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ISBN : 2253115576
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 233 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l'intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d'un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par jcfvc, le 26 octobre 2009

    jcfvc
    Malgré les critiques qui lui sont sont faites, je trouve un grand intérêt à la lecture d'Onfray, qui milite pour une réhabilitation de la philosophie matérialiste (Démocrite, Epicure, Lucrèce, Spinoza, etc....)
    Je pense avec lui, qu'elle fut mise sous le boisseau par l'institution (ceci depuis l'antiquité, et notamment depuis St Augustin, et par le moyen âge ensuite) ......au profit de l'école idéaliste platonicienne (ou plutôt augustino-platonicienne..)
    Pour les gens de ma génération, le point de vue idéaliste, et non matérialiste dominait sans partage à l'époque le corps professoral. Il est vrai en revanche, que dans les années suivant 68, le point de vue matérialiste, voire carrément marxiste, voire parfois tout à fait communiste, a sans doute été dominant, à l'université en tout cas. Je ne sais, en ce qui concerne la philosophie, ce qu'il en est maintenant..... Mais il me semble qu'un certain rééquilibrage est en cours..... Je me trompe peut-être...
    Si des penseurs comme Onfray peuvent contribuer à faire pencher la balance dans le sens matérialiste, malgré ses outrances, je ne puis, en tant qu'athée et matérialiste, que m'en réjouir, au risque de passer moi aussi pour..... un "intégriste laïque".
    Certes les digressions d'Onfray autour de l'hédonisme, qui lui ont valu le succès médiatique qu'il connait, sont effectivement parfois surprenantes. Ses outrances ne constituent cependant pas le coeur de sa doctrine. Ce qui est plus intéressant chez lui , c'est la réhabilitation de la pensée antique matérialiste épicurienne contre l'idéalisme platonicien et augustinien, ce sont ses dévelopements sur la pensée "libre pensante" des 16ème, 17ème et 18ème siècles. Voir à ce sujet ses conférences sur France culture, disponibles sur le site de cette radio. Ce qui est passionant aussi, c'est le parallèle qu'il établit entre les penseurs grecs mentionnés ci-dessus et Spinoza, parallèlle que trace également très bien compte Sponville.
    Pour ce qui est de la critique radicale des trois monothéismes, qui lui est particulièrement reprochée dans le contexte actuel, il avance, dans le Traité d'athéologie, quelques arguments convaincants relatifs à la haine de la raison, de la liberté et de la vie dont ont fait preuve les trois monothéismes. le mot haine est peut-être un peu fort (encore que ...), mais en tout cas, méfiance me semble la moindre chose que l'on puisse dire . Je parle des institutions bien sûr, et non de certains penseurs chrétiens, juifs ou musulmans ayant pu faire preuve de largeur de vues en la matière.....
    Pour ne parler que de la "haine" de la raison concernant la chrétienté, Onfray cite l'exil du jardin d'Eden, sanction encourue non pour avoir croqué la pomme mais pour avoir voulu goûté aux fruits de l'arbre de la sagesse. Et l'on ne peut s'empêcher de penser à Galilée, aux combats qu'on dû mener les chercheurs et certains scientifiques, parfois au péril de leur vie ou de leur carrière pour faire prévaloir la raison contre la doctrine et l'idéologie.
