Après avoir lu
Celui qui n'aimait pas lire - qui n'est pas exactement basé sur le sujet de l'obésité mais en parle quand même - j'ai eu une vision assez différente de ce roman. En bien, évidemment. En comparant ces deux livres, je constate donc que
La vie, en gros est un roman en partie autobiographique (mais bon, on s'en serait douté). Et heureusement, mieux vaut que ce genre de sujet soit traité en toute honnêteté par quelqu'un qui sait de quoi il parle.
Le problème principal de Ben est l'image que lui renvoie son corps, aussi bien dans le miroir que dans le regard des autres. le corps, interface avec le monde, doit faire le lien entre l'intérieur de soi et les autres. La remise en question de cette interface, et la nécessité de changement ébranlent Ben au plus profond de lui et blesse l'estime qu'il a de lui-même. le malaise est bien développé et on comprend vite que pour régler le souci du poids, il faut d'abord se sentir bien dans sa tête.
Une autre chose à corriger, ou plutôt à recentrer, est le rapport à la nourriture. L'acte de manger est bien sûr lié au plaisir et à la gourmandise, à la célébration d'événements heureux, de bonnes nouvelles. Mais il est aussi utilisé comme thérapie contre toutes les tristesses. En bref, ça va bien, on mange, ça va mal, on mange. Et quand ça va mal, la nourriture est une arme d'auto-destruction massive. Encore une raison pour n'aborder le régime seulement quand tout va bien.
Le style qu'utilise l'auteur colle bien à la maturité et à l'âge du narrateur et permet sans doute, pour les jeunes lecteurs, une identification aisée. le sujet est traité avec beaucoup de justesse et de sincérité, dans une histoire pleine de tendresse qui se finit sur une note optimiste. Une belle réussite, en somme, qui mérite bien le succès qu'elle a (traduit en en 8 langues et récompensé de 18 prix littéraires) ainsi que le statut de classique de la littérature jeunesse contemporaine.
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