ISBN : 2246769310
Éditeur : Grasset (2010)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres

Le Mot de l'éditeur : Le crépuscule d'une idole

Michel Onfray, cohérent avec lui-même, s'en prend ici à une religion qui, bien plus que les monothéismes qu'il pourfendait dans son Traité d'athéologie, semble avoir encore de beaux jours devant elle... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par guika, le 20 juin 2010

    guika
    « Jésus est né juif, a vécu une vie de juif, puis est mort juif » : quel scandale cette évidence a pu soulever à une époque pas si lointaine. Même maintenant, allez expliquer à certaines grenouilles de bénitier incultes (pléonasme) que SA religion fut inventée, bien après la mort de Yeshoua Ben Yosef dans les environs de Yerushalayim, par un petit groupe de sectateurs paganojuifs à qui la circoncision faisait peur, ou qui voulaient plus prosaïquement continuer à bouffer du porc, et au mieux ils vous regarderont comme un fou, au pire ils voudront vous faire la peau.
    Certaines vérités ne peuvent pas être entendues, car elles sapent les fondations sur lesquelles une conception du monde s'est développée. Accepter la réalité d'une évidence reviendrait à entreprendre un tel chantier qu'il est préférable de continuer à vivre avec les sornettes apprises dès avant qu'on était capable de penser, plutôt que de se mettre à rebâtir sa conception du monde sur des bases plus solides.
    C'est un peu ce qui se passe actuellement autour de Freud : osez dire qu'il fut un charlatan, et sa psychanalyse une pseudo science, et voilà un petit groupe très influent qui refusera ces vérités, se sentira menacé, et préférera au débat sur le fond l'insulte ou la calomnie. Ainsi, une corporation de gens installés qui savent tout sur tout, un petit clan mené par la Verdurinesko organise le lynchage médiatique d'Onfray dans des tribunes qui leur sont très largement ouvertes (Nouvel Obs, Télérama, le Point …), en lui reprochant des intentions secrètes : au mieux il serait un sous marin des comportementalistes, au pire un affreux antisémite. Leur argument ?: certains pourris ont combattu la théorie freudienne, donc tous ceux qui combattent la théorie freudienne sont des pourris.
    Onfray commence par rappeler dans sa préface tout ce qu'il doit à la lecture qu'il a faite de Freud pendant son adolescence. Il explique d'ailleurs que sa première intention ,quand il a commencé à s'intéresser à la critique de la théorie freudienne, était de mieux la connaître pour mieux la combattre, jusqu'à ce qu'il se rende compte que cette critique était dans le vrai. Il n'était donc pas question à l'origine d'une entreprise de démolition, mais plutôt d'enlever le vernis, chercher à décaper les couches de mythe, de légende, à nous restituer la vie d'un homme et de son œuvre sans le traitement à la feuille d'or qui caractérise toutes les biographies officielles.
    Mais Onfray, en vrai philosophe qu'il est, plutôt que de plier les faits à ses préjugés, s'est converti aux faits. La thèse d'Onfray tient en une phrase : « La psychanalyse est une discipline vraie et juste tant qu'elle concerne Freud et personne d'autre. », ce qui peut encore s'énoncer de la manière suivante : « Faut pas prendre son cas pour une généralité. ». Il va articuler sa réflexion autour de cinq thèses :
    • La psychanalyse dénie la philosophie, mais elle est elle-même une philosophie.
    • La psychanalyse ne relève pas de la science, mais d'une autobiographie personnelle.
    • La psychanalyse n'est pas un continuum scientifique, mais un capharnaüm existentiel.
    La technique psychanalytique relève de la pensée magique.
    • La psychanalyse n'est pas libérale, mais conservatrice.
    Ce qui m'a le plus intéressé dans ce travail, c'est le démontage de l'entreprise d'autopromotion de Freud. On découvre derrière l'image convenue du vieux sage viennois un arriviste mégalomane, qui met au moins autant d'énergie à son entreprise d'autoglorification qu'à son travail de recherche. On découvre un Freud précurseur surtout dans le domaine du marketing, inaugurant le monde de la marque et du logo qu'on connaît aujourd'hui. Freud recycle plus qu'il n'invente, conceptualisant sur un modèle scientiste des intuitions largement développées avant lui par Nietzsche. On s'amuse beaucoup à certaines pages, quand Onfray raconte la manière dont Freud et ses apôtres accusent Nietzsche de plagiat par anticipation.
    Onfray clôt son essai par ces paroles de Derrida : « Je me trompe peut-être, mais le ça, le moi, le surmoi, le moi idéal, l'idéal du moi, le processus secondaire et le processus primaire du refoulement, etc. – en un mot les grandes machines freudiennes (y compris le concept et le mot d'inconscient !) – ne sont à mes yeux que des armes provisoires, voire des outils rhétoriques bricolés contre une philosophie de la conscience, de l'intentionnalité transparente et pleinement responsable. »
    En résumé, Freud n'est pas Darwin, ou Copernic, mais plutôt un plagiaire génial de Nietzsche.


