Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Jean-François Pérouse (Traducteur)

ISBN : 2070344541
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le jeune poète turc Ka quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d’Anatolie. Pour le compte d’un journal d’Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire aussi retro... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (15)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Junie, le 10 mars 2013

    Junie
    La Neige est souvent présente dans les romans et récits d'Orhan Pamuk. Elle nous semble plutôt incongrue, déplacée, étrange, presque surnaturelle, que vient faire cette Neige sur le paysage turc, que vient-elle nous dire en mettant une épaisse couche de blancheur sur les coupoles grises, sur les ruelles aux pauvres façades, sur la plaine monotone, sur les villages de tôle et de parpaings, sur les maisons abandonnées?
    En Turquie, même ce qui est neuf a l'air déjà vieux, usé, démodé. Les traditions sont tellement puissantes que la modernité est tuée dans l'oeuf. Les vendeurs de simit et les fumeurs de narguilé, les femmes en pantalon bouffant dans les champs, les hommes attablés au café jouant au tric-trac, le style des maisons, le goût des böreks, la musique déversées par les autoradios, le mépris pour le code de la route, tout cela reste intact.
    Mais la Neige, elle, est toute neuve. Elle vient chambouler les habitudes, les esprits, les âmes, elle désoriente le voyageur, elle l'éblouit, le charme, l'endort.
    La Neige provoque des accidents, elle est linceul et voile de mariée, une page blanche pour y inscrire des poèmes, elle isole et protège les amoureux, elle étouffe le bruit des balles, elle boit le sang des martyrs.
    Dans Kars enneigée, le poète qui s'appelle Ka, comme Kafka, marche avec peine dans les rues désertes sans savoir ce qu'il va trouver. Exilé dans son propre pays, étranger aux intrigues, traversé par l'amour, la poésie et le malheur, il se débat comme dans un piège sans savoir de quoi il est coupable.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 26         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par jsgandalf, le 30 mai 2012

    jsgandalf
    « La Neige » présente l'originalité d'avoir reçu le prix Médicis étranger et d'avoir pris une grande part dans l'attribution du prix Nobel de littérature à son auteur qui à l'époque n'avait pas beaucoup publié. Il faut dire que le livre présente beaucoup de centres d'intérêts.
    L'histoire tout d'abord se passe dans un coin reculé de la Turquie, Kars, ou cohabite toutes les composantes de la société Turque contemporaine, islamistes, Kémaliste, policier, femmes voilées, divorcées, jeunes, vieux, policiers, soldats, professeurs et même acteurs de théâtre. L'auteur fait donc de son livre un reflet de Turquie moderne.
    La Neige se met de la partie pour isoler complètement la région du reste du pays. Ce qui permettra une rébellion organisé par la troupe de théâtre, puis reprise par les militaires.
    Dans ce mélange, évolue le personnage principal, Ka, un poète raté vivant en Allemagne et qui vient faire une enquête sur des suicides mystérieux. Il sert de point central, de point de rencontre aux différents protagonistes, c'est-à-dire aux différentes sensibilisées. le tout est emballé dans la ouate de la Neige et la boue qu'elle entraine. Pamuk réalise le tour de force de faire une critique de toutes les composantes de Turquie, tout le monde en prend pour son grade, l'islamiste comme le kémaliste, la police attentiste comme le proviseur.
    Mais ce livre c'est aussi son personnage principale, turque, expatrié, qui aimerai revenir au pays, y trouver une femme, mais qui ne comprend plus tout, perdu qu'il est par sa nouvelle vie et son envie de reconnaissance en tant que poète.
    Bon me direz-vous tout ça fait un bon livre. Eh bien moi cela ne m'a pas convaincu. L'histoire n'est pas limpide, toujours flou. Il manque un je ne sais quoi pour en faire un vraiment bon livre.
    A lire tout de même car il présente une réalité contemporaine d'un pays voisin en plein émergence dans notre monde village.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Outis, le 07 mars 2008

    Outis
    Disons le sans détours, ce livre est un dédale architecturé à l'image de la complexité humaine. A condition de suivre minutieusement les multiples fils tissés, vous en sortirez profondément troublé. Pas question ici d'une aimable romance pour lecteur complaisant mais d'un tableau de vie rudement mené. Ce qui ne veut pas dire au pas de charge. Bien au contraire, chez Pamuk, le dévoilement se paie d'un luxe de détails : petit à petit, ligne par ligne, flocon après flocon. L'homme hésite souvent, doute toujours et espère démesurément.
    Nostalgie de l'enfance à Istanbul, dessèchement du poète émigré en Allemagne, misère affective et sexuelle de l'adulte. Trois bonnes raisons, pour Ka, d'un retour aux sources.
    Mais la source coulera vers d'autres rivages, jusqu'à Kars, petite bourgade au cœur de l'Anatolie profonde où vous découvrirez que la structure des cristaux de Neige diffèrent tous par quelques détails, un peu à l'image des êtres humains. Que ces cristaux, bien qu'uniques, forment une masse Neigeuse où la politique, la religion, la sociologie agrègent l'ensemble d'une manière parfaitement naturelle. Ne concluez pas que Pamuk nous raconte une histoire de la politique ou de la religion en Turquie, non, l'essentiel ce sont bien les sentiments que ressentent les individus. L'individu c'est le drame de l'occidental qu'est devenu Ka.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par migo, le 05 novembre 2007

