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Sophie Benech (Traducteur)
ISBN : 2070404269
Éditeur : Gallimard (1998)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 142 notes)
Résumé :
Depuis toujours, Sonia puise son bonheur dans la lecture et la solitude. C'est dans une bibliothèque que, à sa grande surprise, Robert, un peintre plus âgé qu'elle, qui a beaucoup voyagé en Europe et connu les camps, la demande en mariage. Avec Robert et, bientôt, leur fille Tania, Sonia n'est plus seule, elle lit moins, mais, malgré les difficultés matérielles de l'après-guerre, elle cultive toujours le même bonheur limpide, très légèrement distant et ironique. Des... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Mademoiselle_Lecture
Mademoiselle_Lecture02 octobre 2014
  • Livres 4.00/5
Sonia est une femme qui dès les premières pages, pourrait paraître insipide. Si elle n'était pas aussi lumineuse. Depuis toujours, son bonheur réside dans les livres et la solitude avec laquelle ils nous enveloppent quelquefois. Elle est de ces femmes d'une telle douceur que cela en devient impressionnant.
Dans les sous-sols sombres de la bibliothèque où elle travaille, elle va faire la rencontre d'un homme. Robert est un peintre bien plus âgé qu'elle, qui a connu la prison, les camps pendant la guerre, les voyages. Malgré leurs différences, il va la demander en mariage. Une demande qui arrive subitement, un coup de coeur.
De leur union naîtra Tania. Sonia va délaisser la lecture pour s'occuper de sa fille, la prunelle de ses yeux. Quand Sonia aime, c'est inconditionnellement. Tania n'est pas comme sa mère. Son visage est ingrat, ses gestes sont lourds. Cependant, elle plaît aux hommes. Comme Jasia, qu'elle va rencontrer et dont elle va s'éprendre. Amitié ou amour? La question se pose mais n'a pas de réelle importance. Jasia ressemble à Sonia tout en étant son contraire. Une aura semble l'entourer, une lumière certes mais une lumière noire.
Jasia va devenir la maîtresse de Robert. Malgré la tristesse, les difficultés, Sonia ne baissera pas les bras une seule fois. Elle porte en elle une sérénité qui semble inattaquable. Qu'importent les attaques, les coups. Elle continue à sourire au monde.
Ce roman est impossible à mettre dans une catégorie. Il y a peu d'action, tout est presque dit dans la quatrième de couverture mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel de ce roman, c'est cette rencontre avec Sonia. Sonietchka.
Laissez-vous emporter par cette douceur apaisante, par ce bonheur qu'elle porte en elle.
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cmpf
cmpf07 février 2015
  • Livres 3.00/5
Sonietchka est une jeune fille pour qui les romans sont aussi réels que la vie autour d'elle. C'est tout naturellement qu'elle travaille dans une bibliothèque. Elle y rencontre un lecteur qui à sa grande surprise la demande en mariage. Elle se donne à son nouveau rôle d'épouse puis de mère, s'étonnant toujours de sa chance qu'elle trouve imméritée quels que soient les aléas de sa vie. Elle a moins le temps de lire. Sa fille partie, son époux mort elle replonge dans ses fictions.
La quatrième de couverture dit que Sonietchka est un personnage féminin pur, lumineux. C'est assez vrai. Mais je m'interroge sur le propos du livre. On pourrait croire que l'intention était de montrer quelqu'un pour qui la vie dans les romans est aussi puissante que la vie réelle. Dans ce cas pourquoi faire de Sonietchka une fille laide, qui n'intéresse longtemps personne, pourquoi la faire plus ou moins abandonner la lecture pendant son mariage pour n'y revenir avec ardeur que dans la solitude. Finalement cela illustre le propos que m'avait adressé une collègue : « la lecture, c'est pour les frustrés. »
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emmyne
emmyne06 mars 2012
Un portrait de femmes, un portrait d'époque, qui n'a rien d'une saga. Un très court roman, presque une nouvelle, une centaine de pages, une lecture bien plus dense et subtile que celle si réductrice qu'annonce cette quatrième de couverture. A travers l'existence de Sonietcha - ainsi que celle de sa fille Tania - saisie à la fois dans le quotidien et la durée, dans sa pleinitude, c'est le tableau de la Russie de Staline, la Seconde Guerre Mondiale, le régime soviétique, la difficulté à vivre, la dimension que donne l'art à la vie, la difficulté et la liberté de l'exprimer par l'art. Quand vivre devient un art. Ou devrais-je écrire, l'art de vivre ?
