ISBN : 2226215182
Éditeur : Albin Michel (2010)


Note moyenne : 2.89/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Entre dérision et nostalgie, cette chronique sociale et familiale est avant tout la radiographie d’une époque. Celle des années 70, période d’insouciance qu’Anthony Palou évoque à travers l’essor et le déclin d’une "dynastie fruitière", qui a fui l’Espagne franquiste po... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 01 juillet 2011

    yv1
    Pas mal du tout ce livre. Tour à tour drôle, émouvant, nostalgique. le grand-père, pendant la seconde guerre mondiale a l'idée qui fera sa notoriété : cultiver et vendre ses légumes préparés en "sope mallorquine". le fils, élevé dans ce monde prend la suite. Roman qui se lit assez vite : petit chapitres constitués de paragraphes courts qui permettent des pauses faciles et une reprise de lecture tout aussi aisée. L'écriture est très agréable ; elle fait la part belle à l'humour et à la nostalgie. Les personnages en prennent tous pour leur grade, Marie, la petite amie épisodique du narrateur, particulièrement. Anthony Palou ne s'attarde pas sur les sentiments, sur les états d'âme de ses personnages : ils avancent malgré leurs difficultés, malgré la réalité qui n'est pas représentative de leurs rêves. Son roman est un état des lieux d'une famille : "l'essor et le déclin d'une "dynastie fruitière"" (4ème de couverture). Une fois cela su, qu'on ne cherche pas ici la psychologie des protagonistes, ils n'ont pas le temps de s'épancher, le travail de primeurs leur prend tout leur temps. Seul le narrateur est capable -mais lui a du temps- d'avoir un regard -désabusé- sur ceux qui l'entourent : il les regarde comme ils sont et se voit lui-même sans complaisance. La fin du roman plus centrée sur le début de sa vie d'homme est d'ailleurs plus mélancolique, plus triste. Des regrets de n'avoir pas fait autre chose de sa vie, de n'avoir pas su le faire ou simplement de n'avoir pas pu, par peur du risque ou par simple connaissance de ses limites personnelles
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    • Livres 3.00/5
    Par soazcongar, le 08 septembre 2011

    soazcongar
    Le grand-père du narrateur fuit l'Espagne franquiste et trouve refuge à Quimper. Il va y créer son commerce de primeurs et très vite fidéliser une importante clientèle. Son fils qui reprend l'affaire n'est pas fait de la même étoffe commerciale. La concurrence des grandes surfaces lui porte un coup fatal. le déclin du commerce de fruits et légumes entraîne celui de la famille qui va bientôt se heurter à la réalité des huissiers.
    Une réflexion sur l'emprise des grandes surfaces qui emportent, dans leurs chariots, les petits commerces de proximité. Des allées et venues entre Espagne et Bretagne, un titre rafraîchissant et très sain pour une rubrique ironico-amère émaillée de souvenirs truculents.
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    • Livres 2.00/5
    Par feanora, le 27 janvier 2012

    feanora
    Bonne radiographie d'une période disparue lorsqu'il n'existait pas de supermarchés.Les gens faisaient leurs courses et avaient un dialogue avec ''leurs commerçants'. On était loin de la recherche de tel ou tel produit dans les magasins.
    La chronique de cette famille d'origine espagnole, le grand-père ayant fui le franquisme est bien écrite et rend vivante une époque qui en définitive n'est pas si lointaine.
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    • Livres 4.00/5
    Par trust_me, le 10 janvier 2011

    trust_me
    Anthony Palou, né à Quimper en 1965, possède un joli brin de plume, en apparence assez désinvolte, mais qui est à l'évidence très travaillé. Ces quelques souvenirs de prime jeunesse se déclinent en courts chapitres, voire en simples paragraphes qui donnent beaucoup de rythme et de tonicité au texte. Une chronique sur l'enfance douce-amère, certes un brin nostalgique mais qui montre surtout comment s'est construite la personnalité du narrateur à travers la figure d'un père devenu bien malgré lui une sorte de loser qui a fini par baisser les bras devant d'insurmontables difficultés professionnelles.
    Mais ce petit roman est aussi un coup de projecteur sur les petites gens et cette France des années 70 en pleine mutation. Anthony Palou ne glorifie rien ni personne. Il ne fait pas de ses personnages des super héros, loin de là. Tout tend vers la médiocrité, de son premier amour à l'AVC de son père (que l'on retrouve aux toilettes « la tête dans la cuvette, du grumeau de vomi dégoulinant de son menton »), de l'huissier aux vendeurs et aux clients du marché. Un hymne à la province et à la Bretagne ? Même pas. Sans tomber dans le cynisme, le narrateur est d'une désarmante lucidité. Désabusé serait sans doute le qualificatif le plus juste. La désillusion a finalement saisie trois générations de Coll. le grand-père, le père et finalement le fils, devenu patron d'une petit entreprise de peinture qui, s'il reconnaît que son « affaire ne marche pas trop mal », ne déborde pas non plus d'ambition.
    Un roman simple, sans fioriture, qui sonne juste et m'a fait passer un excellent moment de lecture. J'espère, Mr Palou, qu'il ne faudra pas attendre dix ans avant de découvrir votre prochain texte...


