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> Bigre ! (Illustrateur)

ISBN : 2253149101
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 444 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.

Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.

Il me sembla qu'elle nous souriait, la pet... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Under_The_Moon, le 27 octobre 2012

    Under_The_Moon
    Peter Pan emmène Wendy et ses frères au Pays Imaginaire et Erik Orsenna , lui, emmène ses protagonistes sur l'île des Mots.
    Il signe-là un joli conte d'enfants...pour adultes !
    D'un coup, les mots et la grammaire prennent vie et ne sont plus de simples outils de communication !
    Beaucoup de jolies trouvailles, comme les boutiques et les distributeurs de mots, ou encore les horloges du temps.
    J'ai préféré la 2nde partie à la 1ère, où on est plus dans le vif du sujet. Et avec à la fin d'irrésistibles clins d'oeil à quelques grands écrivains français : Antoine de Saint Exupéry, Marcel Proust et Jean de La Fontaine. Ces présentations permettent aussi de comparer les styles des auteurs (vers et prose, phrases longues et phrases courtes).
    Un vrai délice !
    Et bien sûr je n'ai pas pu résister aux personnages des inspecteurs qui ne comprennent rien à l'enseignement et à la façon de transmettre aux enfants. le jargon jargonnant - qui s'évertue à couper les cheveux en quatre - est extrêmement réaliste et pointe quand même du doigt cet énorme décalage (bien problématique) qui existe - malheureusement - dans l'Education Nationale.
    Une jolie découverte avec de belles illustrations pour le plus grand plaisir du lecteur!
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    • Livres 5.00/5
    Par leluez, le 28 août 2012

    leluez
    Un adorable petit livre sur la langue, ses mots et leur agencement. Erik Orsenna nous conte notre langue, mais cela pourrait très facilement être transposé à une autre langue.
    Il lance au passage quelques piques à un enseignement exagérément rigoriste et trop éloigné de l'univers des enfants tout en suggérant un regard sur les mots et la façon de les agencer. Une bien jolie chanson douce que cette grammaire ! A partager sans compter. D'aucuns diront que l'histoire est un peu simplette. Toute simple, oui, mais si agréable et enchanteresse.
    Comment ça vous avez deviné que j'étais maitre d'école ?
    A lire et relire absolument.
    Merci à la Babelienne qui m'a donné l'envie de le redécouvrir.


    Lien : http://allectures.blogspot.fr/2012/08/la-grammaire-est-une-chanson-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 20 avril 2013

    Ellen-R
    J'ai lu La Grammaire est une chanson douce au courant du mois de janvier par un dimanche après midi pluvieux. Et je suis totalement tombée sous le charme de ce petit conte.
    C'est un magnifique hommage à la langue française. Je suis entièrement entrée dans l'histoire dès les premières lignes alors que j'ai eu peur au départ lorsque j'ai lu certains quatrièmes de couverture qui comparait Jeanne l'héroïne à Alice de Lewis Caroll... et j'ai énormément de mal d'habitude à m'attacher à ce type de conte. Mais Erik Orsenna nous fait entrer dans un monde magique où les mots chantent, dansent et virevoltent.
    Un récit plein de poésie et de douceur. Un livre à l'apparence enfantine à mettre entre toutes les mains: les adultes comme les enfants, ceux qui adorent la langue de Molière comme ceux qui se souviennent avec horreur de leur cours de grammaire.
    Erik Orsenna nous réconcilie avec notre dictionnaire et la grammaire française ! Un beau défi...
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    • Livres 2.00/5
    Par carre, le 23 mai 2012

    carre
    Je vais passer pour le mauvais élève de la classe. Nada, nichts, nothing, rien.
    J'imagine aisément le plaisir à lire ce conte pour mettre en avant ce que
    nous lecteurs aimons tant. Mais, je n'ai pas accroché un seule seconde. Rien ne m'a touché dans cette aventure dans le monde des mots. J'aurais aimé apprécier le charme ressenti par un très grand nombre, par la poésie, la jubilation et l'amour authentique d'Erik Orsenna pour la synthase et la grammaire. Alors, je souhaite de tout coeur que ce livre puisse donner l'amour du français et de la lecture à un grand nombre. Et promis, je consulte pour voir ce qui ne va pas chez moi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lynnae, le 09 novembre 2012

