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ISBN : 2879295998
Éditeur : Editions de l'Olivier (2008)


Note moyenne : 3.13/5 (sur 147 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sait-on jamais avec qui l'on vit ? Lancelot ne cesse de se heurter à cette question depuis que sa femme, Irina, a été victime d'un accident qui l'a précipitée au fond de la rivière Omoko. Déjà ébranlé par sa mort, il va vivre un "Très Grand Choc Supplémentaire" en décou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 avril 2011

    LiliGalipette
    Roman de Véronique Ovaldé. Lettre de O de mon challenge ABC critiques Babelio. Lecture commune avec Anne et Mrs Pepys.
    La quatrième de couverture annonce "un roman enchanteur placé sous le double signe de Verlaine et de Boris Vian. Un pied dans la réalité, l'autre dans la fantaisie." Alléchant, n'est-ce pas ? Je cherche toujours Boris Vian et je ne suis pas certaine d'avoir croisé Verlaine qui a, de toute façon, mieux à faire ailleurs.
    Un appel nocturne informe Lancelot Rubinstein que son épouse Irina est morte dans un accident de voiture. Premier choc et pas des moindres. Irina était la femme de sa vie, sa précieuse âme, son soleil éternel. Et voilà que survient le Très Grand Choc Supplémentaire : Irina n'est pas morte dans l'accident, elle n'était pas orpheline et elle dissimulait des recettes d'explosifs au milieu de fiches de cuisine. Lancelot perd pied devant le mystère étouffant qui entoure son aimée, "il ne connaissait d'elle que le grain de sa peau, sa tendance à privilégier les alcools forts et son amour des animaux en voie de disparition." (p. 118) Sur les lieux de la disparition, il cherche des réponses. "Le pont c'est un endroit à fantômes. L'air est limpide Et mon coeur transparent." (p. 77) Laissant tout derrière lui, il suit le fil d'ariane qu'Irina a dévidé. Lancelot, en dépit de son nom, n'a rien d'un preux chevalier. Désemparé par les révélations post-mortem relatives à son épouse, il entame une quête hasardeuse sur les traces éparses qu'a laissées Irina.
    Lancelot est un rêveur marginal et légèrement misanthrope. Il vivait pour sa belle Irina, mais il ne se sentait pas à sa place dans le monde. "Lancelot a le sentiment parfois d'être un dinosaure. Il lui semble avoir autant de grâce et d'intelligence que ces grosses bestioles-là. En outre, il est convaincu de vivre selon un système archaïque qui n'est pas plus en vigueur depuis quelques millions d'années." (p. 88) Les personnages marginaux ont toujours ma sympathie, mais Lancelot ne l'a pas gagnée. Son originalité et la conscience qu'il en a, au lieu de le servir, lui pèsent et il n'en fait rien. Lancelot est un naïf niais, comme je ne les supporte pas. "Il est fort probable que Lancelot accorde trop d'importance aux paroles. Il prend tout au pied de la lettre." (p. 88) Assommé de pilules calmantes, pleutre devant les découvertes qu'il fait d'Irina, empoté et abasourdi, il ne ressaisit que dans le dernier paragraphe et rend enfin hommage à sa drôle de bonne femme en reprenant son flambeau.
    Les chapitres sont très courts et impriment au texte un mouvement saccadé, comme une bille qui n'en finit pas de dévaler un escalier en mouvement. Des éléments étranges et inexpliqués traversent le roman : Lancelot constate régulièrement que les meubles disparaissent. "Le monde de Lancelot était mouvant et précaire et les choses apparaissaient et disparaissaient selon une logique qui lui échappait, mais qu'il acceptait facilement. Lancelot aimait que les choses s'égarent. Ca lui rappelait en douceur l'existence de dimensions parallèles." (p. 18 & 19) Et ? Et rien. Voilà un élément étrange qui rebondit entre les pages et parasite l'attention sans vraiment faire sens, ni alimenter l'intrigue.
    Ce texte n'est pas déplaisant. Il se lit rapidement. Mais je l'ai trouvé trop facile et niais, dans la veine qui charrie les Levy, les Gavalda et autres prosailleurs banalement prolixes. La poésie et la magie annoncée n'ont pas pris sur moi. Soit je vieillis (et décidément trop vite), soit ce roman ne valait pas la publicité dont il a bénéficié.
    Heureusement depuis ce texte, l'auteure a affiné sa plume et son roman paru en 2009, Ce que je sais de Vera Candida, vaut beaucoup mieux !
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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 17 mai 2013

