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Sophie Benech (Traducteur)
ISBN : 2070404269
Éditeur : Gallimard (1998)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 150 notes)
Résumé :
Depuis toujours, Sonia puise son bonheur dans la lecture et la solitude. C'est dans une bibliothèque que, à sa grande surprise, Robert, un peintre plus âgé qu'elle, qui a beaucoup voyagé en Europe et connu les camps, la demande en mariage. Avec Robert et, bientôt, leur fille Tania, Sonia n'est plus seule, elle lit moins, mais, malgré les difficultés matérielles de l'après-guerre, elle cultive toujours le même bonheur limpide, très légèrement distant et ironique. Des... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
jeunejane07 mai 2016
  • Livres 5.00/5
Sonietchka vit en Bielorussie avec ses parents.
Elle est totalement imprégnée de ses lectures et devient bibliothécaire.
Elles est consciente de son physique ingrat mais n'en fait pas un drame ni un complexe.
Un jour, à la bibliothèque, elle fait la connaissance d'un artiste peintre récemment libéré des camps de concentration.
Il désire l'épouser.
Sonia va connaître, le bonheur, des soucis, des trahisons.
Mais elle traverse les épreuves en les acceptant, sans haine, sans ressentiment en témoignant beaucoup d'empathie pour les personnes qu'elle aime.
A la fin de sa vie, elle replongera dans la lecture et continuera à cultiver sa richesse intérieure qui lui permet de résister à tout.
Le premier roman de Ludmila Oulitskaïa est une découverte grâce à la liste de Fanfanouche 24 et sa liste "Les livres qui prennent soin de vous.
PS: Ne lisez pas la quatrième de couverture, elle livre toute l'histoire.
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Mademoiselle_Lecture
Mademoiselle_Lecture02 octobre 2014
  • Livres 4.00/5
Sonia est une femme qui dès les premières pages, pourrait paraître insipide. Si elle n'était pas aussi lumineuse. Depuis toujours, son bonheur réside dans les livres et la solitude avec laquelle ils nous enveloppent quelquefois. Elle est de ces femmes d'une telle douceur que cela en devient impressionnant.
Dans les sous-sols sombres de la bibliothèque où elle travaille, elle va faire la rencontre d'un homme. Robert est un peintre bien plus âgé qu'elle, qui a connu la prison, les camps pendant la guerre, les voyages. Malgré leurs différences, il va la demander en mariage. Une demande qui arrive subitement, un coup de coeur.
De leur union naîtra Tania. Sonia va délaisser la lecture pour s'occuper de sa fille, la prunelle de ses yeux. Quand Sonia aime, c'est inconditionnellement. Tania n'est pas comme sa mère. Son visage est ingrat, ses gestes sont lourds. Cependant, elle plaît aux hommes. Comme Jasia, qu'elle va rencontrer et dont elle va s'éprendre. Amitié ou amour? La question se pose mais n'a pas de réelle importance. Jasia ressemble à Sonia tout en étant son contraire. Une aura semble l'entourer, une lumière certes mais une lumière noire.
Jasia va devenir la maîtresse de Robert. Malgré la tristesse, les difficultés, Sonia ne baissera pas les bras une seule fois. Elle porte en elle une sérénité qui semble inattaquable. Qu'importent les attaques, les coups. Elle continue à sourire au monde.
Ce roman est impossible à mettre dans une catégorie. Il y a peu d'action, tout est presque dit dans la quatrième de couverture mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel de ce roman, c'est cette rencontre avec Sonia. Sonietchka.
Laissez-vous emporter par cette douceur apaisante, par ce bonheur qu'elle porte en elle.
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cmpf
cmpf07 février 2015
  • Livres 3.00/5
Sonietchka est une jeune fille pour qui les romans sont aussi réels que la vie autour d'elle. C'est tout naturellement qu'elle travaille dans une bibliothèque. Elle y rencontre un lecteur qui à sa grande surprise la demande en mariage. Elle se donne à son nouveau rôle d'épouse puis de mère, s'étonnant toujours de sa chance qu'elle trouve imméritée quels que soient les aléas de sa vie. Elle a moins le temps de lire. Sa fille partie, son époux mort elle replonge dans ses fictions.
