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Critiques sur Le musée du silence (15)


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    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION le 14/03/2012


    Voici un roman qui nous entraîne dans le monde de la transmission. Un jeune garçon, muséographe, est choisi par une vieille dame légèrement acariâtre pour participer à la création de son "musée du silence". Ce musée s'élèvera à partir d'objets qui ont été subtilisés juste après leur mort à des personnes défuntes et qui les caractérisent au mieux selon l'intuition de la personne chargée de la quête de l'objet. C'est un récit du témoignage et de la mémoire où nous cotoyons en permanence la mort. Au fil des pages, nous nous sentons enfermés, nous et surtout le jeune homme, dans un huis clos angoissant et définitif. La" fille" de cette vieille dame jouera un rôle essentielle dans la vie du jeune homme, de même que le jardinier qui s'occupe du manoir. Chacun participera à l'élaboration du musée et finira par se désintégrer au sein de ce projet unique. Nous ne visiterons plus, après lecture de ce roman, ces institutions officielles de la culture sans chercher à découvrir leur âme, la puissance spirituelle que les objets leur octroient. D'autres personnages comme les prédicateurs du silence confèrent une aura de mystère à ces pages qui glissent parfois à la lisière du fantastique. Est ce par ailleurs un musée destiné à recevoir des visiteurs ou un lieu qui se nourrit de lui même et surtout de la disparition des êtres? Nous finissons par nous immerger dans ce manoir environné de ténèbres avec une telle intensité qu'il sera très malaisé de s'en échapper, et cela alors que des meurtres se produisent aux alentours. Merci Madame Ogawa...

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Ameni le 26/05/2011


    Nouvelle claque pour le fan (grandissant) que je suis de Yoko Ogawa !

    Un univers différent, un même style époustouflant.

    Le musée du silence est un huis-clos sublime à l'histoire originale et poétique. Tout se déroule dans ce manoir et ses environs, où le narrateur, un muséographe, arrive et découvre en même temps que le lecteur cet univers si spécial et la mission (tout aussi étrange) qu'on lui a donné.

    Le huis-clos est amplifié par le fait que toute tentative de contact avec l'extérieur n'a aucun résultat. le narrateur écrit quelques lettres à son frère ou veut lui rendre visite, le lecteur n'en aura aucun écho retour. Lorsqu'on s'aventure hors de ce manoir, jusqu'au monastère par exemple, on tombe sur des moines ayant fait vœu de silence, et pour ce qui se passe au village on se heurte à la violence du monde extérieur (Meurtres, etc.. Je ne veux pas trop en dévoiler.) tout en restant dans les pas des habitants du manoir.

    Cet espace fermé et surtout cette mission si particulière de musée autour des objets des défunts crée une ambiance bien particulière (Certains pourraient dire morbide, mais le terme est bien trop péjoratif et restrictif). La mission va même plus loin puisqu'il faut aller collecter les objets des nouveaux défunts.

    On retrouve un thème qui semble cher à Yoko Ogawa ; La mémoire, le devoir de mémoire, les souvenirs, l'oubli... Collecter l'objet d'un défunt pour lui éviter l'oubli total.
    Un objet résumé d'une vie.

    Les personnages (Compliqués, attachants, angoissants, hypnotisants…), ce musée et tout ce dont il est dépositaire, cet univers à part fait de mémoire, de mort, de meurtres, de poésie, d'intimité, et évidemment ce style, tout est réuni pour un superbe roman. Pour tout dire, ma gorge s'est serrée quand j'ai vu que j'étais sur la dernière page. J'adore avoir cette sensation et pourtant j'avais délibérément pris mon temps pour bien "déguster" (Oui, oui, ça peut paraître pédant, mais un livre de cet auteur se déguste ! Et ouais !)


    Lien : http://blogameni.wordpress.com/2011/05/26/le-musee-du-silence-yoko-o..

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle le 04/09/2011


    Un jeune muséographe débarque dans un village éloigné à la demande d'une vieille femme acariâtre qui aimerait lui confier le soin de recenser et de mettre en scène une collection d'objets volés insolites : chaque objet représente un villageois décédé censé le définir au mieux, ultime vestige d'une intimité anonyme dont il ne resterait rien sans cette soustraction quelques heures après la mort de leur propriétaire, à l'insu de leur famille.

    Un roman lent au charme étrange et envoûtant, une atmosphère inquiétante et oppressante d'un curieux village qui semble être coupé du monde et dont on ne revient jamais, des processions originales comme la fête des pleurs supposé repousser le plus longtemps possible les effets d'un hiver triste et froid, des prédicateurs du silence qui recueillent les confessions des villageois, une bombe qui éclate et des meurtres en série qui contrastent avec la tranquillité apparente de l'endroit.

    Le devoir de mémoire et la volonté de garder une empreinte du temps qui passe, l'importance de la transmission et de la continuité, la solitude et le silence qui nous entourent, la manipulation et l'incommunicabilité des êtres, les obsessions qui conduisent au fétichisme morbide.

    Un roman idéal pour découvrir l'univers singulier et méphitique de Yôko Ogawa.


