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ISBN : 2843045886
Éditeur : Zulma (2012)


Note moyenne : 3.31/5 (sur 65 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Immortelles, ce sont les prostituées de Port-au-Prince. L’une d’elles prend à parti l’inconnu monté la voir au bordel. Apprenant qu’il est écrivain, elle lui propose un marché : contre son corps, écrire l’histoire des putains défuntes, emportées par le séisme sous l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 10 décembre 2012

    canel
    Elle est prostituée, il est écrivain et client de passage. Elle promet de lui laisser faire "tout ce qu'il voudra", s'il met en mots son histoire - ou plutôt celle de "la petite", en hommage, et pour la rendre immortelle. Cette petite, elle l'a tout de suite prise sous son aile quand elle a frappé à sa porte et a commencé à se vendre à douze ans, douze années plus tôt. La jeune femme se réfugiait dans les livres, la poésie ; elle est morte après douze jours d'agonie sous les décombres, suite au tremblement de terre qui a détruit Port-au-Prince en janvier 2010.
    Une histoire sur la prostitution, les relations mère-fille, l'amitié, le deuil, les catastrophes naturelles où tout bascule en quelques minutes dans une ville... Des phrases courtes, des chapitres très brefs (souvent 1/2 page), un récit intense, à lire d'une traite si possible, pour s'imprégner de cette narration à trois voix : celle de l'amie, celle de la mère imaginée par l'amie, celle de la jeune défunte via son journal intime.
    Un leitmotiv : le nombre "douze". Pourquoi ? Je l'ignore... C'est aussi la "note" que je lui attribue, et je ne saurais pas dire là non plus pourquoi je n'ai pas davantage apprécié ce roman.
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 07 mai 2013

    marina53
    Dans sa chambre, une pute se raconte. Contre ce qu'elle a à lui offrir, elle propose à son client d'un soir, alors écrivain, de raconter l'histoire de la petite. Se prénommant Shakira, cette jeune prostituée de 12 ans a disparu lors d'un séisme que le pays a subi en 2010. Passionnée par l'auteur haïtien Jacques Stephen Alexis, elle était éprise de liberté et était la prostituée la plus convoitée de la Grand-Rue, sous la protection bienfaitrice de la narratrice...
    Makenzy Orcel nous offre un texte brut, fort, dans un contexte dramatique. Roman à multiples voix, la pute, l'écrivain, Shakira et la mère de celle-ci, on oscille entre les bons sentiments, l'amour, la haine et la mort. Sans jamais nommer ce qui est arrivé et qui a tout dévasté, « La chose » a emporté avec elle bon nombre de souvenirs et de regrets que la prostituée veut justement rendre immortels grâce à cet écrivain de passage. A la fois fulgurant et cru, à l'écriture enlevée et hachée, ce roman est un très fort témoignage sur le souvenir et dépeint avec justesse et sensibilité ces destins à tout jamais détruits.
    Les immortelles... la voix du souvenir...
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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 08 octobre 2012

    IreneAdler
    Sous forme de stances (l'auteur est poète), ce roman parle des putes de Port-au-Prince. Enfin surtout d'une, Shakira, qui mit 12 jours à mourir sous les décombres du séisme de janvier 2010. La plus belle, la plus convoitée. C'est sa mère d'adoption, celle qui lui a tout enseigné, qui parle. Qui raconte, qui regrette. Qui essaye de comprendre, bien qu'elle soutient le contraire. Pour qu'elle ne soit pas oubliée, qu'elle devienne Immortelle par le miracle de la littérature, elle qui aimait tant lire.
    Un roman de l'urgence, pour ne pas oublier les hommes et les femmes morts dans cette catastrophe, qu'ils soient grands pontes ou petites gens. Ou prostituée.
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  • Par trust_me, le 02 décembre 2012

    trust_me
    « Tous les monstres de béton sont tombés. Tous les bordels. La Grand-Rue n'est plus ce qu'elle était. Mais nous, on ne mourra jamais. Nous, les putains de la Grand-Rue. Nous sommes Les immortelles. » Les immortelles sont les prostitués de Port-au-Prince. L'une d'elle témoigne après le tremblement de terre de janvier 2010. Elle confie sa parole à l'écrivain. le deal est simple : « Tu me donnes ce que je te demande et toi après tu pourras m'avoir dans tous les sens que tu voudras. » Elle veut laisser couler le sang des mots pour narrer l'histoire de la petite, une gamine fugueuse débarquée chez elle à l'âge de 12 ans et se faisant appeler Shakira. Une fillette devenue l'une des putes les plus courtisées de la capitale. « La petite, elle est morte après douze jours sous les décombres, après avoir prié tous les saints. » La petite avait quelque chose en plus, elle connaissait les livres. Une passion dévorante qui la rendait si singulière. le témoin s'épanche auprès de l'écrivain pour ne pas oublier, pour ne pas sombrer : « Je raconte pour toi, ma petite. Je te raconte et t'appelle de mon exil intérieur. […] Tous les mots de mon corps ne sauraient suffire pour dire la douleur de la terre. »
    Les immortelles est un chant de ruines. Oui, je dis bien un chant. Un chant lyrique où dominent la souffrance et l'abattement. Toute l'horreur de l'existence à travers de très courts chapitres de moins d'une page. Un style oralisé proche de la poésie en prose la plus libre. C'est brutal et dérangeant. La langue est belle, elle devrait secouer fortement le lecteur. Je dis « devrait » car malheureusement cela n'a pas été le cas pour moi. Difficile de l'avouer mais je suis passé à coté. Suis-je insensible à ce point ? Franchement la question se pose car ce texte avait tout me plaire et pourtant j'y suis resté totalement étranger, comme si je ne faisais que survoler les choses de très haut sans jamais m'immerger dans l'ignoble réalité. Peut-être à cause de la forme du témoignage, trop individuel. En comparaison, le chœur antique s'exprimant dans Certaines n'avaient jamais vu la mer m'a beaucoup plus touché. Je ne dis pas que Les immortelles est un mauvais premier roman, loin de là. Je dis juste qu'il n'était pas pour moi.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/12/les-immortelles-de-mak..
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 26 août 2012

    Sando
    En janvier 2010 a lieu à Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, un tremblement de terre qui causera la mort de plusieurs milliers de personnes. La narratrice, une prostituée qui a travaillé toute sa vie sur la Grand-Rue, demande à l'un de ses clients écrivain d'écrire sur ces femmes mortes à cause du séisme. Elle désire laisser une trace du passage de ces victimes que personne ne pleure et ainsi faire d'elles des immortelles.
    C'est donc la voix de cette narratrice hors norme qui nous parvient, cette fille des rues qui ne mâche pas ses mots mais dont la sincérité raisonne au plus profond de l'être. C'est sa douleur que l'on entend, sublimée par la plume de l'écrivain. Ses paroles pleurent le drame dans une somptueuse mélodie. Il y a de la poésie, de la beauté pour décrire cette catastrophe. L'écriture est belle et terrible dans sa retranscription du drame. La dureté du métier, sale et dégradant, qu'elle compare à l'esclavage, est décrite avec lucidité et transparence. La narratrice ne cache rien dans ces portraits de femmes qu'on achète pour un instant de plaisir. Elle fait également le portrait des clients : les pressés, les frileux, les violents…
    Mais si elle raconte, c'est avant tout pour se souvenir de Shakira, cette gamine qu'elle avait pris sous son aile et qui à douze ans avait déjà appris le métier de prostituée. Cette jeune rêveuse qui cherchait l'évasion, la liberté, à travers les livres. Si elle raconte tout ça, c'est pour ne pas oublier, pour protéger les souvenirs de « sa mémoire fissurée ». Un texte bouleversant donc, très court, qui se récite parfois plus qu'il ne se lit. A découvrir !
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Critiques presse (2)


  • Bibliobs , le 03 octobre 2012
    Certains «chapitres» - on aurait presque envie de parler de «strophes» - sont saisissants et se suffisent à eux-mêmes, dans un souffle qui laisse le lecteur pantelant. Roman, oui, mais porté par une langue charnelle et puissante.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 02 octobre 2012
    « Les Immortelles » est le premier roman bref et beau de Makenzy Orcel. Son style lyrique, limpide est d'une grande force. […] Un roman âpre et fulgurant. Une des révélations de cette rentrée littéraire.
    Lire la critique sur le site : LesEchos

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Citations et extraits

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  • Par canel, le 09 décembre 2012

    Je lui disais que la littérature n'est pas une chose pour des gens comme nous, pour les putes. De laisser ça à ceux qui n'ont rien à faire. Les bienheureux. Les ayants droit. Peut-être que j'avais tort. (p. 104)

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  • Par mimipinson, le 31 août 2012

    Non je ne veux pas oublier. Il faut que je la raconte cette histoire sur fond de phénomène bref, de jamais vu. Il faut que je te raconte, petite Nina-Shakira à moi. Que je cesse de perdre mon temps à la banalité de la vie. Aux dégâts du tragique. Aux choses qu’on a mis tout une vie à construire et qui disparaissent en moins d’une minute. Dans l’espace d’un cillement. Il faut avancer.

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  • Par Yuko, le 16 avril 2013

    La petite. Elle n'est pas morte. Elle n'a pas le droit de mourir. Je sens encore son odeur dans tout ce qui bouge. C'est l'odeur de catastrophe, l'odeur des cadavres qui monte de la rue, de tout ce qui bouge. Tous les monstres en béton sont tombés. Tous les bordels. La Grand-Rue n'est plus ce qu'elle était. Mais nous, on ne mourra jamais. Nous, les putains de la Grand-Rue. Nous sommes les immortelles.
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  • Par lululifat, le 26 septembre 2012

    Comment dire ? Comment trouver les mots pour dire son amour pour les livres ? Ces objets, disait-elle, qui prennent peu de place dans la maison, mais beaucoup à l'intérieur de soi, dans son coeur, qui font jaillir la lumière dans le coin le plus reculé, le plus sombre de soi-même.

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  • Par Myrinna, le 06 octobre 2012

    La petite. Elle est morte après douze jours sous les décombres, après avoir prié tous les saints. Cette nuit-là, la terre voguait, voltigeait. Dansait. S'abîmait pour s'exhumer d'elle même, se déchirait. Gisait au sol tel un mourant. Marchait sur ses propres décombres.

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