Encore un livre qui nous vient du froid.
On retrouve ce style haché, glacial, sans fioritures des écrivains
nordiques, si à la mode de nos jours. Sauf que ce lièvre-ci date
de 1975.
Il nous est raconté les péripéties de Vatanen, un journaliste qui en a marre de tout, et notamment de sa femme – pas très original donc – et de son compagnon de route le petit lièvre qu'il a recueilli bébé après l'avoir presque malencontreusement massacré au volant de sa voiture.
Une fois le décor posé dans le premier quart du livre, la suite est une succession de péripéties plutôt loufoques et pas spécialement drôles.
Mais ce récit est loin d'être aussi anodin qu'il n'y parait.
Arto Paasilinna va loin, très loin dans la dénonciation d'une société de hommes et des femmes brutale et sauvage.
Son héro Vatanen quitte brusquement le monde civilisé pour s'installer avec son nouvel acolyte le lièvre loin de tout au milieu et près de la nature. Or nous dit l'auteur, plus vous tenterez de vous marginaliser plus la société et son système aura tendance à vous tomber dessus. Vatanen pleura l'ours alors qu'il venait de le tuer après une traque impitoyable. L'ours sacrifié sur l'autel de la sauvagerie humaine.
Par moments, des images du premier film de « Rambo » me venaient en tête. Un type qui fuit le brouhaha humain, qui ne demande rien à personne, juste qu'on le laisse filer son chemin. Ben non ! C'est pas possible ça ! Au point qu'il se verra dans l'obligation de monter, comme disait si bien « Rambo », une putain de guerre.
« Oublie moi ou je vais te monter une guerre comme t'en a jamais imaginé de ta vie… ».
Et le lièvre dans tout ça ?
Ben il file lui aussi.