ISBN : 9782226218667
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 2.81/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
La mère de Christine vient de Casablanca pour les fêtes de Noël. Mais les rapports mère-fille sont bouleversés par la maladie d’Alzheimer, la fille devient la mère, la mère redevient une petite fille…

Et si un jour nous devenions les parents de nos ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Christine Orban est née en 1954, son premier livre date de 1986, elle est l'épouse de l'éditeur Olivier Orban. Son nouveau roman, Le pays de l’absence, vient tout juste de paraître.
    Le livre est dédié à la mère de la narratrice et dès les premières pages on comprend qu'il est autobiographique en grande partie, même s'il est présenté comme un « roman ». A Paris, la romancière attend sa mère qui vient de Casablanca où elle habite, pour passer les fêtes de Noël. Tout de suite, dès les premières lignes, nous nous étonnons avec l'auteur de certaines attitudes ou réactions de cette mère âgée de soixante-douze ans qui ne veut pas se séparer d'une petite peluche trouvée, un singe, qu'elle croît être un animal vivant, chien ou chat, elle ne sait pas trop. Très vite l'évidence saute aux yeux du lecteur, la maladie d'Alzheimer est à l'œuvre, pourtant Christine Orban ne citera le mot qu'une seule fois durant tout ce roman et seulement au milieu du texte, dans le chapitre portant le titre de ce roman.
    Je dois reconnaître que ce genre d'ouvrage me met toujours mal à l'aise, les descriptions de maladies, leurs effets sur le corps et l'esprit me terrifient et j'évite ce genre de lecture quand je choisis mes livres. Ici, il s'agit d'un bouquin qui m'a été offert donc je m'y suis plongé, avec angoisse quand j'en ai deviné le sujet mais j'ai bien fait de persévérer car Christine Orban ne nous inflige pas des descriptions cliniques ou des réflexions qui vous mettent le moral dans les chaussettes. Pas de scènes d'hôpital ou de médecins, la vie de tous les jours avec ses petits riens qui dans ce cas deviennent des montagnes. Avec beaucoup de classe, grâce à un style d'écriture très léger, de minces chapitres faits de phrases simples et courtes, elle nous montre les effets de la maladie qui s'installe. On sourit même parfois, devant les réponses de cette femme vieillissante qui fut belle et courtisée, lorsqu'un éclair de lucidité la met en face de l'impotence qui s'impose.
    Le livre est aussi l'occasion pour l'écrivaine de dresser le parallèle entre les rapports inversés qui s'instaurent, petit à petit la fille devient la mère de sa mère, l'aidant à s'habiller, lui parlant comme à une petite enfant etc. Cette redistribution des cartes lui fait aussi prendre conscience qu'en réalité, depuis toujours la fille a tenté de protéger sa mère ce qui rendait leurs relations assez difficiles ou du moins particulières. Des pages pleines de tendresse, d'amour et de patience – car il en faut énormément – mais aussi d'agacement à devoir répéter sans cesse les mêmes choses simples, de honte un peu devant les autres, de tristesse bien sûr à voir un parent partir en lambeaux et perdre pied.
    Un sujet grave mais traité avec assez de légèreté et un certain sens de l'humour pour nous faire avaler la potion sans rechigner mais non sans nous faire réfléchir. Un très beau livre, au titre magnifique.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 10 janvier 2012

    Lali
    Il y a 25 ans, Christine Orban, qui s'appelait alors Christine Rheims signait un premier roman intitulé Les petites filles ne meurent jamais, un très beau roman que j'avais lu au moment de sa parution, autour d'une jeune femme qui ne veut pas quitter son enfance et à qui sa mère n'avait cessé de répéter cette phrase qui est devenue le titre du roman.
    Elle signe aujourd'hui Le pays de l'absence. Un récit poignant qui relate comment l'Alzheimer est entrée dans la vie de sa mère, puis dans la sienne. Comment la maladie a transformé l'une et l'autre. Alors que sa mère glisse doucement dans le pays tranquille de l'oubli où elle pose 50 fois par jour la même question, où tout lui fait peur, où elle se met à inventer pour cacher le fait qu'elle ne se rappelle plus de certains détails, Christine Orban qui a toujours eu des rapports difficiles avec sa mère, laquelle ne l'a jamais prise dans ses bras ou embrassée sauf lorsqu'elle pleurait, est démunie.
    Elle se trouve dans une situation qui l'épuise et qui l'attriste. Ce n'est pas parce que sa mère ne lui a pas appris la tendresse qu'elle ne l'aime pas. La mère n'a jamais compris sa fille. Elle a même passé sa vie à lui faire des reproches. Mais Christine Orban n'en est plus à l'heure des regrets, et le bilan sur cette relation complexe a été fait il y a longtemps. Il lui faut maintenant faire face à une situation à laquelle elle n'avait jamais songé : devenir la mère de sa mère et prendre soin d'elle comme on prend soin d'un enfant.
    Le pays de l'absence est un beau livre. Émouvant, sans tomber le pathos. Christine Orban ne sait pas laisser prendre au piège. Elle nous offre un témoignage sans fard et sans artifices sur une lente descente à laquelle elle est intimement mêlée, et curieusement, ferme une boucle entamée en 1986 par ces mots publiés en 2011 : « Est-ce que les petites filles peuvent mourir? » Je lui ai posé la question alors qu'elle brossait son opulente chevelure. J'avais cinq ans. « Les petites filles ne meurent jamais », m'avait-elle répondu. Pourquoi m'as-tu menti?
    La petite fille est morte alors que la mère en redevenait une.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/le-pays-de-labsence/
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 13 mars 2012

    carre
    Un très beau et touchant témoignage d'une femme qui découvre la maladie dégératrice de sa mère. Une mère aimée mais qui n'a pas forcément eu la relation qu'espérait sa fille. Les tensions se dissipent, les rancoeurs s'oublient alors que les caprices, les oublis, les absences se rapprochent alors que la tristesse, le désarroi mais aussi la lucidité gagne la fille. Christine Orban relate avec une grande sensibilité, sans fausse pudeur le chemin que prend sa mère, inéluctablement. Quand la vieillesse et la maladie inversent les rôles, un récit intimiste et bouleversant.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 13 juin 2011

    brigittelascombe
    Le pays de l'absence, le pays d'où l'on ne revient pas, voilà les mots que je mettrais en sous titre du livre auto biographique de Christine Orban car sont mis en parralèle dans son récit, la maladie dégénérative de sa mère qui fuit dans des limbes inconnues et le rendez vous manqué d'une relation qui n'a jamais été.
    Il y a celle qui ramasse et recueille un petit animal dans la rue qui s'avère être un singe en peluche,celle qui a peur, perd la tête,redevient enfant, celle qui perd ses repères,sourit, regarde à côté,celle qui est dépassée, à côté de ses pompes, qui est à la fois ici et ailleurs dans le présent.
    Il y a celle que l'on pressent à travers les yeux de sa fille, qui ne pensait rien d'elle,qui n'a pas engendré de souvenirs heureux,celle qui s'est mise en retrait lors de son mariage,celle qui n'acceptait pas son age et à cinquante ans avait peur de ne plus plaire mais qui a été vieille avant l'âge, celle qui ne connaissait pas la valeur des choses et envoyait à terre un vase Lalique, celle dont le regard ne voyait rien mais pourtant voyait tout, celle du passé qui rejoint le présent pour être loin d'ici et ailleurs à la fois.
    En fait, "Le pays de l'absence" est une longue lettre de désamour à l'absente pleine de reproches concernant son côté futile,difficile,narcissique, en retrait, mal aimante, une mère qui lui transmettait ses trouilles au lieu de la pousser, mais aussi pleine d'excuses. N'était elle pas trop jeune pour avoir un enfant? Et cette souffrance au fil des années?Et ce corps abimé,cette crevasse noire à la place d'un sein,ce bras amaigri par la paralysie?
    Elle voudrait tant Christine Orban, enrayer la colère, gommer les humiliations et la manipulation. Elle joue les infirmières, les mères Noël à Paris, si ce n'est au Maroc. Elle voudrait bien, mais...
    Un livre vrai, honnête, émouvant qui interroge sans jamais tomber dans la sensiblerie.
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    • Livres 1.00/5
    Par hexagone, le 04 mars 2011

    hexagone
    Le pays de l'absence porte magnifiquement son nom.
    Abscence de style, absence de sentiments, absence d'interêt littéraire.
    La relation fille mère pendant la longue dégénérescence de cette dernière.
    La mère atteinte de la maladie d'Alzheimer quitte le Maroc où elle mène une vie dorée pour passer les vacances de Noël auprès de sa fille.
    S'en suit une longue litanie sur les affres de la maladie, de ses conséquences quotidiennes pour cette vieille bourgeoise sénile, qui n'a au long de sa vie rien su faire que de mener grand train.
    La fille est desemparée par le mal et se livre à des introspections psychanalitiques sur leur relation.
    C'est creux à n'en plus finir et je me demande qui peut s'interesser au déclin d'une vieille bourgeoise qui attend ses caramels mous comme réconfort quotidien en serrant sa peluche.
    C'est nombriliste, parisianiste un genre de littérature que j'abbhore.
    Si vous aimez les romans où les gens parlent d'eux à longueur de pages dans un style aussi plat qu'une déclaration d'impôts vous serez comblés. Sinon ...
    Pour moi ce livre à déjà rejoint le pays de l'oubli.
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 04 mars 2011

    Maman, où es-tu ?
    Si on ne la connaît pas, maman, on pourrait croire qu’elle est là, bien dans sa tête, au point de s’y tromper. On pourrait le croire s’il n’y avait pas cette peluche, qu’elle ne quitte pas, sur ses genoux.
    Moi je sais.
    Maman n’est plus dans son regard.
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  • Par liratouva2, le 04 mars 2011

    «Au bout d’un moment, je me détourne de toi, épuisée. Ton univers est envahissant et vide à la fois. On ne peut y rester enfermé trop longtemps.
    Bonsoir, maman.»
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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    « Et si vieillir était de devenir ce que l’on est en pire ? J’ai mis du temps à comprendre que je ne devais plus tenir compte de ses paroles. Que cela ne vaut plus rien une parole de maman, un regard, une acceptation, une opinion, un jugement, un conseil, plus rien, pas tripette, « oualou », comme on dit chez nous. Maman dit et se contredit, elle affirme et infirme quelques instants après… et moi je chancelle, parce que, malgré le naufrage, le plus difficile, c’est de ne plus la croire.
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  • Par babounette, le 26 avril 2012

    Elle renverse la tête en arrière, son regard se perd. Je ne sais où. Un endroit lointain. Peu de gens vont si loin avec leur regard. Peut-être ceux qui contemplent le ciel. Mais c'est autre chose qu'elle observe ou qui l'observe.Ca fait peur.
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  • Par babounette, le 26 avril 2012

    Maman n'est plus dans son regard.
    Elle est assise en face de moi, mais son regard est parti.
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