    migo
    Livre très dense, pas vraiment un roman, pas un livre autobiographique non plus, mais tout cela à la fois.
    J'ai presque honte de dire que je ne suis pas arrivée à la fin de ce livre; et pourtant je l'ai choisi, en fonction du thème et des critiques presque toutes unanimes.
    Je n'ai pas aimé la présentation, avec des pages entières sans paragraphes distincts.
    Par contre, j'ai beaucoup appris sur l'histoire contemporaine de la Turquie, tant politiques que religieux.
    Petite histoire d'amour et poésies sous fond de paysage enneigés: titre oblige!...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par clairejeanne, le 23 septembre 2012

    clairejeanne
    Orhan Pamuk, prix nobel de littérature 2006, nous livre ici un extraordinaire roman, magnifique et très intéressant, mais exigeant; le lecteur y trouvera largement son compte, s'il est persévérant et attentif. "Neige" est le titre d'un poème que Ka (Kerim Alakusoglu), 42 ans, écrit à la femme aimée Ipek; c'est aussi le climat qui règne tout le temps du livre. Ka est poète et journaliste, éxilé politique turc en Allemagne, il n'est pas revenu depuis longtemps; envoyé par un journal allemand, il enquête sur les suicides de jeunes filles turques voilées et les prochaines élections dans la petite ville de Kars; mais il est surtout revenu voir Ipek, très belle jeune femme séparée de son mari Muhtar, ami d'enfance de Ka. Il va y avoir un coup d'état militaire et les diverses personnes que connaît Ka vont essayer de l'attirer dans leurs camps respectifs: Lazuli, l'islamiste radical et amant secret de la soeur d'Ipek; Turgut Bey, le père d'Ipek, ancien communiste - nouveau démocrate; Sunay Zaim, homme de théâtre qui a pris part au coup d'état ... Ka, avec ses superbes poèmes qui lui viennent à tout instant, traverse cette période troublée comme il traverse sa vie, facilement découragé et abattu, presqu'aussi facilement enthousiaste et éxalté... Les personnalités et les sentiments sont très finement analysés et toutes les difficultés et contradictions de la Turquie moderne sont exposées: le port du voile islamique, la place de la religion dans la vie politique et dans la vie quotidienne, le mépris mais aussi la recherche de reconnaissance de l'Occident, avec cette question lancinante: la Turquie fait-elle partie de l'Europe ?

    Lien : http://www.les2bouquineuses.canalblog.com
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique


Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 juin 2006
    Lecture jeune, n°118 - Ka est un poète turc vivant en Allemagne depuis douze ans lorsqu’il rentre dans son pays. Missionné par un journal local, il va enquêter dans l’est du pays, à Kars, sur une mystérieuse vague de suicides de jeunes femmes voilées. « Il est sûr que la cause de ces suicides réside dans un extrême malheur de nos filles ; il n’y a pas de doute à cela, dit à Ka le préfet adjoint. Mais si le malheur était une vraie cause de suicide, la moitié des femmes en Turquie se seraient suicidées. » Sur place, Ka est confronté à plusieurs réalités qui le déstabilisent sérieusement : les kémalistes activistes, des intégristes nocifs et une femme qu’il retrouve et dont il tombe fou amoureux. En toile de fond, la neige omniprésente dilue la réalité dans sa texture ; elle fait s’étirer le temps et étouffe les cris d’une ville meurtrie. Neige est à la fois un roman très poétique — l’écriture est majestueuse — et très réaliste : la société décrite l’est grâce à une plume intransigeante et incisive. Les personnages sont tiraillés entre le désir de vivre un bonheur individuel et celui d’appartenir à une communauté, les deux étant incompatibles. Dans la vision de Pamuk d’une Turquie en quête d’elle-même, il y a quelque chose de l’ordre de l’accomplissement, du destin : le pire doit advenir pour engendrer un changement sociétal. Ka y laissera sa peau, nous l’apprendrons par le narrateur, ami du poète, qui retrace pour nous ses derniers moments. L’auteur, poursuivi dans son pays pour ses positions sur le génocide arménien, dit avoir écrit là son roman le plus politique. _ Michelle Charbonnier

> voir toutes (11)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Junie, le 17 février 2013

    Pourquoi ce poème est-il si beau?
    Il rentra sans tarder à son hôtel en pensant au poème qu'il écrirait, sous la neige qui tombait.
    A peine dans sa chambre d'hôtel,Ka enleva son manteau. Il ouvrit un cahier à carreaux, à la couverture verte, qu'il avait acheté à Francfort et commença à écrire son poème tel qu'il lui venait à l'esprit, mot après mot. C'était comme si quelqu'un d'autre le lui murmurait à l'oreille: il se sentit rasséréné; cependant, il s'adonnait avec la plus grande attention à ce qu'il faisait. Comme auparavant aucun poème ne lui était venu sous l'effet d'une telle inspiration, il éprouva quelques doutes sur sa valeur. Mais au fur et à mesure que les vers se succédaient, sa raison lui disait que le poème était en tous points parfait,....
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par bibliophage, le 10 août 2009

