Sous un aspect futile et léger, dû principalement à l'humour dégagé par les deux compères, ce roman de
Max Obione traite d'un sujet brûlant, celui des dérives agricoles, d'une façon lucide. Les méfaits des manipulations transgéniques, niées et cachées par les grands groupes chimiques et ceux qui préfèrent la rentabilité au principe de précaution, bafouant la santé de leurs concitoyens, ne sont pas toujours dénoncés avec la virulence qu'il faudrait.
Max Obione ne délivre pas un message mais il met en avant certaines pratiques honteuses, même si cela ne conduit pas forcément jusqu'au meurtre. Quoique. Les exemples de fermes incendiées “ spontanément ” ; de troupeaux d'ovins décimés, appartenant à de jeunes éleveurs bio, deviennent par trop fréquents dans la vie courante, pour que ces événements soient naturels.
Max Obione gratte où ça démange, et il serait souhaitable que d'autres personnes en prennent conscience, et pas uniquement des auteurs de romans noirs. Les personnages de Raja et le Mat sont réjouissants, et méritent d'entrer dans la galerie des protagonistes atypiques. Quant aux autres figurants de cette histoire, bons ou méchants, ils méritent eux aussi des mentions très bien, quel que soit leur rôle, comme les acteurs à qui seraient décernés le César du meilleur second rôle.
Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/