> Anne Colin Du Terrail (Traducteur)

ISBN : 2070425770
Éditeur : Editions Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 142 notes) Ajouter à mes livres
Quand un écrivain nordique, adepte de personnages hors normes aux aventures champêtres, d'exclus en lutte pour la reconquête d'une indépendance que les lois corrompent, s'attaque aux personnages des contes qui gavèrent nos rêves d'enfants e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Suloinen myrkynkeittäjä
    Traduction : Anne Colin du Terrail.
    Tout écrivain a sa façon bien à lui de raconter une histoire horrible. Prenez James Ellroy par exemple. Avec lui, c'est du costaud, de l'ignoble, voire du carrément intolérable. Rien n'est épargné au lecteur mais le génie de l'homme est si grand que jamais il ne tombe dans la facilité, encore moins dans la complaisance.
    Avec "La Douce empoisonneuse", Arto Paasilinna, l'un des auteurs finlandais les plus connus, nous raconte aussi tout plein de choses horribles telles les violences exercées par un trio de jeunes délinquants à l'encontre de plus faibles qu'eux (en l'occurrence la tante de l'un des membres dudit trio, le chat de cette dame et deux ou trois autres personnes ...). Mais il le fait d'un ton si raisonnable, si calme, en prenant si soigneusement du recul que le lecteur, indigné puis aussi avide de vengeance que la malheureuse héroïne, la colonelle Linnea Ravaska, n'ambitionne plus qu'une chose : achever ce parcours du combattant pour voir le Mal enfin humilié et mis à mort.
    Arto Paasilinna a d'ailleurs des raffinements de sadique pour exécuter un à un les membres du trio infernal. Car c'est bien lui, l'auteur, qui s'en charge puisque le poison préparé à l'origine par la colonelle pour mettre fin à ses jours n'est dispensé aux trois monstres que par le plus pur hasard. Dans les trois meurtres, la veuve du colonel Ravaska ne fait figure que de catalyseur. Un catalyseur d'une innocence et d'une vulnérabilité rares puisqu'elle la première étonnée du tour pris par les événements.
    Bref - à peine un peu plus de 250 pages chez Folio - et jubilatoire, volontiers pince-sans-rire mais jamais loufoque, ce petit roman se lit vite et avec plaisir. L'humour qui le sous-tend a un parfum doux-amer et j'y ai noté quelques trouvailles tout à fait sidérantes. Ainsi, le neveu-délinquant de la colonelle, qui lui pique régulièrement le montant de sa modeste pension, vote à droite et se veut partisan de la peine de mort. Pour les peines de prison, son raisonnement est très particulier :
    (...) Il aurait été plus équitable, selon Kake, d'indexer la durée des peines pour crimes de sang sur le nombre d'années de vie qu'il restait au défunt. Autrement dit, si l'on mettait fin aux jours d'un bébé qui aurait pu vivre encore soixante-dix ans, une condamnation à dix ans de taule, si ce n'est plus, paraissait raisonnable. Si on zigouillait un vieux birbe par contre, une amende aurait dû suffire car le dommage n'était pas bien grand.
    Kauko Nyyssönen développa son idée. L'assassinat d'un malade incurable au seuil de la mort devait être considéré comme un délit mineur, alors que trucider une personne en parfaite santé devait bien sûr valoir la prison. Hélas ! pour l'instant, le Code pénal ne considérait pas l'âge ou le délabrement de l'état de santé de la victime, si avancés soient-ils, comme une circonstance atténuante. Il y avait là en soi, et surtout dans le cas de Linnea Ravaska [sa tante], une regrettable anomalie, une injustice criante. De ce point de vue aussi, il se sentait laissé pour compte ... (...)
    Evidemment - on l'apprend un peu plus tard - la mère de Kake, qui n'était autre que la soeur du colonel Ravaska, souffrait de troubles de la personnalité. N'empêche que, lorsque son fils finit par rencontrer sa Némésis, le lecteur (comme la colonelle, sa tante, qui l'avait pourtant élevé) se sent comme qui dirait l'âme plus légère. Wink
    Maintenant, "La Douce empoisonneuse" n'est sans doute pas le chef-d'oeuvre de son auteur. Mais il donne en tous cas le désir d'en connaître un peu plus sur la bibliographie d'Arto Paasilinna.
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    La colonelle Linnea Ravaska vit dans une maisonnette rouge « dans un paisible décor champêtre ». Mais la quiétude de cette « avenante petite vieille » n'est qu'apparente. C'est ainsi que chaque mois, lorsqu'elle perçoit sa pension, son jeune neveu flanqué de deux complices turbulents la détroussent sans vergogne et sèment désordre et confusion dans sa paisible existence. Une idée se fait jour progressivement chez la colonelle : et si le poison était le remède à ses tracas ? L'idée fait son chemin…
    J'avais découvert la plume burlesque d'Arto Paasilinna à travers son célèbre roman « Le Lièvre de Vatanen ». J'ai choisi de poursuivre la lecture de cet auteur par « La Douce empoisonneuse » qui présente des similitudes mais aussi quelques distinctions avec cette œuvre connue.
    La plume de l'auteur reste résolument burlesque, le ton se veut léger et plutôt caustique. Mais le sujet abordé semble plus grave que dans « Le Lièvre de Vatanen » que l'on pourrait décrire comme une fable bucolique. Il y est ici beaucoup question de mort : la fable devient ainsi cruelle et immorale.
    Au départ, le tableau brossé par l'auteur est champêtre. Mais très vite, la violence se fait jour, à travers un conflit générationnel, un goût immodéré des jeunes pour l'argent, la vie facile et l'alcool. Au début, on s'attache beaucoup à l'« avenante petite vieille » et on compatit à ses malheurs. Au fil des pages, la colonelle devient beaucoup plus effrayante, tant elle est mue par des pulsions inavouables. C'est la figure de la haine que dépeint Arto Paasilinna, avec son corollaire : le désir de vengeance.
    A travers les mémoires de la colonelle, on apprend quelques fragments de l'histoire de la Finlande durant la seconde guerre mondiale.
    La lecture est plaisante, le lecteur sourit, va même jusqu'à rire, mais reste marqué par le destin tragique de la colonelle et des trois jeunes. le ton du « Lièvre de Vatanen » était résolument plus humoristique et léger. Au final, une écriture tout en finesse pour un propos somme toute assez violent et immoral.
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 08 août 2008

    annie
    Un triller burlesque : trois voyoux cherchent à faire la peau à une veuve de colonel, peu décidée à se laisser faire
    « Ne pas croire que les voyous ont le quart du tiers d'un cœur. Brute ou psychopathe, pas un ne rachète l'autre, ils n'ont pas un rond pour ça. Ils saccagent, ils pissent, ils pillent, ils tuent le chat, ils veulent tuer la vieille qui les a dénoncés à la police, tout est bon pour ces cochons. le neveu, tête pensante, est amer : "La Finlande était décidément la terre promise des bourgeois. Les modestes petits artisans du crime n'avaient pas la moindre possibilité de faire la preuve de leur talent d'escroc, ils devaient se contenter de vols et d'agressions, de braquages à la petite semaine. Les huiles se réservaient les gros coups, se remplissaient les poches avec l'argent public et le dilapidaient à l'étranger." (…)
    Si quelques bons sentiments parviennent à surnager dans les premiers temps, ils disparaissent très vite au profit d'une haine tenace, réciproque, pleine d'inventivité. Linnea Ravaska, l'increvable colonelle, la veuve honnête, prospère entre deux verres de xérès dégustés dans ses beaux quartiers retrouvés. Car il faut dire que son neveu, avant de passer les bornes, l'avait déjà contrainte à vendre son appartement, la mettant sur la paille. Linnea est à l'abri chez son ami, les trois zigotos, biturés à mort, croupissent dans la cave infâme qui leur sert de quartier général. Pour faire bonne mesure, ajoutons qu'ils maltraitent les filles, qu'il s'agisse d'une prostituée ou de la maîtresse simple d'esprit qui les entretient. Nuisibles, vraiment nuisibles.
    Et pourtant, dans ce mouvement alterné qui nous mène d'une foulée régulière d'un camp à l'autre, du côté des méchants ou du côté de la gentille, d'un mauvais coup préparé à un coup déjoué sans le faire exprès, Paasilinna lui-même balance, et nous à sa suite. » (extrait d'un article de Claire Devarrieux, Libération, 6 septembre 20001)
    « le parabolique Finlandais du Meunier hurlant semble faire le gros dos, mais n'en balance pas moins quelques coups de patte contre les mafrats. Un dénouement heureux n'apure pas les comptes. Avec le réalisme, le mal est dans la cité. Une jeunesse laissée en déshérence, une police plus lâche que les lâches, des traditions qui s'effritent : rien ne va plus dans l'éternelle Finlande. Les soupçons d'aigreur sont effacés par l'irrésistible enjouement, le goût de la farce, et le retour, bon gré mal gré, à la boîte de couleurs originelles. » (extrait d'un article de Jean-Louis Perrier, le Monde, septembre 2001)
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    • Livres 2.00/5
    Par zabeth55, le 07 février 2012

    zabeth55
    En Finlande, une veuve de colonel subit la tyrannie d'un trio de délinquants (son neveu et ses deux comparses). Résolue à se suicider, elle fabrique un poison mais les éléments tournent en sa faveur. Des situations cocasses, des personnages caricaturés, trop peut-être.....c'est un livre assez amusant, sans plus et j'étais contente de passer à autre chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par yoshi73, le 02 avril 2009

    yoshi73
    Linnea Ravaska, veuve d'un colonel, coule sa vieillesse dans un petit village. Tout paraît idyllique : une maisonnette rouge, un jardin fleuri et un vieux matou. Oui mais voilà, une fois par mois le charme bucolique est rompu. Chaque mois, c'est pareil, son neveu, accompagné de deux amis, vient lui rendre visite dans le seul but de lui prendre sa pension. Et ce jour là, sa vie devient un enfer. Linnea n'a pas la force de résister. Jusqu'au jour où elle décide de s'enfuir et d'aller se cacher chez un ancien amant. Son neveu et ses amis découvrent avec rage sa disparition et prennent alors la décision de se débarrasser de la vieille femme afin de se partager son héritage. Ils échafaudent un plan mais rien ne va se passer comme prévu. Linnea va se montrer plus coriace que sa frêle silhouette de grand-mère ne pouvait le laisser présager. le hasard et la chance vont surtout bien la servir. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l'histoire afin de ne pas trop en révéler.
    Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est : une sorte de farce. En effet, le ton est souvent assez burlesque. Certains passages m'ont vraiment fait rire. le groupe de jeunes auquel appartient le neveu de Linnea fait preuve d'une mauvaise foi à toute épreuve. Ces jeunes sont paumés, vivent complètement en dehors des réalités et la violence est leur seul mode de communication. Rien ne les arrête et ils se posent continuellement comme des victimes d'un Etat policier répressif.
    S'il y a quelque chose à déplorer avec ce livre, c'est la lenteur avec laquelle il démarre. Il faut attendre plusieurs chapitres avant de rentrer dans le coeur de l'histoire : la vengeance contrariée du groupe de jeunes face à la fuite de Linnea. Puis, plus on avance dans l'histoire, plus les évènements sont prévisibles. Il n'y a donc pas de réelle surprise. A part ces petits bémols, ce livre fut une agréable découverte et je peux maintenant dire qu'il m'a réconcilié avec Arto Paasilinna.
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Citations et extraits

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  • Par Marsup, le 21 octobre 2010

    Il vint à l'esprit de Linnea que si quelqu'un pouvait avoir besoin d'un poison efficace et mortel, c'était bien elle. Si la situation devenait trop critique, elle pourrait ainsi avaler une dose afin d'échapper aux griffes des tortionnaires. Une vieille femme sans défense avait tout intérêt à se tenir prête au pire. A son âge, il convenait d'ailleurs aussi de se prémunir contre l'éventualité de maladies pénibles. L'idée d'une lente agonie sur un lit d'hôpital la terrifiait, elle avait une peur mortelle du cancer et de sa douloureuse phase terminale. Les médecins, aujourd' hui, s'acharnaient à maintenir en vie même les patients les plus désespérés, et elle ne voulait pas en arriver là. Dans de telles circonstances, avoir sa propre fiole de poison serait d'un immense secours.
    Concocter une mixture mortelle pourrait aussi être une activité beaucoup plus passionnante que le macramé ou la peinture sur porcelaine.
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  • Par Persepolis, le 09 juillet 2010

    Aux yeux de la colonelle Linnea Ravaska, l'on pouvait à bon droit comparer le maquillage à des préparatifs militaires. La Finlande, par exemple, avait été surprise par la guerre d'Hiver le visage presque nu, telle une fille de ferme naïve qui, jetée dans la grande ville à la merci de riches messieurs, y laisse sa vertu. Lorsqu'elle avait repris l'offensive, par contre, la Finlande s'était soigneusement apprêtée, peut-être même trop; elle s'était fardée d'une épaisse couche de peinture de guerre, aux couleurs crues et aggressives...
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  • Par Persepolis, le 09 juillet 2010

    Il aurait été plus équitable, selon Kake, d'indexer la durée des peines pour crimes de sang sur le nombre d'années de vie qu'il restait au défunt. Autrement dit, si l'on mettait fin aux jours d'un bébé qui aurait pu vivre encore soixante-dix ans, une condamnation à dix ans de taule, si ce n'est plus, paraissait raisonnable. Si on zigouillait un vieux birbe, par contre, une amende aurait dû suffire, car le dommage n'était pas bien grand.
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  • Par Persepolis, le 09 juillet 2010

    La Finlande était décidément la terre promise des bourgeois. Les modestes petits artisans du crime n'avaient pas la moindre possibilité, de faire la preuve de leur talent d'escroc, ils devaient se contenter de vols et d'agressions, de braquage à la petite semaine. Les huiles se réservaient les gros coups, se remplissaient les poches avec l'argent public et le dilapidaient à l'étranger.
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  • Par bibliophage, le 25 octobre 2008 Première phrase du livre

    Une avenante petite vieille dans un paisible décor champêtre, quel charmant tableau. (incipit)
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Vidéo de Arto Paasilinna

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison Marque-page 01-09-2011











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