    Je rappelle également que la théorie de Darwin, grand satan des créationistes contemporains, fut condamnée par l'église au départ, avant d'être acceptée (enfin, tolérée serait plus exact...) devant l'évidence des faits scientifiques.........
    Pour la haine de la liberté, qu'il me suffise de mentionner l'inquisition, les nombreuses persécutions d'hérétiques présumés, les interdictions de livres, etc...etc...
    Quant à la haine de la vie (du corps, de l'amour physique, du plaisir...), je pense que de grandes démonstrations ne sont pas nécessaires pour comprendre que les institutions des trois monothéismes, globalement, et même encore aujourd'hui, se sont montrés plus influencés par Thanatos que par Eros......
    C'est quand même l'église catholique qui prèche, encore aujourd'hui, l'abstinence et la fidélité comme solution à la propagation du sida, même en Afrique.....
    Si l'église tient aujourd'hui un discours plus acceptable, plus "politiquement correct" sur ces questions, celà ne provient pas d'un processus endogène d'auto-évolution, mais bien d'une influence plutôt exogène - venue le plus souvent "d'ailleurs" que des rangs écclésiastiques, d'une révision, adoptée à contre coeur, ceci pour la survie même de l'église, rendue nécessaire par la pression des sociétés civiles des pays européens, qui ont contraint l'institution à modifier son discours pour continuer à être entendue des chrétiens eux-mêmes.....
    Je sais bien, on me dira que les valeurs prônées par notre société républicaine sont fondamentalement judéo-chrétiennes, que l'idéal de fraternité, d'aide aux pauvres, de partage, de justice est très biblique, que pour ce qui concerne le repentir, notre civilisation l'a si bien intégré que nous nous battons la coulpe sans arrêt et à propos de tout…
    Il est vrai qu'il y a eu une relation "dialectique" entre le message biblique (ou plutôt chrétien...) et l'opinion occidentale moderne. La société civile a forcé l'église à modifer son discours, mais le message chrétien (le nouveau testament et non la bible !) est sans doute aussi à l'origine de certaines valeurs républicaines et démocratiques, voire de gauche, actuelles : le partage, l'égalité entre les êtres, une certaine ... comment dire...."douceur" et un renoncement à la violence dans les relations humaines, etc.....Valeurs que l'on ne trouve exprimées dans les trois monothéismes, avec une telle force et une telle continuité (même un athée indécrottable et anticlérical comme moi doit bien le reconaître..) que dans le nouveau testament, en tout cas ni dans l'ancien testament, ni dans le Coran.
    Mais quand même...Que de luttes contre le dogme et l'institution, que de temps passé à rationicer, que de souffrances et d'obscurantisme, que de coupage de cheveux en quatre sur le sexe des anges....... d'excommunications, de croisades....... de complicité, de "collaboration" de l'institution avec les pouvoirs les plus despotiques et anti égalitaires..... avant que ces valeurs chrétiennes originelles et fondamentales soient enfin redevenues celles que prône prioritairement l'église. On revient de loin...........et je ne puis m'empêcher de penser que ce retour aux sources est dû avant tout aux luttes de la société civile contre le dogme ou tout simplement à la compréhension, par l'institution, de la nécessité d'évoluer pour conserver quelque crédibilité aux yeux de l'opinion publique et mêmes des croyants....


