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> Ryôji Nakamura (Traducteur)
> René de Ceccatty (Traducteur)

ISBN : 2070442748
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
traduit du japonais par Ryoji Nakamura et René de Ceccatty

Un adolescent fête ses dix-sept ans dans l'indifférence de sa famille, en pleine décomposition. Complexé, mal dans sa peau, incompris de ses parents, il est terriblement frustré. Obnubilé par ses ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 04 septembre 2013

    sandrine57
    Il se pense laid et sans intérêt. Il est complexé, introverti. Sans cesse titillé par ses pulsions sexuelles, il passe son temps à se masturber mais son plaisir est de courte durée, très vite, la honte et le dégoût prennent le dessus. Au lycée, il n'a pas d'amis. A la maison, il ne rencontre que l'indifférence de sa famille. D'ailleurs, il vient de "fêter" ses 17 ans et ses parents n'y ont même pas songé. C'est un adolescent mal dans sa peau dans le Japon des années 60, pas encore remis de la défaite de 45. Mais lui n'est pas engagé politiquement. Il se dit de gauche, simplement. C'est pourtant à droite, et même à l'extrême droite, qu'il va trouver un nouveau sens à sa vie. Approché par un camarade de classe, il est engagé pour applaudir lors des meetings politique du parti de l'Action impériale. Et très vite, il se prend au jeu, emporté par le charisme de son leader. Radical et violent, le parti lui offre enfin l'occasion d'exprimer toute sa frustration et sa colère. Fort de son appartenance à un groupe, fier de porter l'uniforme, il devient l'homme puissant et cruel qu'il a toujours rêvé d'être.

    Ecrite dans les années 60 alors que le Japon subit une poussée nationaliste, Seventeen est une nouvelle qui s'inspire d'un fait réel : le meurtre par un adolescent d'un leader socialiste. Kenzaburô ÔE y dénonce la façon dont les partis extrémistes jouent avec la fragilité d'une jeunesse en perte de repères pour en faire des robots prêts à tout. Son héros, perdu dans une famille qui se délite et un pays qui panse encore ses blessures de guerre, passe lentement d'opprimé à oppresseur, d'agressé à agresseur, de vaincu à vainqueur. Violence et cruauté montent en puissance, tout le mépris et la haine qu'il éprouvait contre lui-même trouvent un autre coupable vers qui se tourner. Ce sont les autres qui désormais sont laids et sans intérêt, ce sont les socialistes, les rouges qui dirigent le pays vers sa perte et doivent être combattus par tous les moyens. Marionnette d'un leader qui sait caresser dans le sens du poil, l'adolescent se sent grand et fort, patriote et sûr de son bon droit.
    Belle description du parcours d'un jeune homme en mal d'identité qui bascule dans la sauvagerie, Seventeen est un texte sombre et dérangeant qui trouve encore un écho des décennies plus tard, l'adolescence, période troublée de questionnements et de malaises, étant le terrain propice dans lequel les extrémistes cherchent toujours à planter la graine de la haine.
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    • Livres 4.00/5
    Par Coriolis, le 01 avril 2015

