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ISBN : 2246668611
Éditeur : Grasset (2005)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 50 notes)
Résumé :
L'intrigue de ce roman est des plus simples : un homme, une femme… Ils sont, l'un et l'autre, un peu cabossés par la vie ; ils se sont donné rendez-vous sur un banc du jardin du Luxembourg un jour pluvieux de fin d'été ; ils s'observent, se choisissent, et vont dans un hôtel tout proche pour y passer l'après-midi… Rien de plus dans cette intrigue. Mais rien de moins : jamais "cérémonie des amants" n'aura été traitée avec plus d'audace et de pudeur. Que se passe-t-il... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
19 septembre 2015
  • 4/ 5
Étonnée. Je vois dans les étiquettes relatives à ce roman « adultère » mais je ne vois pas « amour ». Je vais m'autoriser à ajouter « amour », parce que c'est surtout ce que j'ai lu dans les mots de la narratrice. L'amour de ses enfants en filigrane, l'amour perdu de son mari dans la folie mais aussi la haine de son corps amaigri et la culpabilité. La mort, la vie, l'amour, la haine et la folie ne forment-ils pas des tranches de vie d'un même individu, qui s'entremêlent au fil du temps. Ne sommes nous tous pas un peu fou d'amour ou de manque d'amour ?
N'est-il pas bon, un instant, de laisser le désir parler ? de s'autoriser une folie ? Je monterais dans cette chambre d'hôtel avec cet inconnu. D'ailleurs est-il vraiment un inconnu ? Il semble la connaître depuis des années. Elle ne le voyait pas car elle était engluée, tétanisée par ses démons, mais ils étaient proches l'un de l'autre, il se souvient encore des robes qu'elle portait durant ces années. Pourquoi l'a-t-elle appelé, lui, et pas un autre, pour ce rendez-vous ? Inconsciemment elle l'avait vu aussi.
Alors ils sont montés dans cette chambre comme hors d'eux-mêmes mais au fond pour se retrouver en eux-mêmes avec toute la violence et la rage contenues pendant ces années de frustration. Et s'abandonner. le temps d'un après-midi pluvieux. Juste le temps d'un instant mais suffisamment pour oublier, donner, recevoir, retrouver des sensations perdues et se regarder, sans honte. Reprendre la main sur son corps, grâce au regard, au toucher de l'autre et quelques mots. Pas trop de mots au risque de plonger l'un et l'autre dans des souffrances inutiles à cet instant, mais juste assez pour toucher le fond, y poser pied et permettre, d'un coup violent, une remontée en apnée pour voir un rayon de soleil. A nouveau une éclaircie.
L'écriture est très originale, belle et sensible. le sexe est exposé d'une manière sensuelle, réaliste, afin de servir la psychologie des protagonistes et tout en nuance, retenue. C'est un bel instantané de vie.
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milamirage
16 avril 2012
  • 5/ 5
Mon avis : C'est la première fois que je lis un roman de Véronique Olmi. Une de ses citations m'ayant très intensément interpelée, je ne pouvais pas ne pas m'accorder une pause dans la littérature jeunesse pour me plonger dans son univers et aller à la recherche de ce qu'elle avait à me dire. Un roman adulte, assurément, d'aucun le classerait dans le rayonnage " érotisme ". C'est effectivement un hymne au désir et au plaisir féminin mais c'est surtout et avant tout l'histoire d'une femme profondément blessée qui va pouvoir revenir un peu vers elle-même grâce à un homme qu'elle connaît à peine mais qui la regarde, qui l'écoute, et qui la désire, le tout avec respect, lui laissant être qui elle est, avec toutes les répercutions dues à son passé : sa douleur, ses peurs, son sentiment de culpabilité envers ses enfants et un mari touché de paranoïa, son rejet d'elle-même, de celle qu'elle est devenue ; la laissant libre de ce qu'elle donne ou de ce qu'elle prend. Le roman est court, vite lu... ce serait sans compter sur ce que l'on trouve entre les lignes [ou alors est-ce moi qui me suis trop attardée après les points...]. J'ai aimé jusqu'à l'écriture de Véronique Olmi, ses phrases courtes et incisives, sans verbe... ses phrases parfois très longues, presque sans ponctuation... cela m'a donné l'impression non pas de lire leur histoire, mais d'être au plus près, voir même au sein de la pensée des personnages. Je tiens à remercier celui qui, ici, m'a fait découvrir une phrase-clé de ce livre qui était à la portée de ma main sans que je le saisisse. Aujourd'hui, je me le suis approprié et je me suis fait promettre de poursuivre ma découverte de cette auteure.
Public : roman pour les adultes.
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Lune
02 juin 2008
  • 4/ 5
J'ai aimé cet hymne. Ce livre m'apparaît être un long chant poétique dédié à la femme, à son désir, à son plaisir, à son amour de l'homme. Certains trouveront cela dérangeant, je ne le pense pas. J'ai ressenti beaucoup de pudeur dans cet élan lyrique d'un érotisme féminin sans taches, sans salissures, sans pudibonderie. Toute l'écriture nuancée tourne et retourne autour de la femme non pas en tant qu'objet mais en tant que femme profondément femme dans son acceptation d'être telle quelle et dans sa relation avec l'autre, l'homme. Homme ici magnifique dans la compréhension d'elle, son double, son autre lui-même avec ses différences propres. Dans ce roman, l'héroïne en souffrance ressuscitera par cette double offrande, ce respect, cette re-connaissance qui lui permettra de s'envoler, de re-naître. Osé dans la magnificence, porteur dans l'audace, riche dans l'échange, parfait hommage au corps, aux sens, aux êtres.
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Nadouch
18 août 2012
  • 4/ 5
Un très court livre qui relate une journée de désir et de pluie... Un homme et une femme se rencontrent et la suite... J'ai lu ce livre parce qu'on me l'a conseillé très vivement, et j'avoue que je suis sans doute aussi troublée que la personne qui me l'a recommandé. Jamais je n'avais lu un aussi beau texte sur le désir, l'acte sexuel et les rapports homme-femme en général, dont la naissance de la complicité. L'écriture est franche mais on ne tombe jamais dans le voyeurisme, j'admire l'auteur pour cet équilibre maintenu dans les mots, qui répond au fragile équilibre qui existe entre cet homme et cette femme qui vivent une situation convenue et pourtant unique. Très touchant ce petit livre, beau tout simplement.
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rolandm1
04 octobre 2016
  • 4/ 5
Paris, en été, par un jour de pluie. Un homme et une femme se sont donnés rendez-vous. Ils ne se connaissent pas. Lui, l'homme fort, elle une petite femme fluette. Ils iront faire l'amour dans un hôtel de passe. On ne sait pas grand-chose des deux personnages mais une attirance mutuelle s'est créée entre ces deux êtres en manque d'amour.
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine4304 avril 2011
[Incipit.]

