ISBN : 2877065162
Éditeur : Editions de Fallois (2004)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Un modeste professeur, honnête, naïf et méprisé, se trouve embauché par un conseiller municipal véreux qui veut l'utiliser comme prête-nom... Topaze, créé en 1928, est le premier succès théâtral de Pagnol. C'est sa grande comédie de caractères, la plus classique, la plu... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 26 août 2011

    Couperine
    Comédie satirique en quatre actes.
    Topaze est un modeste professeur, honnête mais naïf, employé par M. Muche. La fille de ce dernier, Ernestine, dont il aimerait bien s'attirer les faveurs, profite de sa gentillesse tout en le méprisant : elle lui donne ses copies à corriger mais le rabroue sans cesse. Topaze est méprisé par cette famille mais il doit bien gagner sa croûte. Heureusement, ses camarades Tamise (professeur, également, à la pension) et le Ribouchon (surveillant) le soutiennent. M. Muche fait partie de ces "petites gens" qui se donnent une importance capitale alors qu'ils ne sont finalement pas grand chose. L'hypocrisie est de mise chez lui. Ainsi, lorsque Topaze lui apprend qu'il veut faire rentrer un élève, à qui il donne des cours particuliers à domicile, à la pension, Muche se fâche, lui avançant comme argument qu'il a lui-même refusé le fils d'un ministre par manque de place. Ceci est bien évidemment faux mais faire passer sa misérable pension pour une école de prestige reste son passe-temps. Cependant, lorsqu'il apprend que la mère de cet élève, Mme Courtois, est prête à payer tout ce qui sera nécessaire et même le superflu, il se radoucit. Lorsque Suzy Courtois vient visiter la pension, Muche ne tarit pas d'éloges sur celui qu'il dit être son "collaborateur". Néanmoins, l'aspect miséreux de l'établissement fait reculer Mme Courtois qui propose à Topaze d'augmenter ses heures de cours particuliers. Sur le coup, celui-ci refuse, son emploi du temps étant chargé... Fausse excuse en fait, Topaze éprouvant toujours de l'émoi à la vue de cette jeune femme, il préfère éviter de se retrouver trop longtemps avec elle. Voilà la véritable raison. Muche fulmine. Sur ce, arrive une mère d'élève, la baronne Pitart-Vergniolles. Après les salamalecs d'usage, les compliments de rigueur, Topaze comprend que la baronne est venue pour faire rectifier le bulletin de son fils, un horrible cancre. Bien entendu, le brave professeur, droit dans ses bottes, ne cède pas. Il est renvoyé immédiatement par le père Muche qui lui précise également, ayant eu vent des sentiments de son employé envers Ernestine, qu'il ne lui donnera jamais la main de sa fille.
    Topaze se voit contraint d'accepter la proposition de Mme Courtois pour donner des cours au petit Gaston. Cependant, le père de l'enfant , de passage le lendemain doit l'emmener avec lui. Mais elle va lui offrir un autre poste : homme de confiance de Régis Castel-Bénac, conseiller municipal. Bien entendu, Topaze ne se méfie pas. Il va devenir le prête-nom de cet homme véreux. Mais Topaze va finir par sortir de cette torpeur naïve et devenir plus malhonnête qu'eux. Muche, devant l'ascension sociale de son ancien employé, reviendra le voir, à plat ventre, pour lui proposer la main de sa fille. Cette dernière s'aplatira également, faisant ainsi ressortir son appât du gain. Topaze tient là l'occasion de se venger. Et lorsque son ami Tamise vient lui rendre visite, Topaze l'engage à faire comme lui, à tomber dans la malhonnêteté.

    Cette pièce, présentée en 1928, intervient dans un contexte de crise économique. Nous sommes à la veille de cette année terrible que sera 1929. Pagnol présente de façon originale le vieux thème du pouvoir financier. Il démontre à quel point même les gens les plus honnêtes peuvent se laisser happer par les sirènes de l'argent, quitte à laisser au placard leurs idéaux et leurs illusions. Bien entendu, le faire de façon satirique donne encore plus d'impact à la pièce et au message à faire passer. Pagnol se révolte ici contre cette société qui oublie ses valeurs et sa moralité.
    A lire et à relire !

