> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742737316
Éditeur : Actes Sud (2002)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
Mari est réceptionniste dans un hôtel appartenant à sa mère. Un soir, le calme des lieux est troublé par des éclats de voix : une femme sort de sa chambre en insultant le vieillard élégant et distingué qui l'accompagne, l'accusant des pires déviances. Fascinée par le pe... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 04 août 2008

    Lune
    Livre "prenant" malgré le trouble qui peut en découler. Nous pénétrons la folie et les fantasmes. Un homme âgé, étrange, douteux; une jeune fille, qui ne l'est pas moins. Un hôtel dirigé par une mère castratrice et que l'on aime difficilement. Une rencontre entre les deux premiers. Une relation plus que trouble, sado-masochiste. Une société condamnant l'homme perturbé et "soutenant" une jeune fille "innocente" mais dont l'innocence apparente nous dérange puisque nous, nous savons. Nous savons ce qu'il en est et dans quels tourments, elle se précipite. La séance du foulard (avant d'en savoir plus) nous ferait presque plaindre le "pauvre" veuf. Nous espérons l'amour mais il ne sera pas présent puisque l'homme disparaîtra sans un regard, sans un mot. Une si jolie petite plage avec ses vendeurs de crème glacée, le flux et le reflux qui, comme les héros, amènera déchets et pourriture... Un superbe livre dérangeant et fascinant. Une écriture qui coule et se donne sans aucune entrave et là est le miracle, aucune vulgarité n'enveloppe ce récit d'une adolescente qui découvre ce qu'elle porte au plus profond d'elle-même...
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 25 novembre 2011

    Altervorace
    Tout d'abord, disons que pour mon envie de découverte d'autres pays, on peut dire que je me suis bien plantée. Parce qu'Hôtel Iris reste mystérieux autant dans sa géographie que dans sa temporalité. Quand ? L'écoulement du temps n'existe que par les signes des saisons et bien que je me sois imaginée tout le récit en noir et blanc, rien ne nous indique quand l'histoire a lieu. Où ? Pareillement nous ne savons rien. le Japon n'est pas présent, jamais. Qui ? Les personnages ne sont jamais nommés à part l'héroïne qui porte un prénom presque universel : Mari. La mère, le Traducteur, la Femme de ménage. L'auteur semble nous dire que l'important n'est ni le cadre ni le milieu mais bien les relations entre les personnages.
    Commençons tout d'abord par l'histoire principale du roman : la relation entre Mari et le vieux monsieur. Bien sur ce couple improbable et malsain joue sur notre fascination / répulsion jusqu'à la page finale. Ogawa réussit, malgré notre malaise, à rendre tout supportable, même cette liaison perverse et sado-masochiste entre une très jeune fille de 17 ans et un homme âgé. Certaines scènes sont un peu crues -à déconseiller aux âmes sensibles- mais jamais vulgaires.
    Finalement c'est un roman du contraste que nous livre l'auteur japonais. Contraste entre la jeunesse et la vieillesse, contraste entre la maladresse du traducteur dans certaines scènes, sa timidité et sa violence, sa domination dans les scènes de sexe. Contraste aussi entre l'écriture douce et fluide d'Ogawa, une plume pleine de délicatesse et de noblesse et la relation dure et violente de nos personnages. Si les relations du traducteur et De Mari nous mettent souvent mal à l'aise, je trouve qu'il en est de même pour les rapports qu'ont la réceptionniste avec sa mère. Pour moi la violence est ici tout aussi choquante que dans les scènes masochistes. La manière dont la mère néglige sa fille tout en la maltraitant sous couvert de la coiffer est très brutale. D'ailleurs toute l'œuvre se cristallise autour de cette chevelure. SPOILER les cheveux longs, très beaux, De Mari seraient le symbole de l'innocence peut-être aussi de la prison intérieur dans laquelle est l'héroïne, La chevelure est d'abord maltraitée par la mère et sacralisée en même temps puisque la Femme de ménage n'ose pas voler les objets qui la concernent. le premier geste qu'a le traducteur est aussi pour les cheveux De Mari. Tout est contenu en eux jusqu'au sacrifice final lorsque la chevelure est coupée à la fin de l'ouvrage. Après il est dit que la mère ne touche plus à Mari. SPOILER FIN Finalement je ne suis pas sûr que ce roman soit celui de l'asservissement volontaire d'une jeune fille, je pense au contraire qu'il nous parle d'une forme de libération. Libération malsaine qu'Ogawa parvient grâce à son immense talent à rendre sublime.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2011/11/14/22574756.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 08 mai 2011

