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Mes souvenirs ne sont jamais détruits définitivement comme s’ils avaient été déracinés. Même s’ils ont l’air d’avoir disparu, il en reste des réminiscence quelque part. Comme des petites graines. Si la pluie vient à tomber dessus, elles germent à nouveau. Et en plus, même si les souvenirs ne sont plu là, il arrive que le cœur en garde quelque chose. Un tremblement, une larme
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Par wictoria le 06/02/2010
Nous parlons de toutes sortes de choses en prenant le goûter. La plupart du temps il s'agit de souvenirs. De mon père, ma mère, ma nourrice, de l'observatoire ornithologique, de la sculpture, du lointain passé où l'on pouvait se rendre dans d'autres endroits avec le ferry... Mais nos souvenirs de jour en jour ne font que diminuer. Parce qu'ils sont emportés avec chaque disparition. Nous partageons le peu qui reste du goûter et nous répétons les mêmes histoires que nous laissons fondre lentement sur nos lèvres.
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Je me souviens de quelqu'un qui disait autrefois "ceux qui brûlent les livres finissent par brûler les hommes" [...]
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Ruban, grelot, émeraude, timbre... Les mots dans la bouche de ma mère me faisaient tressaillir, comme les noms de petites filles étrangères ou de nouvelles espèces de plantes. En l’écoutant parler, j’étais heureuse d’imaginer l’époque où tous ces objets avaient leur place sur l’île. Mais c’était aussi difficile à imaginer. Les choses se blottissaient sur ma paume, sans bouger, comme de petits animaux en hibernation, et ne daignaient m’envoyer aucun signal.
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Par Ameni le 06/05/2011
Et si les mots disparaissent, que va-t-il se passer ?
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Par Ameni le 06/05/2011
Quand j’ai sous les yeux des objets disparus, mon cœur s’agite énormément. Comme si quelque chose de dur et épineux était lancé soudain au milieu d’un paisible marais. Il se forme des rides, un tourbillon se crée au fond et la boue remonte. C’est pourquoi nous sommes bien obligés de brûler les objets, de les jeter à la rivière ou de les enterrer, afin de les éloigner le plus possible de nous.
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Par kathel le 25/08/2010
J’étais assise sur le tabouret qui m’était réservé, et ma mère affûtait son ciseau ou polissait la pierre à la lime – elle était sculpteur – tout en parlant d’une voix tranquille.
- Quand il se produit une disparition, pendant un certain temps, l’île s’agite. Les gens se regroupent ici ou là dans les rues pour parler des souvenirs relatifs à l’objet perdu. On regrette, on s’attriste, on se console l’un l’autre. Lorsqu’il s’agit de choses qui ont une forme, on se rassemble pour les brûler, les enterrer ou les laisser dériver au gré du courant. Mais cette petite agitation ne dure guère plus de deux ou trois jours. Chacun retrouve bientôt sa vie quotidienne telle qu’elle était avant. On n’arrive même plus à se souvenir de ce qu’on a perdu.
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Quelle impression cela fait de ne rien perdre de ce que l'on a au fond du coeur?