> Alain Defossé (Traducteur)

ISBN : 2207259684
Éditeur : Denoël (2008)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Mais qui est donc Buster Casey, alias Rant ? Dans un futur où une partie de la population est " diurne et l'autre - nocturne " selon un couvre-feu très strict, Peste prend la forme d'une biographie orale faite de rapports contradictoires émanant de témoins qui ont connu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Munin, le 06 septembre 2011

    Munin
    Peste est la (fausse) biographie orale de Buster "Rant" Casey, composée à partir des recueils des témoignages de tous ceux qui l'ont cotoyé. Concrètement, le texte est formé d'un choeur de paragraphes enchevêtrés donnant chacun la parole à un personnage. Chaque chapitre forme un fil directeur, et au sein de chaque chapitre les paragraphes attribués à un personnage se suivent tout en formant une sorte de contrepoint aux interventions des autres. Ce puzzle peut paraître bizarre, mais il est très bien maîtrisé et la forme du roman est plus accessible que l'enchaînement des nouvelles de A l'estomac.
    Puisqu'il s'agit d'une biographie, Peste décrit la naissance, la vie, la mort et la vie posthume de Rant Casey. le fil de celle-ci est présentée dès la 3e page, par le biais du père de Rant alors qu'il est en route pour aller chercher le corps de son fils. Rant est le fruit du viol de sa mère, grandit dans un trou paumé du nom (approprié) de Middletown, gagne la ville, rejoint une secte de chauffards nocturnes, devient le vecteur d'une pandémie, meurt dans un accident de voiture en direct à la télé, et devient une icône de la jeunesse.
    Dans le récit de la jeunesse campagnarde de Rant, on retrouve le Chuck des précédents livres : anecdotes et faits divers émaillent un récit peuplé de rebondissements surprenants et de personnages déjantés. le microcosme de Middletown donne évidemment l'occasion de critiquer certains travers de la société américaine, mais cette vision sociale est moins prédominante que dans A l'estomac. Rant enfant est déjà sérieusement barré : piqué par une araignée dans son enfance, il devient accro au poison et passe son temps à fourrer ses membres dans tous les trous, tanières, crevasses, qu'il peut trouver. Il récolte quantité de morsures et maladies, dont la rage, dont il devient porteur sain et qu'il refile à toute la ville. Car Rant est populaire et, ado, sait reconnaître toutes les femmes de la ville rien qu'en reniflant leurs serviettes hygiéniques usagées. Car s'il est moins trash que A l'estomac, Peste reste quand même assez cru, et on retrouve ces références constantes aux sécretions corporelles (urine, salive, sueur, sperme, sang, mucus, etc.). Chuck conduit sur le corps de ses personnages les mêmes outrages que sur la société qu'il dépeint, en en exposant les tripes et viscères.
    Après cette 1e partie bien déjantée où l'on retrouve la patte de l'écrivain, on suit Rant dans son exode rural et sa découverte de la grande ville. Et là, surprise, on découvre que l'on est dans un bouquin d'anticipation (pour éviter le terme cyberpunk). Les gens ont des cablages neuronaux qui leur permettent de se passer des "transferts", la population est séparée en diurnes / nocturnes, et Rant rejoint des adeptes du crashing, un loisir consistant décorer sa bagnole selon un thème donné à l'avance pour aller emboutir les voitures des autres participants. Entre les digressions anthropologiques sur la nature cathartique de ce passe-temps et la perte de la focalisation sur le personnage de Rant, cette partie m'a moins convaincue que le premier tiers du livre.
    Le récit ne s'achève pas avec la mort de Rant, et acquiert bien au contraire une nouvelle dimension, et, pour la première fois à ma connaissance chez Palahniuk, une connotation franchement fantastique. Ce développement m'a pris complètement par surprise, et je n'en dis donc pas plus pour ne pas gâcher le plaisir. Au final, s'il ne s'agit pas du bouquin le plus réussi de l'auteur, Peste reste une très bonne lecture.


    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2008/03/peste-chuck-palahniuk.html
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    • Livres 5.00/5
    Par michaels, le 23 septembre 2010

    michaels
    Un pur régal ! Ce livre est de la dynamite ! Déjà le style est singulier et atypique ! Palahniuk nous ouvre les portes d'un monde glauque et bien crade par l'intermédiaire de témoignages parfois farfelues, parfois controversés...
    C'est aussi cette capacité chez l'auteur à faire parler une multitude de personnages de manières bien distinctes qui m'a complétement enthousiasmé !
    Peste est un mélange aussi de genre incroyable. Un genre d'"Urban SF" où se mêle l'horreur et donc le fantastique car s'il est question de morsures, de diurnes et de nocturnes, il y a aussi cette histoire de voyages dans le temps et de transferts qui pousse directement le roman dans la science-fiction.
    Vous aurez compris en lisant "Peste", vous risquez de vous embarquez dans un étrange périple ! Et pour sûr, vous n'en sortirez pas indemne mentalement !
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    • Livres 5.00/5
    Par nours, le 07 septembre 2008

    nours
    "Chuck Palahniuk est une des figures majeures de la littérature américaine contemporaine : l'univers noir et extrême de ses romans, parfois portés avec succès à l'écran comme Fight Club, ont fait de lui un auteur culte.
    (...)
    Dans ce roman, sorte d'éloge funèbre chanté par un choeur composé d'amis, de voisins (...), Palahniuk explore les tréfonds de la vie moderne (...). Evangile subversif et grotesque où le rire donne la réplique à l'horreur, Peste décrit un monde qui marche sur la tête, où la vie est à mourir d'ennui et la mort positive et créatrice."
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  • Par Gromovar, le 25 octobre 2010

