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> Gilles Authier (Traducteur)

ISBN : 2070428176
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 188 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses tradi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par ChtiSuisse, le 05 novembre 2014

    ChtiSuisse
    Je n'ai pas réussi ni voulu terminer ce livre. J'ai lu de nombreuses très bonnes critiques, mais autant vous prévenir de suite, je ne suis pas du même avis.
    Certes il y a un meurtre, certes il y a une intrigue amoureuse.
    Le récit tourne la plupart du temps autour de la confection des miniatures (un peu comme le parfum qui tourne autour des fragrances et des odeurs).
    C'est au début fascinant, mais, la répétition encore et toujours des mêmes thèmes a eu raison de mon envie de savoir si le meurtrier allait être confondu ou pas.
    Les thèmes récurrents sont :
    Un artiste peut-il avoir son style propre ou au contraire imiter les anciens maitres ?
    Un artiste peut-il signer son œuvre ?
    Doit-on prendre quelque chose de la peinture occidentale ?
    et plus accessoirement devenir aveugle à force de travail acharné est-il l'apanage enviable des grands maitres ?
    Les réponses à ces trois questions sont illustrées par de nombreuses légendes, récits et anecdotes.
    Je vous exonère de la lecture du roman : la réponse est à chaque fois négative. Elle est simplement répétée encore et encore.
    L'enlumineur, l'illustrateur doit respecter ceux qui l'ont précédé, exercer son art dans la crainte permanente de dieu, ne pas copier les infidèles qui osent faire des portraits et des perspectives et des ombres !
    Ceci est répété beaucoup trop à mon humble avis.
    Cette ambiance de peur et soumission à la tradition, à l'autorité du Sultan, à dieu est écrasante. Les occidentaux, soupçonnés d'idolâtrie avec leurs portraits sont à la fois admirés et méprisés.
    C'est bien écrit. D'une grande érudition que je pourrais comparer au "Nom de la rose".
    Sans doute m'a-t-il manqué de références dans le domaine artistique moyen oriental du XVIième siècle pour profiter de ce roman.
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    • Livres 3.00/5
    Par Moan, le 21 juillet 2013

    Moan
    Challenge Nobel 2013.14
    Ce livre commence de façon surprenante puisque c'est un cadavre qui prend la parole. Pour raconter qu'il est calligraphe, qu'il travaille sur un livre qui s'écarte des traditions de la peinture ottomane, qu'il a eu le crâne fracassé et se retrouve au fond d'un puits.
    Une vingtaine d'autres personnages, même la couleur rouge et le diable prendront la parole à leur tour . Ils vont rechercher le coupable, raconter la belle veuve Shékuré que son cousin tout juste revenu de Perse veut épouser et ce livre particulier commandé par le sultan et que le père de Shékuré va tenter de terminer malgré l'affreux crime!
    Ce livre foisonne, j'ai l'impression d'avoir passé une éternité à le lire. Je l'ai trouvé trop long avec ses descriptions de tableaux difficiles à suivre puisqu'il fallait les imaginer.
    Toutefois, il parle d'une époque de changement , la fin du XVIème siècle, avec l'arrivée de la peinture occidentale et ses portraits fidèles aux modèles qui viennent ébranler les traditions ottomanes!
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    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 02 septembre 2012

    Under_The_Moon
    Eh bien, le moins qu'on puisse dire c'est que j'aurais mis vraiment beaucoup de temps à finir ce livre !
    Découragée par l'aspect répétitif du roman (à cause de la forme polyphonique) et les longues descriptions, je me suis d'abord arrêtée à mi-parcours.
    Puis, poussée par la curiosité, j'ai tout de même repris le livre et me suis laissée à nouveau envoûtée par l'atmosphère stambouliote du XVIème siècle : l'évocation de ses palais, de tous ses quartiers, et des sultans qui ont le plus marqué cet empire grandiose.
    Certes, il faut attendre les 150 dernières pages (sur 700!) pour voir le récit s'accélérer! Mais le jeux en vaut la chandelle.
    J'ai, entre autre, beaucoup aimé les passages type "les experts dans les ateliers de peintres", où l'on voit les personnages utiliser une loupe et toutes leurs connaissances pour traquer les styles avec la plus grande minutie ( ceci, afin de démasquer l'assassin de l'Oncle et de Monsieur Délicat) !
    Orhan Pamuk signe donc une oeuvre très riche où se mêlent art, histoire, philosophie, policier, moeurs et littérature ! (avec quelques anachronismes qui font sourire)
    Sans vouloir dévoiler le pot-aux-roses, je tiens quand même à parler de la fin du roman : un petit clin d'oeil malicieux (et ironique!) d'Orhan Pamuk à ses lecteurs qui nous met (à nouveau) en garde contre son art.
    A coup sûr, lui au moins n'aura pas cédé à la folie, l'ambition et la vanité de ses personnages !
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 01 septembre 2012

