> Jean Queval (Autre)

ISBN : 2070375161
Éditeur : Gallimard (1984)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 599 notes) Ajouter à mes livres
Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
" Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou poss... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 18 octobre 2011

    lehane-fan
    Petit précis de littérature devenu , à juste titre , un incontournable Classique avec un K majuscule...ou peut-etre un Q , je ne sais plus...
    La Ferme des Animaux ne m'a jamais attirée plus que ça , la faute en incombant certainement aux dizaines de rediff. des pérégrinations de la famille Ingalls dont j'ai été abreuvé jusqu'à plus soif...Naaan , Laura , je peux pas te laisser dire ça . Nellie Oleson n'est pas méchaaaante , elle est juste conne , jalouse , peste , vicieuse mais pas méchaaaante...Bref , saturation totale de tout ce qui pouvait toucher de pres ou de loin à un récit à caractere champetre , aussi profond soit-il...
    Errare Humanum Est ! Erreur réparée ! Plaisir maximal !
    Le Girl Poweeer est mort , place au Pig Power . Napoleon et Boule de Neige ont décidé , à la mort de Sage l'Ancien ( Sus Scrofa Domesticus également de son état ) d'appliquer pleinement ses préceptes à savoir que l'homme est mauvais pour le deux pattes et decident ainsi , aidés en cela par tous les animaux de la ferme , de s'en affranchir ! Jones et sa femme sont donc violemment priés de décamper , laissant désormais le champ libre à nos deux leaders non-charismatiques autoproclamés et désormais en charge de gerer le quotidien de l'exploitation et de tous leurs occupants .
    Des animaux parlant et conversant avec l'humain ne me dérangeaient pas quand j'avais...quatre ans . J'avais pour habitude , à l'époque , de guetter fébrilement le wagon de dessins animés du club Dorothée en réclamant impatiemment mon gouter journalier ! Une généreuse tartine de tripes au saindoux constituait immanquablement mon quatre heures à moteur , ceci expliquant cela...Le début fut donc quelque peu déroutant mais la force et l'intelligence du propos ici présent suffisent à focaliser le lecteur sur la démonstration plutot que sur les acteurs .
    Et le propos justement , quel est-il ? En à peine 150 pages , Orwell nous démontre magistralement que , placé dans un contexte particulier , tout un chacun , des lors qu'il est porté par une majorité , est à meme de devenir le libérateur tant espéré . Un prophete qui rapidement prendra les traits d'un dictateur , une fois le ou les opposants placés sous l'éteignoir . le fait d'utiliser la métaphore animaliere donne à ce récit un caractere intemporel ! Une situation que l'on a connu ( Staline , Hitler , Mussolini..) , que l'on connait toujours ( Castro , Kim Jong Il ...) et sans etre un voyant du niveau de la fille qu'a une chance sur deux de mettre dans le mille mais qui se plante systématiquement , j'ai nommé la tres naturelle Elizabeth Tessier ( ce qui me permet encore de décocher quelques sourires sans faire craindre à mon interlocuteur que mes coutures ne lui petent à la gueule ! ) , que l'on connaitra encore .
    Orwell démonte un à un les mécanismes du totalitarisme . Et notamment leurs dérives inhérentes .
    Premiere étape : un hymne glorifiant le combat victorieux et l'entrée dans L Histoire .
    Deuxieme étape : les tables de la loi . Ici , point de Décalogue mais sept lois ayant la particularité d'évoluer au gré du gentil dictateur sachant que ce dernier a plutot l'humeur changeante et arrangeante .
    Puis vient le temps du sacre . Les opposants ou les fideles de la premiere heure susceptibles de s'en réclamer n'etant plus là pour l'invalider ! Entouré de sa garde rapprochée , le gentil dictateur prendra bien soin d'abreuver le bon peuple de tous ses bienfaits tout en lui présentant systématiquement le traitre de service , éxutoire tout désigné de tous leurs malheurs . Puis viendra la megalomanie galopante assortie d'une legere paranoia exterminatrice . Un gouteur pour chaque plat , on ne sait jamais . Une rumeur , un bruissement de complot et c'est la disparition définitive des pseudo bélligérants , on ne sait jamais...
    Le gentil dictateur sait également s'entourer d'orateurs à la verve convaincante ! le lavage de cerveaux fait partie intégrante du processus ! le gentil dictateur est doté d'une modestie qui n'a d'égale que son altruisme . Il aime le faire savoir à l'envi !
    Orwell , de façon concise et méthodique , nous délivre un petit bijou fabulatoire à haute teneur en causticité !

