Note moyenne : 3.97/5 (sur 35 notes)
La petite pièce hexagonale9Ajouter à mes livres
Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue pourtant banale, effacée et silencieuse. Quelques jours plus tard, elle croise à nouveau l'inconnue qui marche dans la rue accompagnée d'une vieille dame et, fascinée, elle les suit ... > voir plus
L'hexagone, symbole de l'univers chez les grecs, donne ses dimensions à cette pièce où chacun peut venir parler à son gré, libre, centre lui-même de sa propre vie. Ce court récit introspectif montre à quel point il est important pour l'héroïne, ainsi que pour les silhouettes devinées dans la salle d'attente, de venir déposer dans cette chambre, nettoyée chaque jour, les détritus de leur propre existence. Nous retrouvons des constantes chez Ogawa : La piscine, les personnages étranges, sages (un autre soi-même) et la puissance mentale et entravante des chaînes que chacun se donne. Tout passe : la pièce disparaît, il n'en reste plus que les traces. L'auteur nous montre que tout peut passer chez l'homme s'il consent à déposer ses fardeaux, que les traces ne sont que légères et peuvent... s'effacer.
Envoutante lecture le lecteur pénètre puis s'attarde dans La petite pièce hexagonale
Ceux qui ont rêvé d'une pièce à raconter pour dire les choses et se sentir plus léger "soulagé" doivent lire absolument ce livre.
J'ai lu l'an dernier "Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie" et "Un thé qui ne refroidit pas" ; je n'avais pas été conquise, j'ai tout de même emprunté récemment "La petite pièce hexagonale". La narratrice de l'histoire flashe un soir sur une autre fille, dans le vestiaire de La piscine. De fil en aiguille, elle la suit jusqu'à un immeuble d'habitation et trouve à l'intérieur une drôle de petite pièce hexagonale où les gens viennent raconter leurs secrets... Intriguée, elle se prête à l'expérience et fait la connaissance des "gardiens" de la pièce. J'ai beaucoup aimé ce livre, la façon dont l'histoire est racontée est très poétique, très agréable à lire ! Je trouve cependant l'illustration assez mal choisie, avant de lire le résumé de l'histoire, je m'étais fait une toute autre idée de cette petite pièce ;)
Une jeune femme souffrant du dos se rend régulièrement à La piscine. Un jour, elle est attirée, par une femme assise dans les vestiaires et qui attend. Elle recroise Midori quelques temps après à l'extérieur. Toujours intriguée, presque aimantée par son attitude de "neutralité bienveillante" même lorsqu'elle est en compagnie, la narratrice décide de la suivre. Sa filature la mènera jusqu'à une loge de gardien d' une cité abandonnée. Là, des gens assis autour d'un poêle attendent posément eux aussi. A tour de rôle, ils rentrent dans "la petite pièce à raconter". Pour se parler à eux-mêmes. Chacun reste le temps qu'il veut et lorsqu'il ressort, il laisse une obole. Mi-divan, mi-confessionnal, la petite pièce à raconter recueille les mots et soulage les maux. Ce court texte est une parabole très poétique de l'acte de dire, de sa fonction symbolique et thérapeutique. On ne sait pas pourquoi ça marche, mais ça marche. C'est ce que les psychanalystes ont coutume de dire de leur pratique. Il en va de même pour cette petite pièce à raconter qui permettra à la narratrice de s'approprier une parole libératrice.
p 71
Quand je sortis de la petite pièce à raconter, je sentis aussitôt que la teneur de l'atmosphère avait changé. Comme si la membrane qui m'avait entourée jusqu'alors, brusquement desséchée, tombait en poussière. Je pris de l'argent dans mon porte-monnaie, le déposai dans la coupelle en verre.