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Faire ainsi irruption alors que je suis dans une relation d'amour avec les chiffres est aussi inconvenant que si vous me surpreniez aux toilettes, savez-vous?
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Par wictoria le 27/09/2008
Je supposais que pour compenser sa mémoire défaillante au bout de quatre-vingt minutes il notait les choses qu'il ne devait pas oublier, et que pour ne pas oublier où il avait mis ses notes il les agrafait sur son corps, mais de quelle manière accueillir sa silhouette était une question bien plus difficile pour moi que de lui dire ma pointure.
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Par joedi le 05/12/2011
Peu après avoir commencé à fréquenter le pavillon comme aide-ménagère, je découvris que le professeur avait l'habitude, lorsqu'il était plongé dans la confusion parce qu'il ne savait pas quoi dire, de proposer des nombres au lieu de mots. C'était le moyen qu'il avait trouvé pour échanger avec les autres. Les nombres étaient la main droite qu'il tendait vers l'autre pour une poignée de main, en même temps qu'ils lui servaient de manteau pour se protéger.
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C’est justement parce que cela ne sert à rien dans la vie réelle que l’ordre des mathématiques est beau. Même si la nature des nombres premiers est révélée, la vie ne devient pas plus aisée, on ne gagne pas plus d’argent. Bien sûr, on a beau tourner le dos au monde, on peut sans doute trouver autant de cas que l’on veut pour lesquels les découvertes mathématiques ont fini par être mises en pratique dans la réalité. Les recherches sur les ellipses ont donné les orbites des planètes, la géométrie non euclidienne a produit les formes de l’univers selon Einstein. Les nombres premiers ont même participé à la guerre en servant de base aux codes secrets. C’est laid. Mais ce n’est pas le but des mathématiques. Le but des mathématiques est uniquement de faire apparaître la vérité.
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-On peut exprimer les nombres parfaits comme la somme d'une suite de nombres naturels.
6=1+2+3
28=1+2+3+4+5+6+7
496=1+2+3+4+5+6+7+8+9+10+11+12+13+14+15+16+17+18+19+20+21+22+23+24+25+26+27+28+29+30+31
Il tendait son bras au maximum pour écrire la longue addition. La ligne s'étirait, simple et conforme aux règles. Il n'y avait aucun gaspillage, elle débordait d'un tension aiguisée et pure qui engourdissait. Les formules obscures de la conjecture d'Artin et l'addition qui suivait les diviseurs de 28, le tout fondu ensemble nous encerclait. Chaque chiffre formait un des points qui, reliés l'un à l'autre, constituaient la délicate dentelle qui nous entourait. Je n'osais pas bouger, de peur qu'un mouvement d'inattention de mes pieds n'effaçât un seul de ces chiffres.
On aurait dit alors, que le secret de l'univers se révélait à nos yeux. Le carnet de Dieu était ouvert à nos pieds.
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Combien de fois n'avais-je pas tenu ces propos depuis ma rencontre avec lui? Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Chez le coiffeur, devant la salle de radiologie du cabinet de pédiatrie, dans l'autobus en rentrant du stade de base-ball. Parfois en lui tapotant le dos, parfois en lui caressant la main. Mais avais-je réellement réussi à le réconforter au moins une fois? Sa véritable douleur se situait ailleurs, et j'avais l'impression de toujours tomber à côté. [p.231]
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Par Nanne le 07/02/2009
Je connaissais leur existence bien sûr, mais l'idée ne m'avait jamais effleurée qu'ils puissent constituer un objet d'amour. Cependant, même si l'objet était extravagant, la manière d'aimer du professeur était tout à fait orthodoxe. Il éprouvait pour eux de la tendresse, de la dévotion et du respect, il les caressait ou se prosternait devant eux de temps en temps, et ne s'en séparait jamais.
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Par keatty le 12/12/2010
de la même façon que personne n'est capable d'expliquer pourquoi les étoiles sont belles, c'est difficile d'exprimer la beauté des mathématiques
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J’ai observé alternativement mes mains et les plats que j’avais préparés. Le porc sauté décoré avec le citron, la salade de légumes, l’omelette jaune et souple. Je les ai regardés l’un après l’autre. Ce n’étaient que des plats simples, mais ils avaient l’air délicieux. Des plats apportant du bonheur en cette fin de journée. J’ai à nouveau baissé le regard vers mes paumes. Je me sentais bêtement satisfaite, comme si je venais d’accomplir une tâche importante, comparable à la démonstration du dernier théorème de Fermat.
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Il traitait Root comme un nombre premier. De la même manière que pour lui les nombres premiers constituaient la base sur laquelle s'appuyaient touts les nombres naturels, il pensait que les enfants étaient un élément indispensable pour nous, les adultes. Il croyait que c'était grâce aux enfants qu'il existait ici et maintenant."