Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Robert Renard (Traducteur)

ISBN : 2859406808
Éditeur : Phébus (2000)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un livre-culte de la littérature d'aventure vécue.
Krasnoïarsk (Sibérie centrale), hiver 1920. L'homme vient d'apprendre qu'on l'a dénoncé aux " Rouges ", et que le peloton d'exécution l'attend. Il prend son fusil, fourre quelques cartouches dans la poche de sa p... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (6)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Feuillesdejoie, le 08 août 2012

    Feuillesdejoie
    Comme dans de nombreux textes concernant le Tibet et la Mongolie et écrits entre 1880 et 1955, la véracité des faits et informations fournies dans « Hommes, Bêtes et Dieux » du polonais Ferdynand Ossendowski (1876-1945) est à considérer avec la plus extrême réserve. Partant du principe que tout l'art du menteur (et du romancier) et de mentir au plus près des faits véritable, Ossendowski n'en délivre pas moins un livre pour le moins palpitant, du strict point de vue romanesque s'entend.
    Ossendowski possède pourtant dans son curriculum vitae assez de références véritables pour troubler le lecteur moyen, ce qu'il ne se prive pas de faire. N'est-il pas un scientifique authentique, ayant même usé ses fonds de culotte sur les bancs de la Sorbonne ? N'a-t-il pas été lié, plusieurs fois, aux milieux révolutionnaires russes ? Ou n'a-t-il pas pris parti, en définitif, pour la coalition de russes blancs qui a lutté dramatiquement contre les révolutionnaires bolcheviques ? Aventureuse, la vie d'Ossendowski l'a été, sans nul doute doute possible, mais pas dans les termes proposés par son récit. Pour s'en convaincre on consultera les éléments biographique de l'amiral Alexandre Koltchak, remarquable officier de marine russe, au gouvernement duquel Ossendowski fut un temps associé. La guerre entre bolcheviques purs et durs et leurs opposants, à la fois socialistes, militaires tsaristes, cosaques en mal de conquêtes ou sympathisants capitalistes, a été, comme toute guerre civile, d'une complexité bien réelle et soumise à des rebondissements spectaculaires de toutes sortes.
    Même si Ossendowski pratique son propre « montage romanesque » des événements, il en restitue souvent assez bien l'extrême confusion qui préside à la plupart de ceux-ci et l'extrême violence qui les caractérise presque tous. Il est probable que certains épisodes historiques décrits dans le livre soit assez conformes, en terme d'ambiance, à ce qui fut réellement vécu par l'auteur ou par les autres combattant de la guerre civile. L'ensemble des détails historiques sera malgré tout à recevoir avec réserve. Ces derniers semblent avoir été étudiés plus en détail par certains auteurs (on cite souvent le livre de Louis de Maistre « Dans les coulisses de l'Agartha, l'extraordinaire mission de Ferdinand Anton Ossendowski en Mongolie" paru chez Arché (Milano) en 2010, que je n'ai pas eu l'occasion de consulter) qui tendent à démontrer la fausseté pure et simple d'un grand nombre des épisodes évoqués dans l'ouvrage.
    Car outre la guerre civile, Ossendowski évoque également la vie religieuse et spirituelle des peuples de Mongolie et de l'Himalaya, et ses nombreuses rencontres avec leurs principaux responsables charismatiques. Ossendowski accrédite la thèse de l'existence, « quelque part », du fameux et fantasmatique royaume souterrain de l'Agartha, sur lequel régnerait le non moins fantasmagorique « Roi du Monde ». En ce domaine comme dans les autres, il semblerait qu'Ossendowski se soit largement inspiré d'autres auteurs ayant évoqué ce royaume merveilleux, tel l'écrivain chrétien Alexandre Saint-Yves d'Alveidre. Cela sera à vérifier.
    Ce que y vrai toutefois et que l'on mesure grâce à ce livre ce que furent les rêves d'une génération qui assistait, impuissante, à l'une des grandes dislocation historiques des forces chrétiennes d'Occident (la Révolution russe) et qui semblait, à court terme, en annoncer beaucoup d'autres. Il est probable qu'à la fois, pragmatiquement, ce livre discrédite aux yeux de l'Occident, la poussée matérialiste des bolcheviques, et que, par ailleurs, ce dernier projette sur un Orient de pacotille, le rêve d'un renouvellement spirituelle de l'humanité. Ce dernier mouvement est, du reste, toujours sensible aujourd'hui et on le constatera par exemple dans la grande réussite du Bouddhisme sous nos latitudes.
    «  Hommes, bêtes et dieu » rejoint donc une série de livres sur l'Orient pour le moins discutables, en terme de vérités historique d'une part, à la façon du fameux livre de Slavomir Rawitz « A marche forcé » qui évoque une évasion spectaculaire d'un goulag sibérien à travers désert de Gobi et l'Himalaya inventée de toutes pièces, et sur le plan spirituel d'autre part, tel l'ouvrage de Baird T. Spalding «  La vie des maîtres » ou la série d'évocations himalayennes de Lobsang Rampa (de son vrai nom Henry Cyril Hoskin) dont on sait aujourd'hui qu'elles n'ont été que de pures fictions pour le moins délirantes.
    Alors pourquoi continuer à lire « Hommes, bêtes et Dieux » et ses avatars ? Probablement parce qu'ils constituent des exercices littéraires réussis dont la cohérence est moins à rechercher dans la véracité des faits qu'ils exploitent, que dans la parfaite adaptation de ces derniers avec l'imaginaire d'une période donnée. L'analyse de ces données, dans la mesure où elles nous fascinent encore aujourd'hui, demeurent parfaitement d'actualité.

