> Jean-François Pérouse (Traducteur)

ISBN : 2070344541
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres
Le jeune poète turc Ka quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d’Anatolie. Pour le compte d’un journal d’Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire aussi retro... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Outis, le 07 mars 2008

    Outis
    Disons le sans détours, ce livre est un dédale architecturé à l'image de la complexité humaine. A condition de suivre minutieusement les multiples fils tissés, vous en sortirez profondément troublé. Pas question ici d'une aimable romance pour lecteur complaisant mais d'un tableau de vie rudement mené. Ce qui ne veut pas dire au pas de charge. Bien au contraire, chez Pamuk, le dévoilement se paie d'un luxe de détails : petit à petit, ligne par ligne, flocon après flocon. L'homme hésite souvent, doute toujours et espère démesurément.
    Nostalgie de l'enfance à Istanbul, dessèchement du poète émigré en Allemagne, misère affective et sexuelle de l'adulte. Trois bonnes raisons, pour Ka, d'un retour aux sources.
    Mais la source coulera vers d'autres rivages, jusqu'à Kars, petite bourgade au cœur de l'Anatolie profonde où vous découvrirez que la structure des cristaux de Neige diffèrent tous par quelques détails, un peu à l'image des êtres humains. Que ces cristaux, bien qu'uniques, forment une masse Neigeuse où la politique, la religion, la sociologie agrègent l'ensemble d'une manière parfaitement naturelle. Ne concluez pas que Pamuk nous raconte une histoire de la politique ou de la religion en Turquie, non, l'essentiel ce sont bien les sentiments que ressentent les individus. L'individu c'est le drame de l'occidental qu'est devenu Ka.
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    • Livres 1.00/5
    Par migo, le 05 novembre 2007

    migo
    Livre très dense, pas vraiment un roman, pas un livre autobiographique non plus, mais tout cela à la fois.
    J'ai presque honte de dire que je ne suis pas arrivée à la fin de ce livre; et pourtant je l'ai choisi, en fonction du thème et des critiques presque toutes unanimes.
    Je n'ai pas aimé la présentation, avec des pages entières sans paragraphes distincts.
    Par contre, j'ai beaucoup appris sur l'histoire contemporaine de la Turquie, tant politiques que religieux.
    Petite histoire d'amour et poésies sous fond de paysage enneigés: titre oblige!...
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    • Livres 4.00/5
    Par NeleO4, le 03 août 2011

    NeleO4
    Ce roman nous présente un personnage unique qui vit dans une bulle qu'est la poésie. Même les événements tragiques qui agitent l'est de la Turquie et, plus particulièrement, la ville de Kar, n'arriveront pas à ébranler son monde. La réalité des faits politiques se mêle à la création poétique sans heurter le lecteur : voilà pourquoi Orhan Pamuk est un auteur très talentueux.
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    • Livres 1.00/5
    Par Myrinna, le 19 avril 2010

    Myrinna

    Eté 2008, je partis pour la Turquie.
    Voulant m'imprégner de la culture turque.
    Je me suis dit : il faut un auteur turc dans ta valise.
    Malheureusement, Pamuk ne m'a pas impressionné malgré les prix reçus (Médicis-Méditerranée). Un roman conséquent avec beaucoup de lenteur et ne m'a pas transporté.
    Fin du voyage
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    • Livres 1.00/5
    Par PtiteSouris, le 12 avril 2012

    PtiteSouris
    L'histoire : Ka, un poète turc vivant en Allemagne, retourne en Turquie dans le village de Kars. Plusieurs raisons à ce retour : de nombreuses jeunes filles se sont suicidées (pour quelles raisons ?), et le poète doit enquêter pour le compte d'un journal sur cette affaire liée au port du voile. Mais surtout, il souhaite revoir la belle Ipek qui vient de divorcer, dont il se croit amoureux.
    Bon, j'avais déjà lu Mon nom est Rouge du même auteur, qui m'avait beaucoup plus plu (mais qui présentait déjà le même genre de défauts). Là je dois avouer que je me suis ennuyée comme un rat mort et ai compté chacune des 484 pages qui composent le livre. la quatrième de couverture présente ce livre comme un extraordinaire roman à suspense. Pour moi, il faut un minimum de rythme pour parler de suspense.... et il n'y en a aucun.
    Certes les sujets abordés par l'auteur sont nombreux et intéressants : la question du port du voile, le rapport entre Occidentaux et Turcs, les groupuscules politiques en Turquie, l'écriture de la poésie....
    Mais qu'est-ce que c'est mou ! Il se passe pourtant plein de choses. Mais l'auteur fait de telles circonvolutions, réflexions sur ses personnages, analyses, que ça devient profondément ennuyeux.
    Donc pour moi, un roman que j'ai hâte d'oublier...

