> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742766839
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
De la fascination d'une convalescente pour le destin d'un petit champion de natation à l'erreur d'une romancière se présentant spontanément à son lecteur ; des écrits d'une enfant solitaire à l'inquiétude d'une mère pour un chien aux yeux tristes ; de l'empreinte délica... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 08 mai 2010

    Seraphita
    « La Bénédiction inattendue » regroupe 7 récits qui nous parlent du travail d'écriture. Je résume ici les récits qui m'ont marquée.
    « Edelweiss » : Par un après-midi de janvier, dans un jardin public, une romancière s'adresse à un lecteur : l'homme lui voue un véritable culte, puisqu'il porte avec lui, dans de multiples poches cousues spécialement à son habit, tous les romans de cette femme. La conversation s'engage et l'homme se met à la suivre partout.
    « Lithiase lacrymale » : Apollo, le labrador de la narratrice, semble très malade. Avec son jeune fils dans une poussette, et le chien malade, elle doit affronter une pluie diluvienne pour se rendre à la clinique vétérinaire. Alors que le chien ne peut plus avancer et que la pluie redouble, un homme secourable, qui se déclare vétérinaire, la fait monter dans sa voiture.
    « L'atelier d'horlogerie » : La narratrice séjourne sur une île afin d'écrire un récit de voyage. Elle fait une rencontre qui la bouleverse, celle d'un vieil homme qui porte un panier de fruits. Celui-ci porte une tache jaune à son cou qui prend la forme d'un papillon. La romancière retrouve cette particularité au cou d'un séduisant chef d'orchestre.
    « Résurrection » : le jeune fils de la narratrice se fait opérer et cette dernière fait la connaissance, à l'hôpital, d'une vieille femme qui se prénomme Anastasia. Les hasards de l'existence la font croiser cette femme de nouveau chez un phoniatre où elle se rend parce qu'elle a perdu sa voix. Anastasia l'entraîne sur les rivages d'un pays étranger, à la lisière de l'imaginaire.
    J'ai découvert l'écriture de Yoko Ogawa à travers ce recueil de nouvelles. J'ai été conquise par la fraîcheur et la précision de son écriture. Les descriptions sont nombreuses et très travaillées, très ciselées. La poésie affleure, donnant du relief au côté imaginaire qui apparaît notamment dans les deux derniers récits.
    Ceux-ci nous content l'existence d'une romancière confrontée à la difficulté de l'écriture. L'auteur a procédé par une sorte de mise en abyme, évoquant le roman dans le roman, à travers une analyse du travail de romancier. Les rapports entre l'écrivain et son lecteur idolâtre sont étudiés dans la nouvelle « Edelweiss » : la romancière éprouve pour cet homme étrange de la répulsion mais aussi un certain attrait. Derrière un titre très médical, « Lithiase lacrymale » nous offre un récit tendre et affectueux sur l'amour d'une maîtresse pour son animal domestique. Les deux derniers récits font apparaître la dimension de l'imaginaire qui semble si chère à Yoko Ogawa. Cet aspect donne encore plus de profondeur à l'histoire.
    Certains récits m'ont fait penser aux romans d'Amélie Nothomb : c'est leur côté insolite, original, contingent, qui me fait rapprocher les deux auteurs. Toutes deux aiment à souligner dans leurs œuvres la contingence de l'existence et bâtissent leurs histoires à partir du hasard des rencontres.
    Un beau recueil de nouvelles que l'éditeur – sur la quatrième de couverture – recommande de lire en écho à un autre recueil du même auteur intitulé : « Les Paupières » (Actes Sud, 2007).
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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 02 mars 2008

    BMR
    On avait déjà eu l'occasion de parler de la japonaise Yoko Ogawa, avec L'annulaire et plus récemment avec La petite pièce hexagonale.
    Revoici la reine de l'étrange avec deux recueils de nouvelles parus simultanément l'an passé : La Bénédiction inattendue et Les Paupières.
    Les nouvelles des paupières mettent en scène des rencontres : un passager dans un avion, une vieille femme qui vend des légumes, un vieux célibataire et une écolière, ou encore une collectionneuse d'odeurs.
    Les nouvelles de la bénédiction ont pour thème récurrent l'écriture, et Yoko Ogawa s'y met elle-même en scène : l'une des nouvelles raconte comment l'inspiration lui est venue pour écrire une nouvelle de l'autre recueil et ainsi la boucle est bouclée.
    Ces deux recueils qui se reflètent l'un dans l'autre sont tous deux excellents et l'auteure y maîtrise parfaitement l'art de l'étrange, du bizarre, de l'insolite. La moindre des situations banales et quotidiennes prend très vite sous sa plume des allures inquiétantes, sans que l'on sache trop où cela va nous mener.
    Comme si Yoko Ogawa avait l'art et la manière de déceler dans notre quotidien les fissures, les failles entre notre monde et un autre qui se déploit juste à côté, sous les yeux de ceux qui savent regarder, un monde parallèle.
    Pendant un moment, le temps d'une petite nouvelle, on oscille ainsi entre deux univers, sans jamais basculer de l'autre côté, mais sans jamais revenir tout à fait intact de notre côté.
    Si vous avez déjà la chance de connaître Yoko Ogawa ne manquez pas ces deux recueils.
    Sinon, ne ratez pas l'occasion de découvrir à travers ses deux meilleurs bouquins une figure incontournable de la littérature japonaise contemporaine.
    Malgré les évidents jeux de miroirs entre les nouvelles de l'un et l'autre, ces deux livres peuvent bien sûr être lus indépendamment l'un de l'autre.
    Pour celles et ceux qui aiment jeter un oeil de l'autre côté du miroir comme Alice.
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    • Livres 3.00/5
    Par IreneAdler, le 29 mars 2012

    IreneAdler
    Recueil de nouvelles de l'auteur japonaise Yoko Ogawa. Elles sont toutes centrées sur l'écriture, sur ce qui pousse une personne à prendre un stylo et écrire des romans, des nouvelles. Bref ce qui motive quelqu'un à devenir écrivain. Elle ne nous livre pas ici sa propre expérience ; il s'agit bien de fiction.
    Déjà (attention, avis personnel et non argument), je n'affectionne pas la forme de la nouvelle. J'en ai lu quelques unes pour voir le style, la façon dont est traitée le sujet. Et finalement, j'ai trouvé ça assez.... plat. L'écriture et les intrigues. J'avais lu Amours en marge (roman court) : contemplatif, un bon souvenir de lecture ; je n'avais pas trouvé cela sans saveur, contrairement aux nouvelles de ce recueil.
    Est-ce la traduction du japonais (très difficile), le style de l'auteur ? La forme ? Je ne sais pas, mais je ne m'y suis pas retrouvée.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 14 juillet 2009

    Lune
    Sept nouvelles qui touchent, comme à l'accoutumée, le monde de l'imaginaire et de la psychanalyse. Yoko Ogawa nous offre différents portraits ainsi que des atmosphères typées qui ne peuvent laisser indifférents. J'ai particulièrement été subjuguée par le récit "Plagiat", une mise en abyme extraordinaire et par "L'Echec de mademoiselle Kiriko" où le magique se partage l'imaginaire. On aime ou on n'aime pas mais quelle richesse et quel talent!
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    • Livres 4.00/5
    Par livranne, le 16 janvier 2010

    livranne
    livre étrange et pénétrant ce qui est raconté est à la fois très éloigné et très proche l'irréel est cérdible les rêves se mêlent à la réalité
    Ogawa est envoutante
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 07 mars 2012
    Un semblant d'autobiographie est esquissé, mais, comme toujours chez cette auteur portée par la grâce, l'incongru vient bousculer le réalisme, apportant de la fantaisie comme de l'inquiétude.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Seraphita, le 08 mai 2010

    Lorsque mon regard s’abaissa, je me rendis compte qu’il y avait une tache jaune sur le cou du vieillard. Elle s’étendait de la base du lobe de son oreille gauche presque jusque sous le menton. Elle était jaune comme une mangue et toute lisse, comme si cet endroit seul avait oublié de vieillir.
    En regardant bien, je vis qu’elle avait la forme d’un papillon. Aux ailes symétriques, traçant une courbe subtile, et il y avait même deux antennes. Comme si un véritable papillon s’était posé sur son cou, y trouvant juste assez d’ombre pour s’abriter.
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  • Par BMR, le 02 mars 2008

    [...] - Il y a quelqu'un qui nous épie.
    - Ce n'est pas grave, disait-il, comme s'il le savait depuis longtemps. C'est le hamster. C'est lui qui nous observe. Il a fallu lui enlever les paupières à cause d'une maladie des yeux, et il ne peut plus les fermer.
    Et ses doigts arrivèrent à mes yeux. Ils se promenèrent à loisir sur mes paupières.
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  • Par Seraphita, le 08 mai 2010

    Je ne sais pas pourquoi, lorsque j’écris un roman, j’ai l’impression de me trouver dans un atelier d’horlogerie.
    Un atelier d’horlogerie ?
    Je regarde autour de moi en me posant la question. Mais il y a bien là un atelier en briques sagement blotti au fond d’une sombre forêt.
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  • Par wictoria, le 12 mars 2010

    La situation financière de ma tante semblait de plus en plus précaire. Le rythme de sortie des choses de la maison se précipita. Lampe à vitraux, sculpture en bronze, service à thé chinois, manteau de fourrure, cabinet anglais, koto, bijou et boîte à bijoux, lit de la chambre d'amis...
    Chaque fois que j'allais la voir, il y avait toujours une nouvelle cavité. Ces espaces vides ne cessaient de s'étendre avec une énergie telle qu'ils envahissaient toute la maison.
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