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> Sophie Benech (Traducteur)

ISBN : 2070404269
Éditeur : Gallimard (1998)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Depuis toujours, Sonia puise son bonheur dans la lecture et la solitude. C'est dans une bibliothèque que, à sa grande surprise, Robert, un peintre plus âgé qu'elle, qui a beaucoup voyagé en Europe et connu les camps, la demande en mariage. Avec Robert et, bientôt, leur ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par seblac, le 30 juin 2014

    seblac
    Un livre bref comme un moment de bonheur, une petite douceur. Pourtant la vie de Sonietchka pourrait paraître bien difficile, pour ne pas dire dure voire cruelle...Mais voilà la force de l'amour seule capable d'adoucir la vie et de grandir des êtres qu'on pourrait juger trop rapidement insignifiants, transparents. Ce petit récit est une histoire d'amours. Amour pour les livres qui sont bien plus que des amis. Amour des siens même quand ceux-ci se livrent à des trahisons qu'on pourrait estimer odieuses. Amour tout court. Douceur. Délicatesse. Un livre qui imprime sa marque bien longtemps après l'avoir refermé.
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    • Livres 4.00/5
    Par Mademoiselle_Lecture, le 02 octobre 2014

    Mademoiselle_Lecture
    Sonia est une femme qui dès les premières pages, pourrait paraître insipide. Si elle n'était pas aussi lumineuse. Depuis toujours, son bonheur réside dans les livres et la solitude avec laquelle ils nous enveloppent quelquefois. Elle est de ces femmes d'une telle douceur que cela en devient impressionnant.
    Dans les sous-sols sombres de la bibliothèque où elle travaille, elle va faire la rencontre d'un homme. Robert est un peintre bien plus âgé qu'elle, qui a connu la prison, les camps pendant la guerre, les voyages. Malgré leurs différences, il va la demander en mariage. Une demande qui arrive subitement, un coup de cœur.
    De leur union naîtra Tania. Sonia va délaisser la lecture pour s'occuper de sa fille, la prunelle de ses yeux. Quand Sonia aime, c'est inconditionnellement. Tania n'est pas comme sa mère. Son visage est ingrat, ses gestes sont lourds. Cependant, elle plaît aux hommes. Comme Jasia, qu'elle va rencontrer et dont elle va s'éprendre. Amitié ou amour? La question se pose mais n'a pas de réelle importance. Jasia ressemble à Sonia tout en étant son contraire. Une aura semble l'entourer, une lumière certes mais une lumière noire.
    Jasia va devenir la maîtresse de Robert. Malgré la tristesse, les difficultés, Sonia ne baissera pas les bras une seule fois. Elle porte en elle une sérénité qui semble inattaquable. Qu'importent les attaques, les coups. Elle continue à sourire au monde.
    Ce roman est impossible à mettre dans une catégorie. Il y a peu d'action, tout est presque dit dans la quatrième de couverture mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel de ce roman, c'est cette rencontre avec Sonia. Sonietchka.
    Laissez-vous emporter par cette douceur apaisante, par ce bonheur qu'elle porte en elle.
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  • Par emmyne, le 06 mars 2012

    emmyne
    Un portrait de femmes, un portrait d'époque, qui n'a rien d'une saga. Un très court roman, presque une nouvelle, une centaine de pages, une lecture bien plus dense et subtile que celle si réductrice qu'annonce cette quatrième de couverture. A travers l'existence de Sonietcha - ainsi que celle de sa fille Tania - saisie à la fois dans le quotidien et la durée, dans sa pleinitude, c'est le tableau de la Russie de Staline, la Seconde Guerre Mondiale, le régime soviétique, la difficulté à vivre, la dimension que donne l'art à la vie, la difficulté et la liberté de l'exprimer par l'art. Quand vivre devient un art. Ou devrais-je écrire, l'art de vivre ?
    Sonietchka est lectrice, femme à la fois détachée et transparente, une figure aussi pâle que lumineuse.
    " Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre. [...] Elle éludait chaque jour et à chaque instant le nécessité de vivre ces pathétiques et glapissantes années trente en menant paître son âme dans les vastes pâturages de la grande littérature russe, plongeant dans les abîmes angoissants du très suspect Dostoïevski pour émerger dans les allées ombreuses de Tourgueniev, ou dans les manoirs de province réchauffés par l'amour généreux et dénué de principes d'un Leskov qualifié on ne sait pourquoi d'écrivain de second ordre. "
    Il ne s'agit pas d'une vie par procuration mais de cette autre dimension. A travers elle, se glissent, glissent, les années de communisme, les destins en une peinture éloquente teintée de dérision.
    Le mari de Sonietchka est un apikoïre, un libre-penseur, peintre, voyageur, réprouvé par le pouvoir. de vingt ans son aîné, il revient de cinq ans d'emprisonnement. Il reprendra peu à peu goût à la vie et le pinceau malgré les prisons qui l'entourent.
    " Il y avait longtemps qu'il ne bâtissait plus de projets. le destin l'avait conduit dans des lieux si sinistres, dans l'antichambre de l'enfer, sa volonté animale de survivre était presque à bout, et les crépuscules de l'existence d'ici-bas ne lui semblaient plus si attirants... "
    " C'est ainsi que, marchant à la queue leu leu, ils arrivèrent devant l'entrée de l'immeuble où, derrière des portes s'alignant le long d'immenses couloirs, on bâtissait consciencieusement et avec compétence un art socialiste convenable rémunéré, en sortant de temps en temps sur le palier sordide d'encombrantes variantes du géant chauve de la pensée... "
    Ce sera le personnage témoin de la société soviétique, un survivant du monde d'avant, comme sa fille, double reflet, libre et excessive - " génération déchue grandie dans le dénuement. " - sera celui du monde à venir, comme son amie Jasia sera celui du monde présent.
    " Elle était la fille de communiste polonais ayant fui l'invasion fasciste, chacun, par la force des choses, dans une direction différente : son père vers l'ouest, et sa mère, avec son bébé, vers l'est, en Russie. Cette dernière n'avait pas réussi à se fondre dans la masse des millions d'habitants de ce gigantesque pays et avait été charitablement déportée au Kazakhstan, où elle était morte après avoir vivoté tristement pendant dix ans, sans avoir perdu ses idéaux sublimes et absurdes. Jasia s'était retrouvée dans un orphelinat; elle avait manifesté un attachement à la vie peu ordinaire en survivant dans des conditions qui semblaient spécialement conçues pour tuer le corps et l'âme d'une enfant, et s'en était sortie grâce à sa faculté de tirer le maximum d'une situation donnée. "
    Ce roman n'est pas celui de la résignation ou de l'amertume, plutôt un consentement, un contentement. Il est le roman de la vérité, d'une profondeur insoupçonnée, celle de Sonietchka, celles des vérités historiques, sociales et intimes entre les lignes. Il est vivant ce roman aux phrases incisives et ciselées, fondamentalement humain.
    Elle n'est pas émouvante cette femme, elle est belle, à l'image de ce récit, une émotion fine.


    Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/lectures/litterature-russe/commenta..
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    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION, le 24 janvier 2012

    EMOTION
    Petit ouvrage de 120 pages, à l'ecriture elegante et resignée. Une histoire plutot banale de l'après-guerre sovietique. Misère et trahisons, innocence et perfidie. Au milieu de tout cela Sonia qui ne vit que pour la lecture avant de rencontrer son futur mari, Robert, un homme largement plus agé qu'elle. Sonia et sa fille Tania, Sonia et l'amie de sa fille Jasia, Sonia et sa modestie touchante qui lui fera toujours penser qu'elle ne mérite pas le bonheur. Quand Robert partira, de même que Tania, la discrète Sonia retrouvera ses livres. La lecture comme baume pour atténuer le malheur ou comme fuite face au reel? Portrait de l'union sovietique grise et arbitraire, portrait d'êtres du quotidien qui veulent sortir la tête hors de l'eau quitte à être mesquins, portrait de l'amour des livres.
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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 26 décembre 2012

