ISBN : 2846824479
Éditeur : P.O.L. (2010)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Ce roman était à l'origine un échange de lettres avec un autre écrivain. Nous nous l'étions représenté comme une oeuvre de fiction que nous construisions chaque jour, à deux, et dans laquelle nous inventions que nous nous aimions. Nous ne savions pas jusqu'où le pouvoir... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 03 avril 2010

    saphoo
    Ce livre faisait partie de ma sélection de la rentrée littéraire 2010, le titre m'a appelé et résonné comme l'écho lointain d'un commun chemin, j'ai succombé à l'écriture poétique d'Emmanuelle PAGANO au diapason de cette histoire troublante.
    Se découvrir par les mots, ce besoin d'écrire, de s'écrire qui prend sa source au plus intime de notre chair, ou les mots deviennent caresses, ou les phrases s'enlacent dans le lit d'une rivière, ou la poésie ricoche sur la surface de la peau, cette danse à quatre mains purement imaginée, complètement virtuelle nous immerge dans un bain de confusion : Quand les frontières du réel finissent par se confondre où l'histoire se dilue dans l'absolu besoin de consommer cette part de fiction pour devenir fusionnelle et charnelle, l'auteure devient acteur, le lecteur devient spectateur silencieux.
    C'est un échange épistolaire devenu roman à sens unique, ce livre au titre aux consonances d'évasion et d'interrogation qui vous invite à voyager sur les rives de cette histoire puissante par sa brièveté, et son intensité qui s'achève brutalement dans un profond silence et d'indifférence, on ne sait plus on ne sait pas pourquoi d'un coup, les sentiments se meurent aussi vite qu'ils naissent, laissant sur les berges une âme en détresse, un corps meurtri et cet embryon à laisser comme témoin mortuaire d'un amour avorté avant terme.
    Au fil des échanges, le flou s'immisce en filigrane d'un lien qui se noue et se resserre de plus en plus autour de la vie, s'échapper par les mots, s'évader aux franges de l'impossible non retour, franchir cette frontière, pénétrer cette bulle inventée à deux, et se laisser emporter par le vent de la passion fulgurante. Cette femme tiraillée par sa condition de mère, son besoin de se consacrer pleinement à l'écriture sans culpabiliser, se garder une part de vie de femme épanouie et rester malgré tout la tête hors de l'eau alors que l'appel du fond se fait de plus en plus puissant, emporter par un tourbillon démesuré, sombrer au plaisir extrême pour finir noyer par l'incommensurable déchirure de l'absence…
    C'est un livre qui ne se raconte pas, c'est un livre qui s'écoute, qui frisonne dans le trouble murmurant que cette histoire peut-être la nôtre comme la sienne. on compatit à ses choix de quitter son mari pour l'amant, on compatit encore au détachement par brides de ses enfants bien qu'on ressent cet amour maternel immense qui est présent à chaque confession, on ressent cette culpabilité omniprésente, pourtant elle dit clairement que ses enfant sont sa vie.****
    Une belle écriture en arabesque, ou les mots vous parviennent comme les ondes du ricochet effleurant vos sens, délicat et fragile, puissant et violent parfois, un vrai livre qui bouscule et nous résonne, au loin nous parvient le cri d'un oiseau, un oiseau d'eau devenu chant mélodieux…

    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/04/03/17455697.h..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par SebastienFritsch, le 19 avril 2012

