> Ryôji Nakamura (Traducteur)
> René de Ceccatty (Traducteur)

ISBN : 2070442748
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
traduit du japonais par Ryoji Nakamura et René de Ceccatty

Un adolescent fête ses dix-sept ans dans l'indifférence de sa famille, en pleine décomposition. Complexé, mal dans sa peau, incompris de ses parents, il est terriblement frustré. Obnubilé par ses ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 03 janvier 2012

    Malaura
    Comment, quand on a 17 ans, en arrive-t-on à adhérer à l'Action Impériale, le parti ultranationaliste japonais?
    « Seventeen » relate l'embrigadement d'un jeune garçon dans un parti d'extrême-droite.
    Dans le Japon des années 1960, le narrateur vient d'avoir 17 ans ; il a fêté son anniversaire dans l'indifférence générale. Mal dans sa peau, complexé, inhibé, il se déteste autant qu'il déteste le monde, « je suis un Seventeen pitoyable et laid ». le cœur empli de colère, de dégoût, de mépris, il se sent incompris et rejette aussi bien sa famille que ses camarades de classe, « j'ai envie de les tuer tous à la mitraillette, j'ai envie de les massacrer tous ! »…
    De plus, dominé par des pulsions sexuelles qu'il ne maîtrise pas, il s'adonne à l'onanisme avec une frénésie morbide et un sentiment croissant de honte et de dégoût.
    L'adolescent, replié sur lui-même, en proie à un terrible sentiment d'infériorité, alterne crises de larmes et crises de violence, écœuré par un monde qu'il ne comprend pas, « tout dans ce monde me paraît incertain, difficilement compréhensible et insaisissable. J'ai le sentiment que le monde appartient à autrui et que je ne dispose de rien. »
    Jusqu'au jour où un camarade l'emmène écouter le discours du leader de l'Action Impériale, un parti d'extrême-droite.
    Les mots de l'orateur, agressifs, chargés de fiel et de hargne résonnent dans l'esprit du jeune homme comme s'ils appartenaient à sa propre voix intérieure. Cette musique haineuse et vociférante est la sienne, il a enfin trouvé Sa Vérité !
    Flatté par le leader, embrigadé, l'adolescent devient un membre actif de ce parti ultra violent aux méthodes radicales.
    Ce faisant, il prend conscience de sa nouvelle nature, il n'a plus peur de rien désormais, le port de l'uniforme lui donne un sentiment de puissance et de supériorité qui l'exalte. Il n'est plus le misérable ado se masturbant pour calmer ses angoisses mais bel et bien un homme nouveau ayant abandonné tout individualisme au profit d'un patriotisme primaire et absolu.
    C'est dans les années 1960, alors que le Japon est en proie à une montée alarmante des mouvements nationalistes, que paraît cette histoire sombre et violente inspirée par l'assassinat d'un chef de parti socialiste par un membre de l'extrême-droite.
    Son auteur, l'écrivain japonais Kenzaburô Ôé y relate par le menu l'effrayant processus qui conduit un adolescent mal dans sa peau à adhérer à un groupe de nationalistes radicaux.
    En construisant son histoire à la première personne du singulier, l'auteur nous fait entrer de plain-pied dans la conscience tourmentée de son personnage et c'est avec un sentiment croissant de malaise que l'on assiste à ce déferlement de violence intérieure, de frustrations, de complexes, d'obsessions spirituelles et sexuelles dont l'apaisement ne viendra que par la soumission à une entité dominante, ici l'Action Impériale et la loyauté offerte à l'empereur du Japon.
    Une écriture au plus près du réel qui dissèque et analyse remarquablement les tourments du narrateur, nous offrant ainsi une radioscopie impitoyable de toute une génération, celle des japonais des années 1960, tiraillée entre tradition et modernité, en proie aux inquiétudes, aux questionnements et aux indécisions face à un monde qui change et se modernise.
    Mais si le message antimilitariste et anti-ultranationaliste de Kenzaburô Ôé était très audacieux et d'une insolente modernité pour l'époque, il demeure d'une redoutable efficacité. La montée des extrémismes, la recrudescence d'adolescents en mal d'identité et de reconnaissance choisissant la voie du radicalisme, qu'il soit politique ou religieux, prouvent s'il est besoin, que le texte de l'auteur reste aujourd'hui encore bien trop d'actualité.
    Prix Nobel de Littérature en 1994, l'auteur japonais offre avec cette nouvelle extraite du recueil « Le faste des morts », un texte fort d'où sourd une violence désespérée que le manque de communication, l'incompréhension et l'indifférence ont rendue totalement irrépressible.
    « Ah, si ce monde me tendait seulement une main, que je puisse saisir avec simplicité, certitude et passion ! »
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Pasdel, le 19 mars 2012

    Pasdel
    Il s'agit ici d'un livre violent dans son écriture qui relate la descente d'un adolescent vers les milieux extrémistes.

