ISBN : 2253115576
Éditeur : LGF (2006)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
« Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l'intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d'un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    jcfvc
    Malgré les critiques qui lui sont sont faites, je trouve un grand intérêt à la lecture d'Onfray, qui milite pour une réhabilitation de la philosophie matérialiste (Démocrite, Epicure, Lucrèce, Spinoza, etc....)
    Je pense avec lui, qu'elle fut mise sous le boisseau par l'institution (ceci depuis l'antiquité, et notamment depuis St Augustin, et par le moyen âge ensuite) ......au profit de l'école idéaliste platonicienne (ou plutôt augustino-platonicienne..)
    Pour les gens de ma génération, le point de vue idéaliste, et non matérialiste dominait sans partage à l'époque le corps professoral. Il est vrai en revanche, que dans les années suivant 68, le point de vue matérialiste, voire carrément marxiste, voire parfois tout à fait communiste, a sans doute été dominant, à l'université en tout cas. Je ne sais, en ce qui concerne la philosophie, ce qu'il en est maintenant..... Mais il me semble qu'un certain rééquilibrage est en cours..... Je me trompe peut-être...
    Si des penseurs comme Onfray peuvent contribuer à faire pencher la balance dans le sens matérialiste, malgré ses outrances, je ne puis, en tant qu'athée et matérialiste, que m'en réjouir, au risque de passer moi aussi pour..... un "intégriste laïque".
    Certes les digressions d'Onfray autour de l'hédonisme, qui lui ont valu le succès médiatique qu'il connait, sont effectivement parfois surprenantes. Ses outrances ne constituent cependant pas le coeur de sa doctrine. Ce qui est plus intéressant chez lui , c'est la réhabilitation de la pensée antique matérialiste épicurienne contre l'idéalisme platonicien et augustinien, ce sont ses dévelopements sur la pensée "libre pensante" des 16ème, 17ème et 18ème siècles. Voir à ce sujet ses conférences sur France culture, disponibles sur le site de cette radio. Ce qui est passionant aussi, c'est le parallèle qu'il établit entre les penseurs grecs mentionnés ci-dessus et Spinoza, parallèlle que trace également très bien compte Sponville.
    Pour ce qui est de la critique radicale des trois monothéismes, qui lui est particulièrement reprochée dans le contexte actuel, il avance, dans le Traité d'athéologie, quelques arguments convaincants relatifs à la haine de la raison, de la liberté et de la vie dont ont fait preuve les trois monothéismes. le mot haine est peut-être un peu fort (encore que ...), mais en tout cas, méfiance me semble la moindre chose que l'on puisse dire . Je parle des institutions bien sûr, et non de certains penseurs chrétiens, juifs ou musulmans ayant pu faire preuve de largeur de vues en la matière.....
    Pour ne parler que de la "haine" de la raison concernant la chrétienté, Onfray cite l'exil du jardin d'Eden, sanction encourue non pour avoir croqué la pomme mais pour avoir voulu goûté aux fruits de l'arbre de la sagesse. Et l'on ne peut s'empêcher de penser à Galilée, aux combats qu'on dû mener les chercheurs et certains scientifiques, parfois au péril de leur vie ou de leur carrière pour faire prévaloir la raison contre la doctrine et l'idéologie.
    Je rappelle également que la théorie de Darwin, grand satan des créationistes contemporains, fut condamnée par l'église au départ, avant d'être acceptée (enfin, tolérée serait plus exact...) devant l'évidence des faits scientifiques.........
    Pour la haine de la liberté, qu'il me suffise de mentionner l'inquisition, les nombreuses persécutions d'hérétiques présumés, les interdictions de livres, etc...etc...
    Quant à la haine de la vie (du corps, de l'amour physique, du plaisir...), je pense que de grandes démonstrations ne sont pas nécessaires pour comprendre que les institutions des trois monothéismes, globalement, et même encore aujourd'hui, se sont montrés plus influencés par Thanatos que par Eros......
    C'est quand même l'église catholique qui prèche, encore aujourd'hui, l'abstinence et la fidélité comme solution à la propagation du sida, même en Afrique.....
    Si l'église tient aujourd'hui un discours plus acceptable, plus "politiquement correct" sur ces questions, celà ne provient pas d'un processus endogène d'auto-évolution, mais bien d'une influence plutôt exogène - venue le plus souvent "d'ailleurs" que des rangs écclésiastiques, d'une révision, adoptée à contre coeur, ceci pour la survie même de l'église, rendue nécessaire par la pression des sociétés civiles des pays européens, qui ont contraint l'institution à modifier son discours pour continuer à être entendue des chrétiens eux-mêmes.....
    Je sais bien, on me dira que les valeurs prônées par notre société républicaine sont fondamentalement judéo-chrétiennes, que l'idéal de fraternité, d'aide aux pauvres, de partage, de justice est très biblique, que pour ce qui concerne le repentir, notre civilisation l'a si bien intégré que nous nous battons la coulpe sans arrêt et à propos de tout…
    Il est vrai qu'il y a eu une relation "dialectique" entre le message biblique (ou plutôt chrétien...) et l'opinion occidentale moderne. La société civile a forcé l'église à modifer son discours, mais le message chrétien (le nouveau testament et non la bible !) est sans doute aussi à l'origine de certaines valeurs républicaines et démocratiques, voire de gauche, actuelles : le partage, l'égalité entre les êtres, une certaine ... comment dire...."douceur" et un renoncement à la violence dans les relations humaines, etc.....Valeurs que l'on ne trouve exprimées dans les trois monothéismes, avec une telle force et une telle continuité (même un athée indécrottable et anticlérical comme moi doit bien le reconaître..) que dans le nouveau testament, en tout cas ni dans l'ancien testament, ni dans le Coran.
    Mais quand même...Que de luttes contre le dogme et l'institution, que de temps passé à rationicer, que de souffrances et d'obscurantisme, que de coupage de cheveux en quatre sur le sexe des anges....... d'excommunications, de croisades....... de complicité, de "collaboration" de l'institution avec les pouvoirs les plus despotiques et anti égalitaires..... avant que ces valeurs chrétiennes originelles et fondamentales soient enfin redevenues celles que prône prioritairement l'église. On revient de loin...........et je ne puis m'empêcher de penser que ce retour aux sources est dû avant tout aux luttes de la société civile contre le dogme ou tout simplement à la compréhension, par l'institution, de la nécessité d'évoluer pour conserver quelque crédibilité aux yeux de l'opinion publique et mêmes des croyants....