    La Ferme des Animaux ou " Comment devenir un gentil despote " pour les nuls .
    Et m'sieur Orwell , visiblement , dans le cochon , tout n'est pas bon...
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 27 août 2008

    annie
    personnages

    Les évènements et les personnages de La Ferme des Animaux sont inspirés de l'histoire de l'Union soviétique.
    Orwell l'écrit de façon explicite au sujet de Napoléon qu'il associe à Staline dans une de ses lettres.
    Les autres personnages représentent souvent des concepts génériques et l'association avec un personnage historique n'est donné qu'à titre indicatif.
    *
    Animaux
    Sage l'Ancien
    C'est un vieux cochon qui, suite à un rêve, est l'initiateur des idées révolutionnaires. Il meurt peu après avoir exposé ses idées, qui seront mises en pratique par d'autres jusqu'à un certain point. Tel le mausolée de Lénine, son crâne est vénéré comme une idole dans les jeunes années de la révolution, jusqu'à ce qu'il tombe dans l'oubli et soit finalement enterré. Sage l'Ancien est inspiré de Lénine et de Karl Marx. Il symbolise également l'idéal communiste.
    Napoléon
    Un cochon corrompu qui devient le dirigeant de la ferme et instaure peu à peu un régime totalitaire. Il élève en cachette neuf chiots et, une fois ceux-ci devenus d'impressionnants molosses, en fait sa garde personnelle avec laquelle il expulsera Boule de neige de la ferme. Napoléon est inspiré de Staline.
    Boule de neige
    Un cochon à l'esprit inventif qui s'oppose aux idées de Napoléon. Contrairement à ce dernier (donc à Staline) et pareillement à Trotsky, il veut exporter la révolution.
    Après avoir été chassé de la ferme par Napoléon, Boule de neige sera considéré comme un traître à la solde des fermiers et deviendra le bouc émissaire de tous les malheurs qui frapperont par après la vie des animaux (destruction du moulin et saccages en tous genres, disparition de clés, ...).
    Bien que Boule de neige se fût toujours montré loyal avant son expulsion, tous les animaux le dénigreront et il tombera finalement dans l'oubli.
    Ce cochon est inspiré de Trotsky.
    Brille-Babil
    Un goret de petite taille, bien en chair, excellent orateur. Maître de la propagande, il justifie les actions de Napoléon en allant constamment parler aux animaux de la ferme. Lorsqu'il n'arrive plus à convaincre, il n'hésite pas à utiliser la menace voilée et l'intimidation. Pour cela il est escorté de deux ou trois chiens du cochon Napoléon.
    Au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire et de l'asservissement des animaux, Brille-Babil modifie subtilement pendant la nuit les Sept Commandements pour les rendre conformes aux décisions parfois arbitraires et contestables des cochons.
    De même, il influence la mémoire des animaux au sujet de la bataille de l'Etable. Avec tact, persuasion voire menace, il parvient à leur faire comprendre comment Boule de neige (Trotsky), héros de la révolution et décoré après ce combat, avait en fait tenté de les mener à leur perte au moyen d'un stratagème bien calculé.
    Brille-Babil symbolise la Pravda ou plus généralement tout l'organe de propagande.
    Malabar
    C'est un cheval de trait, le plus loyal des travailleurs de la ferme et d'une vénération sans borne pour Napoléon. Ses deux devises sont Je vais travailler plus dur et Napoléon ne se trompe jamais. Malabar est encensé par Napoléon, mais celui-ci le vendra secrètement à un équarrisseur pour toucher une récompense.
    Malabar incarne le stakhanovisme et toute cette génération de russes qui ont cru sincèrement et loyalement au régime soviétique.
    Moïse
    Un corbeau à la solde de M. Jones, puis de Napoléon. Il tente de convaincre les animaux de l'existence de la Montagne de Sucrecandi, le paradis des animaux, où ils vivraient après la mort.
    Il représente l'Eglise orthodoxe, et la religion en général, « opium du peuple » selon Marx.
    Lubie
    C'est une jument qui aime les rubans et autres colifichets (représentant le luxe), et qui aime être choyée par les humains. Elle préfère les flatteries et les sucreries à la « liberté » apportée par la révolution, et s'enfuira au service d'autres humains. Lubie représente les gens qui ont fui l'URSS après la révolution, tel les intellectuels qui émigrèrent en Europe au début des années 1920.
    Benjamin
    Un vieil âne sceptique concernant la révolution, car visionnaire : avant même que les cochons ne prennent le pouvoir, il savait que cela se terminerait mal. Ce dernier incarne George Orwell, c'est à dire l'auteur même du roman, qui était un cynique et s'opposait vivement au stalinisme. En s'incarnant dans un des personnages de son propre livre, l'auteur pouvait critiquer à sa guise le régime de l'URSS.