    Nous sommes dans le Japon des années 60, en proie à la recrudescence de l'ultranationalisme du parti impérial. Ce japon qui digère difficilement cet héritage de la seconde Guerre Mondiale. D'un côté ceux qui tentent de s'adapter au système américain en copiant leur façon de vivre, et de l'autre, ceux qui prônent un retour au nationalisme impérial.

    Inspiré d'un fait réel : l'assassinat du chef de file du parti socialiste par un jeune militant d'extrême droite, Kenzaburo Oé retrace ici à partir d'un jeune ado, issu d'une famille de classe moyenne, en proie à un profond mal-être, qui représente également le problème identitaire que connaît le Japon à cette période, la descente vers la violence.

    Cette déchéance progressive est d'abord familiale, puis sociale avant de trouver son apothéose au bout d'un huit cent mètre exhalant l'humiliation et le remugle.
    La puissance du texte et les qualités narratives de Kenzaburo Oé transcendent cette sensation d'oppression et de mal-être ressentie par ce héros en quête d'une reconnaissance qui ne viendra que dans le sexe et la violence. Cette violence qui atteindra son apogée dans la scène finale.
    La force de se livre tient dans le fait que si vous sortait cette histoire de son contexte, vous pouvez la retranscrire à n'importe qu'elle époque elle restera crédible car le mécanisme du recrutement des organismes violents fonctionne exactement de cette façon.

    Un livre qui fait réfléchir encore et toujours sur cette violence et ces groupuscules extrémistes ou nationalistes.


    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-seventeen-101904099..
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    Critique de qualité ? (29 votes positifs)
  • Par Aela, le 04 janvier 2012

    Aela
    C'est l'histoire d'un jeune garçon de 17 ans, d'où le titre du roman : "Seventeen".
    I vit dans le Japon dans les années 60, avec un père enseignant, une soeur, une famille somme toute "classique".
    Toutefois, il va cultiver des frustrations grandissantes. Sa famille ne le prend pas au sérieux, on oublie même de lui souhaiter son anniversaire.
    Il se replie sur lui-même et a du mal à communiquer avec ses camarades.
    Il devient vite une proie idéale pour les militants d'extrême droite qui recrutent des jeunes au sein du parti de l'Action impériale.
    Cette oeuvre est inspirée de faits réels: elle est inspirée par l'assassinat du chef de file du parti socialiste par un militant d'extrême droite de 17 ans, dans les années 1960.
    Il faut souligner qu'après la publication de cette nouvelle, Kenzaburô Oé est inquiété par l'extrême-droite japonaise, a reçu des menaces de mort et a dû censurer son récit qui ne compte plus dans la version finale la scène de l'assassinat du leader socialiste.
    Cette nouvelle m'a permis de découvrir cet écrivain japonais, par ailleurs lauréat du Prix Nobel de littérature en 1994.
    Un écrivain japonais proche de la culture française puisqu'il a écrit une thèse sur Jean-Paul Sartre. C'est aussi un écrivain original qui rejette les systèmes des valeurs de la société dominante et reflète les inquiétudes de la génération d'après-guerre.
    Un livre concis mais saisissant.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 31 août 2011