    Lien : http://ptitesouris.hautetfort.com/archive/2012/04/10/neige-de-orhan-..
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 juin 2006
    Lecture jeune, n°118 - Ka est un poète turc vivant en Allemagne depuis douze ans lorsqu’il rentre dans son pays. Missionné par un journal local, il va enquêter dans l’est du pays, à Kars, sur une mystérieuse vague de suicides de jeunes femmes voilées. « Il est sûr que la cause de ces suicides réside dans un extrême malheur de nos filles ; il n’y a pas de doute à cela, dit à Ka le préfet adjoint. Mais si le malheur était une vraie cause de suicide, la moitié des femmes en Turquie se seraient suicidées. » Sur place, Ka est confronté à plusieurs réalités qui le déstabilisent sérieusement : les kémalistes activistes, des intégristes nocifs et une femme qu’il retrouve et dont il tombe fou amoureux. En toile de fond, la neige omniprésente dilue la réalité dans sa texture ; elle fait s’étirer le temps et étouffe les cris d’une ville meurtrie. Neige est à la fois un roman très poétique — l’écriture est majestueuse — et très réaliste : la société décrite l’est grâce à une plume intransigeante et incisive. Les personnages sont tiraillés entre le désir de vivre un bonheur individuel et celui d’appartenir à une communauté, les deux étant incompatibles. Dans la vision de Pamuk d’une Turquie en quête d’elle-même, il y a quelque chose de l’ordre de l’accomplissement, du destin : le pire doit advenir pour engendrer un changement sociétal. Ka y laissera sa peau, nous l’apprendrons par le narrateur, ami du poète, qui retrace pour nous ses derniers moments. L’auteur, poursuivi dans son pays pour ses positions sur le génocide arménien, dit avoir écrit là son roman le plus politique. _ Michelle Charbonnier

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Citations et extraits

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  • Par bibliophage, le 10 août 2009

    (en-têtes des chapitres)
    1 Le silence de la neige
    2 Notre ville est une ville tranquille
    3 Donnez votre voix au parti de Dieu
    4 Es-tu vraiment venu ici pour les élections et les suicides ?
    5 Maître, puis-je vous poser une question ?
    6 Amour, religion et poésie
    7 Islamistes, c'est un qualificatif dont nous affublent les Occidentaux et les laïcs
    8 Celui qui se suicide est un pécheur
    9 Excusez-moi, vous êtes athée ?
    10 Pourquoi ce poème est-il beau ?
    11 Existe-t-il un autre Dieu en Europe ?
    12 Si Dieu n'existe pas, quel est le sens des mille souffrances qu'endurent les pauvres ?
    13 Je ne discute pas de ma religion avec un athée
    14 Quel genre de poésie vous écrivez ?
    15 Notre vie à tous est travaillée par un désir principal
    16 Le lieu où Dieu est absent
    17 "La Patrie ou le Voile"
    18 Ne tirez pas, les fusils sont chargés !
    19 Et pourtant, que la neige tombait joliment
    20 Vive le peuple et la nation !
    21 Mais je n'en reconnais absolument aucun
    22 La personne idéale pour jouer Atatürk
    23 Dieu, ce n'est pas une question d'intelligence ou de foi, c'est une lucidité rappelant que toute vie est une énigme
    24 Moi, Ka
    25 Le seul moment de liberté à Ka
    26 La raison pour laquelle nous sommes si attachés à notre Dieu, ce n'est pas notre pauvreté
    27 Tiens bon, ma fille, du renfort vient de Kars !
    28 Ce qui différencie l'amour de la douleur de l'attente
    29 L'incomplétude en moi
    30 Quand nous reverrons-nous ?
    31 On n'est pas idiots, on est simplement pauvres
    32 Mais quand deux âmes m'habitent, je ne peux pas être moi-même
    33 Un homme sans Dieu à Kars
    34 Kadife n'acceptera pas non plus
    35 Moi, je ne suis l'agent de personne
    36 Non, cher monsieur, vous n'allez quand même pas mourir, n'est-ce aps ?
    37 Le seul texte de ce soir, ce sont les cheveux de Kadife
    38 Notre intention n'est pas du tout de vous faire de la peine
    39 Leur plaisir à pleurer ensemble
    40 Être agent double doit être très difficile
    41On a tous un flocon
    42 Je vais préparer ma val
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  • Par Outis, le 18 février 2008

    Le problème, c’est de croire comme croient les pauvres et d’être un des leurs. Si tu manges ce qu’ils mangent, si tu vis avec eux, si tu ris des choses dont ils rient et si tu t’énerves à ce qui les énerve, alors seulement tu croiras en leur Dieu. Tant que tu vivras une vie complètement différente, tu ne croiras pas au même Dieu. Allah, dans sa clairvoyance, sait que la question n’est pas une question d’intelligence ou de foi mais essentiellement une question de manière de vivre.
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  • Par Outis, le 18 février 2008

    Si ce n’est pas au tout premier moment, c’est dans les dix premières minutes qu’une femme sent dans son for intérieur qui est l’homme auquel elle a affaire, ou du moins ce qu’il signifie pour elle et si elle l’aimera ou non. Pour se formuler clairement ce qu’elle a ressenti, il faut qu’un peu de temps passe. Si cela ne tenait qu’à moi je dirais que durant cette période l’homme n’a pas grand-chose à faire.
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  • Par Outis, le 17 septembre 2007

    Le fait de n’avoir en tête rien d’autre que Kadife [mon amie] m’effraie. Pas parce que je ne la connais pas du tout. Mais parce que je me rends compte que, tout comme un athée, je ne peux désormais croire en rien d’autre qu’en l’amour et au bonheur.
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  • Par Outis, le 07 novembre 2007

    Voyant que nous passerons et quitterons ce monde sans laisser de traces, après avoir eu des vies aussi débiles, je réalise avec rage qu’il n’y rien d’autre que l’amour dans la vie. Alors, mon sentiment pour Kalife et l’évidence que la seule consolation possible dans ce monde est de la prendre dans mes bras me font encore plus souffrir ; et elle ne quitte pas mon esprit.
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