> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742772235
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres

Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Oh! que ce livre est beau! Au-delà d'un huis-clos qui aurait pu être étouffant, Yoko Ogawa réussit un tour de force : nous "poser" dans un coin de la pièce un peu vieillote, sentant le renfermé, d'un pavillon fragile au bout d'un jardin. Un ancien professeur de mathématiques y vit, doté, après un accident, d'une mémoire de seulement quatre-vingt minutes. Vous pouvez imaginer ce que cela représente et peut avoir de pénible. Une aide-ménagère, avec délicatesse et subtilité, parviendra à créer une véritable communication allant au-delà de ce handicap. Tout simplement parce que le respect et l'empathie ouvrent des portes, malgré la différence. Son fils fera partie de cette aventure qui les liera tous les trois à jamais jusqu'à la disparition naturelle du vieil homme. Nous suivons cette amitié indemme de laideur et faite de transmissions qui pèseront sur l'avenir de l'enfant. Son ciment principal est les mathématiques auquelles la plume de Yoko Ogawa attribue une poésie que j'ai rarement rencontrée. C'est avec une machine à calculer en main que j'ai poursuivi ma lecture, étonnant la réfractaire aux chiffres que je suis. Voilà qu'elle a réussi avec cette histoire à me les faire appréhender autrement ou du moins à en apercevoir la beauté que je croyais uniquement littéraire et artistique. Il y dans ce livre des mots de tendresse, des sourires et tellement de rêves qui en découlent... Oh! que ce livre est beau!
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 25 août 2010

    Seraphita
    Une jeune aide-ménagère est engagée chez un employeur un peu particulier : ce vieil homme est un ancien professeur de mathématiques qui, à la suite d'un traumatisme crânien, n'a plus qu'un empan mnésique de 80 minutes. L'employée doit donc se présenter de nouveau à lui tous les matins et affronter ses traditionnelles questions, toutes centrées sur les chiffres. Elle se lie vite à cet étrange personnage et lui présente son fils qu'il surnomme « Root » ou racine carrée, en raison de son crâne aplati. le vieil homme et l'enfant se découvrent une passion commune pour le base-ball. Cette amitié résistera-t-elle à l'amnésie invalidante du professeur ?
    J'avais découvert Yoko Ogawa à travers « La Bénédiction inattendue », un recueil de nouvelles que j'avais particulièrement apprécié. Ce roman ne m'a pas laissée indifférente. Il s'en dégage une immense tendresse : l'auteur a bien su rendre dans sa plume experte et sobre la palette des sentiments qui se noue entre l'aide-ménagère, son fils et le professeur. La narratrice au début est un peu effrayée par le personnage : en effet, il a vu se succéder avant elle 9 aides-ménagères. Pour quelle raison sont-elles parties ? le professeur a-t-il des exigences si singulières qu'il fait fuir ses employées ? Mais très vite, elle se prend d'affection pour lui. le vieil homme est un original : il porte, accrochées à sa veste élimée, de multiples notes manuscrites sur lesquelles figurent les informations essentielles à ne pas oublier. Ainsi a-t-il fait une petite note pour sa nouvelle aide-ménagère et son fils qu'il surnomme « Root » en raison de sa particularité physique.
    Le roman mêle habilement l'art des lettres (l'écriture est ciselée et très dépouillée) et l'art des chiffres. Sans adopter une allure trop didactique, l'auteur distille quelques connaissances mathématiques, par exemple sur les nombres premiers ou la formule d'Euler, « La Formule préférée du professeur ». L'aide-ménagère se cultive, développe son goût d'apprendre auprès du professeur. Elle mène ses propres recherches en bibliothèque pour percer à jour les mystères de « La Formule préférée du professeur ». Ce dernier parvient avec un talent de pédagogue à transmettre sa passion des mathématiques à la jeune femme et son enfant.
    J'ai été séduite d'emblée par le caractère très original de l'intrigue : comment travailler auprès d'un vieil homme qui ne peut encoder des informations nouvelles que sur une durée de 80 minutes ? Comment l'auteur allait-elle s'y prendre pour décrire une amitié sur le long terme, à reconstruire toutes les 80 minutes ? J'ai été par contre moins attirée par les descriptions techniques du jeu de base-ball. Même si les notes de la traductrice permettaient d'éclaircir bien des termes, le propos restait très technique.
    Un roman poignant, une fin bouleversante, une écriture ciselée, poétique qui nous conte avec brio l'histoire d'une amitié sur fond d'amnésie. Un roman qui nous invite à une découverte de la beauté des mathématiques.
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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 28 janvier 2012