    jsgandalf
    En refermant « Neige » d'Orhan Pamuk, j'ai eu l'étrange sensation de passer à coté de quelque chose. Avec « Mon nom est Rouge » je sais que j'avais raison. Quel roman ! D'abord une vraie histoire, bien construite et qui tient en haleine, ayant pour cadre Istanbul en hivers en 1591. Un meurtre. Un livre. de l'amour. Des intrigues. du sang. Mais surtout une vraie recherche sur l'art et sur la relation que nous avons avec lui. Une interrogation sur le choc des cultures et le mélange qu'il en résulte. le tout écrit magnifiquement.
    Un livre à déguster en prenant sont temps, en faisant des poses pour se laisser imprégner jusqu'à pouvoir imaginer regarder une miniature réalisée par les maîtres d'Herat.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lismonde, le 07 février 2014

    Lismonde
    Livre absolument fascinant, pour qui s'interroge sur la représentation du monde, les affrontements qu'elle peut susciter entre différentes orientations esthétiques et donc entre les enjeux philosophiques et politiques qui les sous-tendent. Il ne faut jamais l'oublier en regardant un tableau.
    (C'est l'un de mes grands sujets d'exploration depuis des années - émissions à France-Culture, articles, livres).
    En octobre 2012, invité spécial au Louvre, Pamuk a expliqué comment il avait longtemps tourné autour du sujet avant de découvrir ce qui pouvait en conduire le fil - il s'est alors plongé dans l'histoire des miniatures persanes, mal connue en Occident.. Et il a développé une trame romanesque, poignante souvent haletante même.
    L'action de "Mon nom est Rouge" se situe à Istambul, durant l'hiver 1591 où Neige couvre la Corne d'Or. Par contraste, un personnage appelé le Noir enquête pour retrouver l'assassin de Monsieur Délicat, un miniaturiste du Sultan. Combat des couleurs fondamentales
    Au tout début du roman, le cadavre de Monsieur Délicat se plaint car il gît au fond d'un puits et aspire à une sépulture.
    On découvre peu à peu l'affrontement entre deux visions du monde dans l'Empire ottoman de la fin du XVIème siècle.
    En digne successeur du grand Soliman le Magnifique, pour manifester que rien au monde ne lui est inconnu, le Sultan d'alors charge ses miniaturistes d'introduire la technique italienne de la perspective dans l'illustration d'un livre. Or, chez les gardiens des traditions picturales de l'Empire ottoman, cette intrusion de la perspective propre à l'Occident suscite une opposition farouche, au besoin, le crime. On ne plaisante pas avec les codes et les lois qui régissent la représentation, car il s'agit toujours de « rendre visible l'invisible ».
    Vaste question.
    Et Pamuk met en scène le Rouge en personne: la couleur s'interroge sur elle-même. le Rouge s'avance tel un vrai tourbillon, la vivacité même, s'enivrant de l'énumération vertigineuse des manifestations de sa présence, un peu partout, sur les somptueux atours, « les bannières des assaillants, les épées merveilleuses, les nappes de festin, les tapis indiens, les frises des bas relief, les fins liserés autour des miniatures, sur les grenades et les fruits de pays fabuleux, les nez frappés d'insolation, les aurores aux doigts de rose, les ailes des anges, les lèvres de femmes, les plaies de cadavres et les têtes coupées"
    J'ai adoré ce livre dont j'ai publié un extrait dans mon anthologie "Le Goût du Rouge" (Mercure de France fév. 2013). Je reprends d'ailleurs ici une partie de ma présentation,
    Rappel de l'ensemble :
    http://www.mercuredefrance.fr/livre-Le_go%C3%83%C2%BBt_du_rouge-2201-1-1-0-1.html
    Pour le centenaire de la mort de Rimbaud (1991), j'avais composé pour F.Culture une série d'émissions autour de son célèbre poème des "Voyelles" . Ce fut pour moi le point de départ d'une grande exploration de l'histoire picturale, symbolique et culturelle des couleurs -
    J'y suis toujours plongée.

