> Sophie Benech (Traducteur)

ISBN : 2070404269
Éditeur : Gallimard (1998)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Depuis toujours, Sonia puise son bonheur dans la lecture et la solitude. C'est dans une bibliothèque que, à sa grande surprise, Robert, un peintre plus âgé qu'elle, qui a beaucoup voyagé en Europe et connu les camps, la demande en mariage. Avec Robert et, bientôt, leur ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 13 mai 2012

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Sonia est une femme qui dès les premières pages, pourrait paraître insipide. Si elle n'était pas aussi lumineuse. Depuis toujours, son bonheur réside dans les livres et la solitude avec laquelle ils nous enveloppent quelquefois. Elle est de ces femmes d'une telle douceur que cela en devient impressionnant.
    Dans les sous-sols sombres de la bibliothèque où elle travaille, elle va faire la rencontre d'un homme. Robert est un peintre bien plus âgé qu'elle, qui a connu la prison, les camps pendant la guerre, les voyages. Malgré leurs différences, il va la demander en mariage. Une demande qui arrive subitement, un coup de cœur.
    De leur union naîtra Tania. Sonia va délaisser la lecture pour s'occuper de sa fille, la prunelle de ses yeux. Quand Sonia aime, c'est inconditionnellement. Tania n'est pas comme sa mère. Son visage est ingrat, ses gestes sont lourds. Cependant, elle plaît aux hommes. Comme Jasia, qu'elle va rencontrer et dont elle va s'éprendre. Amitié ou amour? La question se pose mais n'a pas de réelle importance. Jasia ressemble à Sonia tout en étant son contraire. Une aura semble l'entourer, une lumière certes mais une lumière noire.
    Jasia va devenir la maîtresse de Robert. Malgré la tristesse, les difficultés, Sonia ne baissera pas les bras une seule fois. Elle porte en elle une sérénité qui semble inattaquable. Qu'importent les attaques, les coups. Elle continue à sourire au monde.
    Ce roman est impossible à mettre dans une catégorie. Il y a peu d'action, tout est presque dit dans la quatrième de couverture mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel de ce roman, c'est cette rencontre avec Sonia. Sonietchka.
    Laissez-vous emporter par cette douceur apaisante, par ce bonheur qu'elle porte en elle.
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
  • Par emmyne, le 06 mars 2012