    Nadael
    « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime et qui m'aime
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
    Car elle me comprend, Et mon coeur transparent
    Pour elle seule, hélas ! Cesse d'être un problème... »
    Extrait de Mon rêve familier de Paul Verlaine
    Des mots empruntés à Verlaine pour ce titre magnifique, une inspiration romantique pour un roman qui s'avère au final plutôt sombre. Comme dans le poème, on a l'évocation d'une femme aimée, sublimée, idéalisée. Une femme insaisissable, mystérieuse et si présente dans son absence. Et puis on a un homme en pleine confusion entre le rêve et la réalité, le passé et le présent. Un bonheur perdu, le surgissement d'une mélancolie.
    L'homme de l'histoire se nomme Lancelot. Porter le nom d'un chevalier légendaire, grande figure romanesque est un poids supplémentaire pour cet homme qui a si peu d'estime de lui-même. Alors qu'il est bien installé dans la vie maritale depuis une vingtaine d'années, il reçoit un choc émotionnel terrible lorsqu'il rencontre Irina. En marchant dans la rue, un talon aiguille tombe du ciel devant lui, c'est celui de la belle Irina. Submergé par ses sentiments vifs à l'égard de la dame, Lancelot quitte son foyer pour vivre son histoire d'amour avec sa dulcinée, sa cendrillon...
    Mais les contes abondent d'épreuves, on le sait. Une voix au téléphone annonce à Lancelot un soir la mort d'Irina, retrouvée noyée dans la rivière à l'intérieur d'une voiture qui n'était pas la sienne... Et c'est le déluge dans la tête de Lancelot. Hormis la tristesse qui le terrasse, une cascade d'éléments dont il ignore tout inonde sa propre existence. Irina aurait eu une vie parallèle... des noms remontent à la surface ; une demoiselle Tralala, Paco Picasso un père qui aurait du être décédé, un certain Romero, et Kurt Bayer qui se fait désormais appelé Klaus Meyer... des découvertes étranges comme des recettes pour fabriquer des bombes, des meubles qui disparaissent...
    Lancelot veut comprendre, alors il avance dans le brouillard, l'esprit embué par les médicaments en quête de réponses. le vrai visage d'Irina se dévoile lentement mettant Lancelot dans tous ces états : il est tour inquiet, paniqué, paranoïaque, en colère, surpris face à la dureté de la réalité, lui qui évoluait jusqu'ici dans un monde onirique.
    L'univers de Véronique Ovaldé est toujours plaisant. On entre aisément dans son monde imaginaire, où le rêve, la fantaisie, la poésie, la légèreté se mélangent avec la réalité crue, la mort, le deuil, la douleur. Un bémol cependant pour ce roman-ci ; le dernier tiers m'a semblé bien long et la fin déconcertante.



    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2013/05/17/et-mon-coeur-transpar..
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    • Livres 2.00/5
    Par araucaria, le 20 octobre 2012

    araucaria
    J'attendais beaucoup de ce livre et de cette auteure, trop sans doute. J'ai été très déçue et n'ai pas apprécié le style de ce roman que je n'ai pas aimé. J'ai un autre Ovaldé à découvrir et j'espère que celui-là sera meilleur et m'apportera des sentiments positifs.

    Lien : http://araucaria.20six.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 26 janvier 2012

    canel
    Une chaussure parfaite tombe du ciel devant Lancelot, qui devient fou amoureux de sa propriétaire, la splendide, voluptueuse et mystérieuse Irina. Pour elle, il met fin à dix-neuf années de mariage, rompant illico avec sa femme, une institutrice bavarde qui "semblait confondre les enfants dont elle s'occupait en classe et les adultes qu'elle était amenée à côtoyer".
    Encore une superbe histoire de Véronique Ovaldé aux allures de contes, grâce à :
    - une chaussure aphrodisiaque qui évoque Cendrillon
    - une Belle aux Bois Dormant/Blanche-Neige puisqu'on apprend d'emblée qu'Irina décède prématurément
    - et surtout un Prince Charmant fou amoureux, fou malheureux - un homme charmant, un vrai, c'est à dire doux, tendre, discrètement jaloux, parano, plein de failles mais tellement miiiignooon
    Cette auteur a vraiment une plume délicieuse, empreinte à la fois d'humour et de gravité. J'admire son génie pour nous raconter des histoires d'amour, de vie, de mort, de deuil qui se dévorent comme des fables, bien que tristement réalistes et donc parfois terribles.
    Quel dommage que les titres des trois derniers ouvrages me rebutent autant (ainsi que cette couverture), ce sont mes préférés de cette écrivain - trois merveilles ('Ce que je sais de Vera Candida', 'Des vies d'oiseaux', celui-ci)...
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 22 mai 2011

