clairement, ce livre est un de mes coups de coeur de l'été. Au point où j'ai lutté en ce début de mois, pour ne pas acheter la totalité des aventures de Jeanne via Amazon lors de la commande d'un ouvrage universitaire qui me plombe d'avance le moral.
Au début, j'ai eu un peu de mal, mais je crois que ce n'est pas dû au livre en lui-même, mais surtout au lieu où je l'ai commencé – sur la plage, avec le soleil en plein visage, et une chaleur étouffante. Quoi que je fasse, je n'arrivais pas à concentrer trente secondes sur ce livre. Et puis, heureusement, j'ai des tendances insomniaques alors j'ai repris au début. Et je n'ai plus voulu le lâcher, je souriais bêtement devant chaque phrase, devant chaque métaphore.
Jeanne et son frère Thomas se retrouvent sur une île mistérieuse où vivent les mots : noms communs, adjectifs, pronoms, et invariables se sont matérialisés. Suite au tramatisme du naufrage de leur bateau, Monsieur Henri va tenter de leur faire retrouver la parole grâce aux mots et à la visite de l'île. Ils vont y découvrir le marché aux mots, et la dame qui prononcer tout les jours des centaines de mots pour ne pas les voir disparaitre comme ils ont pu disparaitre, de cette île aujourd'hui déserte. Jeanne apprendra à jouer avec les mots dans une usine, tandis que son frère retrouvera la parole grâce à la musique et au solfège. Grammaire et solfège même combat, de la rigueur et du travail afin de pouvoir un jour sortir une douce mélodie aux paroles enchanteresses.
Ce livre est accessible aux petits comme aux grands. On y retrouve le charme enfantin de l'héroïne avec sa naïveté et son discours acerbe à l'encontre de son frère Thomas. L'histoire est facile à comprendre pour les plus jeunes, et peut être une bonne approche pour les enfants qui ont du mal avec le Français à l'école. Remplis d'images, ce livre sera convaincre les plus réticents, des pouvoirs du Bescherelle. Pour les grands, on y trouvera des messages philosophiques, sur le pouvoir et l'utilisation des mots. Choses auxquels dans la vie quotidienne, nous ne prêtons plus trop attention. Et pourtant, chaque mot à sa signification et apporte son lot de conséquence dans nos vies, ce qu'on sous-estime trop souvent.
Je me souviens d'une citation ( je ne sais plus l'auteur si vous le savez, commenter) expliquant que la plupart de nos soucis avec autrui viennent d'une mauvaise utilisation des mots, plus que l'essence du message qu'on essaie de faire passer. Autrement dit, nous ferions mieux de ne pas crier trop vite victoire une fois les cours de Français de terminale réussi.
La Grammaire est une chanson douce m'a convaincue,
Erik Orsenna fait maintenant partie de mes auteurs à lire d'urgence, inconditionnellement. J'aime son discours, et les messages qu'il fait passer. J'aime ses aquarelles et les personnages qu'il décrit avec une grande sensibilité.Tous ces mots sont admirablement bien choisis, au point de me redécouvrir enfant avec une petite voix intérieure me criant que ce que je veux faire de ma vie c'est écrire. Écrire aussi bien que lui.
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