> Sébastien Cagnoli (Traducteur)

ISBN : 9782234069473
Éditeur : Stock (2011)


Note moyenne : 2.97/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Les "vaches de Staline", c'est ainsi que les Estoniens déportés en Sibérie désignèrent les maigres chèvres qu'ils trouvèrent là-bas, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C'est... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (20)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 22 mai 2012

    mariech
    Les Vaches de Staline est le premier roman de Sofi Oksanen , écrit avant Purge .
    Comme Anna dans le roman , Sofi O. est née en Finlande de père finlandais et de mère estonienne .Le récit alterne entre l' Estonie et la Finlande pendant les années 50 jusqu'au années 90 .
    La période la plus terrible se passe en Estonie à la fin de la guerre lorsque l' Estonie devient communiste , dénonciations , déportations massives sont le lot des personnes qui se révoltent contre Moscou , les partisans de l' Estonie libre , considérés comme ennemis de l'état , comme fascistes , et cela sans nuances , les enfants , amis même lointains sont tous déportés. La mère d' Anna a vécu son enfance pendant cette période de terreur , au début des années 70 , elle rencontre un Finlandais de passage à Tallin , à ce moment il y a beaucoup d'échanges entre la Finlande et les pays communistes .Katariina va se marier avec 'le renne' et va empêcher sa fille de parler estonien , de dire qu'elle est d'origine estonienne . Les deux cultures sont antinomiques et cla va provoquer bien des dégâts chez Anna qui souffre de graves troubles alimentaires .
    De chaque côté de la frontière , c'est l'incompréhension , les malentendus . Quand elle voyage en Estonie , Katariina doit apporter des cadeaux pour tous les membres de sa famille mais aussi des pots de vin pour passer la douane et ne pas s'attirer d'ennuis , tellement de cadeaux , qu'elle en arrive au paradoxe de devoir se priver tout en vivant dans une société d'abondance ., elle suscite la rancoeur , la jalousie , personne ne la croit quand elle dit qu'il y a du chômage en Finlande , que c'est vrai qu'on n'y connaît pas de restrictions , qu'on trouve de tout dans les magasins mais que tout coûte cher . En Finlande , on ne peut pas parler des années sous Staline , les gens ne peuvent pas croire que tout cela a existé .
    Anna navigue difficilement entre ses deux mondes , puis lorsque le bloc communiste s'effondre , il lui reste un sentiment intense de nostalgie , le monde de sa mère , le monde quelle a connu enfant , n'existe plus , tout s'occidentalise , les panneaux publicitaires , les MacDo envahissent l' Estonie , Anna ne retrouve plus les bonbons de son enfance .
    Même le magasin du village devient un Spar , il y a quelque chose du film ' Goodbye Lénin ' dans ses pages .
    J'ai beaucoup aimé ce roman même si l'écriture hachée rend parfois la lecture ardue , certains passages sont peu clairs et on a du mal à s'y retrouver , mais dans l'ensemble , j'ai passé un bon moment de lecture , ce livre est un témoignage plus qu'un roman . J'ajouterai que je l'ai trouvé moins noir que Purge , car à la fin du roman , il y a une note d' optimisme , Anna n'est pas guérie de ses troubles alimentaires mais elle en a pris conscience .
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ster, le 01 novembre 2011