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/01/rentree-litteraire-20..
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    • Livres 1.00/5
    Par Livrespourvous, le 17 septembre 2010

    Livrespourvous
    Comme tout lecteur du Figaro, je lis régulièrement les chroniques et les critiques d'Anthony Palou avec beaucoup de plaisir.
    Elles tranchent avec la ligne éditoriale "voix de son maître" que cet illustre quotidien a adoptée.
    Qu'il est loin le temps de Beaumarchais !

    Me voilà donc par une belle après-midi d'été sur la plage, votre roman Fruits & légumes en main.
    Roman du souvenir, roman de la petite bourgeoisie provinciale, roman aussi de l'exil.

    Ce sont les souvenirs d'enfance et d'adolescence du narrateur et sa vie bretonne à Quimper.
    C'est aussi l'histoire du premier « primeurs », son grand-père, Antonio Pablo Luna Coll qui partit en 1936 de Majorque pour s'installer à Quimper, se marier à une Bretonne et ouvrir la première échoppe familiale de fruits et légumes.
    Et puis, c'est l'histoire du père du narrateur, le fils du précédent, qui essaiera de faire commerce.

    Anthony Palou dessine les souvenirs par petites touches, les esquisse parfois, les arrange et les dérange, avec une ironie un peu vache mais souple, une tendresse et un amour de l'enfance.

    Les pages sur Majorque sont magnifiques. Voici une phrase : « La Méditerranée fut ma baignoire, mon naufrage. »

    Les pages sur les huissiers sont également drôles. La lucidité du narrateur vis à vis de sa famille et donc, de sa propre vie est une réussite.

    Un court roman à découvrir !

    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net
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Citations et extraits

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  • Par val-m-les-livres, le 31 août 2010

    Les Parisiens, les Parigots. L'été, dès que Marcel apercevait une voiture immatriculée 75, son sang ne faisait qu'un tour. Aux halles, il les attendait de pied ferme, les insultait quand ces incultes lui posaient la sempiternelle question:"Ils sont du jour vos cabillauds?", à quoi il répondait invariablement: "Et ta morue, elle est du jour?"
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  • Par livr-esse, le 29 août 2010

    "Il y avait trois jours de marché importants: le mercredi, le vendredi et le samedi, qui était le jour J, opération Overlord, débarquement des vieilles, des mères de famille qui chargeaient leur panier ou caddie pour le fameux déjeuner du dimanche(...)"
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  • Par livr-esse, le 29 août 2010

    "La gangrène des hyper- et supermarchés, des "centrales", comme on disait à l'époque, devenait la mérule qui rongea le bois des étalages du petit commerce, faisait tinter le glas de ce que nous fûmes(...)"
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  • Par Moumoune, le 25 juin 2011

    Après le marché , vers les deux heures de l'après-midi, fallait compter la recette. La dextérité de mon père pour faire glisser les billets. Un vrai banquier, pour une fois. Il passait son index sur la langue et écumait les biffetons. Un orfèvre. Enfant, je croyais que tout cet argent était pour nous?. Il m'expliquait que les trois quarts étaient pour les autres. Qui ? Les fournisseurs. A le voir épingler les Delacroix par dizaines, jamais je n'eus l'idée qu'un jour il pourrait déposer le bilan.
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  • Par yv1, le 01 juillet 2011

    Marie se maria dès l'âge de dix-huit ans avec un clerc de notaire de cinq ans son aîné. Ils s'installèrent à Brest dans un petit pavillon charmant. Ils divorcèrent trois ans plus tard.

    C'est alors que je réapparus, après quelques déboires sentimentaux. Son cerveau était un véritable courant d'air. C'est sans doute pour cela que je l'aimais puisque, par la suite, il s'avéra que je fus toujours attiré par le vide.(p.57/58)
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