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    • Livres 5.00/5
    Par Saint-Luc, le 18 avril 2011

    Saint-Luc
    Topaze devrait être interdit aux moins de trente ans.
    C'est une pièce à ne pas mettre entre toutes les mains, une de celles à perdre ses illusions pour longtemps, plus surement pour toujours.
    J'étais ado lorsque j'ai lu Topaze... et , toujours ado, je l'ai relu plusieurs fois. de qui révais-je ? du petit prof ? Non, bien évidemment, je me repaissais au contraire du Topaze dernier acte, de celui qui a gagné, qui a tout compris, qui a les femmes, l'argent, le pouvoir....
    Indubitablement, Topaze est donc une pièce dangereuse pour les esprits en construction;
    Certains trouvent cette pièce comique (Fernandel qui l'a popularisée doit y être pour beaucoup...), mais que n'ont-ils analysé les répliques !
    Topaze, c'est le desespoir de l'auteur à l'état brut. Ce n'est même pas une satire, c'est un constat. Effrayant..
    Ce n'est que lorsqu'on avance dans la vie qu'on relativise enfin, qu'on apprend à se détacher des rêves de puissance et de domination, qu'on trouve plaisir à cultiver son jardin.
    Oeuvre très forte, d'une puissance formidable, oeuvre dangereuse aussi par les implications qu'une lecture au premier degré peut engendrer.
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    • Livres 2.00/5
    Par m75000, le 26 août 2011

    m75000
    ah , je me souviens , c'était en quatrième ou l'on étudiait ce texte , et j'adorais en faire à voix haute la lecture en classe . Certes je n'y mettais pas l'accent de Fernandel mais cette histoire me plaisait beaucoup , emplie qu'elle était de caractères si divers et attachants
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    • Livres 4.00/5
    Par melusine1701, le 20 août 2011

    melusine1701
    Cette pièce de théâtre ne présente aucune grande surprise: le gentil berné à cause de ses trop grandes qualités devient perverti par les méchants et on commence à le regarder d'un oeil tout autre dès qu'on commence à le croire à la tête d'une grande fortune. Ce qui m'a surtout plu dans cette histoire, c'est l'évolution du personnage: sa naïveté du départ est guidée par une profonde foi dans l'être humain, la morale et la justice. C'est un personnage quasiment enfantin, qui semble confronté au monde des adultes, noir et vicieux. Sa prise de conscience est très graduelle, et il est persuadé qu'en reprochant leurs fautes aux truands, cela suffira à les ramener dans le droit chemin, et il se confronte durement au cynisme désabusé de Suzy, femme entretenue. Sa béatitude initiale, épanoui et amoureux, s'oppose très nettement au personnage triste et taciturne que l'on découvre dans les derniers tableaux, lorsque le monde lui sourit enfin.

    Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2011/08/19/21776047.html
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 18 avril 2009

    annie
    Topaze est au départ un maître d'école au sens civique irréprochable, licencié pour s'être montré honnête, qui deviendra peu à peu, et sous les exemples qu'il voit, véreux et heureux de l'être.
    probablement mon préféré parmi toute l'oeuvre de Pagnol.

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 14 mai 2012

    Une salle de classe à la pension Muche.
    Les murs sont tapissés de cartes de géographie, de tableaux des poids et mesures, d'images antialcooliques (foie d'un homme sain, foie alcoolique).
    Au dessus des tableaux, une frise de papier crème, sur laquelle se détachent en grosses lettres diverses inscriptions morales : "Pauvreté n'est pas vice", "Il vaut mieux souffrir le mal que de le faire", "L'oisiveté est la mère de tous les vices", "Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée".
    Au centre, au dessus de la chaire : "L'argent ne fait pas le bonheur".
    Au plafond, deux réflecteurs de tôle émaillée auréolent des ampoules électriques.
    Au fond, entre une porte-fenêtre et une armoire, la chaire, sur une petite estrade d'un pied de haut.
    A travers les vitres de la porte-fenêtre, on voit passer de temps en temps des enfants qui jouent, ou la silhouette minable de Mr le Ribouchon, qui surveille la récréation.
    L'armoire est vitrée, et l'on voit à l'intérieur, sur des étagères, une sorte de bric-à-brac. Des pavés ornés d'étiquettes, un perroquet empaillé, divers bocaux contenant des cadavres d'animaux ou d'insectes.
    Au-dessus de l'armoire, un globe terrestre en carton, un boisseau, un écureuil empaillé.
    Devant la chaire, deux rangées de bancs d'écoliers séparées par une allée.
    Enfin à droite, au tout premier plan, une petite armoire. A terre, à côté de l'armoire, un tas de livres en loques.
    Quand le rideau se lève, M Topaze fait faire une dictée à un élève.
    M Topaze a trente ans environ. Longue barbe noire qui se termine en pointe sur le premier bouton du gilet. Col droit, très haut, en celluloïd, cravate misérable, redingote usée, souliers à boutons.
    L'élève est un petit garçon de douze ans. Il tourne le dos au public. On voit ses oreilles décollées, son cou d'oiseau mal nourri.
    Topaze dicte et, de temps à autre, il se penche sur l'épaule du petit garçon pour lire ce qu'il écrit.
    (lever de rideau de l'édition de poche parue en 1967)
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  • Par Couperine, le 26 août 2011