    ster
    J'ai mis beaucoup de temps à vraiment comprendre ce qui m'émouvait autant dans ce roman. le personnage principal, Anna, ne m'était pas particulièrement sympathique mais me touchait profondément. Derrière la dureté, l'apparente indifférence, le silence, la honte et l'anesthésie à sa propre souffrance. Anna est née en Finlande mais sa mère vient d'Estonie et sur ce passé si proche et envers ce pays si proche, il y a interdiction de parler, interdiction maternelle. le secret est total alors que les allers-retours Finlande-Estonie sont fréquents pour rendre visite à la grand-mère. La méfiance générale que la mère colporte de sa jeunesse jusqu'à celle de sa fille s'explique par les déportations d'Estoniens en Sibérie courantes dans les années 50.
    Anna enfant est écartelée entre un monde d'opulence, une société de consommation où il est facile de tout avoir et un pays qui vit encore, à quelque chose près, comme au XIXe siècle et avec lequel elle entretient un rapport affectif fort. Ainsi des lieux, des goûts, des odeurs "différentes", plus authentiques, tout cela étant attaché d'une manière ou d'une autre à la figure grand-maternelle. Entre ces deux mondes, il y a Anna et une souffrance indiscernable, silencieuse. Sans mots pour la remarquer, elle n'existe tout bonnement pas.
    En Estonie, du temps de la jeunesse de la mère (années 70), il n'y avait rien que de longues files d'attente, en Finlande, il y a tout. La souffrance d'Anna ne se manifeste que dans la rapport à la nourriture (anorexie-boulimie) et dans cette apparence de perfection (corps désirable, façade entretenue à la perfection, cachant l'effondrement et l' impossibilité d'avoir des relations de confiance avec autrui.)
    Ce roman est également remarquable parc la grande attention qu'il porte aux détails sensoriels, atmosphères, goûts, matières, vêtements décrits avec sensualité, rendant des mondes lointains familiers. Il réussit également à rendre compte de l'influence de l'histoire des sociétés malades et caricaturales sur les individus (paranoïa légitime et répandue en Estonie face aux dénonciations et déportations, société de consommation en Finlande dont fait partie celle des'"putes estoniennes" par les Finlandais). L'influence de cette histoire a pénétré jusqu'au plus intime de l'être d'Anna.
    Ce livre est dur sans être désespérant. Si l'enfer de la maladie dont souffre Anna est présent, le personnage n'est pas condamné, il réussit avec beauté à s'ouvrir à une autre façon de communiquer, une autre façon d'être. Parce qu'au fond, la maladie dont il est question est une maladie de l'avoir, du paraître et de la difficulté à "être" libre.
    C'est un livre très attachant, d'une grande intelligence, je n'ai pas senti qu'il s'agissait d'un premier roman, ce que d'autres lecteurs ont souligné, j'ai senti au contraire un roman très maîtrisé, possédant une grande force, celle du vécu.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Pat0212, le 30 octobre 2011

    Pat0212
    Ce roman est le premier d'une jeune Finlandaise, mais le deuxième traduit en français après Purge l'an dernier. Comme je lis très peu de nouveautés et qu'il n'y avait aucun polar parmi les livres proposés, j'ai choisi ce roman parce que son titre m'intriguait et que je suis très intéressée par tout ce qui touche à l'histoire du siècle dernier. J'aurais pu choisir en lisant les critiques des livres proposés, mais je tenais avoir la surprise et ne pas partir avec des a-priori.
    Staline n'est pas héros du livre, qui raconte l'histoire d'Anna et de sa mère Katarina. Cette dernière est Estonienne, ingénieure et rencontre un collègue finlandais. Ils se marient, elle tombe enceinte et elle obtient l'autorisation d'émigrer en Finlande.
    Le père est le grand absent, il est à peine cité. On comprend très vite que le couple n'a pas tenu, il travaille à Moscou et trompe allégrement sa femme.
    Anna est la narratrice, elle parle d'elle-même tantôt à la première personne, comme on s'y attend, tantôt à la troisième. Elle mêle parfois les deux dans la même phrase lorsqu'elle parle du « monde d'Anna ». Ce style non conventionnel ne m'a pas dérangée du tout..
    Anna évoque son enfance avec sa mère qui l'étouffe et veut en faire un Finlandaise parfaite. Katarina est complètement déracinée, vit dans la peur du KGB et évoque les souffrances endurées par sa famille durant l'occupation soviétique. Anna souffre de graves troubles alimentaires (boulimie-anorexie), elle obsédée par la nourriture et aucun détail de sa dérive ne nous est épargné.
    Le roman se déroule en trois parties qui s'entrecroisent, la maladie d'Anna, la vie en Estonie où elles passent les vacances d'été chaque année et l'occupation soviétique et son cortège de violations des droits de l'Homme.
    Katarina est enfermée dans son déracinement et dans sa peur du KGB, elle aimerait faire de sa fille une parfaite Finlandaise pour lui épargner cela. Mais Anna s'enferme dans sa maladie et reproduit les sévices contre son propre corps. C'est deux enfermements parallèles.
    J'ai beaucoup aimé ce livre, qui raconte l'histoire de deux femmes prisonnières de leurs peurs.
    Par contre un gros bémol sur les détails des crises d'Anna, c'est souvent très lourd et peu agréable à lire, même pour une infirmière.
    Par contre je ne connaissais pas du tout l'Estonie et on oublie un peu vite ce qu'était le quotidien des pays de l'Est il n'y a pas si longtemps. Par moment, ce livre m'a fait penser au pavillon des cancéreux de Soljénitsyme, un belle découverte qui me donne envie de lire le deuxième livre de l'auteur.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 24 octobre 2011