    Lynnae
    Ce très, très joli petit livre m'a été offert par Mathilda lors de la rencontre IRL de Moselle l'été dernier ^^ je l'en remercie encore mille fois !
    Je n'ai pas grand-chose à rajouter au résumé éditeur quant au contenu du livre. J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une merveille de beauté, de poésie, de douceur. Je ne m'attendais pas à ça, je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre. A une leçon de grammaire plate et ennuyeuse d'un auteur qui se pense divertissant ? Ça a été tout le contraire.
    L'écriture est magnifique, simple, douce et grave à la fois. Ce sont des choses sérieuses, mais le ton est léger. On apprend des notions de base de grammaire mais vraiment d'une manière simple, facile à retenir, intéressante et drôle. le titre porte merveilleusement bien son nom. Je n'aurais jamais pensé qu'on puisse expliquer la grammaire française sous cet angle. C'est instructif et distrayant à la fois. Sa simplicité même en fait sa richesse et fait réfléchir, comme lorsque Jeanne rencontre les mots « Je t'aime » …
    J'ai juste regretté qu'il soit si court, mais il y a beaucoup d'autres titres du même auteur pour prolonger la féérie^^ En quelques mots, je trouve que c'est une très belle histoire, simple, quotidienne, avec des personnages attachants, dont on se rapproche, car on les découvre en même temps qu'ils se redécouvrent eux-mêmes. Une merveilleuse histoire, un coup de cœur !

    Lien : http://falaiselynnaenne.wordpress.com/2011/06/22/la-grammaire-est-un..
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Citations et extraits

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  • Par claireogie, le 28 décembre 2010

    Brûlé, cet îlot, comme une galette des rois trop longtemps laissée dans le four. Et vide, absolument, de plantes, d’êtres vivants, de constructions, l’endroit champion du monde catégorie désert, imbattable au Livre Guiness des records (chapitre « Rien »). Un plateau rocheux marron foncé, détergé, délavé, récuré… Tel était l’endroit de charme où nous avions débarqué.
    Drôle de choix pour une excursion ! Monsieur Henri ne tarda pas à nous donner la raison de notre venue.
    - Vous savez pourquoi les déserts avancent, un peu partout sur notre Terre ? … Il suffirait de fermer les paupières pour la voir avancer vers nous, cette terrible armée de sable. On nous parle de réchauffement de la planète, de forêts dévastées… C’est sans doute vrai. Mais l’on oublie l’essentiel. Ici, il y a cent ans, vivaient deux villages, avec tout ce qu’il faut pour être heureux, des plantes, des paillotes, de l’eau douce, des femmes, des hommes, des enfants, des animaux…
    Je ne pouvais y croire.
    Ici, de la vie ! Sur ce carré de la désolation . Allons donc ! Je forçais mon cerveau à imaginer mais il refusait, il renâclait, il me prenait pour une folle.
    -… Un jour, une tempête aussi forte que la vôtre a soufflé sur cette île. Des arbres ont été arrachés, bien sûr, et des maisons se sont envolées. Mais tout le reste demeurait. Il suffisait de rebatir et l’existence aurait repris, comme avant, jusqu’à la prochaine tempête.
    Depuis quelque temps, je voyais sur la mer se multiplier des triangles noirs. Ils tournaient et retournaient autour de nous comme une ronde. Je ne compris pas tout de suite que c’étaient les requins. Peut-être que ces bêtes-là ne se nourrissent pas seulement de chair fraîche mais aussi d’histoires sinistres ? Et celle que contait Monsieur Henri n’avait rien de gai.
    Les habitants s’étaient fait, comme vous, nettoyer de tous leurs mots. Au lieu de venir chez nous les réapprendre, ils ont cru qu’ils pourraient vivre dans le silence. Ils n’ont plus rien nommé. Mettez-vous à la place des choses, de l’herbe, des ananas, des chèvres… A force de n’être jamais appelées, elles sont devenues tristes, de plus en plus maigres, et puis elles sont mortes. Mortes, faute de preuves d’attention ; mortes, une à une, de désamour. Et les hommes et les femmes, qui avaient fait le choix du silence, sont morts à leur tour. Le soleil les a dessséchés. Il n’est bientôt plus resté de chacun d’entre eux qu’une peau, mince et brune comme une feuille de papier d’emballage, que le vent, facilement, a emportée.
    Monsieur Henri s’est tu. Des larmes lui étaient montées. Sans doute avait-il des grands-mères, des grands-pères parmi les desséchés ? Il nous a reconduits à la pirogue. Les requins, après la fin de l’histoire, avaient disparu.
    - Vous savez combien de langues meurent chaque année ?
    Comment, privés des mots et encore plus des chiffres, aurions-nous pu lui répondre ? Je vous rappelle qu’après les cahots de la tempête et les agressions du vent, nos pauvres têtes ne pouvaient plus fabriquer la moindre phrase ! Nous parvenions tout juste à comprende ce qu’on nous disait.
    -Vingt-cinq ! Vingt-cinq langues meurent chaque années ! Elles meurent, faute d’avoir été parlées. Et les choses que désignent ces langues s’éteignent avec elles. Voilà pourquoi les déserts peu à peu nous envahissent. A bon entendeur, salut ! Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin.
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  • Par Nibelheim, le 11 août 2007

    " Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
    Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
    Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase.
    Il me sembla qu'elle nous parlait :
    - Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
    - Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
    Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
    Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. "
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  • Par Under_The_Moon, le 27 octobre 2012


    - Les mots sont de petites bêtes sentimentales. Ils détestent que deux êtres humains cessent de s'aimer.
    - Pourquoi ? Ce n'est pas leur affaire, quand même !
    - Ils pensent que si ! Pour eux, le désamour, c'est du silence qui s'installe sur Terre. Et les mots haïssent le silence.

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  • Par Nadael, le 02 juin 2010

    Les noms et les articles se promènent ensemble, du matin au soir. Et du matin jusqu'au soir, leur occupation favorite est de trouver des habits ou des déguisements. A croire qu'ils se sentent tout nus, à marcher comme ça dans les rues. Peut-être qu'ils ont froid, même sous le soleil. Alors ils passent leur temps dans les magasins. Les magasins sont tenus par la tribu des adjectifs. (...)
    Le nom féminin "maison" pousse la porte précédé de "la", son article à clochette.
    -Bonjour, je me trouve un peu simple, j'aimerais m'étoffer.
    -Nous avons tout ce qu'il vous faut dans nos rayons, dit le directeur en se frottant déjà les mains à l'idée de la bonne affaire.
    Le nom "maison commence ses essayages. Que de perplexité! Comme la décision est difficile! Cet adjectif-là plutôt que celui-ci? La maison se tâte. Le choix est si vaste. Maison "bleue", maison "haute", maison "fortifiée", maison "alsacienne", maison "familiale", maison "fleurie"? Les adjectifs tournent autour de la maison cliente avec des mines de séducteurs, pour se faire adopter. Après deux heures de cette drôle de danse, la maison ressortit avec le qualificatif qui lui plaisait le mieux : "hantée".
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  • Par VALENTYNE, le 18 septembre 2012

    La ville des mots

    Les habitants : Pas d’hommes ni de femmes ; aucun enfant. Les rues n’étaient parcourues que de mots. Des mots innombrables, radieux sous le soleil. Ils se promenaient comme chez eux, ils étiraient dans l’air tranquillement leurs syllabes, ils avançaient, les uns sévères, clairement conscients de leur importance, amoureux de l’ordre, de la ligne droite (le mot « constitution », les mots « analyse d’urine » bras dessus, bras dessous, le mot « carburateur »). Rien n’était plus réjouissant de les voir s’arrêter aux feux rouges alors qu’aucune automobile ne les menaçait. Les autres mots, beaucoup plus fantaisistes, incontrôlables, voletaient, caracolaient, cabriolaient comme de minuscules chevaux fous, comme des papillons ivres : « plaisir », « soutien-gorge », « huile d’olive »… Je suivais, fascinée, leur manège. Je n’avais jamais prêté assez d’attention aux mots. Pas une seconde, je n’aurais imaginé qu’ils avaient chacun, comme nous, leur caractère.
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