    Malaura
    Connaît-on vraiment ceux que l'on aime? Pour Lancelot, amoureux fou de sa femme Irina, la question a de quoi se poser ! Non seulement, il apprend la mort de sa dulcinée mais "choc supplémentaire" on l'informe aussi qu'elle a trouvé la mort dans une voiture qui n'était pas la sienne ! Dans une sorte d'état second et végétatif, Lancelot découvre peu à peu celle qu'il ne connaissait pas. Une jeune femme soit-disant orpheline, qui conservait des recettes d'explosifs pour fabriquer des bombes, une écolo-terroriste en lutte contre les laboratoires.
    "La femme de Lancelot est morte cette nuit". Un homme perd sa femme; cela pourrait être le début d'une histoire infiniment triste, dramatique à souhait, s'il ne fallait compter sur la fantaisie et l'univers original de son auteur. Un univers où le réel s'incline sans en faire tout un plat devant l'étrangeté des situations, où l'émotion côtoie l'insolite et l'humour, la poésie, et dans lequel le lecteur pénètre avec un plaisir non dissimulé.La plume d'Ovaldé nous enchante; elle coule, fluide,colorée, imagée, touchante et émouvante,dans ce très joli roman.
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 17 mai 2013

    Irina serait une luciole. Une luciole grillée. Un faible bruit de cuisson et la lumière s'éteindrait. Que reste-t-il donc d'Irina dans sa petite boîte en métal?

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  • Par Nadael, le 17 mai 2013

    (…) les mocassins plats ont toujours un air abandonné, incomplet et pitoyable, les chaussures à talons aiguilles vivent leur vie de conte de fées sans le soutien de qui que ce soit, elles peuvent gésir à terre, sur un lino douteux, elles conservent une grâce miraculeuse et une splendeur distante. 

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  • Par Nadael, le 17 mai 2013

    Il a peur de ne bientôt plus pouvoir se remémorer aussi distinctement le visage d'Irina, il aurait aimé qu'elle porte des lunettes, il aurait aimé que son visage soit mémorisable autour d'un accessoire, que son visage, le souvenir de son visage, puisse devenir cet accessoire.

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  • Par clarinette, le 08 novembre 2009

    Mais Elisabeth revint. Elle débarqua dans l'appartement avec son sac à dos, son tapis de sol roulé, ses chaussures de montagne, son nez rose, et Lancelot se leva pour l'accueillir. A moins que ce ne fut pour l'observer tourbillonner comme il l'eût fait devant une espèce rare de coléoptère.
    Dès qu'elle mit un pied dans l'appartement elle commença à parler -bien que Lancelot soupçonnât qu'elle ne s'arrêtait jamais et qu'il ne faisait que saisir des bribes d'un discours continu quand il passait près d'elle. Il pencha la tête et se dit, Ce n'est plus possible. Cette pensée était motivée bien entendu par sa récente rencontre avec Irina (il y avait de cela trois jours), rencontre qui l'avait tant bouleversé qu'il était maintenant hors de question de reprendre sa vie là où il l'avait laissée. Il se surprit à lui dire tout de go :
    L'armoire a disparu (remarque accompagnée d'un haussement de sourcils et d'épaules signifiant à la fois, ce n'est pas important, je suis innocent et je m'en fous).
    Elle ne lui répondit pas, elle resta plantée là, avec tout son attirail à ses pieds, elle avait les bras longs, beaucoup plus longs que la moyenne, ce qui avait pu, en des temps révolus, conférer à ses gestes une sorte de grâce étrange de danseuse indienne mais qui lui donnait à présent, en cet instant précis, parce qu'elle se tenait légèrement bossue, ayant déchargé à terre tout son barda, l'attitude d'une guenon mélancolique.
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  • Par mademoisellepenelope, le 28 août 2011

    Tout le long du chemin qui le menait chez Irina, Lancelot pensa à sa femme. Il ne faut jamais comparer son épouse à sa maîtresse. L'épouse gagne à chaque fois. Sa mère lui avait toujours répété (et elle en savait quelque chose, elle qui avait, durant toute l'enfance de Lancelot, quitté et été quittée plus qu'à son tour ) qu'un homme prend une maîtresse pour rester avec sa femme tandis qu'une femme prend un amant pour quitter son mari (pendant quatre ans elle avait attendu que son amant marié et père de famille se carapatât de chez lui, et il avait fini par aller s'installer à Majorque avec ses deux fils et sa femme enceinte).
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Vidéo de Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé répond au questionnaire de Proust. Interview réalisée après l'enregistrement de son dernier ouvrage, Des vies d'oiseaux (éditions de l'Olivier, 2011)
© Éditions Thélème - réalisation Laurent Desalmand








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