(Billet écrit en mai 2011)
Lors d'une bavure policière, Fata Okoumi, une puissante femme d'affaire africaine en visite à Paris est blessée. Mathias, petit fonctionnaire de la mairie de Paris, lui rend visite à l'hôpital afin de préparer un discours que prononcerait le maire pour «réparer» l'outrage qui lui a été fait. Mais avant de sombrer dans le coma, Fata Okoumi confie au jeune quadragénaire son souhait en guise de réparation de faire disparaître Paris. Mathias se sent le devoir d'exaucer cette dernière volonté…
La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique est un conte. L'artifice qui conduit à faire disparaître Paris pour satisfaire le vœu de la femme d'affaire est quelque peu décevant mais à de nombreux autres égards, le roman de
Martin Page est singulier et très séduisant. le personnage de Mathias, anti-héros célibataire dépourvu d'ambition mais attachant et se voulant intègre dans ses propres questionnements est extrêmement réussi. L'intime du narrateur se mêle à ses réflexions sur la société. Percent notamment toutes les émotions contradictoires qui l'animent face à la femme d'affaire qui lui est d'emblée sympathique, mais qu'il sait être responsable de tout un tas de saloperies qui lui ont permis de gravir les échelons. Il y a aussi ses pensées qui reviennent souvent vers la jeune femme qu'il retrouve à l'hôtel une fois par semaine sans qu'il soit question de donner à ces rencontres un caractère amoureux. Et il y a bien sûr Paris...
Le bouleversement parisien dont Mathias se fait complice lui redonnera l'envie de vivre pleinement.
Un livre légèrement décalé, poétique et attachant.
La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique a reçu le prix Ouest-France Etonnants voyageurs 2010.