    Les moutons
    Ne comprenant rien, se ralliant au plus fort et ayant l'opinion de celui qui parle en dernier, ils sont habilement encadrés et manipulés par les cochons pour étouffer sous leur nombre et leur bêtise toute velléité protestataire.
    Ainsi, sur ordre des cochons, ils acclament systématiquement ces derniers et entonnent le refrain révolutionnaire Quatrepattes, oui ! Deuxpattes, non ! pour empêcher les contestataires de s'exprimer et ainsi clore les débats à l'avantage des cochons.
    Plus tard, sur ordre de Brille-Babil, ce refrain deviendra Quatrepattes, bon ! Deuxpattes, mieux !. Les moutons représentent la fraction de la population la plus endoctrinée.

    Les chiens
    Ce sont neuf molosses constituant la garde personnelle de Napoléon, permettant à ce dernier d'instaurer un régime de terreur. Les chiens symboliseraient les services et polices secrètes soviétiques (Tchéka, GPU, OGPU et NKVD)[réf. nécessaire].

    Humains
    M. Jones
    C'est le propriétaire initial de la ferme du Manoir, négligeant avec ses animaux qu'il oublie un jour de nourrir, provoquant ainsi une rébellion.
    Il est inspiré du Tsar Nicolas II.
    M. Whymper
    Un humain engagé par Napoléon pour servir d'intermédiaire dans les relations commerciales entre La Ferme des Animaux et les humains. Il incarne les États-Unis.
    M. Frederick
    Le propriétaire de la ferme de Pinchfield. Il représente Hitler et Pinchfield, l'Allemagne nazie.
    M. Pilkington
    Le propriétaire de la ferme de Foxwood. Il représente Churchill et Foxwood, l'Angleterre.
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    • Livres 5.00/5
    Par jwpack, le 29 mars 2012