    Lien : http://arnivi.blogspot.com/2010/06/le-crepuscule-dune-idole-michel-o..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 14 septembre 2010

    sentinelle
    Déjà bien avancée dans Le crépuscule d'une idole, je ne peux m'empêcher de m'interroger au cours de ma lecture. Onfray reprend pas mal de choses déjà connues mais peut-être en apporte-t-il aussi de nouvelles (je ne saurai dire dans la mesure où je n'ai pas lu d'autres ouvrages sur les détracteurs de Freud). Certaines critiques sont totalement justifiées et posent un regard pertinent sur la psychanalyse telle que « découverte » et « développée » par Freud (Onfray se limite effectivement à la psychanalyse freudienne en omettant toutes les évolutions qui ont eu lieu depuis cette époque, ce qui est d'autant plus dommage qu'il donne l'impression que la pratique actuelle n'est qu'un reliquat de pratiques fossilisées et forcément erronées, du moins c'est ce qu'il tentera de nous prouver tout au long de son ouvrage).
    Il ne reste que certains procédés utilisés par Michel Onfray pour discréditer Freud me laissent pantoise et me gênent beaucoup.
    Exemple : il accuse Freud et ses disciples d'avoir falsifié, détruit ou rendu inaccessible pendant des années tout ce qui aurait pu nous dévoiler la production historique de son œuvre. Ok, je n'ai vraiment aucun problème avec cette assertion.
    Mais là où le bât blesse est qu'Onfray se lance dans ce travail historique pour prouver… quoi en fait ? Que l'histoire de la psychanalyse n'est pas un fleuve tranquille comme aurait voulu le faire croire les aficionados de Freud ? Que Freud est un homme de son époque et non un homme raisonnant par lui-même et libre de tout contexte ? Pourquoi Michel Onfray revient-il à plusieurs reprises (le rabâchage n'est pas loin) sur le fait que Freud, en homme de son époque donc, a essayé plusieurs pratiques totalement obsolètes et ridicules à nos yeux contemporains mais au combien prisées à ce moment là, à savoir l'occultisme, le magnétisme, la numérologie, l'hypnose etc (Onfray parlera de Freud au pays des merveilles), si ce n'est pour nous dire qu'un tel personnage croyant à ces billevesées ne pouvait en aucun cas produire quoi que ce soit de pertinent sur le plan des connaissances. Mais qui peut encore croire à cette image éthérée du chercheur, savant, médecin… coupé du monde et libre de tout contexte social, historique, économique et j'en passe ? Newton, pour ne citer que lui, était profondément croyant et n'avait pas hésité à clamer que les découvertes des lois de la nature grâce à la physique ne pouvaient que fournir la preuve que celles-ci n'étaient rien d'autres que les œuvres d'une providence souverainement intelligente et que l'arrangement du monde ne pouvait être le produit du hasard. Faut-il pour autant jeter les théories de Newton aux orties ?
    Le fait de revenir sur les détours, obstacles, accidents, redéfinitions et volte-face théoriques de Freud au cours de sa vie sont censés démontrer la supercherie de la psychanalyse ? Mais l'évolution des sciences, technologies, pensées ne résultent jamais d'un projet cohérent de bout en bout mais connaissent de nombreuses mutations, bifurcations, accidents, détours, cahots bref rien de très anormal non plus et qui ne justifie la remise en question du bien-fondé de la psychanalyse dans ce contexte-là.
    Pourquoi Onfray crie au loup lorsqu'il nous dit que Freud a le culot d'émettre l'hypothèse que la psychanalyse pourrait un jour être rendue inutile par les progrès de la Chimie ? Une façon de se défiler le jour où la supercherie psychanalytique serait à l'ordre du jour ? Mais la connaissance n'a-t-elle pas toujours été indissociable des outils que nous avons à notre disposition pour l'appréhender, eux-mêmes liés à la société et à l'époque qui les a fait naître ? Qu'il ait émit des diagnostics erronés là où la science d'aujourd'hui aurait posé un tout autre jugement conduit-il à rejeter en bloc la psychanalyse dans sa totalité ?
    Heureusement que Michel Onfray n'utilise pas seulement cette historicité pour démanteler la psychanalyse mais je trouve dommage qu'il l'utilise pour démolir sa légitimité, ne voyant pas clairement les liens de causes à effets. Et je ne parle même pas des attaques personnelles sur la vie privée de Freud. Je pense qu'il aurait pu éviter ces excès qui desservent au final son propos plus qu'autre chose, donnant l'impression d'un règlement de compte à OK Corral.
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 22 août 2010