    Malaura
    Mari aide sa mère à tenir l'Hôtel Iris,établissement délabré d'une ville balnéaire.Un soir un homme s'y fait remarquer;la femme qui l'accompagne l'accuse de perversion et crie sur le palier,troublant le calme des lieux.Face à ces débordements,l'homme affiche une majesté et un sang-froid qui fascinent Mari et la poussent à offrir son innocence à cet homme déjà vieux.La relation de ces deux êtres esseulés s'accomplit alors dans un désir morbide de douleur et d'humiliation.
    Un roman à la qualité d'écriture indéniable,envoûtant, dérangeant, qui imprime un sentiment de malaise aussi bien que de curiosité.Qu'est-ce qui pousse une belle jeune fille comme Mari à entretenir une relation si dégradante qu'on a du mal à l'admettre? Pourquoi cette volonté d'être à ce point bafouée, humiliée, réduite à néant par un presque vieillard ? Que ce soit par la beauté des lignes qu'il recèle ou par le dégoût qu'il occasionne ce roman d'amour dans la douleur ne laisse pas indifférent.
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    • Livres 2.00/5
    Par Dasazi, le 31 juillet 2011

    Dasazi
    Un peu decu (desole pour les accents j ai un clavier qwerty) par cette histoire entre une jeune fille masochiste et un veilliard sadique. J avais espere que la situation s inverse au vu de la 4eme de couverture (qui parle dune dangereuse innocence de l adolescente ou qq chose ds ce gout la).
    Seul personnage et interaction dignes d interet, un garcon sans langue qui fait une apparition fugive juste avant la fin du roman.
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  • Par thracinee, le 12 janvier 2009

    thracinee
    Le sujet de ce roman est une relation de domination et de soumission (employer le terme de sado-masochisme serait une erreur) entre un homme âgé et une jeune fille. J'ai trouvé ce roman assez proche de L'annulaire : tous deux relatent une attirance pour une pratique sexuelle anti-conformiste ; les deux histoires sont décrites du point de vue des héroïnes ; quelques passages où la tension sexuelle est à son comble. J'ai trouvé aussi que l'auteur avait su dépeindre l'attirance et le plaisir que peut ressentir une personne pour cette pratique sexuelle peu conventionnelle.
    Cela fait déjà plusieurs jours que j'ai refermé ce livre et il est toujours présent en moi. C'est un livre, à n'en point douter, qui m'a marquée.


    Lien : http://thracinee.blogspot.com
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Citations et extraits

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  • Par erellwen, le 08 mai 2011

    Sa main à présent, pendait, frémissante. Il ne cherchait pas à se débarrasser de la colère, mais d'une souffrance de nature différente. La fêlure qui s'était produite en lui à son insu avait pris des proportions telles qu'il était difficile d'y remédier et qu'elle semblait affecter la totalité de sa personne. S'il avait seulement été en colère, j'aurais pu le calmer, mais je ne savais pas comment procéder pour le remettre en état alors qu'il s'effritait de partout.
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  • Par wictoria, le 06 août 2009

    J'aurais dû avoir mal partout. Cependant je ne sentais rien. Mes nerfs s'étaient désespérement noués quelque part. La douleur qu'il me procurait libérait une douce langueur dès qu'elle franchissait la barrière de ma peau.
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  • Par Reka, le 28 novembre 2011

    Je ne sais pas très bien si ce que le traducteur a fait à mon corps est normal ou non. Je ne sais pas non plus comment le savoir.
    Mais je crois que c’était sans doute quelque chose de spécial. Parce que c’était assez différent de tout ce que j’ai pu imaginer dans ma tête d’après l’ambiance et les bruits discrets qui flottent la nuit aux environs de la réception de l’hôtel. (p. 71)
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  • Par Reka, le 28 novembre 2011

    « Je me suis retournée. L’homme se tenait sur le palier. On pouvait dire qu’il avait passé l’âge mur et se trouvait à l’aube de sa vieillesse. [...] Il n’était ni haletant, ni en sueur, alors que la femme était si éperdue. Il n’était pas non plus embarrassé. Seuls les quelques cheveux qu’il avait encore sur le front étaient mêlé, en désordre.
    Je me suis dit que je n’avais encore jamais entendu un ordre résonner d’une manière aussi belle. Il en émanait sang-froid, majesté et conviction. Même le mot « putain » avait un accent aimable.
    « Tais-toi, putain. »
    J’essayai de le faire revivre pour moi seule. Mais l’homme ne rouvrit pas la bouche. (p. 13)
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  • Par erellwen, le 08 mai 2011

    Ma mère a beau chanter mes louanges, pour autant son amour pour moi n'est pas profond.Au contraire, plus elle dit de choses me concernant, plus j'ai l'impression de devenir laide, et c'est insupportable. Pas un instant je ne me suis trouvée jolie.
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