> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742781781
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Un enfant révèle l'existence d'un instrument de musique unique au monde.
Dans un bureau de dactylographie, une employée s'attache à la portée symbolique des caractères de plomb de sa machine.
Avec discrétion, un jeune garçon se mêle au groupe qui ce jour-l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par erellwen, le 30 mars 2012

    erellwen
    Même si la lecture d'une belle nouvelle peut me procurer un très grand plaisir et me transporter, la lecture d'un recueil entier est souvent pour moi lente et parsemée de pauses. La qualité souvent inégale des textes en est certainement une raison. Mais j'y ai aussi une part de "responsabilité". Je ne passe pas si aisément d'un monde à l'autre, d'une constellation de personnages à une autre, qu'il me soit possible d'enchaîner ( avec un intérêt toujours vif) la lecture de textes courts.
    Or, le prodige est survenu. Ce recueil de nouvelles m'a touchée et émue avec tant de délicatesse que je l'ai lu d'une traite, en quelques heures, comme emportée au fil d'une eau lumineuse et mélodieuse. le parcours s'est agrémenté de quelques éclats de rires, de pétillements de surprise devant l'audace (jamais lourde) de certains passages. Pour avoir lu plusieurs romans de Yoko Ogawa, je m'attendais à ce que l'étrange me conduise insensiblement au sombre ou à la tristesse. Il n'en a rien été. Ces portraits d'hommes, de femmes, d'enfants hors du commun,de leurs rencontres, denses et charnues, ont ouvert sur mes lèvres et mon regard un sourire de printemps: "ah oui, c'est vrai, la vie c'est cela aussi, aimer peut prendre ce visage-là aussi"...
    La dernière nouvelle "La guide", m'a particulièrement émue: lorsq'un garçon hypermature, vivant seul avec sa mère hyper émotive, partage une journée d'excursion avec un vieil homme mystérieux et attirant, poète ayant cessé son activité pour se consacrer aux souvenirs d'autrui, on touche à ce qu'il y a de beau et de fragile dans une rencontre humaine, dans une palette d'une sensibilité magnifique.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 06 août 2009

    Bunee
    Splendide recueil de 7 nouvelles simples et délicates, jouant avec le rêve et le temps:
    La mer: La famille d'Izumi invite le fiancé de celle-ci pour quelques jours. L'ambiance est pesante pour le jeune fiancé, la discussion laborieuse. A cette occasion il fait la connaissance du "petit cadet", jeune frère d'Izumi, dont il doit partager la chambre. A la nuit tombée, lors de leur conversation, le jeune garçon lui avoue détenir un instrument très rare, un meirinkin à la mélodie onirique et à la résonance si poétique, dont on ne peut jouer que face à la brise de mer. Très belle promenade dans l'imaginaire.
    Voyage à Vienne: une jeune femme fait un voyage de groupe dans la capitale autrichienne. Elle rencontre Kotoko, veuve d'une soixantaine d'années, qui l'entraîne malgré elle dans une quête improbable: se rendre au chevet de son ancien amour mourant, Johan, qui, en dépit de ses promesses, n'est jamais revenu. Quiproquo burlesque (le mourant n'est pas le bon!) mais réflexion troublante sur le temps, la mémoire et la mort devant laquelle l'individualité disparaît.
    Le bureau de dactylographie Japonaise Butterfly: une employée récemment embauchée chez Butterfly, bureau de dactylographie, va régulièrement voir un de ses collègues pour échanger des caractères cassés ou abimés. Elle va prendre conscience de leur dimension, par delà même le symbolique. Cette relation aux caractères est décrite de façon très charnelle, très troublante, frôlant de façon subtile l'érotisme.
    Le crochet argenté: une jeune femme, dans un train, plonge dans ses pensées à la vue de l'ouvrage qu'une vieille dame, en face d'elle, tricote. La vue de ces crochets argentés la renvoie des années en arrière, lorsque se grand mère tentait de l'initier à cet art. Exploration efficace de la mémoire, nimbée d'une brume de nostalgie, qui n'est pas sans rappeler le mécanisme de la madeleine de Proust.
    Boites de pastilles: un vieil homme s'est mis, après quelques années à conduire des bus, à conduire un car de transport scolaire. Et, afin de consoler les gros chagrins, il leur fait des tours de magie avec des boites de pastilles - mais il y a toujours un truc, une astuce. La relation adulte / enfant est abordée de façon très tendre.
    Le camion de poussins: là aussi, exploration de la relation adulte / enfant et de la communication inter-générationnelle. Une fillette muette va nouer une certaine complicité avec le locataire de sa grand mère. Petit à petit, l'enfant va lui apporter des mues d'insecte, fragiles, remplies de vide, et réussir à émouvoir cet adulte. Plusieurs fois ils croiseront un camion chargé de poussins. Un jour, celui-ci perd une partie de sa cargaison ... La fillette, désireuse de protéger les oisillons, va miraculeusement recouvrer la voix, comme un ultime présent.
    La guide: une femme au caractère assez affirmé est l'un des rares guides agréés d'une petite ville. Un jour, et après avoir égaré son précieux drapeau de ralliement, elle emmène son fils avec lui lors d'une excursion. A cette occasion, le jeune garçon va faire la connaissance d'un vieillard très élégant, très cultivé, un ancien poète.
    Dans ces nouvelles, on retrouve la plume typique de yoko ogawa, pleine de nuances, douce et délicate, travaillée sans toutefois être trop ouvragée, bref, un régal!
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 13 août 2011

