> Claude Seban (Traducteur)

ISBN : 2757802097
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Tina Maguire est victime d’un viol collectif sous les yeux de sa fille de 12 ans. Un traumatisme violent pour la mère et sa fille qui devront affronter le regard des autres alors qu’elles sont victimes. Il faudra des années pour se reconstruire et leur histoire mère-fil... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 05 mars 2012

    le_Bison
    L'histoire débute un 4 juillet, jour de l'Independance Day, à Niagara Falls. L'instant doit être festif, joyEux et amical. Pétards, concerts de klaxons, matchs de base-ball et fEux d'artifice. D'ailleurs Tina et sa fille sortent d'une petite fête pour cette occasion. Tina est fatiguée et veut simplement rentrer tranquillement chez elle. Quoi de plus naturel de prendre un raccourci à travers le parc… Cela lui fera gagner quelques minutes, l'air y est si pur et il y fait si bon pour s'y promener.
    Le hasard a voulu qu'elle emprunte donc la voie du parc, le hasard a également fait croiser son chemin avec une bande de jeunes défoncés et ivres ; et c'est ainsi que tout bascula. Les jeunes violèrent la mère, sous les yEux de sa fille également brutalisée, avant de les laisser pour morte dans un hangar à bateaux.
    Mais Tina doit être trop belle. Elle est un peu trop marginale pour cette société et au procès, toute la ville la condamne. « Cette femme l'a bien cherché » se murmure-t-on dans les salons de thé. Une mère qui s'habille encore comme une adolescente, qui porte des mini-jupes, cela ne peut-être qu'une garce, une pute qui ne mérite que ce qu'elle a eu. Il parait qu'elle était ivre et qu'elle avait fumé quelques substances illicites à la fête, elle a donc du provoquer ces jeunes. Au final, cette pauvre fille a eu juste ce qu'elle méritait et ce qu'elle voulait : se faire baiser par de beaux et jeunes mâles en rut, sinon pourquoi est-ce qu'elle serait passer par ce parc, désert, à minuit passé !
    Et si ça se trouve Tina a bu même quelques bières avec Eux. Peut-être même qu'elle s'est droguée avec Eux. On ne le saura jamais. Voilà ce qui arrive quand on écoute du rock'n roll ! Quand on aguiche les autres, ces jeunes enfants tout émoustillés de tripoter une mère de famille ! Franchement, ce sont Eux les victimes qui risquent de voir leur vie basculer à tout jamais s'ils sont condamnés à faire de la prison…
    Viol, une histoire d'amour : un roman à classer dans mon Top Five des Joyce Carol Oates !