    Gromovar
    Tout le monde ici a vu, ou mieux, lu "Fight Club" ; que ceux qui ne l'ont pas fait sortent et ferment la porte. Chuck Palahniuk s'y attaquait à la société de consommation et au mode de vie factice qu'elle offre à tous, en particulier à ces yuppies qui peuvent s'en offrir une grosse tranche. Il mettait en évidence l'absurdité de la vie et des désirs du salaryman contemporain. Il montrait comment ces désirs, une fois extraits de la praxis pure et vocalisés, paraissent étriquées et mesquins. Il rappelait inlassablement par l'exemple que dans "petit bourgeois" il y a d'abord "petit", et que l'homme contemporain, protégé de la guerre, de la maladie, des catastrophes, de sa propre violence et de celle des autres, vit une existence tiède et dépourvue de sensations réellement fortes entre mater/paternité béate, soutien psychologique, et fin de vie sous Nambutal.

    Lien : http://quoideneufsurmapile.blogspot.com/2009/09/tout-le-monde-ici-vu..
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  • Par systool, le 27 août 2010

    systool
    Buster Casey vient de Middleton, un bled paumé dans l'Amérique profonde. Déjà bambin, il montrait les signes d'un profond mal-être. Ses hobbies : confectionner des oeufs de Pâques à l'image de grenades et les planquer dans son jardin, puis attendre que son père passe la tondeuse, les écrase et fasse jaillir une odeur nauséabonde. Casey a également fait renaître le commerce à Middleton en organisant un curieux (et hilarant) troc de dents de lait. Mais l'ami Buster s'est surtout illustré par son attirance pour les bêbêtes telles que les serpents, dont les morsures lui procuraient un shoot similaire à celui que recherche un toxicomane. Accessoirement, Buster Casey a attrapé la rage et accessoirement, il l'a transmise à une flopée de donzelles de son patelin, ce qui a fait de lui l'un des plus grands tueurs en série de l'histoire de l'Amérique...
    la suite sur le blog

    Lien : http://www.gueusif.com/article-18873758.html
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 21 juin 2011

    Neddy Nelson : Avez-vous lu le rapport Kissinger, censé avoir été remis au Conseil national de sécurité en 1974 ? Celui dans lequel Henry Kissinger prévient que la plus grande menace pour les Américains est la surpopulation dans les pays du tiers-monde ? Qu'est-ce que ça dit, déjà ? Qu'on a besoin des ressources minérales et naturelles de l'Afrique ? Que ces républiques bananières vont bientôt se casser la figure au fur et à mesure que leur population augmente ? Que le seul moyen qu'aura l'Amérique pour assurer sa prospérité et sa stabilité sociale, ce sera de dépeupler le tiers-monde ?

    Et il faudrait être surpris que le sida soit apparu vers 1975 ?

    Comprenez-vous bien ce qu'implique le mot de "dépeupler" ?
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  • Par csapin, le 21 juin 2011

    Dr Phoebe Truffeau : Alors même que le virus commence de se multiplier et de se répandre par les nerfs sensoriels et moteurs, le sujet contaminé peut ne développer aucun symptôme pendant des mois, alors qu'il abrite la maladie et contamine d'autres sujets. Ce scénario du porteur sain semble être le cas en ce qui concerne le supposé superagent contaminant Buster Casey.

    Non, les épidémiologistes n'utilisent pas le terme de "sujet zéro". Tous sujets reponsables de dix contaminations ou plus sera à présent appelé superagent contaminant. Ce que Mary Mallon, "Mary Typhoïde", était à la typhoïde, ce que Gaétan Dugas était au sida, Liu Jian-lun au SRAS, Buster Casey l'est devenu pour la rage.
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  • Par csapin, le 21 juin 2011

    Neddy Nelson : Ca ne vous semble pas bizarre, qu'un rapport gouvernemental prône le dépeuplement de l'Afrique, et qu'en l'espace de vingt-cinq ans des générations entières soient décimées ? Ca ne vous semble pas suspect, que d'anciennes colonies européennes possédant d'immenses richesses naturelles telles que l'or et les diamants, des pays comme le Botswana, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, aient été les plus violemment touchés par l'épidémie de sida ?
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  • Par csapin, le 21 juin 2011

    Neddy Nelson : Savez-vous qu'avant ces abominables expérimentations à Auschwitz, le Dr Joseph Mengele était un anthropologiste extrêmement respecté ? Savez-vous que Mengele avait voyagé en Afrique pour y collecter du sang humain et des échantillons de virus ? Que le rêve de sa vie était d'identifier des facteurs prouvant qu'il existe une différence entre les races humaines ? Et ensuite, de créer un épidémie ciblée, raciale ?

    Savez-vous que nombre des découvertes de Mengele sont parvenues aux Etats-Unis sous le nom "d'Opération paperclip", sur quoi la CIA a blanchi et donné une nouvelle identité aux scientifiques nazis s'ils acceptaient de poursuivre les recherches.
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  • Par csapin, le 21 juin 2011

    Dr Phoebe Truffeau (épidémiologiste) : Il existe un précédent dans l'Histoire. En 1763, durant la guerre qui opposa les Britanniques aux Français pour la possession de territoires sur le continent nord-américain, l'immense population des indigènes américains se rangea en majorité du côté des Français. Dans un geste d'apaisement, en apparence, les Britanniques leur fournirent des couvertures utilisées précédemment dans les hôpitaux pour soigner les malades atteints de variole. Sans aucune défence naturelle contre la Variola major, d'innombrables Indiens d'Amérique moururent ainsi.
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