> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742769099
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Quelque temps avant son mariage, une jeune femme rencontre un enfant et son père, qu'elle retrouve un soir plongés dans la contemplation d'un restaurant scolaire. Quand l'homme lui raconte pourquoi l'image d'un réfectoire le soir évoque pour lui le souvenir d'une piscin... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 13 avril 2011

    Zazette97
    Publiées respectivement en 1990 et 1991, "Un thé qui ne refroidit pas" et "Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie" composent ce recueil de l'écrivaine japonaise Yoko Ogawa.
    Dans Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, une femme sur le point de se marier emménage avec son chien dans la maison qu'elle rénove avant le retour de son futur mari.
    Alors qu'elle s'affaire à repeindre la salle de bain, un jeune garçon et son père sonnent à sa porte.
    L'homme lui pose une question avant de s'en aller, sans que la jeune femme ne sache au juste la raison de sa venue.
    10 jours plus tard, elle les revoit postés devant le réfectoire d'une école. L'homme lui explique alors pourquoi le spectacle d'un réfectoire le soir lui évoque les mêmes sensations qu'une piscine sous la pluie...
    Dans Un thé qui ne refroidit pas, une jeune femme se rend à l'enterrement d'un ancien camarade de classe et en sortant, revoit K. qui l'invite à dîner en compagnie de son épouse.
    Charmée par le bonheur serein qui se dégage de ce couple, elle songe à son quotidien morne auprès de l'homme qui partage sa vie depuis 3 ans et décide de faire du rangement dans sa chambre.
    Elle retombe alors sur un livre emprunté à la bibliothèque du lycée 10 ans plus tôt et apprend qu'il est le seul rescapé d'un incendie...
    Ces deux nouvelles présentent un canevas pour ainsi dire identique. Les deux personnages féminins à l'avant-centre de ces récits sont des jeunes femmes isolées - l'une vivant seule dans une maison en attendant son fiancé, l'autre étant en ménage avec un homme qu'elle ne voit jamais - comme c'était déjà le cas dans "L'annulaire".
    Toutes deux sont auréolées d'un certain mystère et trouvent un curieux réconfort dans le rangement associé à la tentative de mise en ordre de leurs souvenirs.
    Des bribes de leur passé ne sont dévoilées au lecteur qu'à travers leur rencontre avec un tiers, une personne extérieure à leur entourage proche qu'elles croisent à un moment clé et qui s'avèrera déterminante pour la suite de leur vie.
    On retrouve dans ces deux nouvelles ce goût de l'auteure pour ces décors nus, aseptisés par le rangement et qui permettent de se dégager d'une vue d'ensemble pour se focaliser sur certains objets significatifs.
    Les thèmes abordés sont encore une fois ceux de la mémoire (principalement sensorielle), des traumatismes vécus durant l'enfance, de la solitude et de la mort, déclinés dans une écriture ciselée, méthodique, qui laisse volontiers place aux silences et aux zones d'ombres pour déboucher sur une fin propice à la circonspection.
    Une fois de plus avec cette auteure, j'avais l'impression de savoir où elle voulait en venir au fil de ma lecture et puis est arrivée la chute (qui n'en est jamais vraiment une) qui m'a fait remettre en question ce que j'avais jusque là cru comprendre.
    Mais comme nous le signale l'auteure, "dès qu'on essaie de définir quelque chose, la vérité se dérobe". Peut-être devons-nous accepter, dans la littérature comme dans la vie, que certaines choses nous échappent :)
    J'ignore si tout cela vous paraît très clair mais il est certain que je souhaite prolonger ma découverte de cette auteure !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/04/le-refectoire-un-soir-et-u..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par liratouva2, le 04 janvier 2011