    emmyne
    Un portrait de femmes, un portrait d'époque, qui n'a rien d'une saga. Un très court roman, presque une nouvelle, une centaine de pages, une lecture bien plus dense et subtile que celle si réductrice qu'annonce cette quatrième de couverture. A travers l'existence de Sonietcha - ainsi que celle de sa fille Tania - saisie à la fois dans le quotidien et la durée, dans sa pleinitude, c'est le tableau de la Russie de Staline, la Seconde Guerre Mondiale, le régime soviétique, la difficulté à vivre, la dimension que donne l'art à la vie, la difficulté et la liberté de l'exprimer par l'art. Quand vivre devient un art. Ou devrais-je écrire, l'art de vivre ?
    Sonietchka est lectrice, femme à la fois détachée et transparente, une figure aussi pâle que lumineuse.
    " Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre. [...] Elle éludait chaque jour et à chaque instant le nécessité de vivre ces pathétiques et glapissantes années trente en menant paître son âme dans les vastes pâturages de la grande littérature russe, plongeant dans les abîmes angoissants du très suspect Dostoïevski pour émerger dans les allées ombreuses de Tourgueniev, ou dans les manoirs de province réchauffés par l'amour généreux et dénué de principes d'un Leskov qualifié on ne sait pourquoi d'écrivain de second ordre. "
    Il ne s'agit pas d'une vie par procuration mais de cette autre dimension. A travers elle, se glissent, glissent, les années de communisme, les destins en une peinture éloquente teintée de dérision.
    Le mari de Sonietchka est un apikoïre, un libre-penseur, peintre, voyageur, réprouvé par le pouvoir. de vingt ans son aîné, il revient de cinq ans d'emprisonnement. Il reprendra peu à peu goût à la vie et le pinceau malgré les prisons qui l'entourent.
    " Il y avait longtemps qu'il ne bâtissait plus de projets. le destin l'avait conduit dans des lieux si sinistres, dans l'antichambre de l'enfer, sa volonté animale de survivre était presque à bout, et les crépuscules de l'existence d'ici-bas ne lui semblaient plus si attirants... "
    " C'est ainsi que, marchant à la queue leu leu, ils arrivèrent devant l'entrée de l'immeuble où, derrière des portes s'alignant le long d'immenses couloirs, on bâtissait consciencieusement et avec compétence un art socialiste convenable rémunéré, en sortant de temps en temps sur le palier sordide d'encombrantes variantes du géant chauve de la pensée... "
    Ce sera le personnage témoin de la société soviétique, un survivant du monde d'avant, comme sa fille, double reflet, libre et excessive - " génération déchue grandie dans le dénuement. " - sera celui du monde à venir, comme son amie Jasia sera celui du monde présent.
    " Elle était la fille de communiste polonais ayant fui l'invasion fasciste, chacun, par la force des choses, dans une direction différente : son père vers l'ouest, et sa mère, avec son bébé, vers l'est, en Russie. Cette dernière n'avait pas réussi à se fondre dans la masse des millions d'habitants de ce gigantesque pays et avait été charitablement déportée au Kazakhstan, où elle était morte après avoir vivoté tristement pendant dix ans, sans avoir perdu ses idéaux sublimes et absurdes. Jasia s'était retrouvée dans un orphelinat; elle avait manifesté un attachement à la vie peu ordinaire en survivant dans des conditions qui semblaient spécialement conçues pour tuer le corps et l'âme d'une enfant, et s'en était sortie grâce à sa faculté de tirer le maximum d'une situation donnée. "
    Ce roman n'est pas celui de la résignation ou de l'amertume, plutôt un consentement, un contentement. Il est le roman de la vérité, d'une profondeur insoupçonnée, celle de Sonietchka, celles des vérités historiques, sociales et intimes entre les lignes. Il est vivant ce roman aux phrases incisives et ciselées, fondamentalement humain.
    Elle n'est pas émouvante cette femme, elle est belle, à l'image de ce récit, une émotion fine.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2012/03/06/23597470.html
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    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION, le 24 janvier 2012

    EMOTION
    Petit ouvrage de 120 pages, à l'ecriture elegante et resignée. Une histoire plutot banale de l'après-guerre sovietique. Misère et trahisons, innocence et perfidie. Au milieu de tout cela Sonia qui ne vit que pour la lecture avant de rencontrer son futur mari, Robert, un homme largement plus agé qu'elle. Sonia et sa fille Tania, Sonia et l'amie de sa fille Jasia, Sonia et sa modestie touchante qui lui fera toujours penser qu'elle ne mérite pas le bonheur. Quand Robert partira, de même que Tania, la discrète Sonia retrouvera ses livres. La lecture comme baume pour atténuer le malheur ou comme fuite face au reel? Portrait de l'union sovietique grise et arbitraire, portrait d'êtres du quotidien qui veulent sortir la tête hors de l'eau quitte à être mesquins, portrait de l'amour des livres.
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    • Livres 3.00/5
    Par AmandineMM, le 27 janvier 2012