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    • Livres 4.00/5
    Par LeMalouin, le 21 mai 2014

    LeMalouin
    Pour Michel Onfray, l'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale retrouvée.
    « Dieu est mort » dit Nietzsche, non répond Onfray car on ne pas tuer un mythe, une superstition.
    Une condamnation (souvent au bûché) pour athéisme était une façon de se débarrasser des gens pas assez orthodoxe.
    Michel Onfray cherche le premier vrai athée : il s'agirait d'un prêtre du 17ème siècle qui dans un livre « testament » conchie la Religion !
    Et puis Nietzsche est arrivé : une pensée postchrétienne, élaborée et radicale.
    Il faut non seulement supprimer le christianisme mais aussi le remplacer par autre chose, combattre le nihilisme qui pour Onfray caractérise encore notre époque.
    Onfray dit que nous sommes à notre insu imprégné de culture judéo-chrétienne.
    Par exemple notre vision du corps : noblesse du cœur et du cerveau et trivialité des viscères et du sexe.
    La bioéthique se réfère à quelques exceptions faites à la morale judéo-chrétienne.
    De même pour la justice, on part toujours du postulat du libre-arbitre (comme Adam dans le jardin d'Eden).
    Le juge peut donc jouer à Dieu sur terre.
    Pour Onfray, par exemple, un pédophile devrait-être considéré comme un malade et donc soigné et non pas jugé comme quelqu'un bénéficiant de son libre arbitre.
    Dans la partie monothéisme, Michel revient sur les nombreuses incohérences : le vin qui serait du sang et le pain le corps du Christ…
    D'où la haine de l'église pour les sciences qui contredisent ces histoires…
    Surtout ne leur parlé pas d'atome (vous seriez brûlé), ni de transformisme (dans le monde animal pas chez Michou), d'évolutionnisme (le pape descendant d'un babouin, ça va pas !).
    La Religion n'aime pas l'intelligence, elle préfère les anges asexués qui ne font jamais caca…
    Les femmes ne sont pas à la noce non plus. A la limite les épouses qui font des beaux garçons…
    Pour leur couper le prépuce (avertissement avant la castration d'après Freud qui a très mal vécu sa circoncision nous apprend Michel).
    Jésus n'a jamais existé, ou alors c'était un illuminé parmi tant d'autres dans cette période un peu trouble.
    De toute façon les écrits de l'époque ne sont pas fiables.
    Jésus : un héros de péplum écrit par Marc.
    Marc a tout pompé au récit de l'Antiquité, il ne dit jamais clairement côtoyer Jésus.
    Est évoqué ensuite Paul de Tarse né entre 5 et 15 après JC et mort aux alentours de 65 (Saint Paul pour les intimes) qui a eu une révélation, une vision sur le chemin de Damas, (une hystérie de conversion dit Onfray décidément très Freudien dans ce livre).
    Celui-ci serait un névrosé impuissant, masochiste etc… qui aurait grâce à la Religion imposé ses vues.
    C'est le premier missionnaire.
    Ensuite Michel parle de l'empereur Constantin (270-377) qui lui aussi aurait eu une « hallucination » (expliqué depuis par les scientifiques) et qui aurait imposé la chrétienté.
    Quant aux chrétiens mangés par les lions dans les années 60 avec Néron, ils ne seraient pas si nombreux (environ 3000).
    Ensuite Michel se plonge dans l'ancien et le nouveau testament :
    Le monothéisme aurait été inventé par les juifs en s'inspirant du culte solaire égyptien.
    Ensuite, Michel évoque les liaisons entre nazisme et christianisme (le Vatican qui exfiltre Eichmann).
    Les diverses interprétations des lectures des textes religieux permettent toutes les interprétations et toutes les justifications belliqueuses.
    La Religion musulmane n'est pas en reste non plus séparant le monde en deux : les bons et les méchants (les musulmans et les non-musulmans).
    Bref, Michel ne va pas à la messe.
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    • Livres 3.00/5
    Par herveGAUTIER, le 19 mai 2014

    herveGAUTIER
    N°346– Juin 2009
    TRAITE D'ATHÉOLOGIE – Michel ONFRAY - GRASSET.
    J'ai beau tenter de m'abstraire de ce christianisme qui a quelque peu bouleversé mon enfance, il continue de répandre ses méfaits dans notre société qui, même si elle ne veut pas l'avouer, garde une profonde empreinte judéo-chrétienne. L'ouvrage d'Onfray, aussi savant que polémique, bien écrit avec humour, documenté, pertinent et impertinent parfois, était donc pour moi l'occasion de faire le point sur ce qui restait de mes croyances intimes, nourries d'ailleurs par une littérature humaniste. Je l'ai donc lu avec attention, y cherchant, le cas échéant, une justification de mes certitudes ou de mes abandons.
    Il s'agit donc de parler de la présence de dieu, sous quelque forme que ce soit, dans notre société. Veut-on l'en chasser, il finit toujours par revenir. C'est que les hommes, mortels par essence, occultent, à tout le moins en occident, cette issue normale de la vie qu'est la mort. Il en résulte une peur exploitée savamment par les tenants de toutes les religions, qui, sous forme d'un nécessaire salut dans un au-delà qu'ils affirment réel, se croient autorisés à peser sur notre vie terrestre qui n'est que transitoire. Pour cela, ils nient l'intelligence, la pensée, la réflexion, édictent tabous et interdits, des règles morales dont le respect serait le sésame pour l'accès à ce paradis... Sans quoi, ce sont les feux de l'enfer qui nous attendent, pour l'éternité![une autre peur]! Ainsi assiste-on au retour du religieux dans notre vie et avec lui toute une série de négations, dont celle du corps, celui de la femme [nécessairement inférieure à l'homme par essence] en particulier, de la jouissance qu'il procure et qui serait un obstacle dans ce parcours obligatoire vers dieu. Il convient donc, pour le combattre, d'adopter une attitude hédoniste où l'esthétisme tient une grande place. Pourquoi pas?
    De plus, l'homme a besoin de se sentir protégé. Quoi de plus normal que d'inventer une divinité qui jouera ce rôle? A cela, l'auteur oppose une définition de l'athéisme, démystifiant les monothéismes chrétien, juif ou musulman, démontant cette fiction de dieu, en en « déconstruisant » l'idée, sans cependant privilégier le nihilisme, simplement parce l'empreinte religieuse est présente jusque dans notre pensée et dans nos réactions. Que ces religions, qui ne sont finalement que des entreprises humaines, soient néfastes, je veux bien l'admettre, l'histoire est là pour nous en apporter une preuve surabondante [leurs déviances ne sont depuis longtemps plus à démontrer], et ne pas croire en ces religions reviendrait à ne pas croire en dieu, à être athée! Mais qu'en est-il de dieu puisque l'auteur entend nous montrer qu'il n'existe pas, ou qu'il serait mort? Lui aussi serait une création humaine liée à tous nos fantasmes et d'autant plus « crédible » qu'il est immatériel et donc au nom de qui ses représentants peuvent facilement parler! Cela je veux bien le croire. D'ailleurs l'auteur en appelle à des auteurs incontestés pour étayer son discours. Il démontre d'une manière surabondante que Jésus n'a pas existé en tant que personne physique unique, pointe du doigt des contradictions historiques flagrantes, indique que ses apôtres n'ont guère été les témoins de son existence humaine, que la chrétienté se réfère à la Vulgate, rejetant délibérément les écrits apocryphes, que St Paul n'était pas autre chose qu'un ignare frustré, que la chrétienté à fait beaucoup de ravages [et continue à en faire]au nom d'un Évangile dont elle a oublié le message de paix et d'amour, en s'alliant notamment avec tous les pouvoirs terrestres, que la littérature monothéiste est dogmatique, assez approximative et finalement fortement sujette à caution. Bref que tout cela n'est qu'une joyeuse compilation de textes disparates, incohérents, contradictoires et sans grande unité mais que les religions qui s'y réfèrent prennent pour unique boussole et dont chacun s'arrange à sa guise.
    Pire peut-être, ces religions qui proclament la paix adorent la guerre et la mort et les justifient bien souvent, sans souci de la contradiction... et les fidèles suivent aveuglément sans mettre en doute cet enseignement! Et il ne réserve pas seulement ses remarques et critiques au seul christianisme, il y associe Judaïsme et islam qui, à se yeux, ne valent pas mieux sur le plan de l'enseignement.
    Face à ce déferlement de démonstrations et de vérités, l'auteur milite pour une laïcité post-chrétienne... mais il avertit, elle s'appuie aussi sur l'éthique judéo-chrétienne et ne cherche à en modifier que la forme, l'aspect visible. La pensée laïque conserve un fond de christianisme, il faut donc la dépasser. L'égalité prônée par la république ne serait pas suffisante et peut-être même néfaste en ce qu'elle invite au relativisme qui uniformise tout. Selon l'auteur, il faut « promouvoir une laïcité post-chrétienne, à savoir athée, militante et radicalement opposée à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidental et l'islam qui le combat » et de conclure «  Aux rabbins, aux prêtres, aux imams, ayatollahs et autres mollahs, je persiste à préférer le philosophe ».
    Cette invitation à ne plus croire en dieu m'intéressait d'emblée, cela me paraissait un thème de réflexion parfaitement humain. L'étude documentée des trois religions monothéistes m'a paru convaincante, encore qu'appliquée au raisonnement logique, leur discours toujours prosélyte ne résiste pas bien longtemps. Cependant la préférence donnée à la philosophie, comme remplacement efficace à des croyances aussi brillamment combattues ne me convainc pas davantage. Je dois cependant noter qu'elle a au moins l'avantage de ne pas jouer sur l'existence d'un monde après la mort et de fonder son enseignement sur cette hypothèse.
    Ce livre ne fera de moi ni un athée convaincu ni [ sûrement pas] un chrétien militant!


    Hervé GAUTIER – Juin 2009.http://hervegautier.e-monsite.com

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    • Livres 4.00/5
    Par Zebra, le 17 août 2012

    Zebra
    Ce livre est un traité, ce qui en explique les aspects parfois ardus et l'obsession de la démonstration, qui seule peut emporter l'adhésion du lecteur, par conviction et par persuasion.
    Michel Onfray joue sa partition sur tous les registres, mêlant les propos savants à la caricature, franchissant allègrement les frontières, les époques et les religions, nous révélant des faits et des opinions sur lesquels l'enseignement traditionnel est assez peu disert.
    Son côté provocant peut gêner : j'ai résisté à cette gêne comme j'ai résisté à la tentation de "bouffer du curé" à longueur de pages. Bref, j'ai considéré qu'il me fallait lire ce livre parce qu'il allait m'apporter sur les 3 grandes religions et sur leur vision du monde un éclairage peu ordinaire, ferment de la réflexion. Je ne me suis pas trompé.
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Tiens, le mot n'existe pas. L'ordinateur souligne en rouge. Serait-il lui aussi à ce point imprégné de l'idéologie monothéiste (le mot existe) dominante ? le bouquin de Michel Onfray, qui ne fait pas dans la dentelle, détruit toutes les balivernes religieuses avec une violence qui n'a d'égale que celle déployée par les religions elles-mêmes pour défendre leurs mondes imaginaires, leurs arrières-mondes qui empêchent aux hommes de vivre dans le seul monde dont ils sont sûrs, la terre, en leur présentant un paradis qui en est l'exact inverse.
    Les thèses de Michel Onfray sont très séduisantes, bien plus que la manière dont il les défend, notamment en réécrivant très rapidement l'histoire pour faire du christianisme le fruit de la névrose de Saint Paul et de la soif de pouvoir absolu de Constantin. L'histoire est toujours plus complexe que ça, les religions sans doute aussi. Cependant, en affirmant qu'il est impossible de faire reposer une vision du monde sur un livre écrit par plusieurs auteurs durant plusieurs siècles et dans lequel on trouve tout et son contraire, Michel Onfray met à jour une évidence dont on se demande pour quelle raison (la sacro-sainte tolérance ?) elle n'est pas plus souvent affirmée.
    A quoi peut bien servir la fiction religieuse, la vie éternelle en des prés où l'herbe est fraîche et où nos corps, si volontiers martyrisés par les religieux, deviennent glorieux, presque spirituels, sinon à consolider un pouvoir qui empêche aux individus de revendiquer une vie meilleure ici et maintenant ? A quoi peut bien servir la référence à un livre unique sacré, Bonne Nouvelle tamponnée par Dieu lui-même, sinon à prendre la place que tous les autres livres peuvent revendiquer ? A quoi peut bien servir la révélation de la vérité sinon à tuer dans l'oeuf toute velléité des hommes, philosophes et scientifiques en premier lieu, à découvrir par le biais de leur propre raison ce qu'est le monde dans lequel nous vivons et quelle est la façon la plus intelligence d'y passer le peu de temps de vie que nous avons ?
    Cette lecture renforce en moi ce sentiment de duperie qui a été celle de mon enfance durant laquelle on m'a obligé à me prosterner devant un Dieu dont on n'a jamais pu me prouver rationnellement l'existence puisque le livre dont on lisait des passages choisis était la vérité et que penser qu'il était possible que Dieu ne soit qu'une invention humaine tenait de l'impensable parce qu'on ne pense pas hors du moule chrétien. Cette lecture, douloureuse parce que j'y adhère, me coupe radicalement du monde dans lequel je vis et des gens que j'aime. Alors j'essaie d'être critique, de faire par exemple à Michel Onfray le reproche de ne jamais évoquer le protestantisme. J'essaie de sauver les meubles pour pouvoir parler aux gens et la duperie, parce que tout le monde ne peut pas être Michel Onfray, continue.
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Citations et extraits

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  • Par Zebra, le 17 août 2012

    [...] Car l'inverse me semble bien plutôt vrai : "Parce que Dieu existe, alors tout est permis ..." Je m'explique. Trois millénaires témoignent, des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui : l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix ... le fantasme juif du peuple élu qui légitime le colonialisme, l'expropriation, la haine, l'animosité entre les peuples, puis la théocratie autoritaire et armée ; la référence chrétienne des marchands du Temple ou d'un Jésus paulinien prétendant venir pour apporter le glaive, qui justifie les Croisades, l'Inquisition, les guerres de religion, la saint-Barthélémy, les bûchers, l'Index, mais aussi le colonialisme planétaire, les ethnocides nord-américains, le soutien aux fascismes du XX° siècle, et la toute puissance temporelle du Vatican depuis des siècles dans le moindre détail de la vie quotidienne ; la revendication claire à presque toutes les pages du Coran d'un appel à détruire les infidèles, leur religion, leur culture, leur civilisation, mais aussi les juifs et les chrétiens - au nom d'un Dieu miséricordieux ! Voilà autant de pistes à creuser que, justement, à cause de l'existence de Dieu tout est permis - en lui, par lui, en son nom, sans que ni les fidèles, ni le clergé, ni le petit peuple, ni les hautes sphères y trouvent à redire ...
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  • Par Luniver, le 12 juillet 2013

    Après un temps de silence, [Abduramane] précise qu’avant d’entrer au Paradis, il devra toutefois rendre des comptes et qu’il n’aura probablement pas assez de toute son existence de croyant pieux pour expier une faute qui pourrait bien lui coûter la paix et la vie éternelle... Un crime? Un meurtre? Un péché mortel comme disent les chrétiens? Oui, en quelque sorte : un chacal écrasé un jour sous les roues de sa voiture... Abdou roulait trop vite, ne respectait pas les limitations de vitesse sur les pistes du désert – où l’on aperçoit un pinceau de phare à des kilomètres ! –, il n’a rien vu venir, l’animal a surgi de la pénombre, deux secondes plus tard il agonisait sous le châssis du véhicule.

    Obéissant à la loi du code de la route, il n’aurait pas commis ce sacrilège : tuer un animal sans la nécessité de s’en nourrir. Outre que, me semble-t-il, le Coran ne stipule rien de tel..., on ne peut tout de même être tenu pour responsable de tout ce qui nous advient! Abduramane croit que si : Allah se manifeste dans les détails, cette histoire prouve la nécessité d’être soumis, à la loi, aux règles, à l’ordre, car toute transgression, même minime, rapproche des enfers, voire y mène directement...

