ISBN : 2879295998
Éditeur : Editions de l'Olivier (2008)


Note moyenne : 3.19/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Sait-on jamais avec qui l'on vit ? Lancelot ne cesse de se heurter à cette question depuis que sa femme, Irina, a été victime d'un accident qui l'a précipitée au fond de la rivière Omoko. Déjà ébranlé par sa mort, il va vivre un "Très Grand Choc Supplémentaire" en décou... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 avril 2011

    LiliGalipette
    Roman de Véronique Ovaldé. Lettre de O de mon challenge ABC critiques Babelio. Lecture commune avec Anne et Mrs Pepys.
    La quatrième de couverture annonce "un roman enchanteur placé sous le double signe de Verlaine et de Boris Vian. Un pied dans la réalité, l'autre dans la fantaisie." Alléchant, n'est-ce pas ? Je cherche toujours Boris Vian et je ne suis pas certaine d'avoir croisé Verlaine qui a, de toute façon, mieux à faire ailleurs.
    Un appel nocturne informe Lancelot Rubinstein que son épouse Irina est morte dans un accident de voiture. Premier choc et pas des moindres. Irina était la femme de sa vie, sa précieuse âme, son soleil éternel. Et voilà que survient le Très Grand Choc Supplémentaire : Irina n'est pas morte dans l'accident, elle n'était pas orpheline et elle dissimulait des recettes d'explosifs au milieu de fiches de cuisine. Lancelot perd pied devant le mystère étouffant qui entoure son aimée, "il ne connaissait d'elle que le grain de sa peau, sa tendance à privilégier les alcools forts et son amour des animaux en voie de disparition." (p. 118) Sur les lieux de la disparition, il cherche des réponses. "Le pont c'est un endroit à fantômes. L'air est limpide Et mon coeur transparent." (p. 77) Laissant tout derrière lui, il suit le fil d'ariane qu'Irina a dévidé. Lancelot, en dépit de son nom, n'a rien d'un preux chevalier. Désemparé par les révélations post-mortem relatives à son épouse, il entame une quête hasardeuse sur les traces éparses qu'a laissées Irina.
    Lancelot est un rêveur marginal et légèrement misanthrope. Il vivait pour sa belle Irina, mais il ne se sentait pas à sa place dans le monde. "Lancelot a le sentiment parfois d'être un dinosaure. Il lui semble avoir autant de grâce et d'intelligence que ces grosses bestioles-là. En outre, il est convaincu de vivre selon un système archaïque qui n'est pas plus en vigueur depuis quelques millions d'années." (p. 88) Les personnages marginaux ont toujours ma sympathie, mais Lancelot ne l'a pas gagnée. Son originalité et la conscience qu'il en a, au lieu de le servir, lui pèsent et il n'en fait rien. Lancelot est un naïf niais, comme je ne les supporte pas. "Il est fort probable que Lancelot accorde trop d'importance aux paroles. Il prend tout au pied de la lettre." (p. 88) Assommé de pilules calmantes, pleutre devant les découvertes qu'il fait d'Irina, empoté et abasourdi, il ne ressaisit que dans le dernier paragraphe et rend enfin hommage à sa drôle de bonne femme en reprenant son flambeau.
    Les chapitres sont très courts et impriment au texte un mouvement saccadé, comme une bille qui n'en finit pas de dévaler un escalier en mouvement. Des éléments étranges et inexpliqués traversent le roman : Lancelot constate régulièrement que les meubles disparaissent. "Le monde de Lancelot était mouvant et précaire et les choses apparaissaient et disparaissaient selon une logique qui lui échappait, mais qu'il acceptait facilement. Lancelot aimait que les choses s'égarent. Ca lui rappelait en douceur l'existence de dimensions parallèles." (p. 18 & 19) Et ? Et rien. Voilà un élément étrange qui rebondit entre les pages et parasite l'attention sans vraiment faire sens, ni alimenter l'intrigue.
    Ce texte n'est pas déplaisant. Il se lit rapidement. Mais je l'ai trouvé trop facile et niais, dans la veine qui charrie les Levy, les Gavalda et autres prosailleurs banalement prolixes. La poésie et la magie annoncée n'ont pas pris sur moi. Soit je vieillis (et décidément trop vite), soit ce roman ne valait pas la publicité dont il a bénéficié.
    Heureusement depuis ce texte, l'auteure a affiné sa plume et son roman paru en 2009, Ce que je sais de Vera Candida, vaut beaucoup mieux !
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 26 janvier 2012