Sonietchka est lectrice, femme à la fois détachée et transparente, une figure aussi pâle que lumineuse.
" Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre. [...] Elle éludait chaque jour et à chaque instant le nécessité de vivre ces pathétiques et glapissantes années trente en menant paître son âme dans les vastes pâturages de la grande littérature russe, plongeant dans les abîmes angoissants du très suspect Dostoïevski pour émerger dans les allées ombreuses de Tourgueniev, ou dans les manoirs de province réchauffés par l'amour généreux et dénué de principes d'un Leskov qualifié on ne sait pourquoi d'écrivain de second ordre. "
Il ne s'agit pas d'une vie par procuration mais de cette autre dimension. A travers elle, se glissent, glissent, les années de communisme, les destins en une peinture éloquente teintée de dérision.
Le mari de Sonietchka est un apikoïre, un libre-penseur, peintre, voyageur, réprouvé par le pouvoir. de vingt ans son aîné, il revient de cinq ans d'emprisonnement. Il reprendra peu à peu goût à la vie et le pinceau malgré les prisons qui l'entourent.
" Il y avait longtemps qu'il ne bâtissait plus de projets. le destin l'avait conduit dans des lieux si sinistres, dans l'antichambre de l'enfer, sa volonté animale de survivre était presque à bout, et les crépuscules de l'existence d'ici-bas ne lui semblaient plus si attirants... "
" C'est ainsi que, marchant à la queue leu leu, ils arrivèrent devant l'entrée de l'immeuble où, derrière des portes s'alignant le long d'immenses couloirs, on bâtissait consciencieusement et avec compétence un art socialiste convenable rémunéré, en sortant de temps en temps sur le palier sordide d'encombrantes variantes du géant chauve de la pensée... "
Ce sera le personnage témoin de la société soviétique, un survivant du monde d'avant, comme sa fille, double reflet, libre et excessive - " génération déchue grandie dans le dénuement. " - sera celui du monde à venir, comme son amie Jasia sera celui du monde présent.
" Elle était la fille de communiste polonais ayant fui l'invasion fasciste, chacun, par la force des choses, dans une direction différente : son père vers l'ouest, et sa mère, avec son bébé, vers l'est, en Russie. Cette dernière n'avait pas réussi à se fondre dans la masse des millions d'habitants de ce gigantesque pays et avait été charitablement déportée au Kazakhstan, où elle était morte après avoir vivoté tristement pendant dix ans, sans avoir perdu ses idéaux sublimes et absurdes. Jasia s'était retrouvée dans un orphelinat; elle avait manifesté un attachement à la vie peu ordinaire en survivant dans des conditions qui semblaient spécialement conçues pour tuer le corps et l'âme d'une enfant, et s'en était sortie grâce à sa faculté de tirer le maximum d'une situation donnée. "
Ce roman n'est pas celui de la résignation ou de l'amertume, plutôt un consentement, un contentement. Il est le roman de la vérité, d'une profondeur insoupçonnée, celle de Sonietchka, celles des vérités historiques, sociales et intimes entre les lignes. Il est vivant ce roman aux phrases incisives et ciselées, fondamentalement humain.
Elle n'est pas émouvante cette femme, elle est belle, à l'image de ce récit, une émotion fine.

Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/lectures/litter..
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Renod
Renod14 octobre 2014
  • Livres 4.00/5
Sonietchka passe sa jeunesse dans la brume de ses lectures. Elle lève le nez de ses livres le jour où le destin pousse Robert devant son bureau de bibliothécaire. Elle accepte la demande en mariage de cet artiste qui vit en relégation après une longue captivité. Viennent ensuite les années de bonheur conjugal, malgré les privations: Sophia donne naissance à une fille, Tania, la vie devient plus confortable et le couple peut s'installer à Moscou. Robert renoue avec l'avant-garde de la capitale et Sophia se consacre à tenir son ménage. Tania grandit dans cette atmosphère de bohème, s'émancipe et s'éveille tôt à la sensualité. Elle fait entrer une quatrième personne dans cette famille et dans ce roman : Jasia, une orpheline d'origine polonaise, qui entretiendra une liaison avec Robert. Ce dernier trouvera dans ce dernier amour l'énergie nécessaire pour réinventer sa création artistique.