    Lien : http://jcfvc.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Tiens, le mot n'existe pas. L'ordinateur souligne en rouge. Serait-il lui aussi à ce point imprégné de l'idéologie monothéiste (le mot existe) dominante ? le bouquin de Michel Onfray, qui ne fait pas dans la dentelle, détruit toutes les balivernes religieuses avec une violence qui n'a d'égale que celle déployée par les religions elles-mêmes pour défendre leurs mondes imaginaires, leurs arrières-mondes qui empêchent aux hommes de vivre dans le seul monde dont ils sont sûrs, la terre, en leur présentant un paradis qui en est l'exact inverse.
    Les thèses de Michel Onfray sont très séduisantes, bien plus que la manière dont il les défend, notamment en réécrivant très rapidement l'histoire pour faire du christianisme le fruit de la névrose de Saint Paul et de la soif de pouvoir absolu de Constantin. L'histoire est toujours plus complexe que ça, les religions sans doute aussi. Cependant, en affirmant qu'il est impossible de faire reposer une vision du monde sur un livre écrit par plusieurs auteurs durant plusieurs siècles et dans lequel on trouve tout et son contraire, Michel Onfray met à jour une évidence dont on se demande pour quelle raison (la sacro-sainte tolérance ?) elle n'est pas plus souvent affirmée.
    A quoi peut bien servir la fiction religieuse, la vie éternelle en des prés où l'herbe est fraîche et où nos corps, si volontiers martyrisés par les religieux, deviennent glorieux, presque spirituels, sinon à consolider un pouvoir qui empêche aux individus de revendiquer une vie meilleure ici et maintenant ? A quoi peut bien servir la référence à un livre unique sacré, Bonne Nouvelle tamponnée par Dieu lui-même, sinon à prendre la place que tous les autres livres peuvent revendiquer ? A quoi peut bien servir la révélation de la vérité sinon à tuer dans l'oeuf toute velléité des hommes, philosophes et scientifiques en premier lieu, à découvrir par le biais de leur propre raison ce qu'est le monde dans lequel nous vivons et quelle est la façon la plus intelligence d'y passer le peu de temps de vie que nous avons ?
    Cette lecture renforce en moi ce sentiment de duperie qui a été celle de mon enfance durant laquelle on m'a obligé à me prosterner devant un Dieu dont on n'a jamais pu me prouver rationnellement l'existence puisque le livre dont on lisait des passages choisis était la vérité et que penser qu'il était possible que Dieu ne soit qu'une invention humaine tenait de l'impensable parce qu'on ne pense pas hors du moule chrétien. Cette lecture, douloureuse parce que j'y adhère, me coupe radicalement du monde dans lequel je vis et des gens que j'aime. Alors j'essaie d'être critique, de faire par exemple à Michel Onfray le reproche de ne jamais évoquer le protestantisme. J'essaie de sauver les meubles pour pouvoir parler aux gens et la duperie, parce que tout le monde ne peut pas être Michel Onfray, continue.
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 23 août 2011