Il était venu au rendez-vous. Place Saint Sulpice ce 18 août. Place Saint Sulpice à 13 heures sous un ciel d'orage. Il était arrivé après elle. En boitant. C'est cela que tout de suite elle avait remarqué. Un homme droit. Un homme fort. Dans une chemise bleue un pantalon blanc.
Qui boitait.
Et ne pouvait le cacher.

Ils ne s'étaient pas revus depuis cinq ans. C'est ce qu'elle croyait. Mais lui, lui rappela. Toutes les fois où ils s'étaient croisés. Où ils s'étaient parlé. Des rencontres brèves. Des soirées. Amis communs et brouhahas discrets. Elle, n'avait rien retenu. De lui. Elle pensait qu'il mentait. Qu'il inventait ces rencontres. Pour jouer. La faire sourire d'une coïncidence ou d'un hasard. Alors il lui dit. Exactement. Les lieux. Les noms des hôtes. Les paroles qu'ils avaient échangées. Mais cela aussi elle l'avait oublié. Alors il lui dit. La couleur de ses robes. La couleur de ses robes était juste. Et la forme du col. La ceinture de soie mauve. Les perles incrustées. Tout était juste.
Elle alluma une cigarette sans le lâcher du regard, un regard par en dessous, entre suspicion et curiosité.

Ainsi, depuis cinq ans, il la voyait. Elle, passait à côté de lui sans l'effleurer, sans jamais le trouver changé, ou vieilli, épanoui, fatigué ou joyeux, sans jamais lui trouver quoi que ce soit. Et maintenant, assise face à lui au premier étage du Café de la Mairie, elle se demandait pourquoi rien ne s'était imprimé en elle, rien ne s'était glissé sous sa peau, dans sa mémoire… se demandait… sans avoir la force pourtant de chercher une raison, relier hier à aujourd'hui. Mais lui, évidemment, ne put s'empêcher de lui faire remarquer. De lui dire combien il la trouvait maigrie. Elle avait pris l'habitude. Depuis quelques mois, rares étaient les personnes qui la saluaient sans enchaîner avec cette observation à peine inquiète. Totalement indiscrète. Oui, elle avait maigri. Beaucoup. Douze kilos en quatre mois pour un mètre soixante-dix, c'était beaucoup. Les chiffres, c'était simple. C'était franc. Ce n'était pas cela qu'il voulait entendre. Rien ne l'autorisait à entendre autre chose. Alors, quoi ? Il suffirait de s'asseoir face à une vague connaissance dans un café à l'heure du coup de feu, pour avouer, comme ça, une vie ? On pourrait commander le plat du jour, indiquer la cuisson du steak, et dire que depuis… en comptant sur ses doigts… ses doigts sur le bois de la table mal calée… c'est ça depuis… six mois… Mon Dieu ! Six mois déjà… Plus personne dans son lit ? Et rappeler le serveur parce qu'on préférait, finalement, l'eau plate à l'eau gazeuse ? Et répondre à la vague connaissance… pardon ? Mon mari ? Ah oui bien sûr… Mon mari.