    Coriolis
    « A Seventeen, on n'est pas sérieux ».
    Un poète du 19ème siècle clamait « on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ». Des années plus tard, à une autre époque, sur un autre continent, un jeune japonais s'approprie ce vers de Rimbaud. Si le temps et l'espace séparent l'écrivain et le narrateur de cette nouvelle, le mal-être et le questionnement propre à l'adolescence les unissent. Pendant que le Japon des années soixante traverse une crise politique nationale, ce teenager se consume de l'intérieur. Aussi instable que la terre qui l'a vue naître, il doute, manque de confiance en lui et ne parvient plus à gérer les angoisses et les désirs qui tenaillent son corps. C'est un être solitaire, peu écouté par les siens, perdu dans le brouillard des idéaux politiques déchirant son pays. Il a dix-sept ans aujourd'hui et sa famille a oublié son anniversaire. Il ignore où il va, ne parvient à s'intéresser réellement à rien, avance sur les sables mouvants de l'adolescence avec difficultés ; paumé entre les paumés. Il est une proie, innocente, fragile et malléable. Il suffira d'un discours du leader de l'Action impériale, un parti d'extrême-droite, pour éveiller chez lui des convictions immuables et une forte conscience politique. Il devient un fervent défenseur de ces idées, s'abreuve de pensées radicales et approuve les méthodes punitives revendiquées par le parti. Si sa personnalité semble effacée sous la souffrance et la solitude des premières pages, l'Action impériale devient un faire-valoir. Ainsi, porter la tenue de leurs sympathisants, inspirée par celles des S.S, une armure qui le protège des autres, un rempart.
    Kenzaburô Oé évoque dans Seventeen les tourments propres à la jeunesse et le danger de l'endoctrinement. le héros de cette nouvelle, personnage anonyme, veule et soumis à ses pulsions découvre un mentor en la personne du dirigeant de ce parti. Parce qu'il se sent écouté et valorisé, il prend appui sur le matraquage effectué par ce leader orateur pour entrer dans l'âge adulte. D'une modernité rare, cet écrit laisse une impression glaçante après lecture.
    Un texte puissant, inspiré de faits réels, suscitant beaucoup de réflexions notamment sur la récupération de certains jeunes en mal de repères.
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    • Livres 4.00/5
    Par Yggdrasil, le 03 avril 2015

    Yggdrasil
    "Je suis seul au monde, torturé de terreur". Japon années 60. Une digestion difficile de l' héritage de la seconde Guerre Mondiale engendre une recrudescence de l'ultranationalisme du parti impérial. D'un côté ceux qui tentent de s'adapter au système américain en copiant leur façon de vivre, et de l'autre, ceux qui prônent un retour au nationalisme impérial. Entre les deux, une génération d'apatrides manipulables et désorientés qui viennent garnir une horde latente de sable mouvant prête à se mouvoir et ensevelir ce qui lui barrerait le chemin pour le peu qu'une force vienne la réveiller.
    Inspiré d'un fait réel : l'assassinat du chef de file du parti socialiste par un jeune militant d'extrême droite, Kenzaburo Oé retrace ici à partir d'un jeune ado, issu d'une famille de classe moyenne et en proie à un profond mal-être, symbole du problème identitaire que connaît le Japon à cette période, la descente vers la violence.
    Cette déchéance progressive est d'abord familiale, puis sociale avant de trouver son apothéose au bout d'un huit cent mètre exhalant l'humiliation et le remugle.
    Il s'agit ici d'un livre violent dans son écriture qui relate la descente d'un adolescent vers les milieux extrémistes.
    La puissance du texte et les qualités narratives de Kenzaburo Oé transcendent cette sensation d'oppression et de mal-être ressentie par ce héros en quête d'une reconnaissance qui ne viendra que dans le sexe et la violence. Cette violence qui atteindra son apogée dans la scène finale.
    La force de ce livre tient dans le fait que si vous sortait cette histoire de son contexte, vous pouvez la retranscrire à n'importe qu'elle époque elle restera crédible car le mécanisme du recrutement des organismes violents fonctionne exactement de cette façon.
    Un livre qui fait réfléchir encore et toujours sur cette violence et ces groupuscules extrémistes ou nationalistes.
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 03 janvier 2012

