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L'invention du bronzage : Essai d'une histoire culturelle1Ajouter à mes livres
L'une des principales révolutions culturelles du XXe siècle n'a, jusqu'à présent, guère suscité l'intérêt des historiens : celle qui a conduit le canon de la beauté pigmentaire de l'ordre du marbre à celui du ... > voir plus
Voici, pour le moins, un sujet d'actualité en cette période encore estivale : le bronzage ! Si beaucoup d'intellectuels – philosophes, sociologues, psychologues, historiens – se sont penchés sur les révolutions sociétales d'un 20ème Siècle qui n'a jamais été avare en bouleversements, chambardements et autres métamorphoses des usages et codes sociaux, peu – voire aucun -, se sont passionnés pour le hâle, lui préférant le goût, l'odorat ou le toucher. Parce que le bronzage - n'en déplaise à beaucoup -, est aussi une révolution, mais culturelle celle-là ! Si l'on remonte aux temps les plus reculés de notre civilisation, les élites grecques et romaines de l'Antiquité prônaient le brunissage pour les hommes. Les femmes, quant à elles, se devaient de conserver et de valoriser ce teint pâle, lactescent, ivoirin, symbole de supériorité et de distinction sociales, de richesse, d'opulence. Ce sentiment de suprématie d'un teint clair par opposition à la carnation mate ira grandissant tout au long de l'histoire de l'humanité. La religion chrétienne s'en emparera pour magnifier la pureté, la candeur, l'innocence, la fraîcheur et la virginité.
[…] l'une des grandes inventions culturelles du XXe siècle n'a, jusqu'à présent, guère suscité l'intérêt des historiens, au motif, inexprimé, qu'elle touche sans doute à l'absolu de l'ig-noble : celle qui a conduit le canon de la beauté pigmentaire occidentale de l'ordre du marbre à celui du bronze. Autrement dit, dans l'espace francophone, la révolution du bronzage, ce terme dont Émile Littré ne connaissait sous le Second Empire que l'acception sculpturale, voire galvanoplastique : « Action de recouvrir un objet d'une couche imitant l'aspect du bronze. » Un siècle plus tard, il s'agit toujours, au fond, de recouvrir d'une couche et de soigner une apparence, mais la chair a été substituée au plâtre, l'être humain luisant et frémissant à l'allégorie montée en pendule.
Dès l'été 1939, Marie-Claire présente une gamme de montures déclinant « écaille », « ivoire » et « ombrex ». Ce changement de statut est évidemment lié au croisement entre la nécessité physique de protéger ses yeux, rappelée incessamment par les journalistes comme par les médecins, et la découverte, même modeste encore, de la part d'esthétique qui peut entrer dans cet instrument dont l'usage a également un autre avantage symbolique : celui de rapprocher son porteur de l'apparence sportive (sports d'hiver) voire franchement aventureuse (aviation).
Colloque international "Ville et culture sous l'Occupation" . Colloque international "Ville et culture sous l'Occupation" Sciences Po Bordeaux sous la direction de Françoise Taliano-des Garets et Pascal Ory, 2-4 décembre 2010.http://www.mollat.com/livres/annette-wieviorka-ere-temoin-9782012790469.htmlhttp://www.mollat.com/livres/hubert-bonin-adrien-marquet-les-derives-une-ambition-bordeaux-paris-vichy-1924-1955-9782355270055.htmlhttp://www.mollat.com/livres/culture-medias-sous-occupation-des-entreprises-dans-france-vichy-9782735507009.htmlhttp://www.mollat.com/livres/pascal-ory-histoire-culturelle-9782130559658.htmlhttp://www.mollat.com/livres/vie-musicale-sous-vichy-9782870278642.htmlhttp://www.mollat.com/livres/henry-barraud-compositeur-aux-commandes-radio-essai-autobiographique-9782213655031.htmlhttp://www.mollat.com/livres/jean-pierre-bertin-maghit-les-documenteurs-des-annees-noires-les-documentaires-propagande-france-1940-1944-9782847360448.htmlhttp://www.mollat.com/livres/jean-pierre-rioux-culture-masse-france-belle-epoque-aujourd-hui-9782012791237.html