    canel
    Une chaussure parfaite tombe du ciel devant Lancelot, qui devient fou amoureux de sa propriétaire, la splendide, voluptueuse et mystérieuse Irina. Pour elle, il met fin à dix-neuf années de mariage, rompant illico avec sa femme, une institutrice bavarde qui "semblait confondre les enfants dont elle s'occupait en classe et les adultes qu'elle était amenée à côtoyer".
    Encore une superbe histoire de Véronique Ovaldé aux allures de contes, grâce à :
    - une chaussure aphrodisiaque qui évoque Cendrillon
    - une Belle aux Bois Dormant/Blanche-Neige puisqu'on apprend d'emblée qu'Irina décède prématurément
    - et surtout un Prince Charmant fou amoureux, fou malheureux - un homme charmant, un vrai, c'est à dire doux, tendre, discrètement jaloux, parano, plein de failles mais tellement miiiignooon
    Cette auteur a vraiment une plume délicieuse, empreinte à la fois d'humour et de gravité. J'admire son génie pour nous raconter des histoires d'amour, de vie, de mort, de deuil qui se dévorent comme des fables, bien que tristement réalistes et donc parfois terribles.
    Quel dommage que les titres des trois derniers ouvrages me rebutent autant (ainsi que cette couverture), ce sont mes préférés de cette écrivain - trois merveilles ('Ce que je sais de Vera Candida', 'Des vies d'oiseaux', celui-ci)...
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 22 mai 2011

    Malaura
    Connaît-on vraiment ceux que l'on aime? Pour Lancelot, amoureux fou de sa femme Irina, la question a de quoi se poser ! Non seulement, il apprend la mort de sa dulcinée mais "choc supplémentaire" on l'informe aussi qu'elle a trouvé la mort dans une voiture qui n'était pas la sienne ! Dans une sorte d'état second et végétatif, Lancelot découvre peu à peu celle qu'il ne connaissait pas. Une jeune femme soit-disant orpheline, qui conservait des recettes d'explosifs pour fabriquer des bombes, une écolo-terroriste en lutte contre les laboratoires.
    "La femme de Lancelot est morte cette nuit". Un homme perd sa femme; cela pourrait être le début d'une histoire infiniment triste, dramatique à souhait, s'il ne fallait compter sur la fantaisie et l'univers original de son auteur. Un univers où le réel s'incline sans en faire tout un plat devant l'étrangeté des situations, où l'émotion côtoie l'insolite et l'humour, la poésie, et dans lequel le lecteur pénètre avec un plaisir non dissimulé.La plume d'Ovaldé nous enchante; elle coule, fluide,colorée, imagée, touchante et émouvante,dans ce très joli roman.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 septembre 2011

    brigittelascombe
    De l'humour noir pour un polar explosif!
    TNT, bombe au chlore,cocktail molotov,voilà le genre de recettes que Lancelot Rubinstein, Paul pour les intimes,correcteur dans une maison d'édition, découvre dans sa cuisine alors qu'il essaye de s'occupper les mains et l'esprit à l'annonce de la mort de sa femme suite à un accident sur le pont d'Omoko, alors qu'elle aurait du se trouver dans un avion en partance pour Ceylan.
    -Allo?
    Police!
    L'annonce de la mort d'Irina l'a sonné.
    Divorcé d'Elisabeth, qui lui parlait comme à un gamin de cinq ans,il avait bizarrement constaté la dispartion de certains meubles chez lui.Et pourquoi celà continue-t-il?
    Qui est ce Paco Picasso soit disant père d'Irina?
    Sur quels trafics Lancelot va-t-il tomber? Qu'est-ce que le CRIC?Que cachent les documentaires animaliers réalisés dans le monde entier par Irina?
    Qui est donc ce Klaus alias Kurt Bayer recherché par l'inspecteur Schneider?Et ce Roméro propriétaire d'une maison, convoitée par Irina qui s'est volatilisée?
    De découverte en découverte,se pose l'ultime question:connait-on bien ceux qu'on croit connaître?
    Une fin inattendue que je ne dévoilerai pas.
    Véronique Ovaldé(auteur contemporaine de plusieurs romans dont La très petite Zébuline qui a obtenu une bourse du Goncourt du livre jeunesse) joue ici la carte du polar un peu déjanté, d'une écriture vive et enjouée, beaucoup d'humour, des trouvailles burlesques,on rit beaucoup...parfois jaune!
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    • Livres 2.00/5
    Par kathy, le 30 juin 2011

    kathy
    Comme V. Ovaldé en a l'habitude, l'idée de départ de ce livre qui consiste à baigner d'entrée le lecteur dans un univers onirique, en mettant en scène un personnage prénommé Lancelot qui reçoit sur la tête, « tombée du ciel, une chaussure de femme très élégante taille 37 »), semblait originale. Cet « accident » lui permettra de rencontrer Irina dont il tombera éperdument amoureux.
    Mais à la mort d'Irina (mort plus que suspecte, qui au final , s'avèrera d'une banalité déconcertante !), Lancelot découvre que bien des pans de la vie d'Irina lui étaient inconnus ; il ne connaissait d'elle « que le grain de sa peau, sa tendance à privilégier les alcools forts et son amour des animaux en voie de disparition », et quand « il l'interrogeait, elle pirouettait et fronçait les sourcils ».
    Comme dans une enquête policière, tel un piètre chevalier faisant violence à son tempérament apathique et à son indolence (accentuée par des antidépresseurs), il se lance alors à la recherche de la vérité. Qui était Irina et pourquoi tant d'incohérences autour de son décès ?
    Malgré ces éléments, de bon augure, j'ai trouvé cette lecture ennuyeuse car je n'ai pas réussi à retrouver l'univers féérique, magique et poétique qui m'avait enchantée dans « Ce que je sais de Vera Candida ». Pourtant le parallèle décalé et fantaisiste entre l'engagement d'Irina pour des causes sociétales (sans-abri, mal-logés, écologie, cause animale, abus des laboratoires pharmaceutiques,…) et la quête éperdue de Lancelot pour son amour perdu aurait pu être intéressant. Mais, dommage, pour moi l'émulsion ne s'est pas faite.
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 08 novembre 2009

    Mais Elisabeth revint. Elle débarqua dans l'appartement avec son sac à dos, son tapis de sol roulé, ses chaussures de montagne, son nez rose, et Lancelot se leva pour l'accueillir. A moins que ce ne fut pour l'observer tourbillonner comme il l'eût fait devant une espèce rare de coléoptère.
    Dès qu'elle mit un pied dans l'appartement elle commença à parler -bien que Lancelot soupçonnât qu'elle ne s'arrêtait jamais et qu'il ne faisait que saisir des bribes d'un discours continu quand il passait près d'elle. Il pencha la tête et se dit, Ce n'est plus possible. Cette pensée était motivée bien entendu par sa récente rencontre avec Irina (il y avait de cela trois jours), rencontre qui l'avait tant bouleversé qu'il était maintenant hors de question de reprendre sa vie là où il l'avait laissée. Il se surprit à lui dire tout de go :
    L'armoire a disparu (remarque accompagnée d'un haussement de sourcils et d'épaules signifiant à la fois, ce n'est pas important, je suis innocent et je m'en fous).
    Elle ne lui répondit pas, elle resta plantée là, avec tout son attirail à ses pieds, elle avait les bras longs, beaucoup plus longs que la moyenne, ce qui avait pu, en des temps révolus, conférer à ses gestes une sorte de grâce étrange de danseuse indienne mais qui lui donnait à présent, en cet instant précis, parce qu'elle se tenait légèrement bossue, ayant déchargé à terre tout son barda, l'attitude d'une guenon mélancolique.
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  • Par mademoisellepenelope, le 28 août 2011

    Tout le long du chemin qui le menait chez Irina, Lancelot pensa à sa femme. Il ne faut jamais comparer son épouse à sa maîtresse. L'épouse gagne à chaque fois. Sa mère lui avait toujours répété (et elle en savait quelque chose, elle qui avait, durant toute l'enfance de Lancelot, quitté et été quittée plus qu'à son tour ) qu'un homme prend une maîtresse pour rester avec sa femme tandis qu'une femme prend un amant pour quitter son mari (pendant quatre ans elle avait attendu que son amant marié et père de famille se carapatât de chez lui, et il avait fini par aller s'installer à Majorque avec ses deux fils et sa femme enceinte).
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  • Par Inextenso, le 15 août 2010

    L'écriture d'Irina est partout, elle écrivait les recettes sur n'importe quel support, le verso d'un emballage de biscottes, le dos d'une enveloppe. Certaines recettes doivent dater de ses toutes jeunes années quand elle était encore obligée de noter que pour reconnaitre de l'eau bouillante il lui fallait attendre "de grosses bulles + ploup ploup". Lancelot les classe en tas, il les lit et espère dénicher quelque chose de personnel, une remarque amusante, une date, n'importe quoi. C'est alors qu'il tombe sur, coincée entre la brandade de morue et le poulet au curry (recettes récoltées à l'époque où elle n'était pas encore végétarienne), écrite de la main d'Irina (de grandes lettres inclinées à droite, les barres horizontales des T qui servent de toit aux autres lettres), c'est alors qu'il tombe sur la recette du napalm.
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  • Par canel, le 20 janvier 2012

    Une ombre vit sur le visage de ceux qui ont perdu quelqu'un. L'ombre d'une plante grimpante. Elle croît à leur insu, et quand ils pensent que personne ne les surveille, elle baigne leurs traits d'absence, de gravité et de perplexité. C'est un démon discret qui habite leur visage. Il se cache dès que quelqu'un le regarde. (p. 167)
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  • Par Inextenso, le 15 août 2010

    Il sent la sueur de son corps qui refroidit et s'évapore. Il frissonne. Le pont c'est un endroit à fantômes. L'air est limpide et mon cœur transparent. Lancelot s'accoude au parapet rafistolé. A-t-elle pensé à moi au moment où tout s'est éteint ?
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Vidéo de Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé répond au questionnaire de Proust. Interview réalisée après l'enregistrement de son dernier ouvrage, Des vies d'oiseaux (éditions de l'Olivier, 2011)
© Éditions Thélème - réalisation Laurent Desalmand








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