> Georges Lafaye (Traducteur)
> Jean-Pierre Néraudau (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070385647
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 110 notes) Ajouter à mes livres
Légende dorée, légende des siècles, bible ou génie du paganisme, voici une œuvre qui, en douze mille vers, conte deux mille cent trente et une histoires de métamorphoses ; elles remontent, pour beaucoup, à l'origine du monde. Ovide, dans ces poèmes épiques et didactique... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Metamorphosis
    Traduction : Georges Lafaye
    "Les métamorphoses" est évidemment écrit en vers latins et les quinze livres qu'il recèle constituent en fait un long poème dont certains d'entre nous ont évidemment étudié des passages au collège et au lycée.
    La traduction le transforme en prose mais attention, pas n'importe quelle prose ! Bien sûr, il y a toujours matière à discuter sur les traductions - surtout latines, ajouterai-je. Mais celle de Georges Lafaye pour Folio Classique me convient quant à moi tout à fait.
    L'argument du livre-poème tient dans son titre : Les métamorphoses que, pour les punir ou les sauver, les déesses et dieux de l'Olympe font subir à certains mortels. Derrière, se profilent la création du monde et les siècles qu'il a traversés jusqu'à Octave-Auguste, fils adoptif de César dont il vengea d'ailleurs la mort. C'est aussi une ode aux grands mythes grecs et, par la filiation avec Enée, à la fondation de Rome.
    "Oh ! Que ce doit être barbant à lire !" diront certains, pas encore dégagés sans doute de leur passé scolaire plus ou moins douloureux.
    Eh ! bien ! non, "Les métamorphoses", c'est un ouvrage si passionnant que, du coup, le lecteur se voit tenté de se replonger dans la geste homérique et de renouer avec ce pan si vaste de la culture occidentale que trop de personnes veulent, de nos jours, oublier et ramener dans l'ombre.
    En outre, il y a des passages proprement superbes comme - un parmi d'autres - le discours qu'Orphée adresse aux dieux des Enfers afin de les convaincre de lui rendre Eurydice :
    " [...] ... O divinités de ce monde souterrain où retombent toutes les créatures mortelles de notre espèce, s'il est possible, si vous permettez que, laissant là les détours d'un langage artificieux, je dise la vérité, je ne suis pas descendu en ces lieux pour voir le ténébreux Tartare, ni pour enchaîner, par ses trois gorges hérissées de serpents, le monstre qu'enfanta Méduse ; je suis venu chercher ici mon épouse ; une vipère, qu'elle avait foulée du pied, lui a injecté son venin et l'a fait périr à la fleur de l'âge. J'ai voulu pouvoir supporter mon malheur et je l'ai tenté, je ne le nierai pas ; l'Amour a triomphé. C'est un dieu bien connu dans les régions supérieures ; l'est-il de même ici ? Je ne sais ; pourtant je suppose qu'ici aussi, il a sa place et, si l'antique enlèvement dont on parle n'est pas une fable, vous aussi (Hadès et Perséphone), vous avez été unis par l'Amour. Par ces lieux pleins d'épouvante, par cet immense Chaos, par ce vaste et silencieux royaume, je vous en conjure, défaites la trame, trop tôt terminée du Destin d'Eurydice. Il n'est rien qui ne vous soit dû ; après une courte halte, un peu plus tôt, un peu plus tard, nous nous hâtons vers le même séjour. C'est ici que nous tendons tous ; ici est notre dernière demeure ; c'est vous qui régnez le plus longtemps sur le genre humain. Elle aussi quand, mûre pour la tombe, elle aura accompli une existence d'une juste mesure, elle sera soumise à vos lois ; je ne demande pas un don, mais un usufruit. Si les destins me refusent cette faveur pour mon épouse, je suis résolu à ne point revenir sur mes pas ; réjouissez-vous de nous voir succomber tous les deux. ... [...]"
    Voici deux sites sur Ovide et son oeuvre :
    http://www.ac-creteil.fr/lettres/tice/ovide/
    et :
    http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/lettres/Victor%20Hugo/Notes/Ovide.htm
    Comme le mentionne sa biographie, le poète fut exilé par celui-là même qu'il avait célébré : Auguste, qui n'était pourtant pas irréprochable question moeurs, s'offusqua de "L'art d'aimer." Mais en dépit de tout, Ovide et ses vers ont survécu dans le coeur des hommes. le poète romain l'avait-il pressenti quand il écrivait, pour le final de ses "Métamorphoses" :
    "Et maintenant, j'ai achevé un ouvrage que ne pourront détruire ni la colère de Jupiter, ni la flamme, ni le fer, ni le temps vorace. Que le jour fatal qui n'a de droits que sur mon corps mette, quand il voudra, un terme au cours incertain de ma vie : la plus noble partie de moi-même s'élancera, immortelle, au dessus de la haute région des astres et mon nom sera impérissable. Aussi loin que la puissance romaine s'étend sur la terre domptée, les peuples me liront et, désormais fameux, pendant toute la durée des siècles, s'il y a quelque vérité dans les pressentiments des poètes, je vivrai." ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 16 décembre 2009