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 25 février 2012

    Zazette97
    Publié aux USA en 2003 et traduit en français en 2006, "Viol, une histoire d'amour" est un roman de l'écrivaine américaine Joyce Carol Oates, notamment auteure de "délicieuses pourritures", "Premier amour" ou encore de "Reflets en eau trouble".
    Un soir de 4 juillet, alors que Tina Maguire et sa fille Bethie traversent le parc de Rocky Point pour rentrer chez elles, toutes dEux se font interpeller par un groupe d'hommes ivres bien décidés à ne pas les laisser s'enfuir.
    Tina et Bethie échouent dans un hangar à bateaux. Bethie qui a réussi à se mettre à l'abri assiste impuissante au viol collectif et aux coups subis par sa mère.
    Tina échappe à la mort de justesse mais les séquelles sont à ce point lourdes que la jeune femme se mure dans le silence.
    Le procès s'annonce difficile, d'autant que l'opinion publique et la défense mettent en doute l'insouciance des victimes...
    Tina connaissait fort bien ses agresseurs et leurs familles pour avoir partagé le même quartier qu'Eux. Aux yEux de la plupart, elle passe pour une jeune veuve ayant rapidement renoncé au deuil pour se retrancher du côté de la vie et des joies qu'elle peut encore lui offrir.
    Séduisante, elle aime la compagnie des hommes, particulièrement celle de Casey, homme marié et père de jeunes enfants, dont la fréquentation n'est pas pour améliorer l'opinion des gens à son sujet.
    Tina a acquis au sein de tous une réputation de séductrice qui se verra largement relayée par les médias qui iront jusqu'à avancer que ses rapports avec les hommes étaient monnayés et qu'elle entraînait sa fille dans la débauche.
    Le lecteur découvre tout du long le portrait d'une femme salie, brisée autant par la violence de son agression que par les rumeurs qui pèsent sur elle.
    Une femme dont on ne reconnaît même pas la souffrance et que l'on traîne dans la boue au motif de moeurs légères, prétextant qu' "elle l'a bien cherché".
    Oates joue beaucoup avec les contrastes, à commencer par ce titre déconcertant faisant état d'une curieuse association d'idées.
    Malgré l'extrême brutalité dont elle fit les frais, Tina peut compter sur l'amour de sa mère et de sa fille, ainsi que sur l'amitié de John Droomor, personnage clé du roman.
    L'auteure a choisi cette date symbolique du 4 juillet censée célébrer la toute puissance de l'Amérique. La foule danse, rit, boit plus que de raison et ce qui devait être un jour de fête laisse place à la déchéance, avec pour point d'orgue l'agression de Tina et de sa fille.
    Et celle-ci se prolonge à travers les réactions des uns et des autres.
    Entre les lignes surgissent les propos vulgaires tenus par les familles des suspects, les titres racoleurs des journaux, les théories édifiantes de la défense qui chargent les victimes à défaut des coupables.
    Au milieu de cette folie ambiante, une petite fille qui grandit soudainement et à qui la narratrice adresse son récit, lui témoignant ce que tant d'autres, même des années plus tard, lui ont toujours refusé, la compréhension, l'empathie et surtout, la reconnaissance de la vérité par ces rappels des faits qui tels une rengaine encouragent Bethie à ne jamais douter de l'innocence de cette mère aimante.
    Avec ce roman, Oates balaie d'un revers de main l'idyllique rêve américain pour pointer du doigt une Amérique marquée par la bassesse de ses citoyens et les aberrations de son système judiciaire.
    J'ai été profondément écoeurée par cette vindicte populaire, par cette presse sans scrupules, par l'hypocrisie des familles des agresseurs, par ce requin de la défense qui n'hésite pas à travestir la vérité et à mettre en doute jusqu'aux preuves formelles de la culpabilité de ses clients.
    Oates est connue pour cette noirceur qui fait l'ambiance de ses romans. Elle y dénonce les inégalités, les injustices, les abus de pouvoir, les outrages commis envers des innocents (principalement des femmes).
    Et si je suis opposée au fait de faire justice soi-même, je reconnais que cette lecture a réussi à semer le doute en moi.
    Un roman désarmant à l'effet coup de poing garanti !
    Rien que de vous en parler, j'en ai encore l'estomac noué...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/02/viol-une-histoire-damour-j..
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    • Livres 5.00/5
    Par SD49, le 08 octobre 2010

