ISBN : 270214246X
Éditeur : Calmann-Lévy (2011)


Note moyenne : 3.32/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Dans un pays des Balkans qui se remet douloureusement d'un siècle de guerres, Natalia, jeune médecin, est venue vacciner les pensionnaires d'un orphelinat. Autour d'elle, tout n'est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives.... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par papillote88, le 25 avril 2012

    papillote88
    Un livre dense qui relate l'histoire contemporaine de Natalia, médecin humanitaire partie vacciner des enfants dans un orphelinat d'une région "bombardée par les nôtres", l'annonce du décès de son grand-père en cours de route, et les souvenirs de Natalia sur la vie passée avec son grand-père...
    Prétexte à nombre d'histoires parallèles, récits de croyances religieuses, de superstitions, au sujet des morts qui ne le sont pas vraiment tant que... (lire le livre pour comprendre !).
    L'écriture est remarquable, très bien restituée en français par la traductrice.
    Attention aux lecteurs "volages" : le roman requiert une certaine dose de concentration pour s'y retrouver avec les personnages passés, présents, réels, imaginaires, originaires de telle région ou de telle autre de l'ex-Yougoslavie... Je ne pense pas que l'on puisse dire que "La Femme du Tigre" soit un roman facile à lire. Nonobstant, c'est un très bon livre, merveilleusement bien écrit (l'auteur n'a que 25 ans, mazette !) et bien traduit.
    Au début, et même pendant un moment, nous hésitons à identifier cette région, ces pays des Balkans, cette guerre : l'auteur ne donne pas de précisions, au lecteur de se refaire l'histoire. Mais une histoire récente et qui pour des lecteurs européens "parle" beaucoup. Et une histoire de l'Histoire remarquablement mise en mots par l'auteur. Au fil du récit, l'on déduit que Natalia est serbe, et confirmation est faite que l'ex-Yougoslavie est cette région des Balkans à laquelle le résumé de l'éditeur fait (prudemment) allusion. L'auteur se réfère à Belgrade comme étant "la Ville", Tito n'est jamais nommé mais désigné comme "le Maréchal"... En revanche, des noms de villages sont réels (Sarobor...).
    Les moments forts du roman (méli-mélo chronologique) :
    - Avant/après-guerre pour Natalia: Contrôles des passeports aux frontières, attention portée aux consonances des noms de famille, à l'origine religieuse...
    La Ville... Bruit des bombes, éclairages rougeoyants des sites en flammes.
    Se préoccuper du sort des animaux du zoo, l'éléphant se promenant en ville, le tigre qui dévore ses propres pattes.. les habitants qui déguisés en animal (un pyjama ou un plumeau sur la tête suffisent) font le piquet devant le zoo pendant le couvre-feu.
    - Natalia : grand-père orthodoxe, marié à la grand-mère musulmane ("mahométane") de Bosnie qui ont vécu leurs premières années heureuses de mariage à Sarobor dans la région natale de la grand-mère.
    - le "Livre de la Jungle" corné... que le grand-père portait toujours dans sa poche : grâce à Téa Obrecht, nous redécouvrons le bestiaire du roman de Rudyard Kipling ("une mangouste, pas une fouine"... qui s'appelle d'ailleurs Rikki Tikki Tavi (!)). L'affection pour les animaux tient son rôle dans le livre puisque le grand-père a rituellement toutes les semaines emmené sa petite fille au zoo.
    -"L'homme-qui-ne-mourra-pas" que croise le grand-père à différentes époques : ce personnage, victime d'un sort l'empêchant de vieillir et mourir, porte sur lui une tasse dans laquelle il décrypte l'empreinte du marc de café bu par ses interlocuteurs et sait immédiatement si ceux-ci vont vivre ou mourir rapidement. NB : Après avoir lu ce livre, qui refera le test du marc de café !
    - Les études de médecine de Natalia et Zora et toutes les anecdotes: comment obtenir un passe-droit pour disposer d'un cadavre à disséquer, et la quête illégale d'un moule de crâne de l'autre côté de la frontière... Des moments "drôles" du récit !
    - Des histoires dans l'histoire ou bien des "digressions" : la jeunesse de Luka le boucher, jadis musicien traditionnel passionné par son art et sa dérive en boucher violentant sa femme, la vie de Darisa le chasseur d'ours taxidermiste, celle de l'apothicaire musulman contraint de dissimuler son origine depuis l'adolescence...
    - Et La Femme du Tigre: sourde et muette, "mahométane", abusée par son mari Luka le boucher, et dont l'histoire (dont Natalia a toujours cru qu'il s'agissait d'une légende) est basée sur un épisode véridique de la jeunesse du grand-père de Natalia : dans son village natal de Galina, où vivaient aussi Luka le boucher et sa femme sourde-muette, rôdait un tigre échappé d'un zoo suite aux bombardements allemands en 1941. Alors que le village est en émoi, que la chasse au tigre est ouverte, la sourde-muette nourrit l'animal et l'apprivoise quasiment. Elle devient "La Femme du Tigre".
    NB : la référence au tigre échappé du zoo, nous l'avons découverte dans le film Underground (1995) d'Emir Kusturica, qui s'inspirait du fait réel de l'époque des bombardements nazis sur Belgrade.
    - Episode absolument incroyable et inoubliable : La famille de "Duré" qui creuse dans le verger d'une propriété toujours habitée, pour retrouver le cadavre d'un cousin enterré là pendant la guerre en toute précipitation, dans une valise, des années avant, et dont l'âme du mort ainsi enterré sans sépulture a jeté un sort sur la famille. Et la joie et le soulagement de retrouver la valise, après avoir mis sens dessus dessous le verger, et de pouvoir laver les os et effectuer le rite avec le "coeur" du défunt.
    L'un ou les deux récits "dans le récit" qui m'ont le plus marquée ?... Pourquoi ce titre ?... : la suite sur mon blog http://coquelicoquillages.blogspot.fr/2012/04/tea-obrecht-la-femme-du-tigre-ex.html
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    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 09 janvier 2012