    AmandineMM
    Si je ne connaissais pas la nationalité de l'auteure avant de commencer ma lecture, je pense que je l'aurais devinée dès les premières lignes tant tout dans ce roman, de l'intrigue à la narration, en passant par les personnages, m'a rappelé les œuvres d'auteurs russes que j'ai lues. Cette littérature est l'une de celles que je considère comme les plus marquées par un certain style qui imprègne ses productions. C'est davantage un ressenti de ma part qu'une observation objective, mais si je devais donner les caractéristiques de cette « empreinte russe », je citerais un certain réalisme dans les ambiances et les cadres historico-spatiaux, des personnages assez désenchantés, une narration distante et ironique, et un humour subtil et pince-sans-rire, notamment. Tous ces éléments sont en tout cas présents dans ce premier roman de Ludmila Oulitskaïa : on y suit la vie de Sonia, surnommée Sonietchka, jeune femme qui m'a paru assez fade et à laquelle je ne suis pas parvenue à m'attacher. Il en a été de même pour les autres personnages, plutôt insignifiants et médiocres. La narration distante et ironique que j'évoquais ne favorise pas l'empathie, mais invite plutôt à l'observation. C'est un regard assez particulier, différent de celui auquel je suis habituée dans mes lectures, mais dans lequel j'aime me plonger de temps à autre.
    Sonietchka, dont le roman porte le nom, en est le personnage principal, autour duquel gravitent son mari et deux femmes : sa fille, Tania, et l'amie de celle-ci, Jasia. Toutes trois ont un caractère et une histoire assez différents, témoignant en quelque sorte de l'époque dans laquelle s'insère le texte et des changements qui s'y opèrent.


    Lien : http://minoualu.blogspot.com/2012/01/sonietchka-ludmila-oulitskaia.h..
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  • Par Aela, le 09 mars 2011

    Aela
    Un magnifique portrait de femme. Sonietchka (Сонечка) est une jeune fille peu avantagée par la nature. Sa passion, c'est la lecture. Elle rencontre son mari dans une bibliothèque. Des malheurs vont la frapper: la guerre, l'infidélité de son mari, puis la solitude..
    Elle trouvera malgré tout la force de continuer dans la lecture..
    Un portrait émouvant, une écriture qui fait penser à Tchékhov; une atmosphère intimiste font de ce livre un grand succès, couronné par le prix Médicis étranger de 1996.
    A découvrir en version bilingue..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 25 avril 2012

    Il était resté un long moment tout étourdi, planté devant la bibliothèque, la tête inclinée sur le côté, avec l'expression affamée et émerveillée d'un enfant face à un plat de gâteaux.
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  • Par bibliophage, le 20 février 2009

    [...] elle comprit que ses dix-sept ans de bonheur conjugal avaient pris fin [...] "Comme c'est bien qu'il ait désormais à ses côtés cette belle jeune femme, tendre et raffinée, cet être raffiné, cet être d'exception, comme lui ! songeait Sonia. Et comme la vie est bien faite, de lui avoir envoyée sur ses vieux jours ce miracle qui l'a incité à revenir à ce qu'il y a de plus important en lui, son art..." Vidée de tout, légère, les oreilles bourdonnant d'un tintement limpide, elle entra chez elle, s'approcha de la bibliothèque, y prit un livre au hasard et s'allongea en l'ouvrant au milieu. C'était La Demoiselle paysanne de Pouchkine.
    (p.89)
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  • Par Aela, le 09 mars 2011

    Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre.
    Elle avait pour la lecture un talent peu ordinaire, peut-être même une sorte de génie.
    Целых двадцать лет, с семи до дватцати семи, Сонетчка читала почти без перерыва. Она впадала в чтение как в обморок, оканчивавшийся с последней страницей книги.
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  • Par bibliophage, le 20 février 2009

    Quant à l'âme imperturbable de Sonietchka, enrobée dans son cocon de milliers de livres lus, bercée par le grondement et la fumée des mythes grecs, par la stridence hypnotique des flûtes moyenâgeuses, l'angoisse venteuse et brumeuse d'Ibsen, la pesanteur détaillée de Balzac, la musique astrale de Dante et le chant de sirène des voix pointues de Rilke et de Novalis, envoûtée par le désespoir moralisateur que les grands écrivains russes pointent vers le coeur même du ciel...
    (p.17-18)
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  • Par al, le 24 avril 2010

    Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre.
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