    Au fil des critiques fort intéressantes des lecteurs de Babelio sur ce livre de Pamuk, je conseille aussi le point de vue de Sylvain Maresca que j'ai découvert sur son blog culture visuelle (cf le lien


    Lien : http://culturevisuelle.org/viesociale/3773
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 10 mars 2012

    Incipit

    Maintenant, je suis mon cadavre, un mort au fond d'un puits. J'ai depuis longtemps rendu mon dernier souffle, mon cœur depuis longtemps s'est arrêté de battre, mais, en dehors du salaud qui m'a tué, personne ne sait ce qui m'est arrivé. Mais lui, cette méprisable ordure, pour bien s'assurer qu'il m'avait achevé, il a guetté ma respiration, surveillé mes dernières palpitations, puis il m'a donné un coup de pied dans les côtes, et ensuite porté jusqu'à un puits, pour me précipiter par-dessus la margelle. Ma tête, déjà brisée à coup de pierre, s'est fracassée en tombant dans le puits ; mon visage et mon front, mes joues se sont écrasés, effacés ; mes os se sont brisés, ma bouche s'est remplie de sang.
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  • Par Under_The_Moon, le 29 août 2012

    Dans les villes d'Occident, la coutume qu'ont les femmes, non seulement d'aller visage découvert, mais d'exposer aux passants leurs claires chevelures, qui sont leur plus puissant attrait, puis leur cou, leurs bras, leur gorge superbe, et même de laisser voir - s'il faut ajouter foi aux récits qu'on en fait - un peu de leurs jolies jambes quand elels marchent, et la douloureuse conséquence de cela sur les hommes, constamment affublés d'une honteuse turgescence qui entrave leurs mouvements et entraîne, inéluctable, une paralysie e toute la société, eh bien, sachez que c'est la cause qu'il ne se passe pas un seul jour sans qu'une forteresse de giaours tombe entre les mains des Ottomans !
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  • Par AV, le 21 juillet 2012

    Au fur et à mesure que j'ouvrais d'autres volumes, et tournais d'autres pages, je sentais m'envahir, en songeant à tous ces peintres, les soucis divers et variés de tous mes prédécesseurs, chacun avec son caractère, sa mélancolie, sa vie passée en province ou dans une capitale, employé par tel ou tel souverain ou despote, pour qui ils avaient peint jusqu'à en devenir aveugles. Je sentais presque dans ma chair les sévérités de l'apprentissage, les soufflets endurés de la part des mécènes irascibles, laissant des traces cramoisies sur leurs joues, ou les coups de maillet de marbre sur leur crâne tonsuré, tandis que j'inspectais, gêné, un album de dernière catégorie sur les techniques de torture.
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  • Par Under_The_Moon, le 02 septembre 2012

    Les gens aspirent au bonheur dans la vie, plutôt qu'à des sourires béats sur de belles images. Les peintres ne l'ignorent pas, et savent que c'est là leur limite. Qu'ils ne font que mettre à la place du bonheur dans la vie celui de la contemplation.

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Non seulement, en effet, (les Européens) s’attachent à montrer, à rendre – si j’ose dire – tous les détails de ces seigneurs, de ces prêtres, ou riches marchands, et même de leurs femmes – couleur des yeux, texture de la peu, contours particuliers des lèvres, effets d’ombre d’un décolleté, rides au front, bagues aux doigts, et jusqu’aux touffes de poils qui sortent des oreilles – mais ils les placent en plein centre de leurs tableaux, accrochent ceux-ci aux murs, à l’instar de leurs idoles, comme si l’homme, cette créature, appelait à se prosterner devant lui, et attendait un culte ! Or, l’homme est-il une créature assez importante pour qu’on dessine tous ses détails, y compris son ombre ? Si nous dessinons les maisons d’une rue selon la perception de l’homme, qui est fautive, elles iront diminuant de taille en proportion de la distance, et cela aussi ce sera donner à l’homme, abusivement, la place centrale qui revient à Dieu.
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