    horline
    Téa Obreht possède l'audace de la jeunesse lui permettant d'emprunter un chemin détourné, celui des légendes et superstitions, afin de raconter les blessures béantes laissées par les guerres ethniques des Balkans.
    Dans cette contrée aux lignes géographiques éclatées, les frontières de la réalité se révèlent floues : les épidémies seraient des maléfices et les morts des esprits errants. Les superstitions sont très vivantes dans cette région.
    Natalia, jeune médecin serbe en mission humanitaire se voit confronter à ces rites et croyances populaires qui permettent aux vivants ou « survivants » d'apprivoiser leurs peurs et les horreurs vécues.
    Si Natalia a été relativement préservée par cette guerre un peu lointaine, forte de l'insouciance de la jeunesse _ et s'avère donc étrangère aux légendes _ la mort mystérieuse de son grand-père avec lequel elle avait noué une solide complicité, fait tomber toutes les résistances de la jeune femme.
    Le récit est réellement surprenant parce qu'il s'inscrit dans une contrée géographique mal définie, une rationalité aux frontières abolies, une narration au rythme bousculé. Et pour un esprit cartésien, cela est même est déroutant.
    Il convient un temps d'adaptation au récit où se télescopent sans cesse imaginaire et monde réel, souvenirs et réflexions d'une narratrice un peu perdue dans ce monde où les fables glissent comme des ombres dans la banalité du quotidien.
    Pour autant, on se laisse captiver par cette « réalité », les contes confèrent une certaine beauté morale à la laideur du quotidien d'après-guerre où la mort est encore très présente. Ici la fable ne se borne pas à la transmission d'histoires de génération en génération, elle prend une dimension merveilleuse permettant d'appréhender une vie hostile, faite de conflit, d'épidémie, de deuil et de haine.
    Avec une écriture cinématographique, l'auteur, doté de réels talents de conteuse, convoque tous les fantômes du passé de son pays d'origine que l'on découvre plein de poésie, peut être pour sanctuariser la paix présente face aux traumatismes. Une lecture savoureuse et dépaysante.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 28 août 2011