    SD49
    En voilà une histoire horrible, une mère (Tina) violée en présence de sa fille (Bethie). Même si celle-ci n'a rien vu, elle a tout entendu car elle était cachée sous les canoës du hangar à bateaux où a eu lieu le crime. Et bien malgré ce thème difficile j'ai beaucoup aimé ce livre. C'est très bien écrit. Les chapitres sont courts et s'enchaînent avec rythme.
    L'auteur s'est surtout attachée au ressenti de Berthie qui a 12 ans au moment des faits. Son enfance a pris fin le jour du viol de sa mère. Et tout cela s'est joué à un cheveu car elles ont failli rester dormir chez l'ami de Tina ou être ramenées en voiture.
    L'auteur nous parle aussi de la pression de la population persudadée que Tina l'a bien cherché et qu'elle était même consentante. L'audience au tribunal se passe très mal, la salle est évacuée, l'avocat des accusés réfute l'accusation de viol car les seuls témoins sont les victimes et pourtant nombreuses sont les preuves. Comment Tina peut elle croire en la justice après de telles manigances d'avocats.
    Les personnages sont très bien décrits ainsi que leurs sentiments, on les découvre peu à peu,Tina et sa fille bien sûr, Dromoor le policier, les accusés, la procureure.
    Un lien particulier se crée entre Bethie et le policier qui l'a découverte aux abords du hangar, il se sent concerné par ce qui s'est passé et même impliqué. "Mais il était trop tard. Depuis qu'il avait vu la petite fille hébétée et couverte de sang au bord de la route, dans Rocky Point, et depuis qu'il avait vu la femme brisée et couverte de sang sur le sol crasseux du hangar à bateaux, il était trop tard."
    L'auteur nous parle souvent de l'avant-après avec la coupure du viol "Après durerait des années. Tu vis encore ces années. Après durerait le reste de la vie de ta mère." Et je pense que l'après durera aussi pendant le reste de la vie de sa fille Bethie.
    Voilà une histoire marquante, forte, qui m'a souvent fait frissonner mais qui est vraiment bien construite et quand on commence à se douter de ce qui va se passer, on guette les évènements avec impatience. Mais je n'en dirai pas plus !


    Lien : http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par iarsenea, le 22 mars 2012

    iarsenea
    Viol, une histoire d'amour, est le second livre que je lis de Joyce Carol Oates. Mis à part le fait que les deux histoires se déroulent à Niagara Falls et qu'elles parlent toutes deux de femmes malmenées par la vie, elles n'ont pas grand chose en commun. Les chutes était un roman épais, dense, fouillé et détaillé. Viol, au contraire, est succint. Il va à l'essentiel, et dit tout ce qui doit être dit en peu de mots. le rythme est rapide, en grande partie en raison des chapitres qui sont pour la plupart très courts.
    En dépit de toutes ces différences d'avec Les chutes qui m'avait totalement éblouie, j'ai aussi adoré Viol. Bien sûr, ce n'est pas un sujet réjouissant, mais il est si bien mené !
    Une seule chose m'a un peu irritée, c'est la narration au «tu». Quelqu'un s'adresse à la fille de Tina, lui rappelant ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a pensé, mais sans qu'on sache vraiment de qui il s'agit. En fait, la « personne » en question ne peut être autre qu'un narrateur omniscient, puisqu'il est au courant de tout ce que pense la jeune fille. C'est pourquoi la narration m'a un peu déconcertée.
    Mais mis à part ce détail, j'ai dévoré ce roman de Joyce Carol Oates. Ce deuxième titre que je lis de l'auteure américaine n'est certainement pas le dernier !

    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.ca/2012/03/viol-une-histoire-damou..
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    • Livres 4.00/5
    Par Jean-Charles, le 18 février 2012

    Jean-Charles
    Première découverte avec Joyce Carol Oates, dans une histoire difficile qu'elle mène tambour battant. L'écriture est simple, les phrases courtes pour donner du rythme.
    Dans ce roman tout fuse comme les coups de fusil, les choses vont très vite et les rebondissements surprenants empêchent l'œil de se fermer.
    C'est un court roman de 183 pages avec une construction particulière. le narrateur passe de la deuxième à la troisième personne du singulier suivant les chapitres et c'est parfois un peu déroutant. Est-ce une habitude récurrente chez JC Oates ?
    C'est un livre que j'ai aimé, lu presque d'une traite parce qu'on a envie de savoir si les assassins vont payer et comment Tina et Bethel vont se sortir de cette violence.
    Mais à la fin on pourra toujours se poser la question de savoir si cet ouvrage est très moral, si la vengeance est un acte normal, si la justice est capable d'être efficace.