    brigittelascombe
    Mourir de dire la honte, titre Boris Cyrulnik.
    Anna, l'héroïne de Sofi Oksannen(auteur finnoise qui a reçu le prix Fémina 2010 pour Purge), se meurt de ne rien dire.Elle est anorexique. Enfin, elle se plie aux contraintes ("Bien sûr je vais finir l'assiette maman") puis se fait vomir.Inexorablement.
    "Tralalalalala"
    "Padapampampa"
    Toute puissance infantile.Besoin de tout maitriser.
    Souffrances infligées au corps (qui évoquent Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère), qui vont crescendo au moment de la puberté et de l'émergence de la sexualité. Controle permanent des calories de celle qui a "été bonne à ça tout de suite", de celle qui "a les premiers seins de l'école" et n'est en rien fautive de sa soumission à Oskari et sa bande, de celle dont la honte inavouable devient peu à peu "inachevée,difforme,rachitique,quelque chose d'insaisissable" même.
    Absence du père, dont les "yeux tournés vers la fenêtre" fuient lors des rares mises en présence.
    Une grand-mère lointaine qui la gave.
    Une meilleure amie Irène qui ne trahit pas et controle aussi ses calories.
    Des petits amis de passage.
    Et surtout une mère.Prèsente.Omniprésente.
    Rapport ambivalent à la mère,même rationnement que l'Estonienne qui garde secret son passé,rejet aussi "Pourquoi les Estoniennes sont-elles toutes des putes?Est-ce que c'est dans leurss gènes?" de cette femme angoissée qui cache son ascendance et veut que sa fille soit Finlandaise,point.
    Sofi Oskannen alterne les passages qui évoquent le passé de Katariina,qui quitte l'Estonie,devient conductrice de travaux, rencontre le Finlandais, apprend le Finnois,est enceinte, a honte de ses origines et a peur que son propre père condamné (l'Union Soviétique protège ses citoyens), elle ne puisse se marier et les passages de l'amaigrissement inexorable d'Anna.
    Sur fond historique véridique (avec remontée comme psychanalytique des déportations antérieures), ce roman parle de la faille creusée par les silences de l'autre vécu comme persécuteur.
    C'est la mère tue et rejetée, sa propre partie Estonienne perçue mauvaise, qu'Anna vomit. Un portrait psychologique fort, un état schizoïde fort bien rendu par l'emploi du je et du elle(Anna) et de la double écriture Anna et Katariina.
    C'est fort et ..fort vrai, on dirait du vécu!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par zorazur, le 14 mars 2012

    zorazur
    "Purge" a été une révélation, pour moi et pour bien d'autres lecteurs. Par la maîtrise du récit, l'originalité de la construction, la richesse de l'écriture, les portraits des héroïnes. Jusqu'à la chute finale qui prend le lecteur à la gorge.
    Je suis très partagée sur "Les Vaches de Staline", écrit d'ailleurs avant "Purge", et cela se sent !
    L'histoire est séduisante, celle d'une jeune fille victime de troubles alimentaires recherchant son identité entre deux pays, et dont le récit s'entrecroise avec le passé d'une mère pour le moins traumatisante qui rejette ses origines.
    Mais que dire de cette écriture hachée, ce rythme saccadé, de cette absence de fil et de cohérence, de ces flash back incessants où se perd le lecteur, de ces chapitres trop courts où l'on s'empêtre. On finit par n'y plus rien comprendre, entre absences et sous-entendus. Et on finit par se lasser.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)