    Luniver
    Le premier livre de philosophie que j'ai osé acheté (et toujours le seul d'ailleurs à ce jour). J'ai été rebuté dans un premier temps par les nombreuses références à d'autres philosophes qui n'évoquaient absolument rien pour moi.
    Cependant, les thèmes évoqués ont beaucoup bousculé mes conceptions du monde à l'époque. Même si j'étais souvent en désaccord avec les explications qu'on me donnait et si je trouvais les arguments un peu simplistes ou tirés par le cheveux, ce livre m'a obligé à réfléchir sur chacun de ses thèmes, et à remettre en question les principes que j'avais gobés sans sourciller.
    Au final, cet ouvrage m'a permis de me débarrasser de pas mal de "morales" encombrantes. La seconde lecture s'est faite sans cette gène crispée de voir beaucoup de "vérités" mises en cause que j'ai ressentie la première fois.
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    • Livres 3.00/5
    Par parmifil, le 08 août 2010

    parmifil
    L'athéologie se propose de démonter les mécanismes de la théologie pour libérer la pensée des hommes et de leurs sociétés. Un travail de fond, qui dans ce livre, offre des pistes aux audacieux qui voudront bien s'y atteler ! Car ce livre brasse plus d'idées qu'il ne peut se permettre d'en analyser en 315 pages.
    Il pointe les contradictions du christianisme et de l'islam mais peu du judaîsme. Cependant la lecture intéressera ceux qui osent se remettre en question.
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  • Par Armanjac, le 04 janvier 2012

    Armanjac
    L'auteur, humaniste, est évidement beaucoup plus sympathique que son livre, choquant à l'entendement chrétien traditionnel, mais dénonçant à juste titre quelques vérités qu'il faut bien admettre! Une enfance singulièrement difficile dans un pensionnat catholique rigoureux excuse bien cet auteur, sensible et intelligent, d'écorcher ainsi l'un des plus grands mythes mondiaux. Cependant je considère que Michel Onfray n'a pas raison en tout et reste aveugle et sourd au principal, ainsi que beaucoup hélas!
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Citations et extraits

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  • Par parmifil, le 08 août 2010

    A viser le Paradis, on manque la Terre.
    ..la synagogue, le temple, l'église ou la mosquée, tous endroits où l'intelligence se porte mal et où l'on préfère depuis des siècles l'obéissance aux dogmes et la soumission à la Loi - donc à ceux qui se prétendent les élus, les envoyés et la parole de Dieu
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  • Par Sycorax, le 22 juin 2011