    chocobogirl
    Nous sommes dans les années 60 et nous découvrons les mots d'un jeune garçon de 17 ans qui se confie intimement. Tout débute le jour de ses 17 ans. Sa famille oublie de le lui souhaiter et son indifférence pèse fortement sur le jeune homme qui se sent seul et incompris. Comme tous les adolescents, il est mal dans sa peau , complexé vis à vis de ses camarades et honteux de ses pulsions. Des pulsions qu'il peine à contrôler car la masturbation est une activité qui est devenue prégnante dans sa vie. le narrateur s'y adonne plusieurs fois par jour, même en classe... Des complexes et une solitude qui va bientôt pousser notre garçon dans les filets du parti de l'Action Impériale, extrême-droite japonaise.
    Cette nouvelle, parue en Janvier 1961, a été extraite du recueil Le faste des morts. Ôé s'est inspiré d'un fait réel : le meurtre par un adolescent de 17 ans, militant d'extrême droite, d'un chef du parti socialiste.
    Ici, l'auteur reprend la figure de l'adolescent pour mieux décrypter la psychologie et l'embrigadement d'un jeune homme fragile qui voit dans l'extrême-droite un collectif qui lui donne la puissance et le pouvoir qu'il recherchait désespérément. Loin d'être une explication des méthodes de recrutement de ces partis, Seventeen nous plonge surtout dans l'esprit et la psychologie d'un jeune homme qui va basculer subitement dans un engagement politique qui n'en a que le nom.
    En effet, le narrateur (dont nous ne connaitrons pas le nom) vit replié sur lui-même. Il dort à l'écart de sa famille qui n'affiche que peu d'intérêt pour sa personne, est isolé parmi ses camarades de classe qu'il évite par honte. Sa seule préoccupation est d'assouvir ses besoins de masturbation, qu'il pratique frénétiquement dans la honte. Il se sent véritablement diminué par rapport aux autres et peine à se supporter lui-même.
    La violence sourde déjà en lui et une altercation avec sa soeur est l'occasion de se libérer en la frappant injustement et en s'engageant de manière ridicule pour la cause communiste. Ridicule car le jour où un camarade de classe l'invite à assister à un meeting d'extrême-droite, le jeune homme bascule et trouve dans ce parti la joie ultime d'appartenir à un groupe, d'être apprécié, respecté, craint même. Un sentiment exaltant qui ne le lâchera plus, une sensation de pouvoir et de force qui ne tient aucunement à un engagement politique quelconque.
    Voilà le basculement un peu effrayant d'un adolescent qui semblait comme les autres. Nourri de frustration et de honte, il a trouvé sa place dans un groupe qui le valorise et lui permet d' assouvir d'une certaine façon ses fantasmes. Lui-même parle d'un "orgasme qui durerait ma vie entière ".
    A travers cette nouvelle, Kenzaburô Ôé fait preuve pour l'époque (1961) d'un engagement fort contre cet extrémisme politique et le retour des idées nationalistes dans le pays en abordant un sujet tabou : le culte de l'empereur Hirohito. Il s'oppose ainsi à Mishima qui s'engagera d'ailleurs plus tard dans les forces d'auto-défense du Japon. L'occupation américaine a pris fin il y a seulement 10 ans (1952) et l'idéologie nationaliste, née avant guerre, qui prône le retour aux valeurs traditionnelles et la fidélité à l'empereur, s'est développée. En 1960, le traité de coopération mutuelle et de sécurité entre le Japon et les USA provoque remous et manifestations avant d'aboutir à l'assassinat de Inejirô Asanuma, chef du parti socialiste en octobre 1960 par Otoya Yamaguchi.
    Les jeunes de l'époque sont priés de choisir leur camp, communiste ou nationaliste. L'auteur qui donne la voix de la narration à un de ces jeunes, perdu dans une société en plein changement et lui-même en pleine construction d'adulte nous plonge totalement dans les pensées et offre au lecteur le portrait plus qu'antipathique d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel de la politique.
    Pas de meurtre pourtant dans cette nouvelle qui s'arrête peu après la conversion du jeune homme. Il est à noter cependant qu'à l'origine, le récit comprenait une seconde partie qui évoquait l'assassinat du chef socialiste. Menacé de mort, l'auteur l'a réécrite en supprimant certains passages et en lui donnant une portée plus universelle alors que le rédacteur de la publication dût présenter des excuses.
    Ainsi Seventeen, à travers la mise en mots d'une réalité politique, se révèle un texte fort, symbole de l'engagement de l'auteur pour la paix et de son combat contre les nationalistes qui se poursuit encore aujourd'hui. Un texte certainement essentiel dans le parcours de l'auteur qui s'est d'ailleurs fait connaître avec les 3 nouvelles du faste des morts, écrites à 22 ans.
    A 2€ , inutile de se priver !!
    "Dans Seventeen, j'ai voulu regarder en face la réalité d'un acte terroriste afin de le comprendre. Et aujourd'hui, leur banalisation m'inquiète. Les actes kamikazes peuvent ressurgir au Japon, où la température est critique. Un seul geste pourrait tout faire basculer." Octobre 2006

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-seventeen-kenzaburo-oe..
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    • Livres 3.00/5
    Par klagg36, le 05 mai 2012

    klagg36
    Difficile d'écrire objectivement sur un auteur prix Nobel de littérature. En dire du bien revient à se mettre dans la meute, en dire du mal revient à dire que vous avez du louper quelque chose et, en deuxième temps, vous fait prendre conscience de vos insuffisances.
    Bref, un prix Nobel. Première lecture d'Oé pour moi, je m'attendais, sans que cela repose sur quoi que ce soit d'objectif, à un style vieillot et un peu indigeste (je vous l'ai dit, rien d'objectif). Eh bien non ! Seventeen est une nouvelle agréable à lire, étonnamment moderne et intéressante. Pas aussi forte que les livres de Murakami Ryu dans la peinture du mal-être de la société japonaise mais la comparaison est faussée. Ecrite en 1961, Seventeen reflète les tensions politiques nées de l'après-guerre et le gap entre le Japon d'aujourd'hui et celui d'avant, celui des Empereurs et des kamikazes. Un temps où le Japon Impérial éternel pensait encore survivre mais que les imprécations d'extrême droite avaient déjà enterré en voulant le faire renaître.
    Finalement, un livre qui donne envie de découvrir le Nobel.
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Citations et extraits

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  • Par Pasdel, le 20 mars 2012

    J’ai envie de les tuer tous à la mitraillette ; j’ai envie de les massacrer tous ! J’ai essayé de dire à voix haute : « J’ai envie de les tuer tous à la mitraillette, j’ai envie de les massacrer tous ! Ah, si j’avais une mitraillette ! » Ma voix était si basse que le souffle qui ne s’est pas transformé en timbre a embué la glace, en voilant aussitôt mon visage brûlant de colère, derrière un brouillard opaque et sale. 
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  • Par Pasdel, le 22 mars 2012

     Et puis dis-toi bien ça, qu’il s’agisse de la guerre de Corée ou d’un conflit dans un coin perdu d’Afrique, les forces des Nations unies n’interviennent qu’une fois la guerre déclarée. Si la guerre dure ne serait-ce que trois jours sur le territoire japonais, elle fera beaucoup de victimes parmi les Japonais.
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  • Par chocobogirl, le 31 août 2011

    Je suis un seventeen solitaire. A cet âge-là, je devrais mûrir et m'épanouir sous l'oeil bienveillant de tous. Mais personne n'était là pour me comprendre alors que j'étais au bord de la crise... (...) ma tête contenait une cervelle débile faite de sperme de cochon et la conscience qui s’ensuit. Dès que je prenais conscience de moi, j’avais la sensation que tous les regards du monde se portaient sur moi avec malveillance, mes mouvements devenaient maladroits comme si toutes les parties de mon corps se mutinaient et se désolidarisaient entre elles. J’en serais mort de honte. À la seule idée qu’existât en ce monde une conjonction de corps et d’esprit, appelée moi, j’en serais mort de honte. J’aurais préféré opter pour une existence solitaire de troglodyte, comme un homme de Cro-Magnon devenu fou dans sa grotte. J’avais envie de supprimer le regard des autres. Ou carrément me supprimer moi-même.
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  • Par brigetoun, le 15 juin 2011

    Ça m’a mis hors de moi. En hurlant, je lui ai donné un coup de pied en plein dans le front. Elle est tombée à la renverse, les bras tendus vers la table. J’ai vu qu’un des verres de ses lunettes s’était brisée et qu’une de ses paupières saignait. Son visage aux traits ingrats a blêmi de manière effrayante ; de coin de ses yeux étroitement fermés un filet de sang épais coulait vers ses pommettes curieusement saillantes. Ma mère s’est précipitée hors de la cuisine pour lui venir en aide. Hébété d’avoir ainsi agi, je fus pris de tremblements. Le sang de ma soeur avait giclé sur mon orteil : à force de le regarder, je sentis une sorte de brûlure et de démangeaison qui montait le long de ma jambe
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  • Par brigetoun, le 15 juin 2011

    Je me suis dit, avec une passion ardente : c'est ça, dans la loyauté, il ne peut pas y avoir d'esprit individuel ! Si je tremblais d'angoisse, craignais la mort et étais saisi d'inertie sans pouvoir appréhender ce monde réel, c'était parce que j'étais captif de mon esprit individuel. Tant que j'avais un esprit individuel, je me trouvais bizarre, plein de contradictions, anarchique, alambiqué, confus et décalé, ce qui redoublait mon angoisse.... Or, dans la loyauté, il ne peut y avoir d'esprit individuel. C'est cela, il faut, en abandonnant tout esprit individuel, de dévouer, corps et âme, à sa Majesté Impériale.
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La grande librairie 15/03/2012 sur France 5 de François Busnel, Kenzaburô Ôé parle de son nouveau livre "Notes de Hiroshima"
Kenzaburô Ôé est né en 1935 dans l'île de Shikoku, au sud-ouest du Japon. Il reçoit à 23 ans le prix Akutagawa pour son récit Gibier d'élevage. Son œuvre, composée de romans, de nouvelles et d'essais, le place au tout premier rang de la scène littéraire japonaise et est récompensée en 1989 par le prix Europalia. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1994. Ecrivain original qui rejette le système de valeurs d'une société aux pouvoirs centralisés et reflète les interrogations et les inquiétudes de la génération de l'après-guerre, il incarne la crise de conscience d'un pays emporté dans le matérialisme.








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