    (en-têtes des chapitres)
    1 Le silence de la neige
    2 Notre ville est une ville tranquille
    3 Donnez votre voix au parti de Dieu
    4 Es-tu vraiment venu ici pour les élections et les suicides ?
    5 Maître, puis-je vous poser une question ?
    6 Amour, religion et poésie
    7 Islamistes, c'est un qualificatif dont nous affublent les Occidentaux et les laïcs
    8 Celui qui se suicide est un pécheur
    9 Excusez-moi, vous êtes athée ?
    10 Pourquoi ce poème est-il beau ?
    11 Existe-t-il un autre Dieu en Europe ?
    12 Si Dieu n'existe pas, quel est le sens des mille souffrances qu'endurent les pauvres ?
    13 Je ne discute pas de ma religion avec un athée
    14 Quel genre de poésie vous écrivez ?
    15 Notre vie à tous est travaillée par un désir principal
    16 Le lieu où Dieu est absent
    17 "La Patrie ou le Voile"
    18 Ne tirez pas, les fusils sont chargés !
    19 Et pourtant, que la neige tombait joliment
    20 Vive le peuple et la nation !
    21 Mais je n'en reconnais absolument aucun
    22 La personne idéale pour jouer Atatürk
    23 Dieu, ce n'est pas une question d'intelligence ou de foi, c'est une lucidité rappelant que toute vie est une énigme
    24 Moi, Ka
    25 Le seul moment de liberté à Ka
    26 La raison pour laquelle nous sommes si attachés à notre Dieu, ce n'est pas notre pauvreté
    27 Tiens bon, ma fille, du renfort vient de Kars !
    28 Ce qui différencie l'amour de la douleur de l'attente
    29 L'incomplétude en moi
    30 Quand nous reverrons-nous ?
    31 On n'est pas idiots, on est simplement pauvres
    32 Mais quand deux âmes m'habitent, je ne peux pas être moi-même
    33 Un homme sans Dieu à Kars
    34 Kadife n'acceptera pas non plus
    35 Moi, je ne suis l'agent de personne
    36 Non, cher monsieur, vous n'allez quand même pas mourir, n'est-ce aps ?
    37 Le seul texte de ce soir, ce sont les cheveux de Kadife
    38 Notre intention n'est pas du tout de vous faire de la peine
    39 Leur plaisir à pleurer ensemble
    40 Être agent double doit être très difficile
    41On a tous un flocon
    42 Je vais préparer ma val
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par Outis, le 18 février 2008

    Le problème, c’est de croire comme croient les pauvres et d’être un des leurs. Si tu manges ce qu’ils mangent, si tu vis avec eux, si tu ris des choses dont ils rient et si tu t’énerves à ce qui les énerve, alors seulement tu croiras en leur Dieu. Tant que tu vivras une vie complètement différente, tu ne croiras pas au même Dieu. Allah, dans sa clairvoyance, sait que la question n’est pas une question d’intelligence ou de foi mais essentiellement une question de manière de vivre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par Junie, le 26 février 2013

    "Paradis" devint le titre du poème écrit par Ka sans aucun incident et sans un seul mot perdu, dans le silence qui suivit. Le fait que le poème soit disposé à un endroit éloigné du centre du flocon de neige, juste au-dessus de l'axe "Rêve", ne signifiait pas que le paradis était un avenir purement onirique; pour Ka, le paradis signifiait que ses souvenirs ne pourraient rester vivants qu'en étant rêvés. Des années plus tard, Ka se remémorerait un par un certains souvenirs évoqués dans ce poème: les vacances d'été de son enfance, les jours d'école buissonnière, ses tentatives de pénétrer en compagnie de sa soeur dans le lit où étaient couchés ses parents, certains dessins de son enfance, ses baisers à une fille rencontrée dans une boum de l'école, à qui il avait donné rendez-vous.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par Outis, le 18 février 2008

    Si ce n’est pas au tout premier moment, c’est dans les dix premières minutes qu’une femme sent dans son for intérieur qui est l’homme auquel elle a affaire, ou du moins ce qu’il signifie pour elle et si elle l’aimera ou non. Pour se formuler clairement ce qu’elle a ressenti, il faut qu’un peu de temps passe. Si cela ne tenait qu’à moi je dirais que durant cette période l’homme n’a pas grand-chose à faire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

> voir toutes (6)

Videos de Orhan Pamuk

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Orhan Pamuk


MPAGE-20121211-1830_0.mp4
Payot - Marque Page - Orhan Pamuk - L'Innocence des objets











Sur Amazon
à partir de :
7,80 € (neuf)
1,04 € (occasion)

   

Faire découvrir Neige par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (220)

> voir plus

Quiz