La quatrième de couverture dit que Sonietchka est un personnage féminin pur, lumineux. C'est assez vrai. Mais je m'interroge sur le propos du livre. On pourrait croire que l'intention était de montrer quelqu'un pour qui la vie dans les romans est aussi puissante que la vie réelle. Dans ce cas pourquoi faire de Sonietchka une fille laide, qui n'intéresse longtemps personne, pourquoi la faire plus ou moins abandonner la lecture pendant son mariage pour n'y revenir avec ardeur que dans la solitude. Finalement cela illustre le propos que m'avait adressé une collègue : « la lecture, c'est pour les frustrés. »
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Mimeko
Mimeko01 août 2016
  • Livres 1.00/5
Années quarante en URSS, Sonietchka, jeune femme peu gracieuse, s'est réfugiée dans les livres et dans son travail de bibliothécaire; c'est là qu'elle fait connaissance de Robert, artiste peintre, mis quelque peu au ban du régime communiste, qui l'épouse deux semaines après leur rencontre. Tania, leur fille, plus intéressée par les sorties et les relations faciles, alignent les amants, sans que les parents ne s'en aperçoivent vraiment. Son amitié avec Jasia, une jeune femme de ménage au passé difficile (ayant connu la prostitution comme moyen de sortir de son milieu défavorisé) mais très libérée, va bouleverser l'équilibre de la famille.
Après un début prometteur nous présentant l'amour que Sonietchka éprouve pour les livres et la lecture, la narration de la rencontre avec Robert, qu'elle va épouser très rapidement, est sans aucune émotion, j'avais le sentiment de retrouver l'ambiance du roman de Kôbô Abe - La Femme des sables - retrouvant un goujat sans considération pour sa femme et cette dernière complètement soumise et inexistante.
L'enfance de leur fille Tania est, par la suite, traitée comme un fil qui se déroule sans affect, juxtaposant une série de situations et de personnages, une énumération assez superficielle, impersonnelle de faits que j'ai trouvée sans intérêt, des passages du coq à l'âne, et le final qui voit la relation extra conjugale (entre le mari de plus de 65 ans) et l'amie de Tania, environ 20 ans est pour le moins peu crédible, le tout, avec une écriture (ou une traduction) très décevante et un style épouvantable :
"Robert, l'air songeur, prêtait l'oreille aux échos assourdis d'un grondement de bonheur qui résonnait dans la moelle de ses vieux os, et essayait de se souvenir quand il avait éprouvé cette sensation".
"...on bâtissait consciencieusement et avec compétence un art socialiste convenablement rémunéré, en sortant de temps en temps sur le palier sordide d'encombrantes variantes du géant chauve de la pensée..."(p 84) Comprenne qui pourra.........
Grosse déception donc pour ce roman que j'ai terminé, car il ne fait que 108 pages mais que j'aurai facilement abandonné s'il avait fait plus de 250 pages. A part le début prometteur, le reste du roman est retombé comme un soufflé, je me suis ennuyée pendant cette lecture, très gênée par un style "à la truelle" . Il ne me reste qu'une question en tête : comment ce roman a t-il pu obtenir le prix Médicis 1996 (ex-aequo avec Himmelfarb de Michael Krüger resté dans les oubliettes - où Sonietchka devrait également se trouver à mon avis). J'ai une explication : j'ai trouvé à ce roman, un petit air germanopratin de bon ton.......mais je suis mauvaise langue..
Une très mauvaise expérience, et Ludmila Oulitskaïa est une auteure que je compte soigneusement éviter.
Mauvais pioche, en tête pour être la daube de l'année........
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emmyne
emmyne06 mars 2012
Un portrait de femmes, un portrait d'époque, qui n'a rien d'une saga. Un très court roman, presque une nouvelle, une centaine de pages, une lecture bien plus dense et subtile que celle si réductrice qu'annonce cette quatrième de couverture. A travers l'existence de Sonietcha - ainsi que celle de sa fille Tania - saisie à la fois dans le quotidien et la durée, dans sa pleinitude, c'est le tableau de la Russie de Staline, la Seconde Guerre Mondiale, le régime soviétique, la difficulté à vivre, la dimension que donne l'art à la vie, la difficulté et la liberté de l'exprimer par l'art. Quand vivre devient un art. Ou devrais-je écrire, l'art de vivre ?
Sonietchka est lectrice, femme à la fois détachée et transparente, une figure aussi pâle que lumineuse.
" Pendant vingt années, de sept à vingt-sept ans, Sonietchka avait lu presque sans discontinuer. Elle tombait en lecture comme on tombe en syncope, ne reprenant ses esprits qu'à la dernière page du livre. [...] Elle éludait chaque jour et à chaque instant le nécessité de vivre ces pathétiques et glapissantes années trente en menant paître son âme dans les vastes pâturages de la grande littérature russe, plongeant dans les abîmes angoissants du très suspect Dostoïevski pour émerger dans les allées ombreuses de Tourgueniev, ou dans les manoirs de province réchauffés par l'amour généreux et dénué de principes d'un Leskov qualifié on ne sait pourquoi d'écrivain de second ordre. "
Il ne s'agit pas d'une vie par procuration mais de cette autre dimension. A travers elle, se glissent, glissent, les années de communisme, les destins en une peinture éloquente teintée de dérision.
Le mari de Sonietchka est un apikoïre, un libre-penseur, peintre, voyageur, réprouvé par le pouvoir. de vingt ans son aîné, il revient de cinq ans d'emprisonnement. Il reprendra peu à peu goût à la vie et le pinceau malgré les prisons qui l'entourent.
" Il y avait longtemps qu'il ne bâtissait plus de projets. le destin l'avait conduit dans des lieux si sinistres, dans l'antichambre de l'enfer, sa volonté animale de survivre était presque à bout, et les crépuscules de l'existence d'ici-bas ne lui semblaient plus si attirants... "
" C'est ainsi que, marchant à la queue leu leu, ils arrivèrent devant l'entrée de l'immeuble où, derrière des portes s'alignant le long d'immenses couloirs, on bâtissait consciencieusement et avec compétence un art socialiste convenable rémunéré, en sortant de temps en temps sur le palier sordide d'encombrantes variantes du géant chauve de la pensée... "
Ce sera le personnage témoin de la société soviétique, un survivant du monde d'avant, comme sa fille, double reflet, libre et excessive - " génération déchue grandie dans le dénuement. " - sera celui du monde à venir, comme son amie Jasia sera celui du monde présent.
" Elle était la fille de communiste polonais ayant fui l'invasion fasciste, chacun, par la force des choses, dans une direction différente : son père vers l'ouest, et sa mère, avec son bébé, vers l'est, en Russie. Cette dernière n'avait pas réussi à se fondre dans la masse des millions d'habitants de ce gigantesque pays et avait été charitablement déportée au Kazakhstan, où elle était morte après avoir vivoté tristement pendant dix ans, sans avoir perdu ses idéaux sublimes et absurdes. Jasia s'était retrouvée dans un orphelinat; elle avait manifesté un attachement à la vie peu ordinaire en survivant dans des conditions qui semblaient spécialement conçues pour tuer le corps et l'âme d'une enfant, et s'en était sortie grâce à sa faculté de tirer le maximum d'une situation donnée. "
Ce roman n'est pas celui de la résignation ou de l'amertume, plutôt un consentement, un contentement. Il est le roman de la vérité, d'une profondeur insoupçonnée, celle de Sonietchka, celles des vérités historiques, sociales et intimes entre les lignes. Il est vivant ce roman aux phrases incisives et ciselées, fondamentalement humain.
Elle n'est pas émouvante cette femme, elle est belle, à l'image de ce récit, une émotion fine.

Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
fredhofredho26 décembre 2015
[…] voilà qu’il se trouvait devant une femme éclairée de l’intérieur par une réelle lumière, il pressentait en elle une épouse qui abriterait entre ses mains fragiles sa vie exténuée, recroquevillée contre terre, il voyait aussi qu’elle serait un doux fardeau pour ses épaules qui n’avaient jamais supporté de famille, pour sa virilité frileuse qui avait fui les charges de la paternité et les contraintes du mariage.
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jeunejanejeunejane07 mai 2016
Sonia avait beaucoup de lait , il coulait facilement, et la tétée, accompagnée de pincements, de tiraillements et de la morsure légère de ces gencives sans dents lui procurait une volupté que percevait mystérieusement son mari, qui s'éveillait infailliblement à cette heure matinale.
Il enlaçait le large dos de Sonia, le serrant jalousement contre lui, et elle défaillait sous le double poids de ce bonheur insoutenable.
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fredhofredho29 décembre 2015
Sonietchka appliquait à présent à leur vie commune une sorte d'inexpérience inspirée et sacrée, et manifestait une sensibilité illimitée à tout ce que déversait en elle de grand, de sublime, d'un peu incompréhensible un Robert Victorovitch qui ne cessait de s'émerveiller en constatant à quel point son passé lui revenait régénéré et doté d'un sens nouveau à la suite de leurs longues conversations nocturnes. A l'instar du contact avec la pierre philosophale, ces nuits passées à bavarder avec sa femme enclenchaient un mécanisme magique de purification du passé...
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RenodRenod13 octobre 2014
Et chaque matin était peint aux couleurs de ce bonheur de femme immérité et si violent qu'elle n'arrivait pas à s'y accoutumer. Au fond de son âme, elle s'attendait secrètement à tout instant à perdre ce bonheur, comme une aubaine qui lui serait échue par erreur, à la suite d'une négligence.
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Caro29Caro2928 juillet 2012
La main toute-puissante du destin qui avait jadis désigné Sonia à Robert intervint alors dans la vie de Tania. L'objet de sa passion amoureuse était la femme de ménage de l'école, qui suivait également les cours du soir, Jasia, une jeune Polonaise de dix-huit ans au visage lisse comme un œuf fraîchement pondu. Leur amitié se noua lentement à un pupitre de l'avant-dernier rang. La vigoureuse et robuste Tania contemplait avec adoration cette fragile Jasia, transparente comme un flacon de pharmacie tout propre, et languissait de timidité.
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