    ivredelivres
    Je fais partie des gens que le freudisme agace, cela depuis de lointaines études et l'interdiction qu'il y avait alors à mettre en doute les affirmations de l'enseignant. Elles devaient être admises sans discussions possibles. J'ai toujours considéré la psychanalyse comme une thérapie peu fiable aux résultats très incertains et d'une durée risible. Ceci posé je n'ai jamais, au grand jamais mis totalement en doute les thèses de Sigmund Freud ou comme les appelle Michel Onfray ses " cartes postales
    «Freud a découvert l'inconscient tout seul à l'aide d'une auto-analyse extrêmement audacieuse et courageuse»
    «Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies»
    «la psychanalyse procède d'observations cliniques, elle relève de la science»
    «le complexe d'Œdipe est universel»,
    «la conscientisation d'un refoulement obtenue lors de l'analyse entraîne la disparition du symptôme»
    et bien sûr : L'Interprétation des rêves, les actes manqués, le déni, toutes ces notions développées dans une oeuvre qui occupe plusieurs rayons de bibliothèque, oeuvre qui semblait intouchable.
    C'était sans compter sur Michel Onfray, éternel empêcheur de penser en rond qui s'attaque à la statue du commandeur.
    C'est toute l'oeuvre de Freud qu'Onfray a lu pour écrire son livre, mais aussi sa correspondance, même si une partie de celle-ci est encore interdite d'accès.
    Que nous dit Michel Onfray en multipliant les citations de Freud lui-même ?
    Que les thèses développées par l'inventeur de la psychanalyse répondaient surtout aux obsessions de leur inventeur
    Que Freud était fasciné par des techniques qui frôlaient le charlatanisme
    Que lors des entretiens thérapeutiques avec ses patients il lui arrivait de s'endormir sans gêne aucune
    Qu'il a inventé des patients et masqué ses échecs thérapeutiques en falsifiant les rapports de ses expériences
    Qu'assoiffé de gloire et de richesse il n'hésitait pas à dénigrer, calomnier ses amis si cela pouvait servir ses intérêts
    Que son épouse, sa fille, sa belle-soeur ont toutes fait les frais de ses tourments personnels sans compter plusieurs patients qui ne se sont jamais remis des traitements infligés.
    Mais Onfray ne s'arrête pas là, après avoir affirmé que Freud n'a jamais guéri personne, il insiste aussi sur les positions très conservatrices de Freud et lui reproche son silence sur la montée du Nazisme, car Freud n'a jamais écrit " contre Hitler, contre le national- socialisme, contre la barbarie antisémite, alors qu'il n'hésite pas, régulièrement, à publier de longues analyses contre le communisme, le marxisme, le bolchevisme"
    La charge est violente et le réquisitoire très sévère, on sort de cette lecture un peu ahuri, se demandant pourquoi ces faits n'ont jamais été étudiés, comparés, pourquoi alors que la science réclame en permanence des preuves, on a accepté comme vérité la parole seule de Freud sans aucune preuve à l'appui. " Freud ne s'est pas contenté de créer un monde magique, il y a conduit nombre de personnes et a souhaité y faire entrer l'humanité tout entière"
    En voilà assez pour abattre n'importe quel statue, et l'homme Freud apparaît bien petit, on comprend mieux désormais sa haine des biographes et la destruction par lui ou ses proches d'une partie de sa correspondance.
    Alors tout est à jeter ? Non, même si le bilan est assez terrible, Michel Onfray reconnaît Freud comme philosophie et reconnaît l'apport important qui a " fait entrer le sexe dans la pensée occidentale "
    Il ne dénigre pas la psychanalyse mais refuse de la considérer comme une science comme Wittgenstein, Popper ou Deleuze avant lui.
    Onfray aime la polémique et ses passages sur les plateaux télé sont devenus trop fréquents, son livre d'une écriture directe et simple est plein d'approximations disent ses détracteurs, mais beaucoup d'arguments avancés reposent sur les écrits de Freud lui-même ce qui affaiblit considérablement la critique. A cette lecture on s'offusque, on rit, on s'étonne, on est d'accord ou non, mais on ne s'ennuie pas un seul instant. Lisez ce livre dérangeant et tonique.