    Lien : http://hisvelles.wordpress.com/
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Citations et extraits

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  • Par Marielino, le 20 août 2009

    "Elle, la fille de Tina Maguire"

    Dès que ta mère et toi avez été traînées dans le hangar de Rocky Point, tu as commencé à exister dans l'après. Jamais plus tu ne pourrais exister dans l'avant. Ce temps de ton enfance précédant celui où ta mère et toi êtes devenues des victimes avait disparu à jamais, aussi inaccessibles qu'une scène aperçue de loin et qui se dissipe en vapeur alors même qu'on la contemple avec envie.
    "Maman! Ne meurs pas maman! Maman je t'aime ne meurs pas."
    Tu avais cru qu'elle était morte, sur le sol du hangar à bateaux. Tu avais rampé jusqu'à elle. Jusqu'à l'endroit où ils l'avaient laissée. Tenaillée par la douleur, terrifiée. Tu t'étais cachée dans le coin le plus sombre du hangar et tu avais pressée les mains sur tes oreilles et tu avais entendu les bruits atroces de l'agression subie par ta mère et tu avais cru entendre les bruits de sa mort si bien que toute ta vie il te semblerait que ta mère était morte, et que tu avais été un témoin de sa mort qui lui aussi était mort.
    Après durerait des années. Tu vis encore ces années. Après durerait le reste de la vie de ta mère.
    Ce que tu ne comprenais pas. Ce que personne n'aurait pu te dire. Que le viol n'était pas un incident qui s'était produit un soir dans le parce à la façon aléatoire dont tombe la foudre, mais la définition même de la vie de Tina Maguire, et par extension la tienne, après coup. Ce qui avait été Tina, ce qui avait été Bethie, fut brusquemment effacé. Ta mère serait La femme qui a été violée dans le hangar à bateaux de Rocky Point et tu serais Elle, la fille de Tina Maguire.
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  • Par le_Bison, le 05 mars 2012

    Après qu’elle eut été violée, frappée, battue et laissée pour morte sur le sol crasseux du hangar à bateaux du parc de Rocky Point. Après qu’elle eut été traînée dans le hangar par ces cinq types ivres – à moins qu’ils aient été six ou sept – et sa fille de douze ans avec elle qui hurlait Lâchez-nous ! Ne nous faites pas de mal ! Ne nous faites pas de mal s’il vous plait ! Après qu’elle avait été poursuivie par ces types comme une meute de chiens lancés sur leur proie, se tordant la cheville, perdant ses deux souliers à talons sur le bord de l’étang. Après qu’elle les avait suppliés de ne pas toucher à sa fille et qu’ils s’étaient moqués d’elle. Après qu’elle avait décidé, Dieu sait ce qu’il lui avait pris, de couper par le parc au lieu d’en faire le tour pour rentrer chez elle. [...] Traverser le parc en longeant l’étang, sur un sentier envahi de broussailles. Une économie d’une dizaine de minutes. Se disant que ce serait agréable de passer par le parc, le clair de lune sur l’étang, même si l’eau était mousseuse et souillée de boites de bière, de papiers d’emballage, de mégots. Prenant cette décision, une fraction de seconde dans une vie et cette vie est changée à jamais.
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  • Par le_Bison, le 05 mars 2012

    Montre-nous comment remuent tes nichons, Sexy ! Héhéhé où tu vas ? Après qu’elle s’est fait coincer. Après qu’elle les avait aguichés. Provoqués. Aucun bon sens. Elle avait sûrement bu. La façon dont elle était habillée. La façon dont Tina Maguire s’habillait souvent. Surtout les soirs d’été. Ces bringues qu’elle faisait dans Depew Street. Des Gens jusque dans la rue. De la musique rock à plein tubes. Avec une conduite pareille, ça lui pendait au nez. Où est son mari ? Elle n’a donc pas de mari ?
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  • Par iarsenea, le 21 mars 2012

    La vérité n'est qu'une attirance parmi d'autres, et pas toujours la plus puissante.
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