    Lien : http://feuilles.de.joie@gmail.com
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 31 janvier 2012

    le_Bison
    Bêtes, hommes et dieux.
    A travers la Mongolie interdite, 1920-1921.
    Ce n'est pas que de la littérature de voyage, un énième compte-rendu d'un écrivain en mal d'aventures, l'écriture d'une expédition folle à travers les contrées les plus reculées et les plus sauvages que m'offre aujourd'hui Ferdynand Ossendowsky. Non. Cela se passe au-delà des simples mots qu'il peut utiliser de sa plume. J'y retrouve de la magie, de la spiritualité, du non-rationnel qui marque d'une empreinte indélébile une telle aventure, le genre de truc à vous transformer un gars jusqu'à la fin de sa courte vie.
    Bêtes. Dans ce qualificatif, j'y vois surtout la sauvagerie des hommes, et surtout des « rouges ». Contraint à la fuite sans attendre sous peine de se voir devant un peloton d'exécution, l'auteur prend son fusil, quelques cartouches dans sa besace et affronte le froid, l'hiver, neiges et glaces, pour traverser la Sibérie centrale. Des rencontres parfois humaines, d'autres crapuleuses voire guerrières. Éviter les bolcheviks, les sympathisants, les représailles, les voleurs ou les mendiants prêts à vous vendre ; Se défendre avec son fusil, son couteau, sa machette ; Trouver un abri, s'isoler, se réchauffer, croiser des regards teigneux et impénétrables, sentir les bonnes âmes en un clin d'œil et repartir, toujours plus vers l'Est, toujours plus vers le Sud. du courage, notre auteur n'en manque jamais, de la ténacité et un certain esprit de survie pour plonger toujours vers l'antre des ténèbres. Préférer le noir aux rouges.
    Hommes. Derrière lui la Sibérie, devant la Chine, la Mongolie et le Tibet. Au fur et à mesure de ses avancées dans ces si lointaines contrées, Ferdynand (au bout du second bouquin, je me permets quelques familiarités) y croise des Hommes, de ceux qui possèdent âme et courage, armes nécessaires pour survivre dans une région si hostile et inhospitalière. Des hommes, des paysans, des fonctionnaires toujours prêts à lui apporter leurs aides, à le cacher des espions bolcheviks, à le conduire à travers montagnes plaines immenses et déserts terrifiants. Il troque le cheval contre le chameau, il dodeline plus qu'il ne galope mais l'essentiel est toujours d'avancer, son objectif, et de rester en vie pour me raconter quelques années plus tard ses perceptions de la vie, ses rencontres magiques, ses moments d'intenses émotions qu'une telle aventure lui a octroyé.
    Dieux. Au-delà de l'immensité des plaines de Mongolie, l'auteur découvre la « religion en jaune ». Dans ces montagnes, règne une atmosphère étrange. Des nuages, des volutes qui surplombent les falaises, des monastères et des hommes qui vivent de prières, de spiritualités, de magie presque. Ce ne sont plus des hommes, ce sont des saints, des Dieux vivants qui font forte impression auprès de notre écrivain-aventurier. Des rencontres marquantes qui frappent les esprits et apportent son lot de mysticisme surnaturelle. Ces hommes en jaune n'ont pas du tout la même vision du Monde, des autres que lui – que nous. Ferdynand au terme de son voyage, en reste profondément perturbé comme si il avait senti un étrange phénomène : celui de se sentir initié à une nouvelle religion qui en profondeur va chambouler votre âme.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=1528
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