    jwpack
    Décidément, avec « La Ferme des Animaux » George Orwell prend une place de choix parmi mes auteurs favoris. Un roman, qui selon certains réside dans le domaine de la science-fiction, est en fait un apologue.
    Paru au départ dans les Indes britanniques en 1945, il fut traduit et publié en français deux ans plus tard, soit en 1947. Ce bouquin est une grande analogie, une satire de la révolution russe et une critique du stalinisme.
    Une pure merveille. Je pourrais terminer mon billet sur ces trois mots, mais… élaborons un peu. Voulez-vous? Je vous expliquerai ici pourquoi ce roman est pour moi l'un des plus brillants. À mon avis, il égalise facilement « 1984 » du même auteur. Voyons ensemble pourquoi.
    Tout d'abord à la première lecture, moi qui ne suis pas tellement familier avec l'histoire de l'URSS, je ne perçus pas vraiment l'étroite similitude entre le bouquin et le passé. Il faut comprendre que les animaux de la ferme se révoltent, mais à mesure que le récit avance, nous sommes face à des agissements immoraux et frustrants de la part des dirigeants (les cochons). Ça devient même, à la limite, contrariant de voir tous ces personnages aussi idiots et incapables de raisonner comme il semblait l'être au départ.
    C'est après un peu de recherche, à la suite de ma lecture, que je fus sous le choc. Mais oui!!! C'est exactement ce qui se passait autour de l'an 1920 en URSS ! Et ce fut l'étonnement. Tous les morceaux se sont mis en place. le choc est lié surtout au fait que cette frustration que j'éprouvais était véritable, censée et réelle. Il y a des gens qui se sont laissé berner, beaucoup sont morts et je ressens aujourd'hui une telle forme d'impuissance que ça me sombre dans une profonde indignation.
    Évidemment, c'est du passé, mais ce roman nous fait comprendre à quel point l'être humain peut facilement être endoctriné par de fausses pensées. Les moutons bêlent toujours en groupe, les mêmes rengaines. Les cochons intelligents agissent sournoisement pour nous convaincre qu'ils sont mieux placés que nous pour diriger. Les chevaux de trait sont encore, aujourd'hui, à la tâche à travailler d'arrache-pied et à croire au système. Les corbeaux de l'église essaient, tant bien que mal, de rallier la population. Les chiens colosses des services secrets et de la police réussissent à faire peur aux gens pour qu'ils se taisent et se rangent du côté des moutons.
    Autant les personnages, le récit que le style d'écriture portent à vouloir en savoir plus, à nous questionner et à tenter de comprendre. C'est plutôt un roman philosophique, une critique virulente, et non cachée, d'une société et d'une tragédie qui, jadis, a fait des milliers de morts sans raison aucune. Comme ont dit les cochons : « Tous les gens sont égaux… mais il y en as plus égaux que d'autres ». Et aujourd'hui? Démocratie? Laissez-moi rire…
    Conclusion
    Un roman bouleversant qui dépasse la catégorie de science-fiction. Cette oeuvre doit être lue. Nous devons garder en souvenir nos erreurs du passé et, aujourd'hui, nous devons garder attentivement l'oeil ouvert.
    10 sur 10, mon premier coup de coeur 2012.
    On aime: La philosophie, la satire et la critique d'un drame, la puissance des mots et de l'analogie.
    On n'aime pas: … Rien

    Lien : http://www.sergeleonard.net/2012/02/12/la-ferme-des-animaux-de-georg..
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    • Livres 4.00/5
    Par Soundandfury, le 03 juillet 2011

    Soundandfury
    Un classique facile d'accès! Des passages amusants et une dénonciation des régimes totalitaires que même une ignare comme moi a réussi à comprendre.
    _______________________
    Un jour, les animaux de la ferme de M. Jones en ont assez: ils prennent le pouvoir. Ils chassent les humains, votent démocratiquement les décisions et s'occupent eux-mêmes des champs en chantant comme autant de Blanche-Neige et de Sept nains. Mais cette belle cohésion ne tarde guère à avoir du plomb dans l'aile.
    Je vais passer rapidement sur la référence à la révolution russe. L'histoire n'est pas ma tasse de thé et ce soir, je n'ai vraiment pas besoin de me retrouver sur les bancs de l'école. En plus j'ai une soirée raclette qui m'attend.
    Plus que le renvoi - assez évident - à une ou deux pages de l'histoire de l'humanité, j'ai aimé le ton caustique dont use Orwell pour nous dépeindre l'évolution du groupe. Au début, tout est parfait, idéal. Utopique. L'entente, l'abondance, le travail sans pression... J'ai adoré la manière dont les règles, peintes sur le bâtiment sont peu à peu dévoyées. Chacun se dit bien qu'il avait de la loi un souvenir différent, mais comme il y a toujours un mouton pour dire que non non, c'était bien comme ça et que le chef a toujours raison, tout passe, tout est gobé. La héros de guerre, le camarade, devient un couard puis un terroriste dans la mémoire collective.
    Excellent guide pour apprendre à manipuler les masses crédules. Comment entuber vos semblables en quelques leçons efficaces: Comment crier au loup et à l'insécurité, comment bien choisir son bouc émissaire, comment faire accepter violences et répressions d'état...
    Atelier pratique: prenez une vessie, faites-en une lanterne. Ce passage avec le fourgon de l'équarrisseur qu'on leur fait prendre limite pour le carrosse de Cendrillon... Délicieux!
    Je ne sais trop ce qu'il faut en déduire... Seuls ceux qui abusent de la crédulité et des rêves de la foule s'en sortent...
    C'est l'antichambre du cynisme, ce bouquin. Depuis que je l'ai lu, je rêve de fonder ma colonie de braves types avec pour devise "vous en avez marre de travailler plus pour gagner moins"? et de me la couler douce au soleil en les laissant bosser pour moi et m'aduler.
    On peut faire faire n'importe quoi à presque n'importe qui en le caressant dans le sens du poil, Orwell le pensais, je le pense aussi.
    Ce n'est pas un hasard si une certaine chaîne de TV hautement intellectuelle se plaît à envoyer de petits groupes dans des fermes.
    A lire pour l'humour, si vous êtes d'humeur joyeuse. Ou pour cette vision pessimiste d'un monde dans lequel la meilleure intention ne peut que mener à la catastrophe, si vous préférez.

    Ce livre pour...?
    Ce livre pour votre voisin, qui vous retient chaque soir 20mn devant la porte sous la pluie pour râler contre le gouvernement.
    Ce livre pour votre autre voisin, qui vous retient chaque soir 20mn devant la porte sous la pluie pour dire amen aux décisions du gouvernement.
    Ce livre pour votre ado, qui crie à la révolution dès que vous tentez de comptabiliser les caleçons qui tapissent les meubles de sa chambre.
    Et vive le bonheur, la paix dans le monde, Pocahontas (et les miss France)!

    Lien : http://talememore.hautetfort.com/archive/2011/01/08/tout-va-pour-le-..
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    • Livres 4.00/5
    Par CyrielF, le 02 avril 2012

    CyrielF
    La Ferme des Animaux est un classique que j'ai du lire en cours d'éthique et politique. A l'origine peu emballée par les récits dits historiques, j'ai pourtant été intriguée par la façon dont des animaux pouvaient représenter aussi bien des humains. La Ferme des Animaux présente une forte critique satirique du régime de l'URSS du début du siècle mais peut se rapporter, selon moi, à n'importe quel autre modèle de totalitarisme. Orwell réalise ici une parfaite analogie dans le choix des animaux : les cochons sont les dictateurs et les moutons, entre autres, représentent la population victime de ce coup d'Etat. Au fil de la lecture, on peut suivre la mise en marche du régime totalitaire instauré par les cochons et on assiste, impuissant, aux changements établis dans le règlement de base. Petit à petit, les autres animaux perdent leur statut de citoyens libres d'expression et doivent se plier entièrement à leurs chefs, tandis que ceux-ci deviennent de plus en plus avides de pouvoir.
    Bien que les protagonistes de ce roman soient des animaux, cela n'enlève en rien la gravité du sujet. Les étapes de l'instauration de cette dictature sont décortiquées avec un réalisme presque affolant : d'un régime annoncé démocratique dans lequel tous les animaux seraient égaux, la Ferme devient un Etat totalitaire pur et dur, dans lequel tous ceux qui refusent de se ranger aux côtés de l'idéologie imposée sont sévèrement punis. Les animaux assistent donc au déclin de ce qu'ils croyaient être leur paradis.
    J'ai aimé le fait que chaque catégorie de la population soit représentée par un animal spécifique : on retrouve les chevaux qui travaillent d'arrache-pied, les moutons qui bêlent à l'unisson, l'âne sceptique, les chiens qui terrorisent la population, et les corbeaux qui tentent de raisonner le reste. le récit montre bien comment une masse peut être endoctrinée à force de belles paroles et présente, sous forme de fiction, une réalité encore trop actuelle. La Ferme des Animaux se lit assez rapidement, grâce au style de George Orwell qui ne fait pas défaut. Finalement, c'est un roman qui m'a beaucoup marquée et que je recommande à tous les lecteurs désireux d'en savoir plus sur les fondements d'un régime totalitaire tout en prenant du recul par rapport au cours de l'Histoire telle qu'on la connaît.

