> Bigre ! (Illustrateur)

ISBN : 2253149101
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 219 notes) Ajouter à mes livres
«Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.

Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.

Il me sembla qu'elle nous souriait, la pet... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par argali, le 19 décembre 2010

    argali
    Pour une amoureuse de la langue, ce conte poétique est un plaisir savoureux. Un délicieux intermède entre deux romans, pour mieux goûter au bonheur de lire. Il m'a tant plu que je l'ai lu ensuite à mon fils. Il a adoré !
    On ne peut que se reconnaître dans la critique de l'académisme pédagogique de Mme Jargonos qui bannit les jeux de mots, les paraphrases, le plaisir pour décortiquer scientifiquement les phrases et les récits selon une grammaire normative. Cette abominable et acariâtre Mme Jargonos, qui affirme pourtant aimer la langue, tire son charabia directement des programmes français. Un régal... si on peut dire...
    Cette fresque allégorique et critique des méthodes pédagogiques en vigueur est à lire par tous les amoureux de la langue française et par les jeunes qui trop souvent la méconnaissent.
    " Bénissez la chance, mes enfants, d'avoir vu le jour dans l'une des plus belles langues de la Terre. le français est votre pays. Apprenez-le, inventez-le. Ce sera, toute votre vie, votre ami le plus intime. "
    A lire de 10 à 100 ans !
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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 13 décembre 2010

    100choses
    J'ai attendu Longtemps avant de me décider à ajouter ce livre à ma LAL, en effet à la lecture du titre, je n'étais pas particulièrement emballée et je m'attendais à un énorme pavé, essai long et barbant sur le bon usage de la langue française. J'ai finalement découvert, un tout petit livre plein de poésie, d'humour et d'émotion.
    Alors bien sûr, la leçon de français est bien présente, mais elle coule toute seule, comme un bonbon, je crois que j'aurais aimé étudier la grammaire dans ce livre quand j'étais en sixième, c'est clair, précis, vivant.
    J'ai été touchée par Thomas, pas très doué en français, mais qui trouve dans la musique, un moyen d'exprimer quand même librement ce qu'il ressent.
    J'ai aimé tout simplement cette langue simple, mais parfaite, où chaque mot est minutieusement choisi et « sonne » juste, ainsi que cette description des mots, en tant que petits êtres vivants, actifs, mais aussi fragiles, qu'il faut protéger, utiliser avec soin pour ne pas les user.
    Mais surtout, j'ai été fascinée par les secrets de la « pièce interdite », les rencontres que Jeanne y a faites m'ont vraiment émue.
    Maintenant j'ai très envie de lire les autres titres de cette série.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2010/02/18/orsena-erik-la-gram..
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    • Livres 5.00/5
    Par nephtalyne, le 08 septembre 2011

    nephtalyne
    clairement, ce livre est un de mes coups de coeur de l'été. Au point où j'ai lutté en ce début de mois, pour ne pas acheter la totalité des aventures de Jeanne via Amazon lors de la commande d'un ouvrage universitaire qui me plombe d'avance le moral.
    Au début, j'ai eu un peu de mal, mais je crois que ce n'est pas dû au livre en lui-même, mais surtout au lieu où je l'ai commencé – sur la plage, avec le soleil en plein visage, et une chaleur étouffante. Quoi que je fasse, je n'arrivais pas à concentrer trente secondes sur ce livre. Et puis, heureusement, j'ai des tendances insomniaques alors j'ai repris au début. Et je n'ai plus voulu le lâcher, je souriais bêtement devant chaque phrase, devant chaque métaphore.

    Jeanne et son frère Thomas se retrouvent sur une île mistérieuse où vivent les mots : noms communs, adjectifs, pronoms, et invariables se sont matérialisés. Suite au tramatisme du naufrage de leur bateau, Monsieur Henri va tenter de leur faire retrouver la parole grâce aux mots et à la visite de l'île. Ils vont y découvrir le marché aux mots, et la dame qui prononcer tout les jours des centaines de mots pour ne pas les voir disparaitre comme ils ont pu disparaitre, de cette île aujourd'hui déserte. Jeanne apprendra à jouer avec les mots dans une usine, tandis que son frère retrouvera la parole grâce à la musique et au solfège. Grammaire et solfège même combat, de la rigueur et du travail afin de pouvoir un jour sortir une douce mélodie aux paroles enchanteresses.

