Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Gilles Authier (Traducteur)

ISBN : 2070428176
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 194 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses tradi... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (24)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par ChtiSuisse, le 05 novembre 2014

    ChtiSuisse
    Je n'ai pas réussi ni voulu terminer ce livre. J'ai lu de nombreuses très bonnes critiques, mais autant vous prévenir de suite, je ne suis pas du même avis.
    Certes il y a un meurtre, certes il y a une intrigue amoureuse.
    Le récit tourne la plupart du temps autour de la confection des miniatures (un peu comme le parfum qui tourne autour des fragrances et des odeurs).
    C'est au début fascinant, mais, la répétition encore et toujours des mêmes thèmes a eu raison de mon envie de savoir si le meurtrier allait être confondu ou pas.
    Les thèmes récurrents sont :
    Un artiste peut-il avoir son style propre ou au contraire imiter les anciens maitres ?
    Un artiste peut-il signer son œuvre ?
    Doit-on prendre quelque chose de la peinture occidentale ?
    et plus accessoirement devenir aveugle à force de travail acharné est-il l'apanage enviable des grands maitres ?
    Les réponses à ces trois questions sont illustrées par de nombreuses légendes, récits et anecdotes.
    Je vous exonère de la lecture du roman : la réponse est à chaque fois négative. Elle est simplement répétée encore et encore.
    L'enlumineur, l'illustrateur doit respecter ceux qui l'ont précédé, exercer son art dans la crainte permanente de dieu, ne pas copier les infidèles qui osent faire des portraits et des perspectives et des ombres !
    Ceci est répété beaucoup trop à mon humble avis.
    Cette ambiance de peur et soumission à la tradition, à l'autorité du Sultan, à dieu est écrasante. Les occidentaux, soupçonnés d'idolâtrie avec leurs portraits sont à la fois admirés et méprisés.
    C'est bien écrit. D'une grande érudition que je pourrais comparer au "Nom de la rose".
    Sans doute m'a-t-il manqué de références dans le domaine artistique moyen oriental du XVIième siècle pour profiter de ce roman.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Moan, le 21 juillet 2013

    Moan
    Challenge Nobel 2013.14
    Ce livre commence de façon surprenante puisque c'est un cadavre qui prend la parole. Pour raconter qu'il est calligraphe, qu'il travaille sur un livre qui s'écarte des traditions de la peinture ottomane, qu'il a eu le crâne fracassé et se retrouve au fond d'un puits.
    Une vingtaine d'autres personnages, même la couleur rouge et le diable prendront la parole à leur tour . Ils vont rechercher le coupable, raconter la belle veuve Shékuré que son cousin tout juste revenu de Perse veut épouser et ce livre particulier commandé par le sultan et que le père de Shékuré va tenter de terminer malgré l'affreux crime!
    Ce livre foisonne, j'ai l'impression d'avoir passé une éternité à le lire. Je l'ai trouvé trop long avec ses descriptions de tableaux difficiles à suivre puisqu'il fallait les imaginer.
    Toutefois, il parle d'une époque de changement , la fin du XVIème siècle, avec l'arrivée de la peinture occidentale et ses portraits fidèles aux modèles qui viennent ébranler les traditions ottomanes!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Under_The_Moon, le 02 septembre 2012

    Under_The_Moon
    Eh bien, le moins qu'on puisse dire c'est que j'aurais mis vraiment beaucoup de temps à finir ce livre !
    Découragée par l'aspect répétitif du roman (à cause de la forme polyphonique) et les longues descriptions, je me suis d'abord arrêtée à mi-parcours.
    Puis, poussée par la curiosité, j'ai tout de même repris le livre et me suis laissée à nouveau envoûtée par l'atmosphère stambouliote du XVIème siècle : l'évocation de ses palais, de tous ses quartiers, et des sultans qui ont le plus marqué cet empire grandiose.
    Certes, il faut attendre les 150 dernières pages (sur 700!) pour voir le récit s'accélérer! Mais le jeux en vaut la chandelle.
    J'ai, entre autre, beaucoup aimé les passages type "les experts dans les ateliers de peintres", où l'on voit les personnages utiliser une loupe et toutes leurs connaissances pour traquer les styles avec la plus grande minutie ( ceci, afin de démasquer l'assassin de l'Oncle et de Monsieur Délicat) !
    Orhan Pamuk signe donc une oeuvre très riche où se mêlent art, histoire, philosophie, policier, moeurs et littérature ! (avec quelques anachronismes qui font sourire)
    Sans vouloir dévoiler le pot-aux-roses, je tiens quand même à parler de la fin du roman : un petit clin d'oeil malicieux (et ironique!) d'Orhan Pamuk à ses lecteurs qui nous met (à nouveau) en garde contre son art.
    A coup sûr, lui au moins n'aura pas cédé à la folie, l'ambition et la vanité de ses personnages !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Parthenia, le 28 janvier 2015

    Parthenia
    C'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'avais entamé ce livre dont j'ai trouvé le procédé narratif très original et brillant... L'auteur alterne les points de vue d'une vingtaine de personnages et le premier à intervenir est... un cadavre ! Qui connaît l'identité de son meurtrier (sans nous la révéler bien sûr) ainsi que ses motivations...
    La galerie des narrateurs est très éclectique puisqu'à côté des personnages en chair et en os s'expriment des allégories ou des animaux comme la Mort, un chien, un cheval, une pièce et même la couleur qui donne le titre à l'ouvrage...
    L'intrigue tourne autour du grand atelier de peinture dirigée par maître Osman dont les quatre plus talentueux miniaturistes participent en secret à l'élaboration d'un manuscrit enluminé, commandité par le sultan sous la direction de l'Oncle. Or, ce livre mystérieux suscite bien des convoitises et des rumeurs selon lesquelles sa composition même, s'inspirant de l'art occidental, le rendrait blasphématoire et sacrilège. En effet, à cette époque, l'art à l'italienne, qui maîtrise la perspective et l'art du portrait, s'oppose diamétralement à l'art oriental qui ne doit représenter les choses qu'à travers la vision de Dieu ! Nous assistons donc à la confrontation de deux traditions artistiques dans un climat de peur et de violences, attisé par le fanatisme religieux...
    Le Noir, après avoir été employé comme secrétaire de divers pachas, est chargé d'enquêter sur le meurtre de l'un des miniaturistes. Il revient de 12 années d'exil, provoquées en partie par l'amour interdit qu'il vouait à Shékuré, sa cousine et fille de l'Oncle. Évidemment, quand il la revoit, ses sentiments rejaillissent plus forts que jamais. Mais pour espérer voir sa demande en mariage agréée, il doit au préalable retrouver l'assassin.
    L'enquête se double donc d'une quête amoureuse. Et nous voyons défiler entremetteuse, rivaux, lettres secrètes, rendez-vous clandestins...
    Pamuk met en scène une civilisation complexe, pleine d'interdits et de tabous, aborde le statut de la femme, la place de la religion, l'aspiration à la liberté artistique menacée par l'obscurantisme.
    C'est un livre très érudit, où les protagonistes font appel aux contes et légendes pour étayer leurs propos sur l'art de la miniature.
    Si dans la 1ère partie du livre, ce procédé fut extrêmement attrayant et intéressant, je dois avouer qu'il devint ensuite répétitif, entraînant une certaine lassitude chez moi, si bien qu'à la fin je sautai plusieurs passages explicatifs....
    Surtout que, parallèlement, l'histoire d'amour, bien que touchante, a du mal à soutenir totalement notre intérêt : Le Noir est un personnage attachant, mais Shékuré devient agaçante avec ses incertitudes et sa manie de jouer sur plusieurs tableaux. Elle semble beaucoup plus opportuniste et moins sincère que son soupirant , mais peut-être que son statut de veuve menacée par un remariage non souhaité et le désir de trouver un père aimant à ses deux fils la rendent excessivement prudente et pragmatique !
    Pour conclure, une lecture en demi-teinte, ce roman choral ayant les défauts de ses qualités : l'enthousiasme éprouvé au début par les trouvailles narratives et la richesse des situations s'est ensuite effacé pour les mêmes raisons : une surabondance de détails et d'explications qui finit par noyer l'intérêt du lecteur, rendant l'intrigue un peu pesante... Dommage car certains passages sont vraiment poétiques...

    Lien : http://parthenia01.eklablog.com/mon-nom-est-rouge-d-orhan-pamuk-a114..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 01 septembre 2012

    jsgandalf
    En refermant « Neige » d'Orhan Pamuk, j'ai eu l'étrange sensation de passer à coté de quelque chose. Avec « Mon nom est Rouge » je sais que j'avais raison. Quel roman ! D'abord une vraie histoire, bien construite et qui tient en haleine, ayant pour cadre Istanbul en hivers en 1591. Un meurtre. Un livre. de l'amour. Des intrigues. du sang. Mais surtout une vraie recherche sur l'art et sur la relation que nous avons avec lui. Une interrogation sur le choc des cultures et le mélange qu'il en résulte. le tout écrit magnifiquement.
    Un livre à déguster en prenant sont temps, en faisant des poses pour se laisser imprégner jusqu'à pouvoir imaginer regarder une miniature réalisée par les maîtres d'Herat.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la critique

> voir toutes (66)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Orphea, le 10 mars 2012

    Incipit

    Maintenant, je suis mon cadavre, un mort au fond d'un puits. J'ai depuis longtemps rendu mon dernier souffle, mon cœur depuis longtemps s'est arrêté de battre, mais, en dehors du salaud qui m'a tué, personne ne sait ce qui m'est arrivé. Mais lui, cette méprisable ordure, pour bien s'assurer qu'il m'avait achevé, il a guetté ma respiration, surveillé mes dernières palpitations, puis il m'a donné un coup de pied dans les côtes, et ensuite porté jusqu'à un puits, pour me précipiter par-dessus la margelle. Ma tête, déjà brisée à coup de pierre, s'est fracassée en tombant dans le puits ; mon visage et mon front, mes joues se sont écrasés, effacés ; mes os se sont brisés, ma bouche s'est remplie de sang.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 29 août 2012

    Dans les villes d'Occident, la coutume qu'ont les femmes, non seulement d'aller visage découvert, mais d'exposer aux passants leurs claires chevelures, qui sont leur plus puissant attrait, puis leur cou, leurs bras, leur gorge superbe, et même de laisser voir - s'il faut ajouter foi aux récits qu'on en fait - un peu de leurs jolies jambes quand elels marchent, et la douloureuse conséquence de cela sur les hommes, constamment affublés d'une honteuse turgescence qui entrave leurs mouvements et entraîne, inéluctable, une paralysie e toute la société, eh bien, sachez que c'est la cause qu'il ne se passe pas un seul jour sans qu'une forteresse de giaours tombe entre les mains des Ottomans !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par AV, le 21 juillet 2012

    Au fur et à mesure que j'ouvrais d'autres volumes, et tournais d'autres pages, je sentais m'envahir, en songeant à tous ces peintres, les soucis divers et variés de tous mes prédécesseurs, chacun avec son caractère, sa mélancolie, sa vie passée en province ou dans une capitale, employé par tel ou tel souverain ou despote, pour qui ils avaient peint jusqu'à en devenir aveugles. Je sentais presque dans ma chair les sévérités de l'apprentissage, les soufflets endurés de la part des mécènes irascibles, laissant des traces cramoisies sur leurs joues, ou les coups de maillet de marbre sur leur crâne tonsuré, tandis que j'inspectais, gêné, un album de dernière catégorie sur les techniques de torture.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par Under_The_Moon, le 02 septembre 2012

    Les gens aspirent au bonheur dans la vie, plutôt qu'à des sourires béats sur de belles images. Les peintres ne l'ignorent pas, et savent que c'est là leur limite. Qu'ils ne font que mettre à la place du bonheur dans la vie celui de la contemplation.

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la citation

  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Non seulement, en effet, (les Européens) s’attachent à montrer, à rendre – si j’ose dire – tous les détails de ces seigneurs, de ces prêtres, ou riches marchands, et même de leurs femmes – couleur des yeux, texture de la peu, contours particuliers des lèvres, effets d’ombre d’un décolleté, rides au front, bagues aux doigts, et jusqu’aux touffes de poils qui sortent des oreilles – mais ils les placent en plein centre de leurs tableaux, accrochent ceux-ci aux murs, à l’instar de leurs idoles, comme si l’homme, cette créature, appelait à se prosterner devant lui, et attendait un culte ! Or, l’homme est-il une créature assez importante pour qu’on dessine tous ses détails, y compris son ombre ? Si nous dessinons les maisons d’une rue selon la perception de l’homme, qui est fautive, elles iront diminuant de taille en proportion de la distance, et cela aussi ce sera donner à l’homme, abusivement, la place centrale qui revient à Dieu.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation










Sur Amazon
à partir de :
9,79 € (neuf)
2,26 € (occasion)

   

Faire découvrir Mon nom est Rouge par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

Listes avec ce livre (10) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (421)

> voir plus

Quiz