ISBN : B0046004HO
Éditeur : Editions de La Différence


Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Corps de Métier est le récit d'une dérive douce-amère. Carl - on songe un peu au Charlot des Temps modernes - oppose aux événements une inertie qui rend chaque situation cruellement cocasse: une histoire d'amour se noie dans des dilemnes inextricables, la mort clapote d... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par paulotlet, le 07 avril 2011

    paulotlet
    Paru en 1992, le deuxième roman de Jean-Luc Outers ne tient pas vraiment les promesses de L'ordre du jour. Outers nous livre une suite d'anecdotes, d'états d'âmes, de petits faits mis bout à bout sans jamais parvenir à raconter une histoire. On sourit, on s'émeut, on entre même un moment dans la belle histoire d'amour de Clarisse et Carl, on rit de la fatuité des petits chefs du ministère mais lorsqu'on referme ce Corps de métier c'est avec un sentiment de trop peu, comme si ce roman se terminait avant même d'avoir commencé.
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Citations et extraits

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  • Par paulotlet, le 28 mars 2011

    La découverte que le fonctionnaire n'est rien d'autre qu'une espèce, résume essentiellement l'expérience professionnelle de Carl. De manière plus ou moins accentuée, chaque métier moule le corps de celui qui l'exerce. Le fonctionnaire n'échappe pas à la gueule de l'emploi. Bien sûr, pas de façon aussi éclatante que le boucher, par exemple, dont le sang est à fleur de peau au point que l'on ne sait plus très bien de quel sang il s'agit: le sien ou celui de l'animal qu'il découpe. Pas question non plus de rivaliser avec la croque-mort dont le visage - qui sait, le corps tout entier - a pris le teint des cadavres qu'il embaume. A une échelle moindre, certes, le corps du fonctionnaire a pris la forme de son environnement. A force de vivre en symbiose avec son milieu, il s'est transformé lentement au fil des âges. C'est pourquoi - Carl en est convaincu - le fonctionnaire constitue une façon élémentaire d'être, une possibilité naturelle, une espèce particulière. L'infinie lassitude, le regard absent, le désir secret d'en finir sont peut-être communs au fonctionnaire et au chou-fleur. De même que ce brunissement qui, avec le temps, colore l'un et l'autre, maladie de l'épiderme qui n'est que le symptôme d'une désagrégation intérieure. Il faut revoir de fond en comble la taxinomie des espèces. Voilà l'oeuvre immense à laquelle Carl veut contribuer. Commencer par réduire à néant les lieux communs, les idées reçues. Bien sûr, un chou-fleur ne fait pas de jogging, ne construit pas d'autoroutes, ne regarde pas la télévision, ne se balade pas dans les supermarchés. Bien sûr - Carl entend déjà ses détracteurs - il ne pleure, ni ne rit, ni ne parle. Et encore quelqu'un s'est-il jamais penché sur le langage des chou-fleurs? Leur mutisme affiché n'en dit-il pas autant que tous les solliloques?
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