Que de passe-t-il dans un kibboutz israélien à trois kilomètres de la frontière jordanienne ? La vie de tous les jours avec ses petits drames et ses joies naïves noyées dans la fraternité d'une collectivité au travail pour une même cause. Reouven Harich, poète et instit... > voir plus
Il y a une certaine justice en ce monde, pour parler comme les philosophes, une certaine logique qui fait que l’intelligence ne va pas avec la bonté, et que la beauté et la bonté font chacune bande à part. Sinon, il y en a qui seraient parfaits, des créatures immaculées, et les autres, des cochons. Voilà pourquoi il a été décrété qu’une jolie femme aurait une cervelle d’oiseau.
Que leur reste-t-il d’autre dans la vie ? Leur fille unique leur a été arrachée au berceau par la diphtérie. Tout naturellement, ils ont cherché à combler leur solitude en décorant leur modeste demeure. C’est une faiblesse humaine qui mérite un pardon.
Il était délicat. Dans les rapports, il agit avec retenue. Comme s’il effleurait un vase fragile. Une femme désire aussi la force. Qu’il soit sauvage. Aucun des deux n’est brutal. Aucun des deux ne va jusqu’au bout. Complètement. Il reste quelque chose qui ne participe pas. Et c’est atrocement humiliant pour la femme.
Entre Juifs et Arabes la situation est tout aussi confuse. Chacun dit que cette terre est le pays de ses ancêtres et chacun a parfaitement raison. La conclusion ? Elle est d’une simplicité enfantine. Dans la vie, c’est la force qui décide.
Si elle a perdu foi dans la valeur du kibboutz, elle n’en applique pas moins fidèlement les principes qui régissent notre existence. Car, nous explique-t-elle, tant que rien n’est venu renverser les valeurs, tous, mêmes les opposants les plus farouches, doivent obéir aux règles.