    chartel
    C'est en me rendant à une exposition sur le peintre Jean Raoux (1677-1734) au Musée Fabre de Montpellier que "Les métamorphoses" d'Ovide se sont révélées comme œuvre de référence de notre culture occidentale, et peut-être même universelle si l'on juge que certains récits ont probablement pour source des contes mythologiques asiatiques et orientaux. Nombreux sont en effet les artistes qui ont illustré ces récits légendaires ayant pour thème commun, de près ou de loin (Ovide se donnant de nombreuses libertés) la métamorphose.
    Qu'ils soient dieux ou demi-dieux, mais encore de simples hommes, les personnages sont sujets, volontairement ou involontairement, aux transmutations. Car les hommes sont souvent les jouets des caprices divins. Ils sont forcés à se transformer pour échapper aux sollicitations, aux avances forcées ou aux agressions des dieux. Les jeunes jouvencelles sont constamment poursuivies par des dieux lubriques, le plus fervent de tous étant leur maître suprême, Jupiter. La cruelle Junon passant alors son temps à punir les infidélités de son mari en s'acharnant sur celles qui partagèrent, malgré elles, sa couche, à l'image d'Europe métamorphosée en génisse.
    Ovide suit à la fois un schéma chronologique, car il part de la genèse du monde et avance au gré de la généalogie des dieux, mais suit également un schéma géographique en suivant les pérégrinations des héros célèbres de l'antiquité méditerranéenne, que ce soit Jason, Hercule, Ulysse ou Enée.
    Un immanquable de toute évidence!
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    • Livres 3.00/5
    Par Amindara, le 29 novembre 2011

    Amindara
    Mon édition des Métamorphoses d'Ovide ne présente que les livres X, XI et XII. Il commence avec l'histoire d'Orphée et Eurydice et se conclut sur la mort d'Achille. Et au milieu, un nombre incalculable de métamorphose en tout genre (humain et animal, Dieu en animal, Animal en minéral, humain en arbre…)
    Férue de mythologie, c'est tout simplement que je me suis plongée dans ce livre que j'avais étudié pour le bac de littérature.
    J'ai beaucoup apprécié les divers épisodes racontés par Ovide. Les mythes apportent une explication assez sympathique à certaines choses (ex Myrrha avec la myrrhe, Cyparissus transformé en cyprès arbre de deuil). Et pourtant, certains épisodes m'ont presque ennuyée (le combat des Lapithes et des Centaures, description d'une bagarre d'une rare violence dont le récit est bourré de noms qui s'entremêlent et qui rendent difficile la compréhension).
    Malgré tout, Ovide a cette façon d'écrire qui fait qu'on comprend assez bien ce qu'il raconte pour peu qu'il y ait un bon nombre de notre de bas de page. En effet, Ovide ne cesse de faire référence à des personnages ou des mythes à tel point que sans explications, on a du mal à suivre. Mais, mis à part cela, son récit est limpide et s'écoule assez facilement.
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    • Livres 4.00/5
    Par LSH, le 18 octobre 2008

    LSH
    Je me suis procuré cet ouvrage par erreur, croyant commandé l'oeuvre complète d'Ovide. Je me suis en fait retrouvé avec un ouvrage en reprenant quelque extraits choisis. J'ai pu y retrouver certains 'héros' que je connaissais déjà au moins de nom (Narcisse, Persée, Icare...) ainsi que quelques réflexions et analyses de l'auteure (Sabine Roy-Herquin). Au final, l'expérience est positive puisqu'elle a confirmé mon envie de découvrir plus amplement l'oeuvre d'Ovide qui semble une source d'inspiration intarissable pour tous les rimailleurs du dimanche de mon genre. Je conseille donc cet ouvrage d'introduction à ceux qui cherche à s'immerger en douceur dans l'univers de ce poète universel.
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    • Livres 5.00/5
    Par matysim, le 07 mai 2011

    matysim
    LE livre ultime. plus fort qu'Homère et Virgile (bon il s'en inspire) voici...Ovide.Les métamorphoses:oeuvre de grande ampleur (plus de 250 récits). je l'ai lu, relu, relu.ce qui ma plu la 1ere fois, et qui me plaît toujours autant, c'est l'avalanche de mythes, connus ou inconnus, repris chez tel et tel auteur, déformés, parodiés, sublimés. Ovide est un précurseur: il mêle tous les genres et rend leurs limites floues. et toujours des notes d'esprit et de mise à distance, que l'on retrouve dans toute son oeuvre. vraiment je ne m'en lasse pas
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 30 mai 2010

    J’entreprends de chanter les métamorphoses qui ont revêtu les corps de formes nouvelles. Dieux, qui les avez transformés, favorisez mon dessein et conduisez mes chants d’âge en âge, depuis l’origine du monde jusqu’à nos jours.

    Avant la création de la mer, de la terre et du ciel, voûte de l’univers, la nature entière ne présentait qu’un aspect uniforme ; on a donné le nom de chaos à cette masse informe et grossière, bloc inerte et sans vie, assemblage confus d’éléments discordants et mal unis entre eux. Le soleil ne prêtait point encore sa lumière au monde ; la lune renaissante ne faisait pas briller son croissant : la terre, que l’air environne, n’était point suspendue et balancée sur son propre poids ; et la mer n’avait point encore étendu autour d’elle ses bras immenses ; l’air, la mer et la terre étaient confondus ensemble : ainsi la terre n’avait pas de solidité, l’eau n’était point navigable, l’air manquait de lumière ; rien n’avait encore reçu sa forme distincte et propre. Ennemis les uns des autres, tous ces éléments rassemblés en désordre, le froid et le chaud, le sec et l’humide, les corps mous et les corps durs, les corps pesants et les corps légers, se livraient une éternelle guerre.

    Un dieu, si ce n’est la bienfaisante Nature elle-même, mit fin à cette lutte, en séparant la terre du ciel, l’eau de la terre, et l’air le plus pur de l’air le plus grossier. Quand il eut débrouillé ce chaos, et séparé les éléments en marquant à chacun d’eux la place qu’il devait occuper, il établit entre eux les lois d’une immuable harmonie. Le feu brille, et, porté par sa légèreté vers la voûte des cieux, occupe la plus haute région : l’air, le plus léger après le feu, se place auprès de lui : précipitée au-dessous, par sa propre masse, la terre entraîne avec elle les plus lourds éléments, et s’affaisse par son poids ; l’eau enfin se répandant autour d’elle, se réfugie au fond de ses entrailles et entoure sa solide surface.
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  • Par chartel, le 16 décembre 2009

    O Galatée, plus blanche que le pétale neigeux du troène, plus fleurie que les prés, plus élancée que l’aune au tronc allongé, plus éblouissante que le verre, plus folâtre que le jeune chevreau, plus lisse que les coquillages polis par la perpétuelle caresse du flot, plus délicieuse que le soleil en hiver, que l’ombre en été, plus majestueuse que le frêne, plus digne des regards que le fier platane, plus transparente que la glace, plus douce que ne l’est au goût la grappe mûre, au toucher le duvet du cygne et le lait caillé, et, si tu ne te dérobais pas, plus belle qu’un jardin aux eaux vives ; mais aussi Galatée plus farouche que les jeunes taureaux indomptés, plus dure que le chêne chargé d’ans, plus trompeuse que l’onde, plus insaisissable que les souples rejets du saule ou de la clématite, plus inébranlable que ces rochers, plus impétueuse que le torrent, plus fière que le paon quand on le loue, plus cuisante que le feu, plus épineuse que la macle, plus cruelle que l’ourse qui a mis bas, plus sourde que les flots, plus implacable que le serpent foulé aux pieds, et – c’est là le privilège que je voudrais surtout pouvoir t’enlever – plus rapide non seulement que le cerf poussé par les abois sonores, mais aussi que les vents et que la brise ailée.
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  • Par Dconeed, le 21 décembre 2010

    L'intervention des dieux, c'est à dire le destin, semble parfois injuste et cruelle : tout, dans la nature, est sacré et l'on peut être sacrilège sans le vouloir, être puni sans l'avoir mérité.
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  • Par boudicca, le 17 janvier 2012

    J'ai voulu supporter cette perte; j'ai voulu, je l'avoue, vaincre ma douleur. L'Amour a triomphé. Je vous en conjure par ces lieux pleins d'effroi, par ce chaos immense, par le vaste silence de ces régions de la Nuit, rendez-moi mon Eurydice.
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  • Par chartel, le 16 décembre 2009

    Et le flot maintenant pénètre, à travers la membrure, dans les flancs de la carène : comme un soldat, dont la valeur fait plus de prodiges que toute une troupe, après avoir à plusieurs reprises tenté l’escalade des murs d’une ville forte, atteint enfin le but convoité et, enflammé de l’amour de la gloire, entre mille guerriers prend enfin, seul, pied sur la muraille ; ainsi, quand à neuf reprises les flots ont battu les flancs élevés du navire, une dixième vague, se dressant plus énorme, se rue à l’assaut de la coque fatiguée et s’acharne contre elle jusqu’à ce qu’elle se soit abattue sur le pont du navire comme sur la muraille d’une ville prise.
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