    SebastienFritsch
    Ma déception à la lecture de ce livre fut sans doute à la hauteur de l'impatience que je ressentais au moment de l'ouvrir. J'avais tellement aimé Les Adolescents troglodytes, mais également (même si c'était dans une moindre mesure) Les Mains Gamines et Le Guide Automatique, pour leur écriture à la fois crue, dure et si poétique, si émouvante. Et puis, le principe de ce roman avait de quoi m'intriguer et titiller ma curiosité : il s'agit en effet d'un roman d'amour épistolaire entre deux écrivains, mais qui serait amputé de sa moitié masculine : la femme écrit, décrit, interpelle... et aucune réponse de l'homme ne nous est fournie. Mais qu'à cela ne tienne : elle, elle continue, en nous laissant deviner (théoriquement) ce que lui répond l'homme. Ainsi, après la déclaration, c'est le passage à l'acte, puis, immanquablement, la rupture.
    Sur le papier (si j'ose dire) l'idée était bonne. Mais une fois lancé dans le livre, je n'ai pas réussi à m'intéresser, je suis resté à quai : la rivière de mots, de sentiments et d'ébats divers et variés décrits par le menu n'ont pas suscité autre chose en moi que l'ennui. Et la poésie, l'exploration des sentiments, l'exercice de style brillant que j'attendais autant l'un que l'autre, m'ont semblé avoir été emportés par le courant que je ne parvenais pas à suivre.
    La première partie (dans laquelle les deux écrivains sont censés inventer cet amour uniquement en échangeant des mots) m'a paru trop artificielle, justement : cet amour était décidé, imposé, soit ; mais qu'est-ce qui a pu justifier qu'il n'en reste pas simplement aux mots, qu'il se concrétise en désir, puis en gestes ? Je n'ai pas compris. Sans doute parce que je n'ai pas réussi à deviner les mots de l'homme dans les réponses de la femme (enfin, pour être honnête, j'ai cru comprendre qu'il n'était pas aussi amoureux qu'elle, mais c'est tout). Alors, comme je l'ai dit, j'ai vraiment trouvé un côté artificiel à cette passion née ex nihilo.
    Dans la seconde partie (celle de la "concrétisation"), j'ai trouvé les scènes de sexe très répétitives (tout autant que les déclaration écrites de la première partie, d'ailleurs) et très banales (on a la même chose dans SAS ou dans de nombreuses autofictions) et très superficielles : le sexe semble être une fin en soi et le seul lien qui unit ces deux êtres (pourtant deux écrivains qui, comme cela est dit au début du roman, sont censés être unis d'abord par une expérience de partage de leurs écritures. Mais comme on ne lit que l'une des deux écritures, on ne peut pas voir de partage). Finalement, ces scènes de copulation passionnelle m'ont semblé très froides (alors que les détails sont très chauds), parce que rien de solide ne paraissait les sous-tendre. Comme si l'amour, là encore, n'était qu'un artifice. Sans doute est-ce pour cela qu'on en est arrivé à la troisième partie.
    Et ainsi vient donc la rupture... et quelques unes des plus belles lignes du roman. Sans doute la tristesse est-elle plus belle et plus touchante, je ne sais pas. Pourtant, malgré quelques jolies phrases, j'ai ressenti rapidement un peu d'ennui, du fait que l'expression de cette tristesse était, là encore, très répétitive.
    Enfin, j'avoue que les métaphores aqueuses (l'homme est une rivière et la femme le lit de la rivière et il y a plein de canards et de poissons) m'ont laissé totalement froid.
    Quelle conclusion tirer de cette lecture ? Je dirai que j'attends le prochain roman d'Emmanuelle Pagano : je ne voudrais pas rester sur une déception. Ceci dit, il me reste encore quelques-uns de ses romans plus anciens à lire. Nous en reparlerons donc.

    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2010/01/25/16617001.h..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par AmandineMM, le 10 septembre 2011

    AmandineMM
    Ce roman épistolaire est divisé en trois parties et s'ouvre par une note de l'auteure : "Ce roman était à l'origine un échange de lettres avec un autre écrivain. Nous nous l'étions représenté comme une œuvre de fiction que nous construisions chaque jour, à deux, et dans laquelle nous inventions que nous nous aimions. Nous ne savions pas jusqu'où le pouvoir du roman nous amènerait. Nous ne connaissions pas la fin de l'histoire.
    Il est sorti de ma vie brutalement, abandonnant ce texte en cours d'écriture.
    En partant, il a repris ses lettres. Il y a donc des vides, des ellipses dans ce roman, dans lesquels il faut imaginer ces lettres qu'il publiera peut-être un jour, une autre fois, ailleurs, séparément." [p. 9]
    C'est donc en connaissance de cause et de la nature de ce livre que j'ai abordé celui-ci. Un peu déçue par cet aspect monodique, j'ai cependant pensé que les lettres permettraient d'imaginer celles auxquelles elles répondaient. Ce ne fut pas le cas, malheureusement : ces lettres, si elles semblent bien adressées à un être aimé, m'ont davantage fait penser à un monologue et à un amour à sens unique qu'à une correspondance amoureuse entre deux amants. Il n'y a ni question, ni réponse, juste des déclarations et des souvenirs. C'est pour cette raison que, tout au long du roman, je me suis demandé si cette note liminaire n'était pas fictive, tout comme ce texte dans son ensemble. Certaines œuvres, en m'intriguant, suscitent mon intérêt ; celle-ci, par cette interrogation permanente en moi, l'a plutôt éteint et a détourné mon attention du contenu même de ce roman.

    Voici comment celui-ci se déroule : la première partie relate, tout d'abord, le début de cette collaboration entre les deux écrivains. le projet d'écriture à quatre mains est autant évoqué que l'histoire d'amour fictive qu'ils souhaitaient construire. Cette méta-narrativité m'a fortement déplu et m'a semblé déplacée dans le cadre de cette intrigue. Néanmoins, les images et réflexions de l'auteure sur cet acte d'écriture si particulier me plaisaient et me semblaient intéressantes. Ensuite, dans la deuxième partie, l'histoire d'amour « réelle » (mais a-t-elle vraiment existé hors de l'imagination de l'auteure ?) commence, et les lettres se chargent de souvenirs érotiques, de fantasmes et de désirs. Enfin, dans la troisième partie, le manque prend toute la place après l'abandon et le départ de l'homme aimé : ces lettres-ci sont clairement déclarées comme monodiques, le destinataire ne répondant plus.