    kathel
    Dès les premières pages, j'ai été sensible à la musique des mots. C'est plus ou moins remarquable selon les écritures, là c'est quelque chose qui m'a frappée, un rythme, une scansion qui donne envie de prononcer des paragraphes à voix haute. le conte n'est jamais très loin, et pourtant le début du roman est bien ancré dans la réalité : Natalia et son amie Zora, médecins toutes deux, passent la frontière pour aller soigner et vacciner des enfants laissés orphelins par la guerre, des enfants « de l'autre camp » d'ailleurs, mais heureusement le conflit est terminé. Les deux jeunes femmes ont pratiquement toujours connu cette ex-Yougoslavie en guerre, et la paix revenue, les remarques concernant l'appartenance à un côté ou l'autre, selon la conviction religieuse, selon la consonnace des noms, fusent encore, montrant que la reconstruction sera longue. L'un des thèmes du roman concerne donc les ravages hérités d'une guerre, surtout s'il s'agit d'un conflit interne, qui n'est jamais vraiment terminé. Un des autres thèmes est la transmission familiale. Au moment même où Natalia attend à la frontière, elle apprend la mort de son grand-père, et ses souvenirs remontent à la surface, de la promenade hebdomadaire avec lui au zoo, aux histoires racontées, comme celle de l'homme-qui-ne-mourra-pas, ou celle du tigre échappé du zoo de la ville.
    Le ton est original, sans clichés, l'alternance entre le quotidien de Natalia auprès des enfants malades, ses souvenirs d'enfance et les histoires entendues, est habilement menée. Natalia doit d'abord retrouver les vêtements et effets personnels de son grand-père dans un hôpital presque déserté, car durant les quarante jours de l'âme, les quarante jours après la mort, il faut garder dans la maison ses effets personnels auprès duquel le défunt vient chercher du réconfort. Voici une des croyances qui émaillent le récit, mais la plus belle histoire sera celle de La Femme du Tigre, celle que Natalia devra aller trouver dans le village de naissance de son grand-père. Elle saura ainsi pourquoi il était à ce point attaché à l'exemplaire du Livre de la Jungle qu'il avait toujours dans sa poche.
    La suite...

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-tea-obreht-la-femme-du-t..
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    • Livres 5.00/5
    Par elfe, le 20 août 2011

    elfe
    Notre histoire se passe quelque part dans les Balkans. Une jeune femme médecin, Natalia, participe à une campagne de vaccination dans un orphelinat, quand elle apprend la mort de son grand-père. Une grande complicité la liait à son grand-père depuis toujours. Aussi, la mort de celui-ci lui rapelle les nombreuses histoires qu'il lui racontait.
    L'homme qui ne meurt pas, La femme du tigre et le petit garçon de 9 ans: trois personnages qui auront marqué la vie de son grand père. Celui-ci vivait dans le village de Galina étant enfant. Lors de la seconde guerre mondiale, un tigre échappé de la ville, rôde dans la fôret autour du village. Les villageois n'ont de cesse de le pourchasser, mais seuls la femme du bouche sourde et muette et le petit garçon de neuf ans vont réussir à l'approcher. Cette histoire n'aura de cesse de fasciner le grand-père de Natalia, passionné par le livre de la jungle. Puis, lors de sa carrière de médecin, il rencontrera un étrange homme qui prétend ne pas pouvoir mourir... Dès lors il ne cessera de le rencontrer, et le poussera à réfléchir sur sa propre existence.
    La jeune romancière Téa Obreht mèle son récit aux légendes et croyances de son pays, ce qui confère à son roman une part de féérie et de mystère. Les croyances sont aussi un moyen pour ses personnages de retrouver pied dans un pays où la guerre détruit et destabilise. C'est un très beau roman, plutôt bien écrit qui mèle différents récits et nous balade de l'un à l'autre sans jamais nous perdre.

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    • Livres 4.00/5
    Par mayang, le 22 septembre 2011

    mayang
    La lecture de "La Femme du Tigre" nécessite plusieurs choses,
    -Avoir une connaissance minimum de l'Histoire des Balkans".
    -Etre ouvert à l'imaginaire, au fantastique et à d'autres cultures.
    -Rester disponible lors de sa lecture afin de ne pas perdre le fil.
    -Savoir surfer sur la vague du plaisir et de l'interrogation tout au long des pages.
    Ceci posé, il est vrai que ce n'est pas un livre parfait, mais est-ce ce qu'on attend d'un premier roman? Téa Obreht , âme slave, nourrie à la mamelle d'autres cultures a su transcender son propos et tel les films d'Emir Kusturica nous transporte dans le foisonnement et l'effervescence de ses pensées: il est normal que nos esprits cartésiens boivent un peu la tasse! Laissez-vous happer par la magie.
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Critiques presse (3)


