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« Il s’agissait simplement de moi, moi qui ne me voulait peut-être pas du bien, moi contre moi, moi toute seule contre moi. » (p. 50)
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Par wictoria le 16/12/2009
Un soir Monsieur Loyal est rentré trop tôt.
Moi j'étais au lit dans ma chambre minuscule avec sa toute petite fenêtre grillagée (ce n'était pas une chambre me semblait-il, mais bien un garde-manger, un lieu où l'on avait jadis entreposé des jambons et des pommes de terre parce qu'il y faisait sec, frais et sombre, et où l'on m'avait rangée pour les mêmes raisons, c'était, disait maman, le meilleur endroit de la maison). Je dormais et ce furent les éclats de voix qui venaient du salon qui me réveillèrent.
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"Mais Rose ne remarquait ni ne pensait à personne. C'était juste une princesse, avec son hennin et ses voiles, sa traîne de huit mètres et ses bracelets tintinnabulants aux poignets." (p. 15)
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: « Comment avait-elle osé partir et ne pas m’emmener ? J’ai pris la disparition de maman entre mes mains, j’en ai fait une boule toute serrée, je l’ai avalée pour que l’ennemi ne la trouve pas. » (p. 52)
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« Je m’appelle Rose comme ma mère. » (p. 21)
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« Je fabrique quelque chose, j’ajoute à cet appareil une pincée de tout de que je connais de maman Rose et de Markus, je saupoudre, je colmate et j’invente jusqu’à ça tienne debout, je m’échine à ce que leur histoire tienne debout. » (p. 108)
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Par kathy le 21/05/2011
Retournons à la caravane, dit-elle.
Il avala sa salive.
Il se dit, il faut que nous nous arrêtions en chemin, que je trouve un truc à fumer, que je puisse boire quelque chose de fort, que nous nous perdions en route, que la neige se remette à tomber, que nous soyons pris dans le blizzard, que son cinglé de frère surgisse, il faut que nous ne puissions pas atteindre la caravane, que nous fassions tous les bars du coin, qu’elle tombe, que je m’endorme brutalement sur le trajet, que je fasse un infarctus, qu’un nuage toxique s’abatte sur la ville, que se produise un grand incendie, que les Nord-Coréens attaquent, que ma mère débarque et me demande de l’aide pour sortir sa voiture des congères, il faut que je propose autre chose.
Puis Markus s’est dit, putain j’ai jamais eu aussi peur.
Alors ils ont marché en ville l'un à côté de l'autre, Rose tenait son vélo à la main, puis ils ont avancé le long du petit canal gelé pour rejoindre l'endroit où la caravane mourait tranquillement. Elle a parlé beaucoup, ce qui évitait à Markus de se servir de sa voix,... il entandait sa voix dans la neige, et ce ronronnement parvenait à lui faire reprendre des forces, lui permettrait de créer de brefs scénarios pour leur arrivée dans sa chambre, des projections qu'il abandonnait et modifiait au gré de son anxiété.
Quand il a ouvert la porte, espéré casser la clé dans la serrure, réussi tout de même à pénétrer dans la caravane, il s'est dit, on y est, je ne peux plus rien faire contre ça.
Il l'a prise dans ses bras et l'a embrassée.
Elle a semblé soulagée.
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Par kathy le 21/05/2011
Markus M. est un garçon qui me plaît.
Je pense à lui maintenant que je sais qu'il a fait une tentative de suicide avec une corde à sauter dans la cellule d'une prison au milieu d'une ville où je n'ai jamais mis les pieds.
Je peux penser à lui et il m'apparaît sale et beau et tendre comme quelque chose qui sortirait d'une huche à pain, comme quelque chose qui serait précieux, qu'on aurait déposé dans la sciure pour ne pas le casser.
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Par Pauline le 05/04/2008
Fais-nous confiance, répétaient-ils, et je faisais l'étonnée, comment ne pas vous faire confiance les gars, vous avez de si jolies blouses blanches même pas tachées de sang, vos yeux sont si clairs et si francs, vos mains tremblent légèrement- abus d'armoires à pharmacie?- , mais c'est un élément rassurant, ces mains prises d'un léger tremblement, ça vous rend accessibles,vous n'êtes donc pas de parfaits androïdes, tes parents sont-ils gentils avec toi? , je les regardais et j'imaginais leur femme , leurs enfants, leur maîtresse, leur maison et leur Range Rover, et l'école ça va l'école?, eux cherchant une réponse, quelque chose qui étaierait les diagnostics déjà inscrits dans les dossiers avant même que j'ouvre la bouche, eux s'évertuant à me plier en cinq, à me presser sur la tête, pour que je rentre dans la boîte, que je ne bouge plus du dossier suspendu dans l'armoire métallique, que je ne détruise pas leur dogme avec mes réponses incongrues, non non non tout va très bien, je voulais juste tester la résistance du tissu et la résistance de mon corps à l'aplatissement-choc-écrabouillage-pulvérisation.
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« C’est tout ce qui m’est resté de cette époque, l’anxiété de maman avant l’arrivée du livreur du journaux et le bruit du sable quand il fabrique des dunes. » (p. 38)