    Lien : http://tetedelitote.canalblog.com/archives/2012/04/02/23903294.html
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Citations et extraits

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  • Par iarsenea, le 05 juillet 2010

    L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d'oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui les surplus. Qui laboure le sol ? Nous ! Qui le féconde ? Notre fumier ! Et pourtant pas un parmi nous qui n'ait que sa peau pour tout bien.
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  • Par Philou, le 14 mars 2012

    A mon retour d'Espagne, j'ai eu l'idée d'analyser le mythe soviétique dans une histoire qui pourrait être facilement comprise de presque tout le monde [...]. La forme exacte d'un tel récit ne s'est toutefois imposée à moi que le jour où [...] je vis un petit garçon d'une dizaine d'années qui menait un énorme cheval de trait le long d'un étroit sentier, le fouettant chaque fois qu'il tentait un écart. L'idée m'a frappé que si de tels animaux prenaient conscience de leur force, nous n'aurions plus aucun pouvoir sur eux et que les hommes exploitaient les animaux à peu près comme les riches exploitent le prolétariat. J'entrepris de considérer la théorie marxiste du point de vue des animaux. Il était clair que pour eux le concept d'une lutte de classes entre humains était fallacieux, puisque, quant il s'agissait d'exploiter les animaux, tous les humains s'unissaient contre eux : la véritable lutte se déroulait entre les animaux et les humains.

    George Orwell. Préface de l'édition ukrainienne de La ferme des animaux rédigée en 1947
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  • Par iarsenea, le 05 juillet 2010

    Ces scènes d'épouvante et ces massacres, ce n'était pas ce que nous avions appelé de nos voeux la nuit où Sage l'Ancien avait exalté en nous l'idée du soulèvement. Elle-même se fût-elle fait une image du futur, ç'aurait été celle d'une société d'animaux libérés de la faim et du fouet: ils auraient été tous égaux, chacun aurait travaillé suivant ses capacités, le fort protégeant le faible, comme elle avait protégé de sa patte la couvée de canetons, cette nuit-là où Sage l'Ancien avait prononcé son discours. Au lieu de quoi, elle n'aurait su dire comment c'était arrivé- des temps sont venus où personne n'ose parler franc, où partout grognent des chiens féroces, où l'on assiste à des exécutions de camarades dévorés à pleines dents après avoir avoué des crimes affreux.
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  • Par iarsenea, le 05 juillet 2010

    Et c'est de la sorte que furent promulgués les Sept Commandements, en gros caractères blancs, sur le mur goudronné. On pouvait les lire à trente mètres de là. Voici leur énoncé:

    1. Tout deuxpattes est un ennemi.

    2. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami.

    3. Nul animal ne portera de vêtements.

    4. Nul animal ne dormira dans un lit.

    5. Nul animal ne boira d'alcool.

    6. Nul animal ne tuera un autre animal.

    7. Tous les animaux sont égaux.
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  • Par Telenn, le 08 novembre 2010

    Les animaux s'attendaient au partage équitable qui leur semblait aller de soi. Un jour, néanmoins, ordre fut donné de ramasser les pommes pour les apporter à la sellerie , au bénéfice des porcs. On entendit murmurer certains animaux, mais ce fut en vain. [...]

    "Vous n'allez tout de même pas croire, camarades, que nous, les cochons, agissons par égoïsme, que nous nous attribuons des privilèges. [...] Nous sommes, nous autres, des travailleurs intellectuels. La direction et l'organisation de cette ferme reposent entièrement sur nous. de jour et de nuit nous veillons à votre bien. Et c'est pour votre bien que nous buvons ce lait et mangeons ces pommes."
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