    Ce livre est accessible aux petits comme aux grands. On y retrouve le charme enfantin de l'héroïne avec sa naïveté et son discours acerbe à l'encontre de son frère Thomas. L'histoire est facile à comprendre pour les plus jeunes, et peut être une bonne approche pour les enfants qui ont du mal avec le Français à l'école. Remplis d'images, ce livre sera convaincre les plus réticents, des pouvoirs du Bescherelle. Pour les grands, on y trouvera des messages philosophiques, sur le pouvoir et l'utilisation des mots. Choses auxquels dans la vie quotidienne, nous ne prêtons plus trop attention. Et pourtant, chaque mot à sa signification et apporte son lot de conséquence dans nos vies, ce qu'on sous-estime trop souvent.
    Je me souviens d'une citation ( je ne sais plus l'auteur si vous le savez, commenter) expliquant que la plupart de nos soucis avec autrui viennent d'une mauvaise utilisation des mots, plus que l'essence du message qu'on essaie de faire passer. Autrement dit, nous ferions mieux de ne pas crier trop vite victoire une fois les cours de Français de terminale réussi.
    La Grammaire est une chanson douce m'a convaincue, Erik Orsenna fait maintenant partie de mes auteurs à lire d'urgence, inconditionnellement. J'aime son discours, et les messages qu'il fait passer. J'aime ses aquarelles et les personnages qu'il décrit avec une grande sensibilité.Tous ces mots sont admirablement bien choisis, au point de me redécouvrir enfant avec une petite voix intérieure me criant que ce que je veux faire de ma vie c'est écrire. Écrire aussi bien que lui.
    ______________________________

    Lien : http://parleleurderomans.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par AttrapeReves, le 06 octobre 2009

    AttrapeReves
    On pourrait se dire qu'écrit par un membre de l'Académie Française, ce livre sera ardu et rasoir. On pourrait. La réalité est toute autre : à travers les péripéties de Jeanne, 10 ans, nous découvrons un univers teinté de poésir où la sauvegarde des mots est vitale. Et plus Jeanne découvre la beauté de la langue française et plus notre esprit s'émmerveille de la richesse oubliée des mots. Simpliste ? Que nenni! le lecteur assidu saura faire la part des choses entre la part poétique de l'oeuvre et la triste réalité qu'elle retranscrit. Car, finalement, des mots, nous n'en utilisons pas tant que cela... Récit poétique pour les plus jeunes, point de départ à une réflexion plus poussée sur notre société actuelle pour les plus agés, la force de ce livre est s'adresser à tous sans exception. Un style fluide, précis, sans détour, un vocabulaire varié et riche, et des tournures grammaticales à faire rêver. Voilà ce que nous propose Erik Orsenna. Merci beaucoup pour ce moment unique!
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    • Livres 4.00/5
    Par Jessoya, le 24 juin 2010

    Jessoya
    C'est le titre qui m'attirait plus que tout. Si bien que, lorsque je l'ai eu finalement entre les mains, j'ai eu peur d'être déçue après avoir attendu aussi Longtemps pour un livre.
    Mais j'avais peur pour rien. J'ai adoré cette histoire! Je me suis reconnue dans le personnage de Jeanne, cette petite fille qui adore les mots, tous les mots. Surtout lorsqu'elle est dans l'usine à phrases et qu'elle se met à faire de longues phrases pleines d'adverbes et de compléments. C'est une jolie histoire sur l'amour du français et d'une langue et sur le danger de la voir disparaître si nous ne faisons pas attention. Je ferais bien le métier de la plus vieille femme du monde…
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Citations et extraits

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  • Par claireogie, le 28 décembre 2010

    Brûlé, cet îlot, comme une galette des rois trop longtemps laissée dans le four. Et vide, absolument, de plantes, d’êtres vivants, de constructions, l’endroit champion du monde catégorie désert, imbattable au Livre Guiness des records (chapitre « Rien »). Un plateau rocheux marron foncé, détergé, délavé, récuré… Tel était l’endroit de charme où nous avions débarqué.
    Drôle de choix pour une excursion ! Monsieur Henri ne tarda pas à nous donner la raison de notre venue.
    - Vous savez pourquoi les déserts avancent, un peu partout sur notre Terre ? … Il suffirait de fermer les paupières pour la voir avancer vers nous, cette terrible armée de sable. On nous parle de réchauffement de la planète, de forêts dévastées… C’est sans doute vrai. Mais l’on oublie l’essentiel. Ici, il y a cent ans, vivaient deux villages, avec tout ce qu’il faut pour être heureux, des plantes, des paillotes, de l’eau douce, des femmes, des hommes, des enfants, des animaux…
    Je ne pouvais y croire.
    Ici, de la vie ! Sur ce carré de la désolation . Allons donc ! Je forçais mon cerveau à imaginer mais il refusait, il renâclait, il me prenait pour une folle.
    -… Un jour, une tempête aussi forte que la vôtre a soufflé sur cette île. Des arbres ont été arrachés, bien sûr, et des maisons se sont envolées. Mais tout le reste demeurait. Il suffisait de rebatir et l’existence aurait repris, comme avant, jusqu’à la prochaine tempête.
    Depuis quelque temps, je voyais sur la mer se multiplier des triangles noirs. Ils tournaient et retournaient autour de nous comme une ronde. Je ne compris pas tout de suite que c’étaient les requins. Peut-être que ces bêtes-là ne se nourrissent pas seulement de chair fraîche mais aussi d’histoires sinistres ? Et celle que contait Monsieur Henri n’avait rien de gai.
    Les habitants s’étaient fait, comme vous, nettoyer de tous leurs mots. Au lieu de venir chez nous les réapprendre, ils ont cru qu’ils pourraient vivre dans le silence. Ils n’ont plus rien nommé. Mettez-vous à la place des choses, de l’herbe, des ananas, des chèvres… A force de n’être jamais appelées, elles sont devenues tristes, de plus en plus maigres, et puis elles sont mortes. Mortes, faute de preuves d’attention ; mortes, une à une, de désamour. Et les hommes et les femmes, qui avaient fait le choix du silence, sont morts à leur tour. Le soleil les a dessséchés. Il n’est bientôt plus resté de chacun d’entre eux qu’une peau, mince et brune comme une feuille de papier d’emballage, que le vent, facilement, a emportée.
    Monsieur Henri s’est tu. Des larmes lui étaient montées. Sans doute avait-il des grands-mères, des grands-pères parmi les desséchés ? Il nous a reconduits à la pirogue. Les requins, après la fin de l’histoire, avaient disparu.
    - Vous savez combien de langues meurent chaque année ?
    Comment, privés des mots et encore plus des chiffres, aurions-nous pu lui répondre ? Je vous rappelle qu’après les cahots de la tempête et les agressions du vent, nos pauvres têtes ne pouvaient plus fabriquer la moindre phrase ! Nous parvenions tout juste à comprende ce qu’on nous disait.
    -Vingt-cinq ! Vingt-cinq langues meurent chaque années ! Elles meurent, faute d’avoir été parlées. Et les choses que désignent ces langues s’éteignent avec elles. Voilà pourquoi les déserts peu à peu nous envahissent. A bon entendeur, salut ! Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin.
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  • Par Nibelheim, le 11 août 2007

    " Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
    Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
    Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase.
    Il me sembla qu'elle nous parlait :
    - Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
    - Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
    Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
    Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. "
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  • Par Nadael, le 02 juin 2010

    Les noms et les articles se promènent ensemble, du matin au soir. Et du matin jusqu'au soir, leur occupation favorite est de trouver des habits ou des déguisements. A croire qu'ils se sentent tout nus, à marcher comme ça dans les rues. Peut-être qu'ils ont froid, même sous le soleil. Alors ils passent leur temps dans les magasins. Les magasins sont tenus par la tribu des adjectifs. (...)
    Le nom féminin "maison" pousse la porte précédé de "la", son article à clochette.
    -Bonjour, je me trouve un peu simple, j'aimerais m'étoffer.
    -Nous avons tout ce qu'il vous faut dans nos rayons, dit le directeur en se frottant déjà les mains à l'idée de la bonne affaire.
    Le nom "maison commence ses essayages. Que de perplexité! Comme la décision est difficile! Cet adjectif-là plutôt que celui-ci? La maison se tâte. Le choix est si vaste. Maison "bleue", maison "haute", maison "fortifiée", maison "alsacienne", maison "familiale", maison "fleurie"? Les adjectifs tournent autour de la maison cliente avec des mines de séducteurs, pour se faire adopter. Après deux heures de cette drôle de danse, la maison ressortit avec le qualificatif qui lui plaisait le mieux : "hantée".
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  • Par kindersurprizzz, le 27 mai 2010

    Une phrase, c'est comme un arbre de Noël. Tu commences par le sapin nu et puis tu l'ornes, tu le décores à ta guise... Jusqu'à ce qu'il s'effondre. Attention à ta phrase : si tu la charges trop de guirlandes et de boules, je veux dire d'adjectifs, d'adverbes et de relatives, elle peut s'écrouler aussi.
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  • Par Nadael, le 02 juin 2010

    Fais confiance au papier, Jeanne. Les mots aiment le papier, comme nous le sable de la plage ou les draps du lit. Sitôt qu'ils touchent une page, ils s'apaisent, ils ronronnent, ils deviennent doux comme des agneaux, essaie, tu vas voir, il n'y a pas plus beau spectacle qu'une suite de mots sur une feuille.
    J'obéis. Je lâchai "fleur", puis "grignoter", enfin "diplodocus". Monsieur Henri ne m'avait pas menti : le papier était la vraie maison des mots. Sitôt couchés sur lui, ils cessaient de s'agiter, ils fermaient les yeux, ils s'abandonnaient, comme un enfant à qui on raconte une histoire.
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