    brigittelascombe
    Toute la délicatesse, le raffinement, la poésie du Japon s'effilochent en rêves tendres, au fil de ces sept nouvelles.
    Et toujours un personnage dont la lumière éclaire les mots de l'auteur pour nous emporter vers l'infini flottant de son imaginaire.
    La mer, c'est celle de Petit cadet, qui joue du "meirubin" debout face aux vagues pour capter le vent qui fait frissonner les cordes, musique qu'il raconte au jeune homme venu demander la main de sa soeur Izumi.
    Voyage à Vienne,c'est celui de la rondouillarde et farfelue Kotoko qui accourt (selon ses dernières volontés)dans la maison de retraite viennoise d'un ancien amoureux .
    Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly, c'est celui d'une dactylo rêveuse qui tape des mots scientifiques et se perd entre les caractères,voguant tour à tour entre vagin,spermatozoïde et testicules.
    Le crochet argenté:c'est celui d'une veille grand mère aux doigts agiles.
    Boites de pastilles:ce sont celles que vide dans ses poches un chauffeur de car qui préfère les sourires aux pleurs d'enfant.
    La guide:c'est la maman du petit garçon de l'autocar, un charmant garçonnet qui rencontre un gentleman poète.
    Le camion de poussins c'est celui qui redonnera la voix à une fillette muette.
    Yoko Ogawo, un auteur que je ne connaissais pas mais dont la prose poétique empreinte de rêve, qui dépose de petits brins de lumière ça et là, vaut le détour.
    Née en 1962 Yoko Ogawa vit au Japon et a écrit de nombreux romans dont:La piscine,Tristes revanches,La bénédiction innattendue,La Marche de Mina... A suivre!
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 19 février 2011

    Lune
    Projection... dans une librairie...
    -La mer? Des nouvelles. Tu l'as lu? Qu'y a-t-il de particulier?
    -Rien.
    -Ah! Et c'est bien?
    -Très bien.
    -Ah! Bon! Un rien qui est bien, je vais le lire...

    Dans ce qui peut apparaître "rien" se trouve toute la finesse d'une observation de qui peut être vous ou moi. Douceur, tendresse et poésie sont au rendez-vous, les thèmes chers à Yoko Ogawa aussi. Il y a dans notre quotidien bien des choses, bien des faits, bien des êtres auprès de qui nous passons sans prêter attention. "La seule chose que je pouvais sentir entre mes mains, c'était le poids de la brise de mer" écrit l'auteure dans la première (il y en a sept) nouvelle : "La mer". A nous, en la lisant, de sentir le poids tour à tour léger et lourd de ce que la vie peut offrir. Vivre, c'est être en relation. Yoko Ogawa nous le démontre dans chaque récit et particulièrement dans cet émouvant "Voyage à Vienne" qui m'a d'abord tiré des larmes romanesques vite arrêtées par l'universalité de la fin qui grandit l'acte accompli dans cette histoire. Il y aussi la sensualité et la sexualité sous-jacente dans "Le Bureau de dactylographie japonaise Butterfly" où les mots caressant le plomb des caractères font surgir l'animalité tapie au fond de nous. Dans "Le Crochet argenté" présent et passé se confondent en une courte nouvelle proustienne. Puis il y a cette compassion de "Boîtes de pastilles", ces petits riens dont on ne se rend pas toujours compte et qui embellissent la vie. "Le Camion de poussins" donne un immense espoir, la non reconnaissance d'un homme par ses pairs, le refus de vivre d'une enfant se rencontrent et créent une vie dans la vie où chacun trouve sa place puisqu'il existe pour l'autre. La dernière nouvelle "La guide" est une histoire d'amour filial qui ne peut qu'émouvoir. Yoko Ogawa évoque dans "Le Camion de poussins" la mue d'insectes, c'est presqu'une "lecture-mue" que nous faisons : nous émergeons un peu différents de chaque nouvelle...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2010