    Le chacal hanta ses nuits, longtemps, il l’empêcha de dormir plus d’une fois, il le voyait souvent, dans ses rêves, lui interdisant l’accès au Paradis. Au moment où il en parlait, l’émotion revenait. Son père, vieux sage nonagénaire, ancien soldat de la guerre 14-18, avait surenchéri : à l’évidence, il avait manqué de respect à la loi, il devrait donc s’en expliquer le jour de sa mort. En attendant, dans le pus infime de sa vie, Abduramane devait tâcher d’expier ce qui pouvait l’être. Aux portes du Paradis, le chacal attend. Que n’aurais-je donné pour qu’il déguerpisse et libère l’âme de cet homme intègre.

    Que cet aspirant bienheureux partage la même religion que les pilotes du 11 Septembre peut paraître bien singulier! L'un porte le poids d’un chacal malencontreusement expédié au cynosarge; les autres jouissent d’avoir anéanti un maximum d’innocents. Le premier pense que le Paradis lui sera difficile d’accès pour avoir transformé en charogne un charognard ; les seconds imaginent que la béatitude leur revient de fait pour avoir réduit en poussière la vie de milliers d’individus – dont des musulmans... Le même livre justifie pourtant ces deux hommes évoluant chacun aux antipodes de l’humanité : l’un tend vers la sainteté, les autres réalisent la barbarie.
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  • Par parmifil, le 08 août 2010

    A viser le Paradis, on manque la Terre.
    ..la synagogue, le temple, l'église ou la mosquée, tous endroits où l'intelligence se porte mal et où l'on préfère depuis des siècles l'obéissance aux dogmes et la soumission à la Loi - donc à ceux qui se prétendent les élus, les envoyés et la parole de Dieu

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  • Par Sycorax, le 22 juin 2011

    [...] Ludwig Feuerbach propose une explication de ce qu'est Dieu. Il ne nie pas son existence, il dissèque la chimère. Pas question de dire "Dieu n'existe pas", mais "Qu'est-ce-que ce Dieu auquel la plupart croient ?" Et de répondre : une fiction, une création des hommes, une fabrication obéissant à des lois particulières, en l'occurrence la projection et l'hypostase : les hommes créent Dieu à leur image inversée.
    Mortels, finis, limités, douloureux de ces contraintes, les humains travaillés par la complétude inventent une puissance dotée très exactement des qualités opposées : avec leurs défauts retournés comme les doigts d'une paire de gants, ils fabriquent les qualités devant lesquelles ils s'agenouillent puis se prosternent . Je suis mortel ? Dieu est immortel : je suis fini ? Dieu est infini ; je suis limité ? Dieu est illimité ; je ne sais pas tout ? Dieu est omniscient ; je ne peux pas tout ? Dieu est omnipotent ; je ne suis pas doué du talent d'ubiquité ? Dieu est omniprésent ; je suis créé ? Dieu est incréé ; je suis faible ? Dieu incarne la Toute-Puissance ; je suis sur Terre ? Dieu est au ciel ; je suis imparfait ? Dieu est parfait ; je ne suis rien ? Dieu est tout, etc.
    La religion devient donc la pratique d'aliénation par excellence : elle suppose la coupure de l'homme avec lui-même et la création d'un monde imaginaire dans lequel la vérité se trouve fictivement investie.
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  • Par dancingbrave, le 21 septembre 2012

    Définition relativiste de la laïcité
    On fait comme si la religion n’imprégnait pas les consciences, les corps et les âmes.
    On parle, pense, vit, agit, on rêve, on imagine, on mange, souffre, dort, on conçoit en judéo-chrétien, construits par deux mille ans de formatage du monothéisme biblique. Dès lors la laïcité se bat pour permettre à chacun de penser ce qu’il veut, de croire à son dieu, pourvu qu’il n’en fasse pas état publiquement. Mais publiquement, la religion laïcisée du Christ mène le bal…
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