    [...] Ludwig Feuerbach propose une explication de ce qu'est Dieu. Il ne nie pas son existence, il dissèque la chimère. Pas question de dire "Dieu n'existe pas", mais "Qu'est-ce-que ce Dieu auquel la plupart croient ?" Et de répondre : une fiction, une création des hommes, une fabrication obéissant à des lois particulières, en l'occurrence la projection et l'hypostase : les hommes créent Dieu à leur image inversée.
    Mortels, finis, limités, douloureux de ces contraintes, les humains travaillés par la complétude inventent une puissance dotée très exactement des qualités opposées : avec leurs défauts retournés comme les doigts d'une paire de gants, ils fabriquent les qualités devant lesquelles ils s'agenouillent puis se prosternent . Je suis mortel ? Dieu est immortel : je suis fini ? Dieu est infini ; je suis limité ? Dieu est illimité ; je ne sais pas tout ? Dieu est omniscient ; je ne peux pas tout ? Dieu est omnipotent ; je ne suis pas doué du talent d'ubiquité ? Dieu est omniprésent ; je suis créé ? Dieu est incréé ; je suis faible ? Dieu incarne la Toute-Puissance ; je suis sur Terre ? Dieu est au ciel ; je suis imparfait ? Dieu est parfait ; je ne suis rien ? Dieu est tout, etc.
    La religion devient donc la pratique d'aliénation par excellence : elle suppose la coupure de l'homme avec lui-même et la création d'un monde imaginaire dans lequel la vérité se trouve fictivement investie.
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  • Par Sycorax, le 22 juin 2011

    La messe dominicale n'a jamais brillé comme un lieu de réflexion, d'analyse, de culture, de savoir diffusé et échangé, le catéchisme non plus, ni même les autres occasions rituelles et culturelles des autres religions monothéistes.
    Mêmes remarques avec les prières au mur des Lamentations ou les cinq occasions quotidiennes des musulmans : on prie, on pratique la réitération des invocations, on exerce sa mémoire, mais pas son intelligence. Pour les chrétiens, les prêches de Bossuet constituent une exception au milieu d'un flot de platitudes deux fois millénaires... Et pour un Averroès ou un Avicenne - ces prétextes tellement utiles... -, combien d'imams hyper-mnésiques mais hypo-intelligents ?
    La construction de leur religion, la connaissance des débats et controverses, les invitations à réfléchir, analyser, critiquer, les confrontations d'informations contradictoires, les débats polémiques brillent par leur absence dans la communauté où triomphent plutôt le psittacisme et le recyclage des fables à l'aide d'une mécanique bien huilée qui répète mais n'innove pas, qui sollicite la mémoire et non l'intelligence. Psalmodier, réciter, répéter n'est pas penser. Prier non plus. Loin de là.
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  • Par Sycorax, le 22 juin 2011

    On ne tue pas un souffle, un vent, une odeur, on ne tue pas un rêve, une aspiration. Dieu fabriqué par les mortels à leur image hypostasiée n'existe que pour rendre possible la vie quotidienne malgré le trajet de tout un chacun vers le néant. Tant que les hommes auront à mourir, une partie d'entre eux ne pourra soutenir cette idée et inventera des subterfuges. On n'assassine pas un subterfuge, on ne le tue pas. Ce serait même plutôt lui qui nous tue : car Dieu met à mort tout ce qui lui résiste. En premier lieu la Raison, l'Intelligence, l'Esprit critique. Le reste suit par réaction en chaîne...
    Le dernier dieu disparaîtra avec le dernier des hommes. Et avec lui la crainte, la peur, l'angoisse, ces machines à créer des divinités. La terreur devant le néant, l'incapacité à intégrer la mort comme un processus naturel, inévitable, avec lequel il faut composer, devant quoi seule l'intelligence peut produire des effets, mais également le déni, l'absence de sens en dehors de celui qu'on donne, l'absurdité a priori, voilà les faisceaux généalogiques du divin. Dieu mort supposerait le néant apprivoisé. Nous sommes à des années-lumière d'un tel progrès ontologique...
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La grande librairie 05/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Michel Onfray parle de son nouveau livre "L’ordre libertaire"











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