    kathel
    Comme souvent avec Yoko Ogawa, on ne sait pas trop en commençant chaque nouvelle où elles vont bien pouvoir mener, et c'est quelque chose que j'aime retrouver chez elle. Non pas que je sois une grande spécialiste de l'auteur, mais j'ai déjà lu avec plaisir quelques uns de ses ouvrages : La Formule préférée du professeur, La Marche de Mina, Tristes revanches et un autre que j'avais moins aimé… Comme dans Tristes revanches, elle balade le lecteur dans plusieurs directions avant de le laisser choir à un moment inattendu… bizarre, mais j'en redemande ! Certaines nouvelles sont très très courtes, et je trouve cela déconcertant d'avoir affaire à des textes de longueurs si inégales. On peut reconnaître des thèmes comme l'amitié entre personnes d'âges différents déjà présent dans La Formule préférée du professeur. L'enfance et le voyage sont des fils conducteurs, l'onirisme et l'étrange apportent leur petite note sans se montrer envahissants. Je dirais donc que ce recueil est à lire pour qui aime Yoko Ogawa ou pour une première rencontre, pourquoi pas ?

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-yoko-ogawa-la-mer-532706..
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Citations et extraits

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  • Par erellwen, le 31 mars 2012

    Lorsqu'il se la figurait en train de chercher des mues dans le verger ou au bord du canal d'irrigation, les larmes lui montaient aux yeux et il s'affolait malgré lui. Toute seule, avec persévérance, elle écartait les buissons, secouait les branches, retournait la boue. Ses chaussettes blanches se salissaient, ses nattes menaçaient de se défaire. Enfin elle découvrait une dépouille. Tout à l'heure encore il s'agissait d'un être vivant, et maintenant c'était un réceptacle vide, un corps abandonné. A l'intérieur plein de silence. Elle le recueillait, le déposait précieusement dans le creux de sa main, courait jusqu'à l'homme pour lui donner.
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  • Par wictoria, le 14 mars 2009

    Enveloppée dans ses bras âgés, le dos caressé, je sentais la tristesse se répandre progressivement en mon coeur. Même s'il s'agissait de la mort d'un homme qui n'avait aucun lien avec moi, avec qui je n'avais jamais parlé, une douleur existait semblait-il, que les personnes présentes devaient éprouver. Elle baignait mon corps comme une source glacée.
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  • Par kathel, le 13 septembre 2010

    Parmi les quatorze participants d'un voyage organisé intitulé : 'Six jours de voyage à Vienne dans la brise du début de l'été - free plan type', nous n'étions que deux, Kotoko et moi, à voyager seules, si bien que nous nous retrouvâmes tout naturellement à partager la même chambre d’hôtel. Kotoko était une veuve corpulente d'une bonne soixantaine d'années.
    - Excusez-moi si je ronfle, me déclara-t-elle le premier soir de notre arrivée à Vienne en inclinant la tête, agenouillée sur son lit, et sans rien ajouter elle se dépêcha de se coucher.
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  • Par erellwen, le 31 mars 2012

    La plupart des prédateurs ne réagissent qu'aux proies qui bougent. Parce qu'ils recherchent de la viande fraîche et saine. Par la parodie de la mort, l'opposum suggère que sa chair a déjà commencé à se décomposer...
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  • Par erellwen, le 31 mars 2012

    - C'est un caractère très tranquille.
    Sa voix formait un petit nuage sur la vitre dépolie, mais à peine ai-je eu le temps d'en distinguer la forme qu'il avait déjà disparu.
    -Tranquille? ai-je répété.
    - Oui. Il est silencieux, discret, protège l'endroit qui lui a été attribué et ne cherche pas du tout à en sortir. On dirait une créature abyssale dissimulée au fond d'une conque.
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