    kathy
    Dans la Russie des années 30, Sonietchka, dès son enfance, « tombe en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre ». Jusqu'au jour où, après avoir obtenu un diplôme de bibliothécaire, elle trouve un emploi dans la réserve en sous-sol d'une vieille bibliothèque.
    Un jour Robert Victorovich, artiste peintre, plus âgé qu'elle, la demande en mariage. de cette union naîtra une fille Tania.
    Ravivée à la vie, Sonietchka se consacre alors à ces deux êtres devant lesquels elle est en complète admiration. Admiration et bonheur qu'elle estime injustifiés, car elle est une jeune femme peu avantagée par son physique. Des années plus tard lorsque Robert « goûte aux plaisirs amoureux » avec Jasia, sa maîtresse-, Sonietchka éprouve enfin un certain soulagement ; heureuse qu'elle est alors de pouvoir partager ce pesant fardeau bienfaisant et enivrant avec une autre.
    Dans une très belle écriture, Ludmila Oulitskaïa nous propose dans ce court roman, un portrait de femme simple, mélancolique, altruiste, attachante MAIS heureuse malgré les vicissitudes et les mensonges de la vie.
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Citations et extraits

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  • Par Novodvorov, le 13 octobre 2014

    Et chaque matin était peint aux couleurs de ce bonheur de femme immérité et si violent qu'elle n'arrivait pas à s'y accoutumer. Au fond de son âme, elle s'attendait secrètement à tout instant à perdre ce bonheur, comme une aubaine qui lui serait échue par erreur, à la suite d'une négligence.

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  • Par Caro29, le 28 juillet 2012

    La main toute-puissante du destin qui avait jadis désigné Sonia à Robert intervint alors dans la vie de Tania. L'objet de sa passion amoureuse était la femme de ménage de l'école, qui suivait également les cours du soir, Jasia, une jeune Polonaise de dix-huit ans au visage lisse comme un œuf fraîchement pondu. Leur amitié se noua lentement à un pupitre de l'avant-dernier rang. La vigoureuse et robuste Tania contemplait avec adoration cette fragile Jasia, transparente comme un flacon de pharmacie tout propre, et languissait de timidité.
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  • Par bibliophage, le 20 février 2009

    [...] elle comprit que ses dix-sept ans de bonheur conjugal avaient pris fin [...] "Comme c'est bien qu'il ait désormais à ses côtés cette belle jeune femme, tendre et raffinée, cet être raffiné, cet être d'exception, comme lui ! songeait Sonia. Et comme la vie est bien faite, de lui avoir envoyée sur ses vieux jours ce miracle qui l'a incité à revenir à ce qu'il y a de plus important en lui, son art..." Vidée de tout, légère, les oreilles bourdonnant d'un tintement limpide, elle entra chez elle, s'approcha de la bibliothèque, y prit un livre au hasard et s'allongea en l'ouvrant au milieu. C'était La Demoiselle paysanne de Pouchkine.
    (p.89)
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  • Par Aela, le 09 mars 2011

    Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre.
    Elle avait pour la lecture un talent peu ordinaire, peut-être même une sorte de génie.
    Целых двадцать лет, с семи до дватцати семи, Сонетчка читала почти без перерыва. Она впадала в чтение как в обморок, оканчивавшийся с последней страницей книги.
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  • Par MonsieurTouki, le 10 mars 2013

    Elle se dressa sur son séant. Le lit grinça. Robert Victorovitch se retourna. Emergeant de l'immense chemise de nuit de Sonia pointait une petite tête blonde sur un cou trapu. La fillette se passa la langue sur les lèvres, sourit, et tira la manche de la chemise qui glissa aisément sur sa gorge par l'encolure. D'un mouvement du pied, elle fit tomber la couverture par terre, se leva, et l'immense chemise tomba sur le sol. Posant ses pieds menus d'enfant sur le plancher peint glacé, elle courut vers Robert Victorovitch, lui ôta des mains le rouleau de papier qu'il avait fini par trouver et prit sa place entre ses bras.
    "Un petit coup, si tu veux, mais vite !" déclara la petite fée pratique sans la moindre coquetterie, comme elle disait d'habitude à son bienfaiteur, le policier Malinine. Seulement là-bas, elle savait dans quel but elle faisait cela, tandis qu'ici, ce n'était ni par intérêt ni par calcul. Elle ignorait elle-même pourquoi.
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