    • Livres 2.00/5
    Par Walktapus, le 20 avril 2012

    Walktapus
    Lors de la débâcle blanche de l'hiver 1920, en Sibérie, Ossendowski qui avait des fonctions officielles dans le gouvernement de Koltchak prend le maquis pour fuir les Bolchéviks. Son périple l'amène jusqu'en Mongolie où il découvre des secrets mystiques lamaïstes, et rencontre von Ungern-Sternberg et le Boghdo Khan. C'est d'ailleurs pour cela que je l'ai lu, il y a quelques années.
    On ne le trouvait alors que dans une édition de 1969 dans la collection J'ai Lu l'Aventure Mystérieuse. Ca vaut tous les avertissements. Attention, auteur contesté, accusé de mythomanie. On sent bien dans le live qu'il n'est pas très clair. C'est trop beau par certains côtés, élusif par d'autres. Pour ce que je connais, ses rapports avec Ungern ou Sipaïlov sont évoqués rapidement, pas à la mesure du temps qu'il a passé à Ourga, et sans un mot sur le fait qu'il était devenu leur agent. Je laisse à d'autres le soin de se prononcer sur le côté mystique.
    Ca reste un livre curieux, mêlant aventure, survie dans la taïga, rencontre avec les peuples locaux, mysticisme et évocation de personnages célèbres, mais à prendre avec de grosses grosses pinces.
    Le bouquin est disponible en ligne (en anglais) auprès du projet Gutenberg. http://gutenberg.org/ebooks/2067
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Moan, le 09 septembre 2012

    Moan
    Ferdynand Ossendowski né en Lettonie, impliqué dans des mouvements révolutionnaires est arrêté et condamné à mort. Sa peine sera commuée en travaux forcés. Relâché en 1907. Il est nommé professeur quand éclate la révolution de février 1917. Rallié aux groupes contre-révolutionnaires, il est contraint de fuir. C'est cette fuite qu'il raconte: son itinéraire qui part de Krasnoïarsk en passant par la Mongolie extérieure, la Mongolie intérieure, le Tibet où il sera obligé de rebrousser chemin, refaire son parcours en sens inverse pour passer par la Mandchourie avant d'atteindre Pékin.
    Ce témoignage unique est intéressant , il permet de se rendre compte de la situation compliquée dans cette partie de l'Asie suite à la révolution russe. Les descriptions y sont parfois incroyables!!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par liberliger, le 14 octobre 2012

    liberliger
    L'auteur, à l'hiver 1920, dresse un plan fou: gagner le Tibet à pied. Et commence ce récit fabuleux, où l'aventurier, d'abord réduit à l'état de bête traqué par les loups, se lie à quelques fuyards qui n'ont, eux non plus, rien à perdre, Sous la forme d'un récit d'aventures transparaît un vaste panorama de l'Asie centrale au lendemain de la révolution bolchevique : Mongolie des khans et des lamas, Tibet inaccessible, Chine puissante et fragile,,,sans oublier les portraits de quelques grandes figures comme le baron Ungern von Sternberg, officier russe d'origine teutonne converti au bouddhisme !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Moan, le 09 septembre 2012

    C'est ainsi que voyagent les Mongols: au lieu de passer par le poste de relais, ils vont de troupeau en troupeau, y capturent à l'aide de l'ourga de nouveaux chevaux, dont les propriétaires font en même temps office de guides. Tous les Mongols ainsi réquisitionnés par droit d'ourga n'ont qu'une hâte: s'acquitter au plus vite de leur tâche; aussi galopent-ils à toute vitesse vers le troupeau suivant, afin de se décharger de leur mission sur le voisin. Un voyageur ayant le droit d'ourga peut attraper lui-même les chevaux; s'il ne trouve pas de gardiens, il peut contraindre ceux qui l'accompagnent déjà à continuer, en laissant leurs propres bêtes dans le troupeau où il fait sa nouvelle acquisition. Mais la chose ne se produit que très rarement car, par peur de litiges qui pourraient survenir, les Mongols n'aiment guère abandonner leurs animaux dans un troupeau appartenant à un autre gardien.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :

4,99 € (occasion)

   

Faire découvrir Bêtes, hommes et dieux par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz