A bien y réfléchir, je pense que mon prénom n'est pas totalement indifférent à mon intérêt pour l'univers de
Marcel Pagnol. Depuis toute jeune, dès que je dis mon prénom, il est souvent suivi de « Ah !
Manon des sources ». Alors très vite, j'ai voulu découvrir qui était cette
Manon des sources. Tout d'abord, je l'ai découverte dans le film de
Claude Berri, que j'ai depuis vu plusieurs fois. Et récemment, j'ai ressenti le besoin de lire cette histoire. Mais autant commencer par le début, c'est ainsi que je suis partie en Provence aux côtés de
Jean de Florette.
Ce qui me semble toujours incroyable avec les romans de
Pagnol, c'est que dès les premières lignes ; je suis plongée entièrement dans le roman. J'entends les cigales, je sens le soleil sur ma peau. En totale immersion !
Ayant vu
Manon des sources, je savais ce qu'il allait se passer dans ce roman mais pas en détail.
Nous sommes dans les années 1920, et nous partons à la rencontre de la famille Soubeyran ou du moins ce qu'il en reste. Tout d'abord, il y a
César dit « le Papet » et son neveu Ugolin.
César est à l'image de sa puissante famille. Même s'ils sont les derniers héritiers, il porte en lui une force et une fierté. Ugolin, lui, n'est pas de la même trempe que son oncle. Mais son cœur semble plus pur.
Nos deux hommes vivent plutôt bien mais Ugolin, suite à une discussion avec un ami, décide de se lancer dans la culture des œillets. Très belle initiative mais c'est un projet qui ne peut se développer que près d'une très belle source d'eau. Ce que les Soubeyran n'ont pas. Pourtant, très vite, ils se mettent à convoiter la terre de leur voisin, Les Romarins qui possède une importante source. Ils tentent de discuter avec Pique-Bouffigue pour lui acheter son terrain mais ce dernier n'est absolument pas d'accord. Cependant, suite à un désaccord, il vient à décéder brutalement. Ce qui conforte le Papet d'acquérir Les Romarins pour une bouchée de pain.
C'est sans compter sur l'installation de l'unique hériter, Jean Cadoret dit «
Jean de Florette »…
Jean Cadoret, est un homme arrivant de la ville avec sa femme et sa fille, bien décidé à s'installer aux Romarins jusqu'à la fin de ses jours. Mais cette idée ne plaît pas du tout aux Soubeyran, notamment à
César qui fera tout pour que Jean et sa famille quitte cet endroit.
Ce roman nous met face à des sentiments ambigus.
César apparaît comme un homme dur, parfois méchant, prêt à tout pour acquérir ce qu'il désire. Ugolin, est comme son pantin, agissant comme il lui demande. Pourtant quoiqu'il se passe, il reste un homme gentil et on ne lutte pas contre sa nature. Jean Cadoret n'est pas un personnage qui m'a plu dès le début, je l'ai trouvé imbus de sa personne, bien trop sûr de lui.
Mais c'est ce que j'aime avec ses romans, personne n'est ni bon ni mauvais. Ce sont des personnes entières qui se battent pour ce qu'elles croient, qui continuent à avancer malgré les difficultés.
Il faut se l'avouer, c'est une histoire terriblement triste. Un drame qui vous prend au cœur. L'intolérance, l'avidité, la culpabilité, la vengeance, l'amitié, l'aide…
Marcel Pagnol nous décrit divers sentiments avec une justesse incroyable.
Chaque acte a des conséquences. C'est ce que Manon, fille de
Jean de Florette nous prouvera dans le tome suivant.