  • LeMonde , le 18 novembre 2011
    Téa Obreht passe avec virtuosité d'une strate de temps à l'autre, d'un récit et d'un lieu à l'autre pour composer ce roman d'une intelligence et d'une beauté lumineuses sur les pouvoirs de la fable.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 14 octobre 2011
    Comment passer de la violence au mythe, du traumatisme à l'apaisement? Voilà la question qui traverse ce récit magnifique où déferlent la fantaisie et les chimères, afin que Le livre de la jungle remplace la loi de la jungle.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 28 septembre 2011
    Pour ce premier roman ambitieux et solaire, Téa Obreht a obtenu, en juin, l'Orange Prize 2011, une récompense anglo-saxonne prestigieuse et largement méritée.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par horline, le 09 janvier 2012

    Des années durant, nous avions lutté pour conserver notre insouciance face à la guerre. Dés qu’elle se termina - sans prévenir, sans même nous avoir touchés en Ville -, notre indignation éclata. […] Il nous fallut surtout lutter pour prouver que nous méritions d’en arriver là, donner tort aux journaux qui prophétisaient l’échec de la génération de l’après-guerre.
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  • Par papillote88, le 16 avril 2012

    Mon grand-père caressant le chien, s'écriait d'une voix de marionnette d'émissions pour enfants :
    "Tu es un chien toi. Tu es un chien toi. Tu sais où tu es. Tu es un chien toi." La langue du chien lui sortait alors de la bouche et il se mettait à geindre. Au bout de quelques heures je lui dis : "mince alors grand-père, j'ai pigé que c'était un chien."

    Bien sûr je ne me doutais pas que, à peine quelques années plus tard, je rappellerais à tous les chiens croisés dans la rue qu'ils étaient des chiens, avant de leur demander s'ils savaient où ils étaient.
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  • Par kathel, le 28 août 2011

    Notre éloignement du théâtre des combats nous donnait l’impression de mener une vie normale. Cependant, les règles nouvellement instaurées provoquèrent un changement d’attitude que n’avait pas prévu l’administration. Les responsables pensaient : ordre, contrôle, terreur et soumission - ils eurent droit au laisser-aller généralisé et à la folie douce. Sur le capot de voitures stationnées le long du boulevard en une file qui n‘en comptait parfois pas moins d’une dizaine, des adolescents prirent l’habitude de boire toute la nuit au mépris du couvre-feu. Il arrivait à des commerçants de fermer leur boutique à l’heure du déjeuner, d’aller au café et de n’en revenir qu’une semaine plus tard. Un jour qu’on se rendait chez le dentiste, on l’apercevait justement en bras de chemise chez un voisin, une bouteille de vin blanc à la main, alors on se joignait à lui, ou bien on rentrait à la maison.
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  • Par papillote88, le 16 avril 2012

    Mais à présent que le pays vivait sa dernière heure, il semblait évident à mon grand-père - autant qu'à moi d'ailleurs - que le cessez-le-feu nous avait donné l'illusion du retour à la normale mais pas la paix. Quand un combat vise un objectif précis - se libérer d'un jougs, défendre un innocent -, on peut espérer le mener à terme. quand le combat consiste à démêler son identité -son nom, ses racines, son attachement à tel monument ou à tel événement -, il n'aboutit qu'à la haine et à la longue et lente avancée de ceux qui s'en nourrissent et qui en ont été gavés, délibérément, par leurs prédécesseurs. Dans ce cas-là, le combat n'en finit jamais, il se poursuit par déferlantes, et parvient encore à surprendre ceux qui espéraient avoir terminé de lutter.
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  • Par kathel, le 28 août 2011

    Peu après apparaissent des maisons : d’abord une ferme inhabitée au toit de tôle, au grenier pourvu de fenêtres qui donnent sur la route. De la vigne vierge a poussé dans le jardin et envahi le haut du verger. Au-delà du tournant, vous serez sans doute surpris de voir un homme au cheveux blancs assis sur le seuil de la maison suivante. Dès qu’il aperçoit votre voiture, il se lève et se dépêche de rentrer chez lui. En fait, il tendait l’oreille au crissement des pneus sur le gravier depuis cinq bonnes minutes et voulait à tout prix que vous le voyiez claquer la porte derrière lui.
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Téa Obreht - La femme du tigre .
Téa Obreht vous présente son ouvrage "La Femme du Tigre" aux éditions Calmann-Lévy.http://www.mollat.com/livres/tea-obreht-femme-tigre-roman-9782702142462.htmlNotes de musique : Brass Noir - 9 Our Ancestors Forthy Thousand Years Wide








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