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/05/17/le-crepus..
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    • Livres 4.00/5
    Par kedrik, le 22 octobre 2011

    kedrik
    Michel Onfray, qui m'avait déjà bien équipé pour comprendre mon athéisme matérialiste, se propose de déboulonner l'affabulation freudienne. Car il y a beaucoup à dire sur Sigmund et ses dogmatiques. Onfray est nietzschéen. Ce n'est pas sale. Ça ne veut pas dire que c'est un nazi nihiliste (on sait bien que les textes qui donnaient l'impression que Nietzsche était un penseur proche des théories d'Hitler sont des faux), mais plutôt qu'il part du principe que toute philosophie est une confession autobiographique de son auteur. Si un philosophe crée un système de pensées, c'est en s'appuyant sur son expérience personnelle, qu'il imagine universelle. Or s'il y bien une maxime qui colle bien à Freud, c'est "Prendre son cas pour une généralité". Onfray passe plus de 600 pages à montrer que la psychanalyse freudienne a des fondements aussi scientifiques que la thèse de sociologie d'Elizabeth Tessier et que l'auto-analyse est un joli mot pour auto-justification.
    Freud a détruit une grande partie de ses correspondances pour ne pas montrer l'origine de ses idées. Ainsi, il a largement puisé dans les concepts des autres (on pratiquait déjà l'introspection du temps de Platon) mais s'en est toujours défendu. Car Freud ne voulait surtout pas être considéré comme un philosophe, même si c'était là son fond de commerce. Non, il voulait apparaître comme un scientifique afin de gagner un prix Nobel. Pourtant, ses travaux n'ont aucune assise scientifique : il tire des conclusions avec une seule patiente, ne prend jamais la peine de vérifier si ses théories sont confirmées ou infirmées chez d'autres malades, prétend qu'il a guéri des gens alors que ces personnes ont eu des vies de souffrance après être sorties de son cabinet (il tua même un patient en lui conseillant la cocaïne pour se débarrasser de sa dépendance à la morphine)… Et quand Onfray met en parrallèle les concepts psychanalytiques et la vie privée de Freud, la pantalonade est grotesque. Freud désire sa mère ? Tous les hommes sont donc victimes du complexe d'Œdipe, sans exception. Freud vit une sexualité déprimante qui le frustre et qu'il cherche à oublier par le travail ? Tous les penseurs, les artistes et les grands scientifiques subliment donc leur sexualité dans leur œuvre. Vous ne vous reconnaissez pas dans les théories du maître ? C'est donc que vous êtes un refoulé.
    À mesure qu'Onfray défait la pelotte freudienne, se dessine le portrait d'un Freud qui croit en l'occultisme, s'engueule avec tous ses collègues à qui il est redevable intellectuellement ou matériellement, culbute sa belle-sœur en s'inventant de bonnes raisons, vit une intense relation épistolaire avec un confrère pour finir par l'accuser d'être un homosexuel refoulé, ment et tord le réel quand il ne correspond pas à ses délires… Et à chaque fois, c'est en se prenant comme référence unique que Freud pond ses théories. L'analyse des rêves culmine alors dans le saugrenu et l'absurde, Freud interprêtant ses rêveries et celles des autres avec une belle inventivité mais un total manque d'objectivité et de méthode. Freud obsédé par sa mère, sa belle-sœur et sa fille, tout devient symboliquement sexuel. Et au final la psychanalyse en dit plus sur le psychanalyste que sur le psychanalysé.
