> Anne Karila (Traducteur)

ISBN : 2752905017
Éditeur : Phébus (2011)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres

Syster s’ouvre sur la constatation d’une disparition, Myriam, une fillette d’une dizaine d’années. Si ses parents sont bouleversés, Marjorie, sa soeur, semble hors d’atteinte, indifférente, insondable. Pour l’é... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par tilly, le 06 juin 2011

    tilly
    Lors de la dernière ruée sur Masse Critique en avril, j'avais mis Syster en second choix. J'ai oublié le titre du roman que j'avais demandé en premier, et que je n'ai pas reçu ! Peu importe, Syster, c'était une bonne, une excellente pioche ! Merci, les ours de Babelio !
    C'est le titre qui m'avait attirée, comme souvent. Très bonne décision que celle de ne pas le traduire du suédois. Sœur ou Frangine, ça n'a aucun mystère. Sister déjà c'est mieux, mais Syster est formidablement et simplement étrange. Comme est étrange le roman de Bengt Ohlsson, traduit du suédois par Anne Karila.
    Étrange, mais pas étranger. A part peut-être “ Ilse ”, le prénom de la tante de Marjorie, rien de folklorique pour localiser les personnages, le décor et l'action de Syster. Action est un terme très mal choisi pour ce roman d'atmosphère qui raconte le bouleversement psychologique d'une gamine confrontée à la disparition de sa soeur aînée, adolescente. On ne saura pas l'âge exact de Marjorie, disons onze-douze ans.
    Au début, dans les jours qui suivent le drame - fugue ou enlèvement, on ne sait pas - Marjorie est encore complètement du côté de l'enfance et de la pensée magique : si Papa touche au réglage de l'essuie-glace avant que le feu passe vert, alors Miriam ne reviendra jamais... Marjorie se raconte des histoires tristes, mais ne pleure pas. Marjorie en veut à Miriam d'avoir tout gâché en quittant la maison. Miriam qui était si drôle, si brillante, même si elle était souvent arrogante. On était bien dans cette famille, on riait, on blaguait, et maintenant qu'elle n'est plus là ce n'est plus possible, tout devient sinistre. Marjorie veut seulement que cela redevienne comme avant, quand les parents et sa sœur riaient de ses clowneries de petite fille pleine de vie.
    Est-ce une bonne idée qu'ont ses parents de confier Marjorie à une tante qu'elle connait peu, solitaire et neurasthénique, habitant une grande maison isolée proche de la mer ? On en doute, d'abord. Cela ressemble trop à un abandon, surtout pour Marjorie. Mais peu à peu une relation originale et forte se construit entre la petite fille et la femme vieillissante. Son nouvel environnement a aussi un effet bénéfique sur l'enfant : la maison, le jardin, la lande, le sable, les pierres, la mer, un chat.
    Dans l'histoire du passage de Marjorie, de l'enfance à l'âge de raison, et de son apprentissage du deuil, il y aura des ratés, des rechutes, des petites révoltes, des expérimentations. Tante Ilse avec sa propre histoire de femme douloureuse, mais apaisée, aidera la jeune fille à s'intéresser autrement au drame familial, et à s'ouvrir aux autres.
    Et un jour, Marjorie pleure. Elle qui n'était que joie et jeux, découvre la gravité, la réflexion, la peine. Elle a compris petit à petit qu'on ne lui demandera pas de remplacer Miriam, et que, avec le temps, personne ne lui en voudra plus jamais d'être vivante, de rire, et de jouer.
    Syster est un roman d'une douceur étrange, un peu perverse, bouleversante. Un peu ce que j'ai déjà ressenti avec Le tour d'ecrou de Henry James, ou encore mieux, avec Expiation de Ian McEwan. Tout est vraisemblable dans l'histoire de Marjorie et de sa relation avec Ilse, mais cette hésitation savamment contrôlée à verser du côté de l'onirique donne un charme envoûtant au livre de Bengt Ohlsson.
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    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 09 janvier 2012

    lillou
    S'il fallait montrer comment une écriture, un rythme peuvent transcender une thématique somme toute relativement banale, Syster, avec son intrigue jamais résolue, serait un parfait exemple. Miriam, une fillette d'une douzaine d'années, disparaît un jour au retour de l'école. Toute la particularité du roman – sa focale – se lit dès la première phrase : « La sœur de Marjorie disparut un vendredi, début mai. » Ce qu'il a pu advenir de Myriam ne compte pas véritablement au final, c'est le ressenti de sa jeune sœur, Marjorie, dont il est question. Marjorie qui ne semble pas réaliser l'ampleur de l'événement, Marjorie qui est comme soulagée d'être libérée de cette grande sœur si parfaite et aimée de tous, Marjorie qui espère recevoir plus d'attention…
    Les parents, bouleversés évidemment, cherchent sans relâche leur aînée. Pour simplifier leur tâche et éloigner la petite de toute cette tension, ils l'envoient chez sa tante Isle, une femme vieillissante et « originale » comme veut l'expression polie. Marjorie est d'abord furieuse d'être ainsi tenue à l'écart, chez cette tante qu'elle connaît à peine, perdue dans cette maison isolée sur la lande. Souvent livrée à elle-même – sa tante entend la laisser tranquille –, Marjorie découvre les paysages avoisinants, la mer si vaste, les livres et les histoires… Et un dialogue quasi muet se noue avec Isle. Marjorie apprend à décoder sa propre réaction, à comprendre qu'avoir été jalouse de Miriam ne fait pas d'elle un monstre, que son soulagement ne signifie pas qu'elle lui souhaite le pire… Que tous les sentiments peuvent se mêler, et ce, quel que soit l'âge.
    La suite sur le blog...

    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/2012/01/syster-bengt-ohlsson.html
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    • Livres 3.00/5
    Par MelWaouMan, le 16 mai 2011

    MelWaouMan
    On ne sait pas quel âge a Marjorie au moment de la disparition de sa sœur, sûrement une dizaine d'années mais je trouve curieux sa façon de réagir. Ayant moi-même des sœurs, j'imagine ma peine si quelque chose leur arrivait. Je pense que l'auteur a exprimé tout ce qui lui passait par l'esprit. Les anciennes jalousies naturelles ont pris le dessus sur l'acte de disparition. je comprends qu'elle exprime sa peine en disant que rien ne sera plus comme avant. Plus de rires, plus de partage avec sa sœur, une nouvelle amitié avec sa tante. Je comprends que la cruauté de cette disparition passe par les pensées d'une enfant mais ses réactions m'ont un peu choquée.
    A part cela, l'auteur sait tenir les émotions en équilibre comme la peine des parents ou les pleurs d'Ilse. Tout cela reste très pudique.
    Il m'a fallu peu de temps pour lire ce livre parce que j'avais absolument envie de connaître la fin. Au fil du récit, il y a plein d'histoires qui fixent l'attention comme la rencontre avec Elivira, la source du tertre ou l'histoire de la famille d'Ilse.
    C'est donc une histoire touchante et bien écrite. Merci à Babelio et aux Editions Phebus pour m'avoir fait parvenir ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique.
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    • Livres 4.00/5
    Par jostein, le 16 mai 2011

    jostein
    Syster est un livre très touchant puisqu'il décrit les pensées de la jeune Marjorie, dont la sœur vient de disparaître. Il n'y a aucune censure dans ses réflexions. Elle exprime autant son contentement que sa peine vis à vis de cette disparition. Effectivement, quelles jeunes sœurs n'ont pas été jalouses de l'attention portée par les parents à chaque enfant. Marjorie se sentait parfois exclue de la connivence entre Miriam et son père. On écoutait Miriam parce qu'elle était intelligente et volontaire, elle avait plus de droits parce qu'elle était plus âgée. Marjorie se voit enfin l'unique attention de ses parents. ar contre, le plus grand regret, certes un peu égoïste, est d'avoir perdu le rire, l'humour particulier de sa famille. Parce que ses parents pleurent, sont inquiets et passent leur temps à chercher Miriam.
    Marjorie va trouver un peu de réconfort auprès d'Ilse, sa tante à qui elle est confiée quelque temps.
    Ilse est une femme patiente et aimante. Comme Marjorie, j'ai aimé ses histoires de princesse et l'histoire de sa famille.
    Ce roman est d'une grande tendresse et plein de la candeur de cette jeune enfant. le lecteur se laisse emporter par les pensées, les rêves et l'imagination de Marjorie.
    Il me semble que parfois l'auteur se perd dans trop d'histoires racontées, notamment lorsque Marjorie tente de faire rire Ilse. Ce sont trois récits successifs dont on attend la fin parce que l'on veut savoir ce qu'il advient de Miriam. Par contre, l'attitude d'Ilse est très touchante parce qu'elle ne peut plus retenir sa peine devant Marjorie qui veut la faire rire.
    J'ai trouvé que le style n'était pas toujours adapté à l'état d'esprit d'une enfant. Parfois, l'introspection devient très mature et ne semble plus correspondre à une enfant.
    J'ai lu sur ce même thème La nostalgie de l'ange d'Alice Sebold et j'aime l'approche de Bengt Ohlsson parce que l'émotion et le suspens sont très bien tenus. Ici, l'auteur traite simplement de l'impact d'une disparition sur une famille. il est vrai qu'Alice Sebold aborde en plus le crime atroce, les meurtres en série et donc la personnalité du tueur.
    La petite Marjorie, malgré ses doutes et sa franchise est beaucoup plus attachante.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-syster-73958066.html
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    • Livres 1.00/5
    Par Alienor, le 28 mai 2012

    Alienor
    Miriam disparaît un jour à la sortie de l'école, plongeant sa famille dans l'angoisse et le désarroi que l'on imagine. Aussi ses parents décident-ils de confier Marjorie, la petite sœur de Miriam, à sa tante Ilse qu'elle connaît à peine. Afin de l'éloigner du terrible climat qui a envahi la maison, mais aussi pour pouvoir se consacrer pleinement à la recherche de leur fille aînée.
    La suite sur mon blog...

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr/2012/05/15/syster-de-bengt-ohlsson/
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Critiques presse (3)


  • Actualitte , le 06 juillet 2011
    Roman d’apprentissage sensible, si intime qu’il aurait pu être écrit à la 1ère personne, servi par un style épuré et sobre qui traduit toute la délicatesse, la discrétion des personnages et le drame très personnel qu’on n’ébruite pas, qui se vit resserré, loin des autres.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • LeFigaro , le 28 juin 2011
    En adoptant le point de vue d'une enfant, il offre un beau roman sur la perte de l'innocence.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Telerama , le 16 juin 2011
    Porté par une écriture descriptive sans mièvrerie et une construction pointilliste, Syster est un très beau roman de formation
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par tilly, le 06 juin 2011

    Marjorie suivait les mouvements du torchon humide sur la vaisselle. Il lui vint alors à l'idée qu'un esprit pourrait sortir de l'une des assiettes. Elle pensa à tous ceux qui avaient coupé des côtelettes et piqué les petits pois à la fourchette dans ces assiettes. Tous ceux qui avaient mangé en silence à la table d'Ilse, tous les yeux joyeux, tristes ou rêveurs qui s'étaient baissés sur ces assiettes.
    Marjorie se demandait de quelle assiette l'esprit s'élèverait.
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  • Par MelWaouMan, le 16 mai 2011

    le meilleur moyen de supporter la solitude était peut-être d'accumuler le plus de souvenirs possible.
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  • Par jostein, le 16 mai 2011

    Pouvait-on avec de l'argent à l'infini, racheter des gens qui étaient morts? Alors maman, très calme, avait dit que c'était impossible, même en étant immensément riche.
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  • Par jostein, le 16 mai 2011

    Marjorie se languissant de la mer, comme d'un grand bruit où l'on pouvait se cacher.
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