Ludmila Oulitskaïa nous livre le récit de la vie simple et épanouie de Sonietchka, et ce malgré la guerre, la relégation, la pauvreté, la mise au ban. Sonietchka quitte l'imaginaire de son monde de lectrice pour bâtir un foyer d'amour et de bonheur. La douceur du tempérament de l'héroïne tranche avec tout le tragique de son époque.
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nath45
nath4531 juillet 2014
  • Livres 4.00/5
Si Sonietchka se répète « Seigneur, Seigneur, qu'ai-je donc fait pour mériter un tel bonheur … » nous lecteur nous sommes conscients du bonheur que nous apporte cette lecture.
L'histoire est simple, l'auteur nous conte la vie de Sonietchka, son amour dès son plus jeune âge pour la lecture, elle deviendra bibliothécaire. Sa vie de femme mariée avec Robert, peintre et plus âgé qu'elle, la naissance de sa fille, les difficultés matériels. Je vous avais prévenue l'histoire est simple mais sous la plume de l'auteur cela prend une dimension autre, elle réussit à nous faire entrer dans l'univers d'une femme émerveillé par son bonheur qui aux yeux de certaines n'en serait pas. Je vous invite à découvrir ce beau petit roman et à ne pas lire la quatrième de couverture qui dévoile toute l'histoire du livre.
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Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
fredhofredho26 décembre 2015
[…] voilà qu’il se trouvait devant une femme éclairée de l’intérieur par une réelle lumière, il pressentait en elle une épouse qui abriterait entre ses mains fragiles sa vie exténuée, recroquevillée contre terre, il voyait aussi qu’elle serait un doux fardeau pour ses épaules qui n’avaient jamais supporté de famille, pour sa virilité frileuse qui avait fui les charges de la paternité et les contraintes du mariage.
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fredhofredho29 décembre 2015
Sonietchka appliquait à présent à leur vie commune une sorte d'inexpérience inspirée et sacrée, et manifestait une sensibilité illimitée à tout ce que déversait en elle de grand, de sublime, d'un peu incompréhensible un Robert Victorovitch qui ne cessait de s'émerveiller en constatant à quel point son passé lui revenait régénéré et doté d'un sens nouveau à la suite de leurs longues conversations nocturnes. A l'instar du contact avec la pierre philosophale, ces nuits passées à bavarder avec sa femme enclenchaient un mécanisme magique de purification du passé...
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RenodRenod13 octobre 2014
Et chaque matin était peint aux couleurs de ce bonheur de femme immérité et si violent qu'elle n'arrivait pas à s'y accoutumer. Au fond de son âme, elle s'attendait secrètement à tout instant à perdre ce bonheur, comme une aubaine qui lui serait échue par erreur, à la suite d'une négligence.
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Caro29Caro2928 juillet 2012
La main toute-puissante du destin qui avait jadis désigné Sonia à Robert intervint alors dans la vie de Tania. L'objet de sa passion amoureuse était la femme de ménage de l'école, qui suivait également les cours du soir, Jasia, une jeune Polonaise de dix-huit ans au visage lisse comme un œuf fraîchement pondu. Leur amitié se noua lentement à un pupitre de l'avant-dernier rang. La vigoureuse et robuste Tania contemplait avec adoration cette fragile Jasia, transparente comme un flacon de pharmacie tout propre, et languissait de timidité.
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bibliophagebibliophage20 février 2009
[...] elle comprit que ses dix-sept ans de bonheur conjugal avaient pris fin [...] "Comme c'est bien qu'il ait désormais à ses côtés cette belle jeune femme, tendre et raffinée, cet être raffiné, cet être d'exception, comme lui ! songeait Sonia. Et comme la vie est bien faite, de lui avoir envoyée sur ses vieux jours ce miracle qui l'a incité à revenir à ce qu'il y a de plus important en lui, son art..." Vidée de tout, légère, les oreilles bourdonnant d'un tintement limpide, elle entra chez elle, s'approcha de la bibliothèque, y prit un livre au hasard et s'allongea en l'ouvrant au milieu. C'était La Demoiselle paysanne de Pouchkine.
(p.89)
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Video de Ludmila Oulitskaïa (2) Voir plusAjouter une vidéo
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