    liratouva2
    Un thé qui ne refroidit pas, est-ce possible ?
    En avez-vous jamais connu un comme ça?
    Sommes –nous dans un conte féérique ?
    Serait-ce une histoire de magie que cette nouvelle de Yoko Ogawa ?
    C'est en tout cas un thé que la narratrice retourne souvent boire avec délices chez K., son camarade de collège et son épouse, leur très belle ancienne bibliothécaire. Auprès de ce couple, elle se sent parfaitement bien et sa vie monotone avec Sato, son mari si terne, et si souvent absent, reprend de la couleur. La preuve qu'elle va enfin se décider à améliorer son quotidien, c'est qu'un jour elle va mettre de l'ordre dans sa maison, en jetant la majorité des choses un tant soit peu usées.
    le ménage par le vie et la sérénité par le ménage!
    Sagesse toute féminine ou particulièrement asiatique? Mais tout ça pourquoi? Qui est cette narratrice qui se contente de si peu?
    Comme toujours l'auteur est peu loquace sur ses personnages et nous les laisse à deviner.
    J'imagine quant à moi cette narratrice comme une femme dans la trentaine, une japonaise somme toute assez banale, qui passe facilement inaperçue, timide et effacée à l'école, discrète et nostalgique à l'âge adulte.
    Est-elle dépressAvant sa rencontre avec K, au cimetière, sur la tombe d'un ancien ami mort brutalement noyé dans sa voiture avec sa jeune femme, elle nous a raconté toutes les morts qui l'ont marquée depuis sa naissance : les poissons tropicaux de son frère, régulièrement enterrés dans leur jardin, au pied d'un fusain - la découverte des horribles planches ana tomiques de la pharmacie où elle à dû aller chercher de l'alcool servant à laver le cadavre de son grand-père - celle de son condisciple enfin, la troisième de son existence.
    Curieusement, cette descente dans le quartier du cimetière en bord de mer lui procure un sentiment mystique qui ne la quitte plus et qui adoucit l'impression d'isolement qu'elle ressent de plus en plus fortement en restant chez elle auprès d'un mari qui l'agace de plus en plus.
    Le seul événement un peu pittoresque de ce récit tient à ce livre de la bibliothèque du lycée retrouvé oublié dans sa chambre dix ans après. Quand elle le rend à la nouvelle responsable, celle-ci lui apprend que tous les anciens livres ont brûlé dans un incendie. le sien est le seul rescapé du désastre.
    Tout ce que j'aime chez Yoko Ogawa se tient là, dans ces riens qui en disent tant et qui obligent à rester infiniment attentif au moindre détail. On sait que la romancière n'insiste pas , ne revient pas sur ce qu'elle a déjà écrit précédemment. Ce n'est pas son genre, les répétitions. Elle fait confiance à son lecteur. A lui de comprendre, de tout saisir !
    La fin est habituelle, encore plus neutre et mystérieuse que le reste! Après une soirée paisible chez K, en regardant un match à la télévision et dans l'attente du retour de sa femme qui n'arrive pas, elle s'apprête à rentrer chez elle :
    (...)
    Peu de choses en somme, une fois de plus, le minimum, un souffle , une respiration: juste un peu de la vie d'une femme étonnée de vivre


    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/01/un-qui-ne-refroidit-pas-de-yo..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Un seul mot me vient : "délicatesse". Tout au long de la lecture de ces deux nouvelles, des lieux, des odeurs, des états, des sentiments nous effleurent. J'ai eu l'impression d'être au coeur d'une estampe dont les lignes épurées m'atteignaient doucement sans heurt et me renvoyaient pourtant au centre d'inquiétudes et de douleurs banales. le bout d'un pinceau effilé dessine les histoires, on arrive surpris à la dernière page, étonné que ce soit déjà fini et que cela se termine comme cela. Ce n'est qu'après qu'on perçoit l'écho qui perdure en nous. Ce sont comme des ronds dans l'eau qui nous atteignent et nous laissent désemparés face à l'inconscient que nous ne percevons pas toujours, face à l'enfant meurtri, face à l'amour parfait, face à la mort qui dans ce livre ne nous fait pas peur. La délicatesse en tout, même dans la souffrance la plus intérieure, la plus difficilement compréhensible à nos pauvres sens humains.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 29 novembre 2008

    Bunee
    J'ai bien aimé, mais moins que les autres du même auteur.
    La premiere nouvelle est l'histoire d'une rencontre. Un jeune femme est sur le point de se marrier. Elle emménage dans un nouvel appartement. Un jour, alors qu'elle bataille avec un rouleau de peinture rose, un homme et son fils viennent la voir. Et il lui raconte ce que, curieusement, lui évoque un réfectoire. L'écriture est gracieuse, lente, douce et délicate.
    La seconde est celle d'un adieu. Une autre jeune femme a perdu un camarade de classe. Elle est beaucoup plus affectée que ce qu'elle aurait imaginé au départ. Echanges avec un autre camarade de classe. Ici on explore tout un pan de la relation à la mort, toujours avec cette plume si particulière.
    Mais étrangement je ne suis pas entrée dans l'ambiance aussi bien que dans celle de "L'annulaire" ou de la "parfaite chambre de malade"
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ikebukuro, le 02 juin 2011

    Ikebukuro
    Comme souvent chez Ogawa on retrouve le bonheur du style et la délicatesse d'un mot particulièrement bien choisi. Rares sont les écrivains qui arrivent à transcender à ce point le quotidien et la poésie qui se dégage de ces petits instants de vie. On en oublie presque l'histoire pour se laisser happer par l'écriture, bercer par la fluidité du style. Comme toujours on retrouve les thèmes chers à l'auteur, le souvenir, la mort, le passé l'indicible, la quintessence d'un moment…. Son regard sur les choses qui nous entourent toujours si particulier et si juste…
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (5)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par liratouva2, le 04 janvier 2011

    J’ai bu ma dernière gorgée de thé… Il était brûlant. La coulée de bronze a transpercé mon corps en vibrant.
    - Ce thé n’a pas du tout refroidi, ai-je remarqué brusquement.
    Je ne sais pas s’il a entendu mais il a gardé le silence, le regard perdu.
    Je m’étonnais que ce thé n’ait pas du tout refroidi alors que cela faisait déjà un certain temps que K nous l’avait servi
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Zazette97, le 13 avril 2011

    Mes sentiments se succédaient avec la régularité et la sécheresse du sable s'écoulant dans un sablier. C'était sans doute parce que je ne perdais rien à cause de sa mort. Celle-ci était inorganique. Il n'y avait aucune tristesse larmoyante. C'était propre et sec. (Il s'agissait pourtant d'une noyade.) Pendant ces dix dernières années, ce garçon n'avait été présent que dans mon souvenir. Il n'y a rien d'organique dans la mémoire. Et il est très difficile d'y effacer le souvenir d'une personne en particulier. Même si la mémoire est personnelle, il est impossible, volontairement, d'y mettre de l'ordre en brûlant ou en jetant certains souvenirs. C'est pourquoi, malgré sa mort, je m'en souvenais encore. p.60
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Zazette97, le 13 avril 2011

    Au moment où il a prononcé ces mots, après un silence alors que nous avions épuisé le sujet des chiens, je n'ai pas du tout compris ce qu'il voulait dire. Cela m'a fait l'effet d'un vers extrait d'un poème contemporain ou d'une de ces phrases qui ponctuent les contes de notre enfance.

    - Une piscine, sous la pluie? ai-je répété, en insistant sur chaque syllabe.

    - Oui, une piscine sous la pluie. Vous n'avez jamais nagé dans une piscine sous la pluie?

    - Eh bien...J'ai l'impression que oui, mais je me trompe peut-être.

    - Quand je pense à une piscine sous la pluie, je suis pris d'une nostalgie difficilement supportable. p.35
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par wictoria, le 16 février 2009

    p 14
    - Vous ne souffrez pas de détresse ?
    Au moment où l'homme a prononcé ces mots, j'ai pensé qu'il devait appartenir à une secte. ces gens-là m'embarrassent à chaque fois, car ils choisissent souvent des jours où le temps est pourri et en plus ils viennent avec des enfants.
    Mais ils ne dégageaient pas la même impression que les marchants de religion que j'avais rencontrés jusqu'alors. D'ailleurs il flottait autour d'eux une atmosphère particulière qui ne cadrait pas avec celle de n'importe quel représentant de commerce, fût-ce un vendeur de religion.
    Tout d'abord, ils avaient les mains vides.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Ikebukuro, le 24 avril 2011

    Au fur et à mesure de mes explications, j'avais l'impression que la mort de mon grand-père venait m'imprégner d'un liquide tiède. J'ai compris alors que mes sentiments étaient tout mouillés.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie : Suivi de Un thé qui ne refroidit pas par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (46)

> voir plus

Quiz