    Luniver
    Une aide-ménagère est envoyée chez un vieux professeur, réputé difficile puisque c'est la onzième tentative du service pour proposer quelqu'un qui convient. le professeur a la particularité de n'avoir que 80 minutes de mémoire : il faut donc se représenter à lui tous les jours. Lui, de son côté, s'accroche des tas de petites notes sur les vêtements afin de se rappeler les choses importantes des jours précédents.
    Pour pouvoir communiquer avec les autres, son seul langage devient les mathématiques : il échange à travers les relations entre les nombres qui traverse sa vie et celle des autres. Petit à petit, une solide amitié se lie entre le professeur, et l'aide-ménagère et son fils, grâce aux mathématiques et au base-ball.
    "La Formule préférée du professeur" est un livre touchant et original,et les détours dans l'univers des nombres permet de se faire une petite idée de la beauté des mathématiques.
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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 05 février 2012

    latina
    "La délicatesse"...Voçilà comment pourrait s'intituler ce roman ! Un vieux professeur de math ne disposant plus que de 80 minutes de mémoire, apprend à un enfant à aimer les maths, tout simplement en lui faisant partager sa passion avec enthousiasme, respect et ...délicatesse!
    Même la narratrice, la mère de l'enfant, simple femme de ménage, est "contaminée" et les maths deviennent son passe-temps favori!
    De plus, la mère et le fils traitent le handicap du professeur avec gentillesse, et encore...délicatesse. Oui, dans ce monde de brutes, ce roman fait du bien ! J'en veux encore !
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    • Livres 4.00/5
    Par joedi, le 08 décembre 2011

    joedi
    Une aide-ménagère est envoyée par son employeur, chez un ancien professeur de mathématiques qui, à la suite d'un accident de voiture a vu sa mémoire réduite à quatre-vingts minutes. Tous les jours, elle se présente et il lui pose une question, quelle pointure faites-vous ? Chaque question comme chaque réponse est prétexte au développement de formules mathématiques, de plus, pour avoir un repère des choses importantes, il épingle un
    petit papier sur son vêtement. Par exemple, pour l'aide-ménagère, il a dessiné son portrait, de façon très simpliste, et inscrit « aide-ménagère ». Elle intègre son univers étrange et à la demande du professeur, son fils âgé de dix ans, au lieu de rentrer et d'attendre sa maman dans leur appartement vide, va dorénavant, à la sortie de l'école, la rejoindre chez le professeur et ils prendront le repas du soir tous les trois. le professeur a une très grande estime pour les enfants et rebaptise le garçon « Root » qui signifie racine carrée car le sommet de son crâne est aplati.
    Ce roman qui pourrait paraître ennuyeux pour qui n'apprécie pas les chiffres se révèle plein de sentiments, c'est un véritable tour de force qu'a accompli Yoko Ogawa.
    Pour moi, qui ne suis pas « math », ce livre fait partie de mes coups de cœur.
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Citations et extraits

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  • Par isallysun, le 09 février 2012

    Combien de fois n'avais-je pas tenu ces propos depuis ma rencontre avec lui? Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Chez le coiffeur, devant la salle de radiologie du cabinet de pédiatrie, dans l'autobus en rentrant du stade de base-ball. Parfois en lui tapotant le dos, parfois en lui caressant la main. Mais avais-je réellement réussi à le réconforter au moins une fois? Sa véritable douleur se situait ailleurs, et j'avais l'impression de toujours tomber à côté. [p.231]
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  • Par isallysun, le 09 février 2012

    [professeur] - C'est justement parce que cela ne sert à rien dans la vie réelle que l'ordre des mathématiques est beau. Même si la nature des nombres premiers est révélée, la vie ne devient pas plus aisée, on ne gagne pas plus d'argent. Bien sûr, on a beau tourner le dos au monde, on peut sans doute trouver autant de cas que l'on veut pour lesquels les découvertes mathématiques ont fini par être mises en pratique dans la réalité. Les recherches sur les ellipses ont donné les orbites des planètes, la géométrie non euclidienne a produit les formes de l'univers selon Einstein. Les nombres premiers ont même participé à la guerre en servant de base aux codes secrets. C'est laid. Mais ce n'est pas le but des mathématiques. Le but des mathématiques est uniquement de faire apparaître la vérité. [p.156]
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  • Par isallysun, le 09 février 2012

    Frappée par la batte, la balle s'éleva en décrivant une gracieuse parabole. Comme celles tracées dans les cahiers universitaires du professeur. La balle, plus blanche que la lune, plus belle que les étoiles, se découpa sur l'outremer de la voûte céleste. Tout le monde, fasciné, leva les yeux vers ce point. [p.131]
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  • Par latina, le 05 février 2012

    Tous les mathématiciens de la Grèce antique pensaient qu'il n'était pas nécessaire de calculer le rien. Puisqu'il n'y avait rien, c'était impossible de l'exprimer avec des chiffres. Et il y a eu quelqu'un pour retourner complètement cette théorie vraisemblable. Un mathématicien indien anonyme a exprimé le rien par un chiffre, le 0. Il a fait exister l'inexistence. N'est-ce pas merveilleux?
    J'étais d'accord avec lui. J'avais déjà appris par l'expérience que lorsque le professeur expliquait avec passion, c'était à coup sûr merveilleux.
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  • Par latina, le 05 février 2012

    - Ce sont des nombres premiers jumeaux.
    Je me demandais par quel tour de magie ces mots ordinaires, dès lors qu'ils étaient utilisés en mathématiques, pouvaient prendre des accents aussi romantiques. C'étaient des mots justes dont il émanait une certaine pudeur, comme s'ils sortaient d'un poème. Une image jaillissait alors avec fraîcheur, dans laquelle les nombres échangeaient des accolades, ou se tenaient par la main, habillés de vêtements identiques.
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