    MUCHE. - Vous avez retrouvé l'erreur ?
    TOPAZE. - Mais non... Il n'y a pas d'erreur...
    MUCHE, impatienté. - Voyons, voyons, soyez logique avec vous-même !... Vous croyez Mme la baronne quand elle vous dit que vous aurez les palmes et vous ne la croyez pas quand elle affirme qu'il y a une erreur !
    TOPAZE. - Mais, madame, je vous jure qu'il n'y a pas d'erreur possible. Sa meilleure note est un 2... Il a eu encore un zéro hier, en composition mathématique... Onzième et dernier : Pitart-Vergniolles...
    LA BARONNE, elle change de ton. - pourquoi mon fils est-il dernier ?
    MUCHE, il se tourne vers Topaze. - Pourquoi dernier ?
    TOPAZE. - Parce qu'il a eu zéro.
    MUCHE, à la Baronne. - Parce qu'il a eu un zéro.
    LA BARONNE. - Et pourquoi a-t-il eu zéro ?
    MUCHE, il se tourne vers Topaze. Sévèrement. - Pourquoi a-t-il eu zéro ?
    TOPAZE. - Parce qu'il n'a rien compris au problème.
    MUCHE, à la Baronne, en souriant. - Rien compris au problème.
    LA BARONNE. - Et pourquoi n'a-t-il rien compris au problème ? Je vais vous le dire, monsieur Topaze, puisque vous me forcez à changer de ton. (Avec éclat) Mon fils a été le dernier parce que la composition était truquée.
    MUCHE. - Était truquée !... ho ! ho ! ceci est d'une gravité exceptionnelle...
    Topaze est muet de stupeur et d'émotion.
    LA BARONNE. - Le problème était une sorte de labyrinthe, à propos de deux terrassiers qui creusent un bassin rectan­gulaire. Je n'en dis pas plus.
    MUCHE, à Topaze, sévèrement. - Mme la baronne n'en dit pas plus !
    TOPAZE. - Madame, après une accusation aussi infamante, il convient d'en dire plus.
    MUCHE. - Calmez-vous, cher ami.
    LA BARONNE, à Topaze. - Nierez-vous qu’il y ait dans votre classe un élève nommé Gigond ?
    MUCHE, à Topaze. - Un élève nommé Gigond ?
    TOPAZE. - Nullement. J'ai un élève nommé Gigond.
    MUCHE, à la Baronne. - Un élève nommé Gigond.
    LA BARONNE, brusquement. - Quelle est la profession de son père ?
    TOPAZE. - Je n'en sais rien !
    LA BARONNE, à Muche sur le ton de quelqu’un qui porte un coup décisif. - Le père du nommé Gigond a une entreprise de terrassement. Dans le jardin du nommé Gigond, il y a un bassin rectangulaire. Voilà. Je n'étonnerai personne en disant que le nommé Gigond a été premier.
    MUCHE, sévèrement. - Que le nommé Gigond a été premier. (A la Baronne en souriant) Mon Dieu, madame...
    TOPAZE, stupéfait. - Mais je ne vois nullement le rapport...
    LA BARONNE, avec autorité. - Le problème a été choisi pour favoriser le nommé Gigond. Mon fils l'a compris tout de suite. Et il n'y a rien qui décourage les enfants comme l'injustice et la fraude.
    TOPAZE, tremblant et hurlant. - Madame, c'est la première fois que j'entends mettre en doute ma probité qui est entière, madame... qui est entière...
    MUCHE, à Topaze. Calmez-vous, je vous prie. Certes, on peut regretter que le premier en mathématiques soit précisément un élève qui, par la profession de son père, et par la nature même du bassin qu'il voit chez lui, ait pu bénéficier d'une certaine familiarité avec les données du problème. (Sévèrement) Ceci d'ailleurs ne se repro­duira plus, car j'y veillerai... Mais d'autre part, madame, (la main sur le cœur) je puis vous affirmer l'entière bonne foi de mon collaborateur.
    LA BARONNE. - Je ne demande qu'à vous croire. Mais il est impossible d'admettre que mon fils soit dernier.
    MUCHE, à Topaze. - Impossible d'admettre que son fils soit dernier.
    TOPAZE. - Mais, madame, cet enfant est dernier, c'est un fait.
    LA BARONNE. - Un fait inexplicable.
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  • Par Pixie-Flore, le 26 février 2012

    Je dis qu'en général elles préfèrent les hommes qui ont de l'argent, ou qui sont capables d'en gagner... Et c'est naturel. Aux temps préhistoriques, pendant que les hommes dépeçaient la bête abattue et s'en disputaient les lambeaux, les femmes regardaient de loin... Et quand les mâles se dispersaient, en emportant chacun sa part, sais tu ce que faisaient les femmes ? Elles suivaient amoureusement celui qui avait le plus gros bifteck.
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  • Par annie, le 18 avril 2009

    Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante: c'est ça qui leur en impose le plus!
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  • Par annie, le 18 avril 2009

    Tu as vu des femmes qui aiment les pauvres?
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