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ISBN : 2253044571
Éditeur : Le Livre de Poche (1992)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Cyniques?
C'étaient, au IV siècle avant l'ère chrétienne, des individus qui se réclamaient du chien, portaient barbe, besace et bâton, copulaient en public, faisaient du poisson masturbateur un modèle éthique et pratiquaient le jeu de mots en guise de méthod... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par LeMalouin, le 21 mai 2014

    LeMalouin
    Le livre commence par Lucrèce, Michel marche sur ses pas à Rome.
    On connait peu de choses sur lui : ni les dates de son existence, on pense qu'il s'est suicidé…
    Il enseignait la philosophie de façon intempestive.
    C'était une philosophie qui se pratiquait dans la rue et qui traitait de la vie quotidienne : on pourrait dire une philosophie concrète.
    Mais la figure emblématique des cyniques c'est Diogène.
    Celui rentrait en marche arrière dans les théâtres, sortait par l'entrée et se parfumait les pieds.
    Le chien est emblématique des cyniques car ils aimaient les animaux et parce qu'un jour où l'on fit une offrande aux dieux, le chien vint chaparder la viande…
    Un acte transgressif au possible.
    Le cynique n'est pas une fashion victime : il porte un manteau plus ou moins troué…
    Une barbe et les cheveux longs (il laisse faire la nature) et un bâton son spectre à lui (pour se moquer des puissants mais aussi pour rosser ces congénères de temps en temps).
    Aristote était très fortiche sur la copulation animale mais les cyniques sont fortiches aussi !
    C'est en observant l'insouciance d'une souris et sa capacité à faire bombance avec rien que Diogène devient philosophe….
    Un cynique doit pouvoir promener un poisson en laisse prouvant par ce geste que la dérision est plus forte que tout…
    Ils ont beaucoup fait ch.… Platon : celui-ci par exemple disait que l'homme était un bipède sans plume et bien Diogène pluma un poulet et le lui amena.
    Ils reprochaient à Platon de dissocier le concret et le réel.
    Diogène mangeait toujours cru pour protester contre Prométhée symbole de la modernité.
    Diogène pratiquait la masturbation : pratiquer le plaisir pour ne plus y penser.
    Diogène a beaucoup observé les animaux et notamment les oiseaux dont il admire la légèreté et l'insouciance, il partage aussi avec Nietzsche la passion des bovins.
    Ne rien attendre d'impossible, c'est la certitude de ne jamais être déçu (contraire du bovarysme).
    Les cyniques se trouvent dans une période préchrétienne, Michel dans une période postchrétienne : c'est pour ça qu'ils se retrouvent.
    De même que le médecin se rend là où il y a le plus de malades à soigner, Diogène qui veut instruire les imbéciles se rend au stade…
    Les cyniques comme Nietzsche et John Travolta ont le goût de la danse.
    Les cyniques sont les ancêtres des libertaires.
    Commençons par retirer la poutre de notre œil, essayons de nous perfectionner nous-même : se défaire de ses défauts.
    Un jour Dionysos se fait acheter à un marché aux esclaves : il prévient son acheteur qu'il devra lui obéir : celui-ci devait avoir de l'humour (preuve de sagesse) car non seulement il garda le philosophe mais le fit enterrer près de ses enfants.
    Les cyniques ne sont pas eux pour des bavardages interminables avec quelqu'un qui se trompe (« on ne soigne pas un maniaque en faisant le fou »).
    Ils optent pour une autre méthodologie : face à quelqu'un qui théorise l'impossibilité du mouvement mieux vaut marcher !
    Onfray nous parle ensuite d'une histoire de pet (« barytonner du cul ») : quand une personne est gênée d'avoir péter en publique, plutôt qu'un long discours de consolation le cynique préférera péter à son tour.
    Diogène pousse ses provocations très loin en se prononçant pour l'anthropophagie, l'inceste et l'absence de sépulture.
    L'anthropophagie pourquoi pas : si on ne croit pas à la résurrection.
    L'inceste ne serait qu'une convention et son universalité une fable…(d'après Onfray qui aime tacler Freud dès qu'il peut).
    Quant à sa dépouille, Diogène proposa qu'on l'offre aux chiens et aux aigles…
    Bien sûr tout ça c'est de la provoc' pour choquer le bourgeois et l'obliger à réfléchir même à ce qui dans les conventions semblent le plus aller de soi….
    Ou bien pour dénoncer les conditions du réel ?
    On ne sait pas commun Diogène est mort : en mangeant un poulpe cru, en arrêtant de respirer) ou en se faisant mordre par un chien avec qui il se disputait un bout de viande.
    Nietzsche proposa plus tard de changer l'éthique : qu'elle ne soit plus soumise aux impératifs sociaux mais aux exigences ludiques.
    La fête de l'âne au moyen-âge pourrait-être qualifiée de fête Dionysiaque : toutes les conventions le temps d'une fête étaient renversées.
    Les cyniques contrairement à Luc ferry se méfient du pouvoir (cf. Diogène et Alexandre).
    Ils ne doivent pas accepter la compromission et rester un contre-pouvoir, il est utopique de penser que l'on voit changer un puissant en le fréquentant : la capillarité ne fonctionne pas.
    Le cynique aurait encore sa place car il est un contrepoison à la médiocrité.
    Onfray conclue avec ce qu'il appelle le cynique vulgaire pour qui la fin justifie les moyens.
    Il y a le cynisme religieux qui invente des fables pour avoir des clients, Le politique (idem), le cynisme militaire (le bien justifie le pire et le pire c'est la guerre disait Kouchner), le cynisme capitaliste et enfin le dernier le cynisme éthique qui regroupe tous les autres et qui n'envisage la relation à l'autre que par la domination.
    Un livre très intéressant et non moins amusant…
    Il est cependant triste de constater comment ce mot a été galvaudé (et peut-être significatif de l'évolution de notre société ?) : d'empêcheur de tourner en rond, le cynique est aujourd'hui celui qui ne recule devant rien pour s'imposer….
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    • Livres 4.00/5
    Par fx131, le 07 août 2014

    fx131
    L'on a ici une vision autre d'Onfray , sans ces tics d'écriture un peu redondants qu'il utilise depuis trop longtemps . La concision de cet ouvrage est également trés appréciable. Il est certain que la maniére d'étre des penseurs dont il parle ici peut surprendre , pour autant ne doit on pas y voir au fond l'expression de la vraie liberté ? D'une certaine liberté certes , qui peut choquer , mais au fond Onfray de par l'audace dont il fait preuve démontre que chacun à sa maniére peut étre libre . Un ouvrage dont l'audace fait l'intéret .
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    • Livres 3.00/5
    Par GuillaumeTM, le 30 mars 2013

    GuillaumeTM
    C'est l'un des premiers livres de Michel Onfray, et contrairement à aujourd'hui, il faisait à l'époque dans la concision. Ici, point de répétitions et de redites, la preuve qu'il en est capable. Il nous parle dans ce livre du fameux Diogène et de son maître Antisthène, nourrit de toutes les anecdotes les concernant qui traversèrent le temps jusqu'à nous.
    Il fait une distinction entre cynisme philosophique et cynisme vulgaire; le premier se moque de toutes les institutions, des conventions sociales, du pouvoir en place..., le deuxième est représenté par la religion, la politique, l'armée et surtout le capitalisme.
    Un ouvrage, en fin de compte, très instructif et bien documenté sur une philosophie que conspuait le grand Hegel.
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    • Livres 4.00/5
    Par fdelorme, le 14 mars 2014

    fdelorme
    Le philosophe Normand présente le cynisme antique, de son point de vue. Un cynisme dandy. L'ouvrage est intéressant, quoiqu'un peu biaisé. En tout cas, c'est le livre qui m'a amené à la philosophie. Pour celui qui s'intéresse vraiment au cynisme antique, par contre, il y a de meilleurs ouvrages.
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Citations et extraits

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  • Par Cindelh, le 07 juillet 2012

    Dans l’essai qu’il consacre à Antisthène, Charles Chappuis écrit: "Tandis que les autres hommes cherchent au-dehors les règles de leur conduite et obéissent aux lois et aux usages, le sage, dégagé de toute affection pour sa Patrie et ses parents, de tout Devoir envers l’Etat et la Famille, libre de ces liens que, suivant lui, les hasards de la naissance et les conventions humaines imposent aux autres hommes, est dirigé par sa seule vertu et jouit d’une liberté sans limite." Etre à soi même sa propre norme, ne pas chercher ailleurs, dans une quelconque transcendance aliénante, le principe qui fonde l’agir – voilà l’objectif cynique.
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  • Par Cindelh, le 07 juillet 2012

    Diogène a la volonté de promouvoir une vie bienheureuse, et il dit comment il faut s’y prendre: "Le but et la fin que se propose la philosophie cynique, comme d’ailleurs toute philosophie, est le bonheur. Or ce bonheur consiste à vivre conformément à la nature, et non selon les opinions de la foule." Démonax ira plus loin en disant que seul l’homme libre est capable de bonheur. A qui s’étonne de pareil propos et croit bon de faire remarquer que, selon lui, il y a beaucoup de gens heureux, le cynique répond: "Je crois au contraire que seul est libre celui qui n’a rien à espérer, ni rien à craindre." Désespérer, donc, au sens étymologique: cesser d’espérer, se déprendre de l’espoir, détruire les illusions et les mythologies qui sont sécrétées par la civilisation et qui se cristallisent à l’aide des instruments du conformisme et de la convention. Lutter contre cette fâcheuse tendance qu’ont les hommes à préférer l’idée qu’ils se font de la réalité plutôt que la réalité elle-même.
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  • Par Pingouin, le 01 avril 2012

    Le philosophe, c'est celui qui, dans la simplicité, voire le dénuement, met de la pensée dans sa vie et sa vie dans sa pensée.

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  • Par Pingouin, le 01 avril 2012

    Une vieille ayant soulevé chaque jour sur ses épaules un jeune veau en vient à porter un bœuf sans même s'en rendre compte.

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  • Par truman, le 05 mai 2013

    Sloterdijk montre comment le kunisme peut-être un moyen de lutter contre le cynisme contemporain

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Vidéo de Michel Onfray

Une de "Minute" : Onfray dénonce "l?effet Libé" .
"Quand c?est la gauche qui se permet d?être insultante, c?est sympathique. Quand c'est la droite, c?est moins sympathique. Je pense que dans les deux cas, c?est antipathique", explique le philosophe. | Images : France 5 | A lire sur TéléObs











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