    Mais plus que Freud, c'est le mythe freudien qu'Onfray dézingue. Passe encore que Freud était un cocaïnomane obsédé et vaniteux en quête de gloire et de pognon. Certes, il affirme qu'il ne faut surtout pas analyser un proche puis s'empresse d'allonger sur son divan sa fille, la maîtresse de sa fille, les enfants de la maîtresse de sa fille, mais Freud est toujours au-dessus de ses règles qu'ils édictent. Ainsi, quand il dort pendant les séances, il invente le concept génial d'attention flottante, superbe pirouette... Là où la comédie devient tragédie, c'est quand on voit avec quelle aisance les affabulations freudiennes sont devenues paroles d'évangile dans notre société. Les élécubrations de Sigmund sont devenues vérités à force d'être rabachées par ses disciples. La psychanalyse est encore considérée comme une science aussi solide que la physique ou l'astronomie. Freud a affabulé, mais personne ne remet en question ces théories qui sont devenues sacrées par une subtile mise en scène. Freud s'est inventé un vocabulaire à la dimension de son mensonge. Il a repris les idées d'un autre ? Ce n'est pas du plagiat, c'est de la cryptomnésie ! Il fait de ses petits travers ceux de l'humanité entière car ainsi, ses pathologies personnelles deviennent moins lourdes à porter. Si tous les petits garçons rêvent de tuer le père pour séduire la mère, alors les propres fantaisies de Freud deviennent socialement acceptables. Si tout le monde devient coupables, alors il n'y a plus de crime.
    Évidemment, les lecteurs allergiques à Onfray vont retrouver là toutes les raisons de grimper au rideau tant le philosophe fait feu de tout bois contre Freud. Sa charge est frontale et s'organise autour d'une lecture exhaustive des écrits de Sigmund dans lequel il liste les imbécillités, les sophismes et les mensonges. Mais il n'en veut pas tant à Freud qu'à l'héritage freudien, à ce culte qui perdure sans raison. Il montre les contradictions internes de Freud, mais non pas pour le juger (après tout, peu nous importe qu'il trompait sa femme avec sa sœur ou qu'il traite sa fiancée de laide en lui expliquant qu'il aimerait quand même bien épouser la fille de Charcot) mais pour démontrer que les divaguations psychanalytiques prennent racines dans une vie déjà très fortement construite sur le mensonge. L'idée centrale du livre (la philosophie en tant qu'objet autobiographique) montre que le psychanalyse n'a de sens que pour le cas particulier de Freud. C'est un outil génial pour comprendre Sigmund Freud, c'est véritablement une grille de décodage très performante, mais elle cesse d'être crédible dès qu'on essaye de l'appliquer à un autre. Au final, la psychanalyse est à la psychologie ce que l'alchimie est la chimie.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2011/10/le-crepuscule-dune-idole.html
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    • Livres 5.00/5
    Par urbanbike, le 29 juin 2010

