Elle gardait confiance.
    Elle se rappelait maintenant qui il était : le Sénateur.
    Elle sentait la pression de ses doigts sur ses épaules nues, son haleine, elle respirait une odeur de bière, d'alcool...elle n'était pas une mauvaise fille, elle expliquerait les raisons de sa conduite avec le Sénateur, ainsi tout semblerait, tout serait évident, attendu, banal. p.88
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (6)

Videos de Joyce Carol Oates

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Joyce Carol Oates

Payot - Marque Page - Joyce Carol Oates - J'ai réussi à rester en vie








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Reflets en eau trouble par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (28)

> voir plus

Quiz