    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-le-musee-du-silenc..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Lune le 03/06/2008


    Un simple objet peut-il résumer une vie? C'est ce que veut prouver ce "Musée du silence" dont on assiste à l'élaboration durant tout ce livre. Une vieille, très vieille dame acariâtre, étrange, colérique, physiquement répugnante tend à l'oeuvre unique de sa vie : montrer et dé/montrer la continuité dans un objet représentatif d'un être défunt (objets qu'elle dérobe à chaque mort depuis l'âge de 12 ans). Tout est "hors" monde dans ce roman, depuis le manoir où elle vit entourée d'un jardinier, d'une femme de ménage, d'une jeune fille éthérée qu'elle a adoptée, jusqu'au village et les faits qui s'y passent, jusqu'au monastère dont les moines "prédicateurs du silence" ont fait de celui-ci une ascèse évocatrice de l'inutilité des mots. Chargé de constituer ce lieu, un muséographe se joint à tout ce petit monde plus qu'étrange et sera happé au fur et à mesure au point de perdre son identité. La fin de ce livre est édifiante et évoque le phénix renaissant de ses cendres, continuité, disparition de l'ancien pour que le nouveau puisse être sans oublier ce qui fut. Livre où le morbide peut déranger - tout dépend de l'état d'esprit que l'on a au moment de sa lecture. Des destins se croisent et perdurent au-delà de la mort grâce à l'objet. Dorénavant, je regarderai différemment les musées en y pénétrant. Roman déstabilisant dont on ne perçoit pas très bien les répercussions en nous. Avis mitigé donc, tout en étant admirative face à l'imagination et le savoir faire (psychanalytique) de l'auteur.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par moustafette le 02/01/2011


    Rencontre d'un jeune muséographe et d'une vieille femme aux oreilles mutilées, au dentier toujours sur le point de fuser dans un nuage de postillons, à l'élocution souvent entravée par des amas de glaires qu'elle crachouille dans son mouchoir, au front décoré d'un magistral furoncle qui suinte de pus en permanence... (euh, vous êtes peut-être sur le point de passer à table ? désolée !)
    Donc cette charmante créature, qui bien sûr est en général d'une humeur de chien, a la drôle d'idée de transformer son manoir, lugubre et délabré évidemment, en musée. Très jeune, elle a chopé une chouette marotte, à savoir dérober sur les morts un objet leur appartenant. Vu son grand âge, vous imaginez bien le nombre de trépassés qu'elle a croisé et le bric à brac qu'elle a ainsi amoncelé.

    Ajoutez à cela un monastère où vivent des prédicateurs de silence qui, lorsqu'ils enfreignent la règle, se collent la langue sur un bloc de glace jusqu'à s'en arracher les papilles, des bisons des roches blanches, un attentat et un meutrier qui découpe en rondelles les seins de ses victimes.
    Heureusement, la plume de l'auteur sauve le lecteur de cette atmosphère glauque. Comme par magie, émergent çà et là des petites soupapes de poésie, des sas qui permettent de respirer un peu d'air pur et de se débarasser des miasmes putrides qui suintent tout au long des pages. Comme la fête des Pleurs, par exemple (bon d'accord, c'est pas gai-gai...).

    L'auteur est fidèle à elle-même, elle patauge avec allégresse dans le morbide, le malsain et l'étrange tout au long de cette allégorie de la mémoire et de la transmission. Elle a su me contraindre à lire jusqu'à la dernière page ce curieux récit.


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/10/17/index.html

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Anassete le 22/03/2012


    Un roman vraiment poignant et dont on comprend toutes les facettes quand on doit résumer ou expliquer de quoi parle le roman. le sujet est la mort mais les thèmes sont nombreux et s'entremêlent si bien qu'on finit par s'y perdre tel le héros qui ne sait plus faire la différence entre le bien et le mal. le fantastique est très proche du fantastique américain : nous sommes dans l'esprit du héros et nous vivons son délire, mais vu de l'extérieur il passe pour fou. On ne peut plus déterminer son état mental. Quand on est un lecteur aguerri, on se doute que le roman va jouer sur l'étrangeté du village : est-ce un village de morts ? Malgré cela, on se laisse prendre au jeu ! Mon avis reste très ambigu sur ce livre mais c'est justement cela qui fait toute sa force.


    Lien : http://biblio.anassete.org/?p=44

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par doven le 27/04/2011


    Livre majeur. Un des charmes, au sens fort du terme, de ce roman tient à ce qu'il fait partie de ces livres chez qui le narrateur est un personnage sinon effacé, du moins humble, du moins discret.

    « Je sus, même à travers les rideaux, que le soleil commençait à décliner. le vent avait dû se lever, car on entendait les arbres bruisser dans le lointain. L'air froid qui montait à mes pieds donnait encore plus d'épaisseur au silence.
    - Parlez-moi des règles de muséologie que vous avez assimilées.
    Son dentier avait failli se détacher, dans un nuage encore plus gros de postillons.
    - Oui
    J'avais compris qu'il était inutile de déployer de l'énergie à essayer de me montrer sous mon meilleur jour. » Page 18

    Alors, quelle est sa légitimité, car le paradoxe est patent, lui qui est devenu le maître de cérémonie auprès du monde extérieur, sa force ? Elle réside dans une sorte de patience, d'engagement neutre et endurant. Ceci vaut pour l'écriture elle-même, bien entendu, son rythme précis et posé de braises, rendant en sa respiration et crépitements comptés les pulsations intimes des lieux, de leurs habitants, des peines, des heures, du mat et du brillant. Tout participe à ce tissage calme, y compris la scène de l'attentat ou du piétinement, l'aiguille plonge et réapparaît sans heurts de la première à la dernière page.

    "La couleur des montagnes, le débit des ruisseaux, l'ombre de l'horloge de la mairie, le son des cloches du monastère, tout était sous la domination de l'hiver » page 247
    « le profil de la jeune fille s'apprêtait à plonger dans l'obscurité. » Page 241

    Ce personnage, qui nous révèle la dimension transcendantale de tout musée digne du nom, ressemble à d'autres narrateurs qui dans d'autres récits sont parfois à peine sur le bord de l'histoire, hors considération, ce qui ne lui ferme une aucune porte. Yôko Ogawa connaît à fond cette vérité ultra littéraire : celui qui compte le moins est celui à qui on tolère qu'il rende compte pour tous. Et comme si cela ne suffisait pas, sa conscience du monde est aussi rare qu'impressionnante et précieuse. Sans oublier ce que le lecteur apprend de l'art du coutelier, de ces moines voués au silence, de la muséographie.
    Et il faudrait encore parler du fil du roman, cette collection fanatique et légitime.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Soundandfury le 27/04/2011


    Pour combler mes lacunes, Le musée du silence a été lu dans le cadre du challenge in the mood for Japan

    Challenge_japon.jpgJe me demande si la lecture de six romans suffira à me faire une image dénuée de fantasmes d'une culture si complexe... J'en doute. Peut-être qu'il serait bon pour moi de passer à la catégorie supérieure du challenge?

    Avec Le musée du silence, je m'attendais, à cause de ce titre et du résumé lu - une fois n'est pas coutume - à quelque chose d'assez lent, fort, peut-être mélancolique.

    Première surprise et mon dieu quel bonheur, (pourquoi n'est-ce pas toujours ainsi?) c'est un roman sans nom propre. Je m'en suis aperçue à la moitié du livre. Aucun personnage n'a de nom!

    Le narrateur est engagé dans une région lointaine par une vieille femme revêche qui désire bâtir un musée qui, comme dirait un gars aux chevilles enflées « n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur ». Cette dame récupère depuis toujours – en se passant d'autorisation - un objet appartenant à chaque personne décédée dans la ville. Cet assemblage hétéroclite s'accumule dans sa demeure et le narrateur va être chargé de nettoyer, inventorier, répertorier chaque souvenir. Ainsi que d'en recueillir l'histoire, des lèvres même de la vieille dame.

    Un jour, c'est à son tour, secondé par la fille de la maison, de procéder à la délicate récupération des souvenirs.

    Bien étrange livre, que je recommande très très chaudement. Impossible à cerner, ou à définir. Mélange d'une tendre réflexion sur le temps qui passe et le devoir de mémoire et d'une poétique vision du monde avec ces « prédicateurs du silence », enveloppés dans leur mutisme, auxquels les habitants viennent confier leurs secrets.

    Là dessus, une bombe. Au sens propre. Un attentat. Un frère qui ne donne plus de nouvelle. Puis des meurtres avec mutilation des tétons. Et des matchs de baseball. C'est inattendu, dissonant, cela tombe comme un cheveu dans la soupe. Mais un cheveu qui serait l'ingrédient ultime.

    De cet assemblage aussi disparate que l'est la collection de la vieille dame, naît un très beau récit.

    Je le conseille, encore! Si quelqu'un devait le lire grâce à mon article, je crois que je serais on ne peut plus heureuse!

    + sur Tale me More


    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2010/10/17/la-fin-justifie-..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par Shaktili le 02/12/2010


    Quand une vieille dame excentrique décide de collectionner de curieux objets ... Lentement étrange ...

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par clarinette le 05/07/2008


    Décidément, la mort est un sujet qui semble récurrent dans la littérature japonaise.
    Le narrateur arrive dans un village au fin fond de la montagne. Il est muséologue et a été embauché par une curieuse vieille femme pour créer le "musée du silence" dont le but est d'exposer des objets ayant appartenu à des morts. Avec l'aide d'une jeune fille et d'un jardinier, il va accomplir sa mission. le style de Yôkô Ogawa est très épuré. Aucun des personnages n'a de nom et il sont décrits assez sommairement. Et le village où se déroule l'histoire est un lieu très neutre qui pourrait se situer n'importe où. Ce qui amplifie l'impression de bizarrerie et de mystère.
    Les premières pages m'ont captivées puis vers le milieu j'ai ressenti un peu d'ennui et de malaise...

    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-10465946.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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