    Malaura
    Comment, quand on a 17 ans, en arrive-t-on à adhérer à l'Action Impériale, le parti ultranationaliste japonais?
    « Seventeen » relate l'embrigadement d'un jeune garçon dans un parti d'extrême-droite.
    Dans le Japon des années 1960, le narrateur vient d'avoir 17 ans ; il a fêté son anniversaire dans l'indifférence générale. Mal dans sa peau, complexé, inhibé, il se déteste autant qu'il déteste le monde, « je suis un Seventeen pitoyable et laid ». le cœur empli de colère, de dégoût, de mépris, il se sent incompris et rejette aussi bien sa famille que ses camarades de classe, « j'ai envie de les tuer tous à la mitraillette, j'ai envie de les massacrer tous ! »…
    De plus, dominé par des pulsions sexuelles qu'il ne maîtrise pas, il s'adonne à l'onanisme avec une frénésie morbide et un sentiment croissant de honte et de dégoût.
    L'adolescent, replié sur lui-même, en proie à un terrible sentiment d'infériorité, alterne crises de larmes et crises de violence, écœuré par un monde qu'il ne comprend pas, « tout dans ce monde me paraît incertain, difficilement compréhensible et insaisissable. J'ai le sentiment que le monde appartient à autrui et que je ne dispose de rien. »
    Jusqu'au jour où un camarade l'emmène écouter le discours du leader de l'Action Impériale, un parti d'extrême-droite.
    Les mots de l'orateur, agressifs, chargés de fiel et de hargne résonnent dans l'esprit du jeune homme comme s'ils appartenaient à sa propre voix intérieure. Cette musique haineuse et vociférante est la sienne, il a enfin trouvé Sa Vérité !
    Flatté par le leader, embrigadé, l'adolescent devient un membre actif de ce parti ultra violent aux méthodes radicales.
    Ce faisant, il prend conscience de sa nouvelle nature, il n'a plus peur de rien désormais, le port de l'uniforme lui donne un sentiment de puissance et de supériorité qui l'exalte. Il n'est plus le misérable ado se masturbant pour calmer ses angoisses mais bel et bien un homme nouveau ayant abandonné tout individualisme au profit d'un patriotisme primaire et absolu.
    C'est dans les années 1960, alors que le Japon est en proie à une montée alarmante des mouvements nationalistes, que paraît cette histoire sombre et violente inspirée par l'assassinat d'un chef de parti socialiste par un membre de l'extrême-droite.
    Son auteur, l'écrivain japonais Kenzaburô Ôé y relate par le menu l'effrayant processus qui conduit un adolescent mal dans sa peau à adhérer à un groupe de nationalistes radicaux.
    En construisant son histoire à la première personne du singulier, l'auteur nous fait entrer de plain-pied dans la conscience tourmentée de son personnage et c'est avec un sentiment croissant de malaise que l'on assiste à ce déferlement de violence intérieure, de frustrations, de complexes, d'obsessions spirituelles et sexuelles dont l'apaisement ne viendra que par la soumission à une entité dominante, ici l'Action Impériale et la loyauté offerte à l'empereur du Japon.
    Une écriture au plus près du réel qui dissèque et analyse remarquablement les tourments du narrateur, nous offrant ainsi une radioscopie impitoyable de toute une génération, celle des japonais des années 1960, tiraillée entre tradition et modernité, en proie aux inquiétudes, aux questionnements et aux indécisions face à un monde qui change et se modernise.
    Mais si le message antimilitariste et anti-ultranationaliste de Kenzaburô Ôé était très audacieux et d'une insolente modernité pour l'époque, il demeure d'une redoutable efficacité. La montée des extrémismes, la recrudescence d'adolescents en mal d'identité et de reconnaissance choisissant la voie du radicalisme, qu'il soit politique ou religieux, prouvent s'il est besoin, que le texte de l'auteur reste aujourd'hui encore bien trop d'actualité.
    Prix Nobel de Littérature en 1994, l'auteur japonais offre avec cette nouvelle extraite du recueil « Le faste des morts », un texte fort d'où sourd une violence désespérée que le manque de communication, l'incompréhension et l'indifférence ont rendue totalement irrépressible.
    « Ah, si ce monde me tendait seulement une main, que je puisse saisir avec simplicité, certitude et passion ! »
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    • Livres 4.00/5
    Par paroles, le 23 novembre 2014