    urbanbike
    Diantre, un bouquin de philo sur urbanbike…? Et de la pire eau, celle qui essaye de dissoudre Docteur Psy and Mr Freud…?! Gloups, ne coupez pas, vous êtes toujours sur urbanbike…!
    Que dire…? Que j'ai franchement apprécié ce bouquin qui est remarquablement bien écrit, archi documenté et, désolé de le souligner, drôle, tonique et ironique. Au bout de 100 pages, j'ai sauté directement à la bibliographie (page 581) que j'ai lu d'une traite avant de revenir ensuite, plus hilaire encore, à mon point de départ.
    Elisabeth, mon petit, je ne voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier, l'homme de la pampa, parfois rude reste toujours courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Freud commence à me les briser menu !
    C'est la force d'Onfray, tout sourcer, apporter à chaque fois les preuves de ce qu'il avance, s'appuyer sur les textes, écrits et lettres du maître et de ses ouailles pour éclairer les contradictions, poser le doigt sur les failles. du coup, je comprends mille fois mieux les attaques dont il est l'objet depuis des semaines après ce dynamitage sans précédent. Plus grand chose à relever dans les débris fumants, fumeux…
    Et les réponses bricolées, pathétiques en retour qui m'ont remis en mémoire la suite…!
    Non, mais t'a déjà vu ça ? En pleine paix, il chante et puis PAF, un bourre pif ! Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, je les soigne. J'vais lui faire une ordonnance et une sévère ... J'vais lui montrer qui c'est Roudi. Aux quat' coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m'en fait trop j'correctionne plus : j'dynamite, j'disperse, j'ventile.
    Mais comme dans les tontons flingueurs, difficile d'abattre Onfray de Montauband'Argentan…!
    Depuis que je suis gamin, je vois le poids de la sphère psy même si, heureusement, mes proches ne l'ont jamais trop pris au sérieux. Cette manière de tout expliquer, résoudre à partir des explications chères à Freud — et lui seul — m'exaspère. Naguère, il nous a fallu choisir entre les conseils avisés de spécialistes et notre propre ressenti. Pas de regrets d'avoir été à l'encontre des avis des experts et de ne pas avoir fourré notre progéniture dans une CLIS. Mais là n'est pas le propos.
    Bref, à vous de vous faire votre opinion.
    Pas de craintes, le style d'Onfray n'a rien de soporifique, il faut juste du temps pour tout lire. du coup, effet "kiss cool", certainement l'envie d'en savoir plus et d'écouter ses conférences à l'université populaire de Caen. Ou d'Argentan, celle du goût et des légumes oubliés…!

    Lien : http://www.urbanbike.com/index.php/site/comments/3217/
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Citations et extraits

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  • Par Florel, le 22 février 2011

    « Et si l’on ne croit pas aux fictions freudiennes ? Si l’on n’adhère pas à sa psychologie littéraire ? Si l’on doute de l’université du complexe d’Œdipe ? Si l’on ne sacrifie pas à l’hypothèse d’un désir sexuel de tout garçon pour sa mère et, conséquemment, d’une envie d’occire symboliquement son père ? Si l’on résiste à l’idée que nous avons tous assisté à la scène primitive d’une copulation entre notre père et notre mère soit de visu, soit parce que notre inconscient conservait la trace de ce qui ne peut pas avoir eu lieu à l’origine de l’humanité ? Si l’on pense que le tropisme incestueux est l’affaire d’un seul homme sans que pour autant l’humanité tout entière en soit affectée ? Si l’on pense qu’un mythe se situe aux antipodes de la science et qu’on ne devrait donc pas pouvoir, de ce fait, parler de mythe scientifique ? Si l’on ne souscrit pas à l’idée que tous les pères auraient le fantasme inconscient d’abuser de leurs enfants ? Si l’on pense que le banquet primitif avec manducation d’un corps du père de la horde primitive relève de l’extravagance ? Si l’on estime que la vérité du corps concret devrait peser plus dans le souci de la pathologie d’autrui que l’hypothèse d’un inconscient nouménal doté de toutes les qualités d’un dieu monothéiste ? Si l’on préfère la causalité dialectique à la causalité magique ? Si l’on se soucie moins du chaman ou du sorcier et plus du médecin ou du chirurgien pour régler ses problèmes de santé ? Si l’on soupçonne le divan d’être un accessoire moderne dans le vieux théâtre des guérisseurs ? Si l’on pense, après examen du dossier, que Freud a beaucoup menti, peu soigné et presque pas guéri ? Si l’on doute que le psychanalyse ait plus de souci de lui, de son revenu, de sa discipline, de sa corporation, que la guérison de son patient ? Si l’on pense qu’un conquistador vit sur une autre planète qu’un homme de science ? Si l’on estime que la psychanalyse est une excellente thérapie – pour son inventeur et seulement pour lui ? Alors, c’est qu’on est très malade et qu’il nous faut urgemment nous allonger sur un divan… »
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  • Par sentinelle, le 16 septembre 2010

    La psychanalyse a été construite par ses thuriféraires selon un schéma proche de celui de la religion chrétienne. Ainsi, la biographie de Freud telle qu’Ernest Jones en propose le modèle se bâtit selon les critères de la légende chrétienne concernant la vie de Jésus. Exemple : l’enfant distingué par sa naissance pour être oint par le Saint-Esprit : né coiffé, bénéficiant de la prophétie d’une diseuse de bonne aventure qui annonce un avenir exceptionnel, confirmation de cette destinée extraordinaire pour un poète dans un café du Prater ; la vocation descendue sur lui comme une langue de feu après avoir pris connaissance du texte de Goethe La Nature ; la rencontre de Charcot comme celle de Jean le Baptiste ; le renoncement à la sexualité de bonne heure afin de rassembler et sublimer toutes ses forces mentales et libidinales dans la création de son œuvre ; l’ascèse existentielle constitutive au géni ; la retraite au désert avec épreuves initiatiques que sont la mort du père suivie par l’auto-analyse présentée par tous les hagiographes comme un moment extraordinaire, héroïque, inouïe d’où va naître la psychanalyse ; l’annonce de la bonne nouvelle, étymologiquement l’évangile, qu’est le salut par la psychanalyse ; la création d’une science à même de modifier le comput intellectuel et générer un nouveau calendrier ; les guérissons miraculeuses – l’hémorroïsse, la résurrection de Lazare, l’aveugle et le paralytique chez Jésus, Anna O., Dora, le Petit Hans, l’Homme aux rats, l’Homme aux loups chez Freud ; la prédication dans le désert et la prétendue calomnie des contemporains ; le cancer et l’exil vécus comme une Passion moderne ; la mort comme date de naissance de la légende…

    D’où l’intérêt, pour les hagiographes, de dissimuler tout ce qui contredit ce récit légendaire, de contrôler les documents et les archives […]
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  • Par Musikant, le 18 août 2010

    Voici donc la méthode de Freud mise en lumière : partir de ois, théoriser pour la totalité des hommes, mais, se faisant, revenir à soi parce que finalement, on ne se sera jamais quitté. Le roman familial constitue en effet un excellent concept opératoire... mais pour Freud uniquement ! Tout comme, on le verra, le complexe d'œdipe, lui aussi magnifique trouvaille conceptuelle, mais uniquement pour mettre une étiquette sur la pathologie de son auteur. Freud prend son cas pour une généralité... Voici donc la clé de l'épistémologie freudienne : l'extrapolation d'une théorie universelle à partir d'une aventure personnelle.
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  • Par Florel, le 22 février 2011

    « Nous sommes porteurs, Freud nous le dit, nul besoin de démonstration, de ce souhait d’enfance : chacun d’entre nous a voulu un jour s’accoupler au parent du sexe opposé et a considéré le parent du sexe identique comme un rival dont il a souhaité la disparition. Freud l’a vécu ainsi dans sa chair, il faut donc que tous l’aient une fois vécu de la même manière dans leur chair. L’alternative est simple : soit chacun se souvient de cette configuration libidinale, et les choses sont claires, Freud a raison. Soit il ne s’en souvient pas, et l’affaire est encore plus claire, alors Freud a encore plus raison, car ne pas se souvenir prouve la formidable puissance du refoulement d’autant plus nécessaire que ce désir oedipien a été puissant. Dans tous les cas, Œdipe triomphe, mais aussi, et surtout, Freud dont la névrose ne lui paraît plus insupportable une fois étendue à chacun. Quand tous souffrent de cette pathologie, plus personne ne souffre d’aucune pathologie… »
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  • Par Musikant, le 18 août 2010

    Les historiens de la psychanalyse se chamaillent pour dater l'auto-analyse de Freud. Quand commence-t-elle ? Et sa fin ? A-t-elle été constante, régulière ou suspendue ? Si oui, combien de temps ? Les biographes transfigurent habituellement cette aventure somme toute banale en coup de génie salué comme une audace sans nom, une démarche courageuse, un fait exceptionnel, une tentative héroïque et persévérante, une réalisation grandiose, une tâche ardue ! Les qualificatifs pleuvent dès qu'il s'agit de cette introspection ordinaire à laquelle invitent tous les philosophes stoïciens de l'antiquité, puisqu'elle constitue pour eux l'un des exercices spirituels majeurs de la pratique existentielle de leur discipline...
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La grande librairie 05/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Michel Onfray parle de son nouveau livre "L’ordre libertaire"








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