    En résumé, un livre décevant, au fur et à mesure duquel mon intérêt allait décroissant, mais qui m'a permis de découvrir le style magnifique d'une auteure que je ne connaissais pas : je tenterai sans doute ma chance avec un autre de ses romans, en espérant que l'intrigue me plaira autant que l'écriture la prochaine fois…

    Lien : http://minoualu.blogspot.com/2011/09/labsence-doiseaux-deau-emmanuel..
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    • Livres 1.00/5
    Par gilles3822, le 03 avril 2010

    gilles3822
    Je laisse tomber. Page 160, j'abandonne. Toutes ces lettres sont redondantes, répètent jusqu'à plus soif l'amour d'une femme pour un homme, ce qui, manifestement, n'est pas réciproque. Ce n'est pas grave en soi mais vire au pathétique, voire au ridicule.
    Malaise. On a envie de lui dire d'arrêter de se faire du mal, d'aimer. L'amour ne serait que cette souffrance-là ?
    Ca m'ennuie d'autant plus que l'auteure m'a dédicacé l'ouvrage et que l'amoureuse épistolaire, c'est elle, manifestement.
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    • Livres 2.00/5
    Par Lucie16, le 10 juillet 2010

    Lucie16
    J'avais beaucoup aimé Les Adolescents troglodytes, la voix particulière de l'auteure, la façon dont elle manipule les mots, les sculpte, les débarrasse des scories qui leur sont souvent associées. Quand j'ai vu qu'Emmanuelle Pagano venait de signer un roman épistolaire - faux ou vrai, nous y reviendrons -, j'étais très tentée.
    Je l'admets, je suis partagée. Avait-on besoin de cette référence à une histoire « vraie », cette liaison entre deux auteurs dont l'un quitte l'autre, « reprenant » ses lettres? (Entendons-nous, dans ce monde de communication instantanée qui est le nôtre, nous possédons aussi bien dans nos ordinateurs questions que réponses. Je peux néanmoins comprendre que l'absent ait exigé que sa voix soit tue ici.) En fait, si je n'avais pas lu la note de l'auteure, entendu parler de ces entrevues dans lesquelles elle confiait que cette relation avait bel et bien existé, je pense que j'aurais plongé dans le roman sans aucune réserve, plutôt que d'être confinée à un rôle plus ou moins volontaire de voyeur.

    Lien : http://lucierenaud.blogspot.com/2010/05/labsence-doiseaux-deau.html
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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 03 avril 2010

    nos livres ne sont pas des boîtes où nous enfermons les papillons, ils sont les cocons où s’agitent et s’affairent les chenilles, et nos mots, nos phrases, sont faits de soie vivante. Ils sont cet espace étroit dans lequel deux chenilles tissent, chaque jour, chaque heure. elle tapissent les parois par la bouche de baisers de mots, de caresses, de corps à corps. je passe ma main sur l’abdomen doux de la chenille. Quand ce sera fini, qui pourra dire si nous avons été amants ou jumeaux ? “
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  • Par saphoo, le 03 avril 2010

    Ce n’est pas simple, parce que, parfois, mes enfants sont ma prison. Ma liberté pourtant. Je me suis battue pour les garder et les élever. ils sont ma force, ma liberté , et mon mur d’enceinte. Ils m’empêchent de partir, de quitter complètement mon mari, qui les a pris dans ses bras sans question. ils m’interdisent parfois d’écrire, de vivre ma vie, et dans le même temps, en même temps ils sont ma vie. “
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  • Par Lucie16, le 10 juillet 2010

    Le papier cousu de lettres est plus résistant que la peau, que la chair, que les muscles, ce qu'on construit ensemble est fait de mots, le texte, le tissu en est inaltérable puisque les phrases publiées seront indélébiles.
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Emmanuelle Pagano Un renard à mains nues
Emmanuelle Pagano - Un renard à mains nues - Editions POL : Où Emmanuelle Pagano tente d'expliquer de quoi sont faites les nouvelles qui constituent "Un renard à mains nues", et où il est notamment question du réel, de l'empathie, du je, des gens ordinaires, d'un tilleul qui n'en est pas un, de routes et de ceux qui se tiennent aux bords, d'enfants morts et de langue maternelle, à l'occasion de la parution aux éditions POL de "Un renard aux mains nues", à Paris le 30 mars 2012








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