    paroles
    Japon, années 60.
    Notre héros a 17 ans aujourd'hui. Mais cette journée se passe sans qu'aucun membre de sa famille ne lui souhaite son anniversaire. Cette indifférence le blesse profondément, même s'il s'en défend. de ce fait, il va alors faire sa propre introspection : pas beau, pas d'ami(e), sujet à la masturbation intense (ce qui l'attire et le dégoûte en même temps)... Bref, il est pétri de complexes et mal dans sa peau. Il se déteste et déteste les autres.
    Et puis, un peu par hasard, il assiste à un meeting d'Action Impériale, un mouvement d'extrême droite. L'orateur est un fin tribun et l'adolescent se laisse porter par ses mots, par ses idées. Il se reconnaît dans les paroles du dirigeant, d'autant plus que celui-ci lui annonce bientôt qu'il est l'Elu, son digne successeur.
    Son avenir s'éclaircit : il est pris en charge, on lui propose un uniforme, on lui confie des missions. Enfin, il est quelqu'un. Enfin, il n'a plus peur. Enfin, il trouve sa place dans la société, quitte à user de la violence.
    En quelques pages, Kenzaburô Ôé nous montre comment les extrémistes arrivent à capter l'attention des jeunes, au moment où ceux-ci sont fragilisés dans leur recherche identitaire, comment la haine germe sur ce terreau fragile et spongieux, chez ces jeunes avides de reconnaissance et de gloire.
    Une nouvelle coup-de-poing, inspirée de faits réels.
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Citations et extraits

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  • Par Coriolis, le 01 avril 2015

    Tout autour de l'appentis, la nuit grondait dans la métropole de la vile multitude. Émanant d'une forêt lointaine de hêtres au parfum entêtant, les effluves du printemps, quoique émoussés par l'air pollué des rues, sont venus exciter ma chair et mon sang pour m'entraîner dans la mer de l'angoisse. J'ai dix-sept ans. Je suis un misérable et triste seventeen. Bon anniversaire. Bon anniversaire.

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  • Par Mero, le 30 janvier 2014

    Il avait peur que les autres le fragilisent ou le mêlent à des ennuis, pour devoir renouer avec son passé insupportable de soutier. Cet instinct de protection l’empêchait de se déshabiller devant son fils, de crainte que la nudité ne lui fasse perdre son autorité. Il préférait donc ne pas exprimer ses sentiments, en se dégageant de toute responsabilité et en optant pour la froide critique. Ce soir encore, il devait être convaincu d’adopter une attitude éminemment américaine et libérale…
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  • Par chocobogirl, le 31 août 2011

    Je suis un seventeen solitaire. A cet âge-là, je devrais mûrir et m'épanouir sous l'oeil bienveillant de tous. Mais personne n'était là pour me comprendre alors que j'étais au bord de la crise... (...) ma tête contenait une cervelle débile faite de sperme de cochon et la conscience qui s’ensuit. Dès que je prenais conscience de moi, j’avais la sensation que tous les regards du monde se portaient sur moi avec malveillance, mes mouvements devenaient maladroits comme si toutes les parties de mon corps se mutinaient et se désolidarisaient entre elles. J’en serais mort de honte. À la seule idée qu’existât en ce monde une conjonction de corps et d’esprit, appelée moi, j’en serais mort de honte. J’aurais préféré opter pour une existence solitaire de troglodyte, comme un homme de Cro-Magnon devenu fou dans sa grotte. J’avais envie de supprimer le regard des autres. Ou carrément me supprimer moi-même.
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  • Par Mero, le 31 janvier 2014

    Auparavant, le regard d’autrui me terrorisait, me faisait rougir et me précipitait dans un dégoût de moi aussi timoré que pitoyable : je me trouvais complètement ligoté. Mais désormais, au lieu de me regarder intérieurement, les autres regardaient l’uniforme de droite, non sans quelque frayeur. J’avais dissimulé à jamais une âme vulnérable d’adolescent derrière l’écran de l’uniforme de droite. Je n’avais plus honte, je ne me laissais plus atteindre douloureusement par les regards extérieurs.
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  • Par brigetoun, le 15 juin 2011

    Ça m’a mis hors de moi. En hurlant, je lui ai donné un coup de pied en plein dans le front. Elle est tombée à la renverse, les bras tendus vers la table. J’ai vu qu’un des verres de ses lunettes s’était brisée et qu’une de ses paupières saignait. Son visage aux traits ingrats a blêmi de manière effrayante ; de coin de ses yeux étroitement fermés un filet de sang épais coulait vers ses pommettes curieusement saillantes. Ma mère s’est précipitée hors de la cuisine pour lui venir en aide. Hébété d’avoir ainsi agi, je fus pris de tremblements. Le sang de ma soeur avait giclé sur mon orteil : à force de le regarder, je sentis une sorte de brûlure et de démangeaison qui montait le long de ma jambe
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