De rien. Elle n'avait envie de parler de rien. Elle s'en rendait compte seulement maintenant qu'ils étaient assis face à face, devant une entrecôte grillée un mauvais bordeaux une demi-Badoit. Elle n'avait pas envie de perdre du temps à chercher une conversation convenable, un échange agréable.

Cet homme qui était venu au rendez-vous en boitant n'avait rien de convenable.
Elle s'en rendit compte soudain.

Il n'était pas convenable.
Il n'était pas agréable.
Il était assis face à elle.
Et elle lui demanda s'il pouvait, s'il n'avait pas trop mal au pied pour marcher jusqu'au jardin du Luxembourg. Maintenant. Puisque de toute façon, elle ne mangerait pas. Puisqu'elle avait perdu cette habitude de déjeuner. Mais lui, peut-être, avait faim ? Avait mal ?
Il répondit que Non.
Il dit cela. Non. En renversant un peu la tête en arrière, les yeux et la bouche arrondis, simultanément arrondis, et sa mèche, très droite, très fine, tomba sur sa joue.

Il dit Non.

Alors cela commença.
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AmbagesAmbages18 septembre 2015
Son rimmel avait coulé. La pluie. Le baiser. Le visage dans son cou. Son rimmel avait coulé et ses yeux, déjà cernés, étaient bordés de noir, ses cils petits et collés, comment avait-il pu embrasser cette femme-là, si elle avait su quel visage elle lui offrait, si pâle les yeux creusés, jamais elle n'aurait pris l'initiative du premier baiser, une femme entreprenante, jamais elle ne se serait tenue dans ce hall d'hôtel comme une promise, jamais elle ne se serait montrée à la femme de ménage près de l'ascenseur, si elle avait su quel visage était maintenant le sien elle serait sortie du jardin en courant, en courant les mules à la main, les jambes à son cou, la honte à ses joues et elle serait allée se cacher, là-bas, chez elle, tout au fond de sa tanière et sous sa couette comme un chien malade.

p. 46~47 - Le livre de poche
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milamiragemilamirage11 avril 2012
Au lieu de se parler.
Au lieu de cela elle regarda, pour la première fois, la couleur exacte de ses yeux. Bleus. Pas le ciel. Pas la mer. Pas les chansons ou les poèmes. Un bleu lointain. Rendu lointain par sa clarté et la finesse des cils trop droits, un bleu rentré, un bleu de presque rien, un bleu qui allait mal avec l'arrogance du cigare, la force supposée d'un homme qui fume le cigare, l'assurance joyeuse d'un homme qui essuie la pluie avec sa manche, un bleu qui s'accordait à sa façon de marcher, sa façon de boiter, sa façon de le cacher, un bleu de maladresses, un bleu trop clair presque inavouable, un bleu qui ne voulait pas, ne pouvait pas être comme les autres bleus - un signe de bonne santé, de beauté facile, elle regarda la couleur exacte le bleu exact, comment s'appellerait-il sur une palette, à la surface de l'eau, à l'encre d'un stylo, ce bleu, comment ferait-on pour le nommer ?
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milamiragemilamirage17 avril 2012
Il la lâcha pour la regarder rire, ses bras retombèrent comme deux ailes après l'envol, elle se détacha un peu du mur et vit pour la première fois dans son regard, une expression d'enfance. La surprise. La surprise heureuse et l'étonnement naïf. C'était une vraie lumière, un aveu, un don qu'il lui faisait. Sa part d'enfance.
Quelques secondes ils restèrent ainsi, leurs visages tout proches, leurs corps face à face, restèrent dans cette découverte, cette connaissance nouvelle, la jeunesse lointaine qu'ils ne montraient pas aux autres, les premières années de leur vie quand ils pensaient que la vie était vaste et faite pour eux et en manque d'eux, quand ils ne savaient pas encore que c'était l'inverse, la vie ne les attendait pas c'était à eux de lui courir après, sans jamais regarder en arrière, courir, lutter contre le vent contre la pluie courir, et arriver à cela, capter, cinquante ans après, un peu d'enfance dans le corps d'un inconnu.
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milamiragemilamirage16 avril 2012
Alors ils acceptèrent leur silence. Le silence entre eux.
[.......]
De temps en temps il la regardait et son regard était plein des questions qu'il ne posait pas, un élan le poussait, aussitôt la pudeur le retenait, la pudeur et la peur aussi, car s'il voulait savoir, il ne voulait pas être convié au bord du gouffre. Il voulait apprendre sans souffrir. Approcher cette femme sans s'y brûler. Elle lui sourit, parce qu'elle comprenait tout cela, tout ce qu'il ne demandait pas et pourquoi il ne le demandait pas.
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