Critiques presse (6)


  • Telerama , le 16 novembre 2011
    Son héroïne est anorexique, et le vide qu'elle cherche à faire à l'intérieur de son corps s'infiltre dans tout le roman. Il y a une grande nécessité d'éliminer, de décaper, chez Sofi Oksanen, écrivain de la réparation qui sait panser les plaies avec douceur.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Cyberpresse , le 07 novembre 2011
    Condensé des horreurs soviétiques au ton glacial et aux descriptions tranchantes, Les vaches de Staline n'est pas de tout repos.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • Actualitte , le 17 octobre 2011
    Une impression d’éparpillement et de confusion qui n’aide pas à s’approprier l’histoire, agace un peu quand elle n’ennuie pas, définitivement ; mais traduit sans doute avec excellence l’incommunicabilité entre les personnages.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Actualitte , le 07 octobre 2011
    A l’instar de Purge, le fonds historique est important, imposant, omniprésent et pas vraiment immédiat dans la culture du lecteur français ; aussi devient-il parfois pesant et obscur, peu facilitateur d’une construction déjà bien anarchique. Bref, une impression d’éparpillement et de confusion qui n’aide pas à s’approprier l’histoire, agace un peu quand elle n’ennuie pas.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Lexpress , le 22 septembre 2011
    Violent réquisitoire contre le communisme, confessions croisées de deux femmes bannies de leur propre histoire, Les Vaches de Staline commence à la manière d'un brûlant exorcisme mais finit, hélas, par donner la nausée. Parce que Sofi ressasse trop ses malheurs, tourne en rond et s'empêtre dans un scénario de plus en plus assommant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Bibliobs , le 06 septembre 2011
    Si les qualités de «Purge», à commencer par un usage tolstoïen du détail, s'y retrouvent à l'état embryonnaire, «les Vaches de Staline» tient avant tout du premier roman autobiographique à la sauce durassienne. Malgré les excès que ce genre implique, et en dépit d'une longueur aberrante (plus de 500 pages), on doit reconnaître que ces «Vaches» tiennent sur leurs pattes.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

> voir toutes (16)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par mariech, le 22 mai 2012

    Chez moi , la vendeuse du magasin de village ajoute à l'addition la valeur des bouteilles restituées , au lieu de la déduire de la somme finale , elle fait tinter le boulier en un rapide va-et-vient , de sorte que de l'autre côté du comptoir on ne peut pas suivre .
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par mariech, le 22 mai 2012

    Le premier Mac Donald's de Moscou avait suscité une queue de trente mille personnes , laquelle avait donné lieu par la même occasion à une nouvelle activité commerciale : pour de l'argent , on pouvait faire passer une commande à un faiseur de queue professionnel .
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par mariech, le 22 mai 2012

    Quand j'étais déjà adulte , j'ai été dans un magasin avec une amie qui a acheté de la confiture de fraises . J'ai trouvé ça terriblement décalé , ridicule , débile : acheter de la confiture de fraise au magasin ! C'est absurde !
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par mariech, le 22 mai 2012

    Les bananes sont arrivées , mais le bonheur n'est pas venu avec .
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par mariech, le 22 mai 2012

    Chez moi dans les cafés , les tasses sont dépareillées .
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (7)

Videos de Sofi Oksanen

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Sofi Oksanen

In this video, Sofi Oksanen reads an excerpt of her novel "Purge", in which a young woman escaping the sex-slave trade ends up in the backyard of an Estonian woman who survived sexual assault at the hands of Soviet occupiers. (en langue étrangère)








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les vaches de Staline par :

  • Mail
  • Blog

Autres livres de Sofi
Oksanen(2) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (93)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz