Note moyenne : 3.58/5 (sur 96 notes)
Prisonniers du paradis9Ajouter à mes livres
Un avion qui fait un amerrissage forcé avec à son bord des sages-femmes et des bûcherons - à proximité quand même d'une île - cela n'existe que chez Paasilinna. Voici les naufragés qui s'organisent, chacun retrouvant vite ses habitudes : les Finlandais distillent de l'a... > voir plus
Si vous ne connaissez pas Arto Paasilinna, il est temps de combler ce manque. Cet auteur débarqué des grands froids du nord de l'Europe construit ses romans sur un schéma à peu près toujours identique : un postulat de départ complètement improbable, une situation qui n'a qu'une chance sur un million d'arriver dans la vraie vie et, à partir de cette situation, il s'autorise un délicieux délire.
Ici, c'est sur une île à priori déserte que les personnages vont de cotoyer suite à un accident d'avion, avec, évidemment, les mêmes défauts que produisent les êtres humains qui sont obligés de vivre ensemble pour former ce que l'on appelle "la société". Ce livre n'est pas sans rappeler "Les révoltés du Bounty", sans bien sur en avoir la puissance sociale, mais l'intention recherchée n'est pas la même. Un livre agréable, où l'on sourit souvent, car le but de l'auteur, à mon sens n'est pas de nous faire croire que son histoire est sérieuse, et c'est très bien ainsi.
Un avion s'écrase près d'une île de Mélanésie. Les rescapés, tous de nationalités différentes, réussissent à rejoindre une île déserte et doivent s'organiser pour y survivre.
Chaque difficulté est surmontée et discutée en communauté : comment régler les problèmes liés à la nourriture, aux lieux de vie, aux tâches plus ou moins ingrates, ainsi que les relations sentimentales. Une fois leur situation stabilisée, et leur vie si bien organisée va finalement leur convenir… par rapport à leur »l'ancienne civilisation »…
Malgré un thème déjà abordé, son traitement humoristique le rend irrésistible. Ce roman est proprement désopilant, très rafraichissant, notamment grâce à son comique de situation et son écriture tordante.
Dans le même temps, la réflexion sur la vie en société, sur les systèmes économiques, la société de consommation et la nature humaine donne de la profondeur à cette histoire (l'auteur y prône manifestement ses idéaux, mais ne suscite pourtant aucune gêne aux lecteurs qui ne partageraient pas les mêmes vues)
Ce qui est plaisant dans ce livre c'est d'assister l'émergence ex-nihilo d'une micro-société. A travers une histoire agréable à lire on s'aperçoit qu'il est impossible d'être individualiste pour faire face à l'adversité. Paasillinna laisse à chacun sa conclusion : une vie Robinson est-elle préférable à la civilisation ? Une solidarité et un partage nés de l'urgence sont-ils voués à disparaître dès lors que tout va bien ? Peut-on rester fidèle à ceux avec lesquels nous avons partagé des souvenirs pénibles ? les réponses, à l'inverse de la lecture, ne sont pas faciles.
Un avion qui fait un amerissage forcé avec à son bord des sages-femmes et des bûcherons - à proximité quand même d'une île - cela n'existe que chez Paasilinna. Voici les naufragés qui s'organisent, chacun retrouvant vite ses habitudes : les Finlandais distillent de l'alcool et ouvrent le " Café de la jungle ". Les Suédoises mettent sur pied un centre de planning familial - n'oublions pas qu'il y a vingt-huit hommes et vingt-six femmes échoués sur la plage. Une plage de sable blanc bordée de cocotiers et où finalement, entre chasse, pêche et culture, la vie ne va pas être désagréable du tout. Au point que certains n'auront aucune envie de retrouver la " civilisation " quand un navire américain s'approche et que son commandant veut évacuer les joyeux naufragés. Des problèmes aigus vont alors se poser et il faudra tout l'humour de Paasilinna pour tenter de les résoudre.
pur exercice de style paasalinnesque. Imaginez une délégation de l'ONU, composée de bucherons finlandais et d'infirmières suédoises plantée là dans une île déserte du pacifique. Peu à peu, avec une méthode empreinte du flegme et de l'anarchisme nordique, aidé par la récup des décombres de l'avion, notons le rôle important du carton de stérilet retrouvé intact, une société socio-démocrate et alcoolique se met en place jusqu'à ce que les secours arrivent, Et là tout n'est pas encore fini.
Ce jour-là, Reeves déclara : je me demande combien d'entre nous comprennent que nous vivons ici en régime socialiste. Nous ne possédons rien que nous puissions nous disputer, puisque tout appartient à tous. Nos besoins fondamentaux sont satisfaits : nous nous procurons notre nourriture en commun, et celle-ci est répartie en fonction des besoins et non du travail fourni, nous habitons dans des petites maisons construites par la collectivité, les soins médicaux sont gratuits, nous n'avons pas de banque...
Est-ce bien raisonnable de se donner tant de mal pour partir d'ici ? Il me semble que cette île serait un endroit idéal pour passer agréablement les années de vie qui nous restent.
Un écrit lié au temps est comme un sentier dans la neige : on ne s'en sert qu'en hiver ; le printemps l'emporte et en été il n'existe plus, on n'en a pas besoin, alors on l'oublie.